Comité National pour la Bientraitance et les Droits des Personnes Agées et des Personnes Handicapées (cnbd)





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Comité National pour la Bientraitance et les Droits des Personnes Agées et des Personnes Handicapées (CNBD)

Prévention du suicide chez les personnes âgées

Anne-Sophie RIGAUD (Hôpital Broca, AP-HP, Université Paris Descartes) - Thierry GALLARDA (Hôpital Sainte-Anne) - Marc Zajdenweber (DGCS) - Rémi Mangin (UNA) - Louise Pinard (ANESM) - Philippe Guillaumot (Gérontopsychiatrie - Pau) - Louis Ploton (FNG) - Françoise Facy (Union Nationale de Prévention du Suicide -INSERM) - Sylvie BONIN-GUILLAUME (psychogériatre – Marseille, SFGG) - Olivier DRUNAT (Hôpital Bretonneau, AP-HP, SFGG) - Philippe Carette (Centre Popincourt) - Vincent Lapierre (Centre Popincourt) - Daniel CARRE (CISS) - Emmanuel GUILIANO (Hôpital Sainte-Anne) - Romain Gizolme (ADPA) - Claire Barangé (Union Nationale des Professionnels de Santé) – Eric Tanneau (Union Nationale des Professionnels de Santé) - Bernard Duportet (HABEO)- Anne-Laure FOMBARON (FEHAP)- Rkia ELOUADI (DGS)– - Raymond Penhard (Petits Frères des Pauvres)- - Hélène CHARTIER (Association VE.DI.BE) – Claude Michel SIRVENT (Police Nationale) – Jean-Pierre Soubrier (CRES- Expert OMS)- Caroline LUTIC (Synerpa).


Tables des matières

 Implementing a Death with Dignity Program at a Comprehensive Cancer Center NEJM Avril 2013 4





Méthode de travail
Le comité de pilotage chargé de proposer des pistes d’amélioration de la politique de prévention du suicide a été installé par Madame Michèle Delaunay, ministre déléguée chargée des personnes âgées et de l’autonomie le 23 mai 2013.

Le groupe composant ce comité de pilotage était pluridisciplinaire et interinstitutionnel, associant professionnels de terrain et représentants associatifs. La liste des membres le constituant est présentée en première page du document.

Quatre réunions en groupe de pilotage (les 15 mai, 4 juin, 17 juillet, 11 septembre) ainsi que de nombreux échanges par courrier électronique et téléphone ont permis de réunir les différentes contributions des membres du comité de pilotage et ont permis d’écrire ce rapport.

Nous remercions également les docteurs Stéphane Richard-Devantoy (Psychiatre, Mc Gill, Montréal) et Laurence Hugonot-Diener (Psychogériatre, Broca, Paris) pour leurs contributions et leur relecture.
Introduction
Le suicide constitue sans doute l’épilogue le plus dramatique d’une existence humaine et dans bien des cas, il demeure une énigme. Différentes lectures existent du geste suicidaire selon qu’on est sociologue, philosophe, médecin ou spécialiste en neurosciences. Aucune ne détient la vérité.
Pour le sociologue Emile Durkheim (1858-1917), le suicide équivaut à « tout cas de mort qui résulte directement ou indirectement d’un acte positif ou négatif accompli par la victime elle-même et qu’elle savait devoir produire ce résultat » (Durkheim, 1960).

Pour Albert Camus, le suicide soulève la question fondamentale du sens de la vie : pour la plupart des hommes, vivre se ramène à « faire les gestes que l’habitude commande » et « mourir volontairement suppose qu’on a reconnu, même instinctivement, le caractère dérisoire de cette habitude, l’absence de toute raison profonde de vivre, le caractère insensé de cette agitation quotidienne et l’inutilité de la souffrance » mais de sa doctrine de l’absurde, Camus tire trois conséquences : « je tire de l’absurde trois conséquences qui sont ma révolte, ma liberté, ma passion. Par le seul jeu de ma conscience, je transforme en règle de vie ce qui était invitation à la mort – et je refuse le suicide » (Albert Camus, in Le mythe de Sisyphe, 1942).
Dans une pratique médicale, aux yeux du psychiatre notamment, le suicide apparaît presque toujours comme un comportement pathologique et non comme un acte « rationnel » ou de « liberté » et ce à tous les âges de la vie. A de très rares exceptions, les suicides dits « philosophiques » sont perçus comme la rationalisation d’un processus pathologique sous-jacent. Ainsi, dans une conception médicale, la « crise suicidaire » émerge chez des personnes souffrant de troubles mentaux. Même si un trouble mental n’a pu être caractérisé, les autopsies psychologiques et l’analyse des notes laissées par certains suicidés, témoignent toutes d’une douleur psychique qui leur est devenue intolérable. Enfin, dans une perspective issue des neurosciences, les conduites suicidaires pourraient constituer des entités pathologiques à part entière, trans-nosographiques, héritables, aux caractéristiques neurobiologiques propres où la faillite des mécanismes cognitifs à l’œuvre dans la prise de décision tiendrait un rôle majeur (Jalenques et al, 2009)
Les personnes âgées de plus de 65 ans représentent la tranche de la population la plus à risque de décès par suicide, en particulier lorsqu’elles sont déprimées. A cet âge, de multiples stresseurs psychosociaux (isolement, précarité, perte de l’autonomie…) ont été incriminés comme facilitateurs de l’éclosion des conduites suicidaires mais les facteurs de vulnérabilité suicidaire spécifiques à cette population sont encore assez mal connus. Parmi les personnes âgées souffrant de dépression, comment repérer celles qui sont les plus vulnérables au passage à l’acte suicidaire afin de cibler de meilleures stratégies de prévention de ce risque avec l’avancée en âge ?
Le comité souhaite souligner la différence majeure entre le suicide et les demandes d’aide active à mourir qui ne sont pas l’objet de ce rapport. Ces demandes d’aide active à mourir résultent de démarches accompagnées12, conscientes et ouvertes vis-à-vis des proches. La prise en compte de ces demandes ne peut être assimilée au suicide, même si le terme de suicide assisté3 est employé pour des protocoles où la prise des doses létales est effectuée de manière autonome (Suisse) L’association américaine de suicidologie (AAS), très impliquée dans ce débat, a recommandé l’appellation plus précise de « mort volontaire médicalement assistée », excluant ainsi le terme de suicide. Il semble en effet que les acteurs de la prévention doivent tenir compte d’un possible effet de banalisation, voire d’une promotion implicite, par l’emploi d’une terminologie inadéquate, pouvant favoriser la confusion entre suicide et euthanasie.

Sur cet important sujet de société, le Président de la République a demandé un Rapport au Professeur Didier Sicard4, puis sollicité l’avis du Comité Consultatif d’Éthique (CCNE)5. Jean-Claude Ameisen, Président du CCNE demande l’organisation d’un débat public, compte tenu de divergences de point de vue au sein du CCNE. Plusieurs Projet de Loi6 ont été déposées sur ce sujet à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Le débat est très vif sur le plan international.

Cadrage
Un repérage de la dépression et de la crise suicidaire encore insuffisant….
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