Atelier biblique Bible et violence Dieu et l’humain aux prises avec la violence





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Atelier biblique Bible et violence

Dieu et l’humain aux prises avec la violence.

Le sacrifice dans le premier testament.
1ère heure : l’institution du sacrifice selon la Torah.

2ème heure : Travail Biblique autour de Juges 11 : Jephté met Dieu à l’épreuve.

Le sacrifice occupe une place centrale dans l'Ancien Testament sous deux registres d’évocation :

  • Une forme canonique, autoritative, qui définit sa forme et sa fonction.

  • Une forme de critiques et d’avertissement à l’intention d’Israël, constam­ment séduit par ces cultes sensuels des Cananéens et autres religions païennes, et succombant à leur attrait malgré les avertissements de ses prophètes.

On ne peut donc ignorer son importance d’autant plus que les lois cultuelles, et princi­palement les lois sur les sacrifices, sont au cœur de la révélation du Sinaï, fondement de l'existence d'Israël.

la seconde partie du livre de l’Exode porte presqu'entièrement sur le cadre dans lequel se déroule le culte sacrificiel, décrivant en détail la construction et l'aménagement de la Tente de la Rencontre, et précisant la manière dont ceux qui ont la charge des sacrifices, a savoir les prêtres, doivent être habillés et quel est le rituel de leur ordination ; plus de la moitié du livre du Lévitique est consacrée aux prescriptions divines rela­tives aux différentes formes de sacrifices, à leurs rites et à leurs fonctions. A l'issue de la traversée du désert, avant l’entrée en terre promise, de nouvelles directives de Dieu donnent le détail des sacrifices qui doivent lui être appor­tés tout au long de l’année. Le premier livre des Rois et plus encore les Chroniques accordent une large place à la construction du temple de Jérusalem et à son culte. Et le livre d'Ezéchiel (rédaction post exilique) se termine par une très longue vision au cours de laquelle le prophète voit le futur Temple au centre de la nouvelle Jérusalem et reçoit les instructions concernant le culte qui doit y être célébré. Des dizaines de narrations, depuis la Genèse jusqu'aux Chroniques, rapportent l'offrande de sacrifices et montrent leur efficacité. Et si les prophètes ont censuré à l'occasion les déviations du culte sacrificiel ou le caractère unilatéral et machinal du culte tel qu'il a parfois été pratiqué par Israël, ils n'en ont pas pour autant réclamé son abolition.

le sacrifice est donc au cœur de la révélation de Dieu à Israël ; il est le fondement du culte de l'ancien Israël ; il est au centre de l'Ancien Testament.

Avertissement contre une lecture réductrice de la bible : Dans ces conditions, toute appréciation négative du sacrifice rejaillit inévitablement sur l'Ancien Testament et sur son Dieu. Si nous réduisons notre compréhension le sacrifice à des pratiques barbares et sanguinaires d’un autre temps, alors l'Ancien Testament est forcément inférieur au Nouveau Testament, alors son Dieu est forcément inférieur à celui du Nouveau Testament, alors le Judaïsme est forcément inférieur au Christianisme. Parce qu’alors, selon cette logique, un Dieu d'amour est évidemment supérieur à un Dieu tyrannique et cruel. Et alors, il n'y a plus aucune raison de considérer l'Ancien Testament comme écriture sainte, canonique, faisant autorité, et donc aucune raison de le conserver dans la Bible chré­tienne, sinon, à la rigueur, sous forme de morceaux choi­sis soigneusement expurgés.

Pour sortir de cette logique, ouvrons la bible et interro­geons la sur ce qu'est la fonction du sacrifice dans l'Ancien Testament.


  1. Qu'est-ce qu'un sacrifice en Israël ?

Dates essentielles pour l’institution du rituel sacrificiel en Israël :

À chacune de ces étapes se produit une évolution, un changement, une mutation de la pratique ou de sa compréhension.

  • Sa fondation : au Sinaï

  • Sa réforme : au sein de la réforme de Josias VIIè siècle avant Jésus-Christ.

  • L’exil à Babylone et le retour d’exil au VIè siècle avant Jésus-Christ qui provoque une prise de conscience post traumatique à partir de laquelle la notion de pureté prend une importance primordiale.

  • Sa fin : La destruction du temple de Jérusalem en 70 ap JC.

Analyse d'Exode 20, 22-26.

Contexte :

Ce texte fait partie d'un ensemble de récits et de lois appartenant au cycle du Sinaï qui commence au chapitre 19 et se conclut au début du livre des Nombres, au chapitre 10.

Après sa sortie d'Égypte, Israël s'est rendu au Sinaï. Là Dieu s'est révélé à lui de manière spectaculaire, accompagné de tonnerres et d'éclairs, proclamant les «dix commande­ments» (Exode 20, 1-17 & Deutéronome 5, 5-22) avant de lui communiquer, par l'intermédiaire de Moïse, ses instructions et de conclure avec lui une alliance.

Ce cycle est d'une importance majeure pour Israël, puisque c'est là que se trouvent les textes fonda­teurs qui régissent les relations entre Dieu et son peuple.

Notre passage occupe à l'intérieur de ce cycle une place particulièrement importante :

Immédiatement après la proclamation du décalogue, c'est par ce texte que s'ouvrent les autres instructions de Dieu à son peuple. Ce n'est certainement pas là un hasard : les toutes premières instructions portent sur le rite sacrifi­ciel. Notre texte met ainsi d'emblée en évidence l'ancrage de l'institution sacrificielle dans la révélation du Sinaï. Il peut être considéré de ce fait comme le récit de l'origine du sacrifice Israélite.
Texte :

Ex 20, 22-26 dans une traduction proche du mot à mot :
22 Le Seigneur dit à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d'Israël : Vous avez vu vous-mêmes que c'est du haut des cieux que j’ai parlé avec vous.
23 Vous ne ferez pas à coté de moi des dieux en argent, et des dieux en or vous ne vous ferez pas.
24a Un autel de terre tu me feras et tu sacrifieras sur lui tes holocaustes et tes sacrifices de com­munion, ton petit et ton gros bétail ;
24b en tout lieu où je ferai rappeler mon nom, je viendrai vers toi et je te bénirai.
25 Et si un autel de pierres tu me fais, tu ne le bâtiras pas en pierres de taille, car, en passant ton ciseau sur elles, tu les profanerais.
26 Tu ne monteras pas par des marches à mon autel, pour que ta nudité n'y soit pas découverte. »
Analyse :

Ensemble composé avec beaucoup de soin (cf. ci-dessus).

Structure concentrique : constat phrases négatives (interdits), contenu (autel, matériaux)

  • Les v. 24a et 25, qui précisent la nature des matériaux devant être utilisés pour la construction encadrent le v. 24b.

  • Les v. 23 et 26, qui énoncent des inter­dits en relation avec le culte sacrificiel, vont eux-mêmes encadrer le tout.

Le tout articulé autour de la pro­messe du v. 24b et agencées de manière à se corres­pondre deux par deux.

Construction sophistiquée au service d'un objectif précis : double cadre qui met en valeur la promesse du v. 24b inscrite très exactement au centre de la composition.
Ce texte indique expressément quelle est la visée du culte sacrificiel je viendrai vers toi et je te bénirai. !!!!!!!!!!!!!!
Ce texte permet d'entrevoir quels sont les principaux éléments constitutifs d'un sacri­fice.

a. Les éléments constitutifs du sacrifice

De notre texte, on peut déduire que tout sacrifice, suppose :

un sacrifiant, une matière sacrificielle, un destinataire et, enfin, un autel.

Le sacrifiant, en Exode 20, 22-26, est Israël.

- Représenté par ses chefs, juge ou roi, jeunes gens

- Le sacrifiant peut être collectif, un clan, un village, ses notables.

- Ce peut être un chef de bande, un prophète.

- Un individu ordinaire : tout Israélite mâle a l'obligation de se présenter trois fois par an au sanctuaire et d'y apporter ses offrandes.

Dans notre texte il n'est pas question de prêtres. Ceux­-ci n'apparaissent pas ici comme indispensables, le sacrifiant assumant le rôle de sacrificateur. Ce n'est que plus tard, par suite de la conscience aiguë de la sainteté de Dieu, que l'interven­tion de prêtres comme médiateurs entre l'offrant et Dieu sera considérée comme nécessaire.

La matière sacrificielle, selon notre texte,

  • pièces de gros ou de menu bétail, autrement dit de taureaux, vaches, veaux, béliers, brebis, agneaux, boucs, chèvres, chevreaux, dont Le Code sacerdotal1 soulignera qu'ils doivent être parfaits (Lévitique 22, 18-24). Lévitique 1, 14 prévoit également l'offrande de pigeons ou de tourterelles.

  • Le choix de la victime et les quantités sont fonctions du type de sacrifice, du nombre de participants et des circonstances dans lesquelles ils sont effectués. Si, on trouve des chiffres exorbitant (on prête même à Salomon d'avoir offert à l'occasion de la consécration du temple de Jérusalem pas moins de vingt deux mille pièces de gros bétail et cent vingt mille pièces de menu bétail (1 Rois 8, 63) !) de telles hécatombes sont sans doute largement légendaires : à l'occasion de la fête des Tentes, en automne, fête qui donne lieu au plus grand nombre de sacrifices, la quantité de victimes prescrites pour les holocaustes par Nombres 29, 12-38 ne dépasse guère soixante et onze taurillons, cent vingt agneaux et quinze béliers. Les pièces de menu bétail ont d'ailleurs dut être les victimes sacrificielles habituelles.

  • D'autres traditions, dont notre texte ne fait pas état, connaissent l'offrande de produits issus de l'agriculture en plus de l’offrande animale : pains azymes, farine et vin. Ce type de sacrifice, offrande végétale et libation, semble avoir été particulièrement popu­laire aux temps de l'Exil et occupera une place de choix dans le système sacrificiel élaboré par les milieux sacerdotaux après l'Exil, vers la fin du VIe siècle avant Jésus-Christ (Cf. Code sacerdotal en Lévitique 2).

Notre texte porte, assez curieusement, un intérêt tout particulier à l'autel :

- normalement fait en terre ou avec des pierres, à condition toutefois d'employer des pierres brutes, non taillées. Il ne doit pas comporter de marches.

Même si les sanctuaires sont évidemment des lieux privilégiés, le sacrifice peut être offert en tout lieu, à même le roc ou sur des autels spécialement construits pour la circonstance.

Cette pratique a dû rester exceptionnelle, la loi de centralisation du culte promulguée par le roi de Juda, Josias, à la fin du VIIè siècle avant JC limitera le culte au seul temple de Jérusalem (2 Rois 22, 8-9).

L'Ancien Testament connait aussi des autels de forme plus élaborée.

Le rôle que joue l'autel dans la procédure sacrificielle semble impor­tant pour notre auteur. Par contre, il ne s'intéresse guère aux modalités de transmission de la matière sacrificielle à Dieu, autrement dit au rituel sacrificiel et au rôle respectif du sacrifiant et des sacrificateurs. Toutes ques­tions qui plus tard seront codifiées avec soin par les auteurs sacerdotaux (voir notamment Lévitique 1 à 3) mais qui, de toute évidence, n'apparaissent pas à notre auteur comme étant d'une importance fondamentale, indispensables à la compré­hension de la fonction du sacrifice.
Pour le sacrifice, nous avons vu le sacrifiant, la matière sacrificielle, l’autel. Quel est le destinataire ?
b. La visée du culte sacrificiel

La visée du culte sacrificiel est clairement définie par cette promesse mise dans la bouche de Dieu au v. 24b, qui est placée au centre du texte et sertie dans un double cadre :

«En tout lieu où je ferai rappeler mon nom, je viendrai vers toi et je te bénirai. »

L'offrande d'un sacri­fice, selon notre auteur, a pour effet la venue de Dieu auprès du sacrifiant ; et cette venue de Dieu débouche sur une bénédiction.

II faut prendre cette affirmation au pied de la lettre.

Lorsqu'un sacrifiant veut apporter à Dieu une offrande, et qu'il la brûle sur l'autel, ce n'est pas, selon le Pentateuque, afin de la faire monter par ce moyen à Dieu : c'est afin que Dieu vienne vers lui. Pas plus qu'un être humain ne saurait monter au ciel et pénétrer dans le séjour des dieux, aucun bien matériel terrestre ne saurait parvenir au ciel, fut-ce sous une forme trans­mutée par l'effet du feu. Le mouvement que décrit le sacrifice n'est pas un mouvement de bas en haut, de la terre au ciel. Au contraire, lorsqu'un sacrifice est offert à Dieu, c'est Dieu qui vient auprès du sacrifiant pour recevoir son offrande.

Pour argumenter cette conclusion, regardons l’usage du verbe « venir » :

deux constatations :

1- Une lecture particulièrement attentive des chapitres 19 et 20 du livre de l'Exode, montre que ce verbe n'y est utilisé qu'en une unique autre circonstance, en Exode 19, 9, lorsque Dieu annonce à Moïse sa venue au Sinaï :

« Vois, je vais venir jusqu'à toi dans l'épaisseur de la nuée, afin que le peuple entende quand je parlerai avec toi et que, en toi aussi, il mette sa foi à jamais ».

 nous avons donc deux annonces de la venue de Dieu sont introduites de manière quasi identique :

Exode 20, 22, tout comme Exode 19, 3­4, utilise une formule en trois temps qui, telle quelle, n'est employée nulle part ailleurs dans l'Ancien Testament :

  1. qui est celui qui parle

  2. quel est le destinataire du discours

  3. prescrivant ensuite à ce dernier de s'adresser aux fils d'Israël, et ce en commençant par leur rappeler ce que Dieu a précé­demment fait et dont ceux-ci ont été les témoins.

Ceci confirme notre compréhension du texte : c'est bien la venue de Dieu qui est l'effet recherché du sacrifice.

De plus, cette mise en parallèle de la théophanie du Sinaï et de la venue de Dieu auprès du sacrifiant à l'occasion d'un sacrifice est lourde de signification :

 Elle montre quelle est la véritable portée du culte sacrificiel : chaque sacrifice reproduit, en définitive, la théophanie du Sinaï.

Tandis que celle-ci consti­tuait un événement unique, qui s'était déroulé autrefois, en cette lointaine époque des origines d'Israël, quelque part dans le désert sur le chemin vers la terre promise, cette autre théophanie se produit en tout temps et en tout lieu, chaque fois qu'Israël offre un sacrifice à son Dieu. L'événement est devenu institution. Chaque autel devient Sinaï. Et c'est bien pourquoi, comme l'est une montagne, il doit être fait en terre ou en pierre brute.

Mais, très important, cette institution reste sous le contrôle de Dieu qui se réserve la liberté de venir ou non, empêchant ainsi le sacrifice de devenir un rite magique : « en tout lieu où je ferai rappeler mon nom ». L'initiative appartient à Dieu seul.

Tandis que la manifestation de Dieu au Sinaï avait été spectaculaire, la venue de Dieu à l'occasion d'un sacrifice se fait de manière non spectaculaire, discrète et invisible. C'est là le second enseignement d'Exode 20, 24, lorsque Dieu vient, à la suite d'un sacrifice, ce n'est pas pour terrifier le sacrifiant mais pour le bénir. La venue de Dieu auprès du sacrifiant débouche sur une bénédiction.

Cette annonce constitue le point culmi­nant de la promesse faite par Dieu à son peuple. Le sacri­fice a pour visée la rencontre avec Dieu. Il en est le lieu privilégié, et cette rencontre, telle est la promesse que fait Dieu, est placée sous le signe de la bénédiction.
On le voit, avec cette fonction attribuée au sacrifice, on est fort éloigné de ces conceptions évoquées dans l'introduction, où le sacrifice est considéré comme un moyen d'apaiser la colère de Dieu ou de se rendre favorable un Dieu qui, par définition, serait mal disposé à l'égard de ses fidèles. Telle n'est jamais dans l'Ancien Testament la fonction du sacrifice. Il faut donc l'affirmer avec force : toute interprétation qui ne ferait pas de ce bénir la fonc­tion unique du sacrifice doit être considérée comme non biblique.
Mais quel est le rapport entre le sacrifice et la venue de Dieu ? Autrement dit, qu'est-ce qui incite Dieu à venir ?
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