Correction eduscol, par bribes sujet 8 des annales zéro, et g. Zaneboni





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FRANÇAIS - BAC BLANC - PREMIERES : SERIES GENERALES

CORRECTION  EDUSCOL, PAR BRIBES sujet 8 des annales zéro, ET G. ZANEBONI

http://eduscol.education.fr/index.php?./D0056/eaf-sujets.htm

OBJET D’ETUDE : LA POESIE

A –Max Jacob (1876-1944), « Avenue du Maine », Œuvres burlesques et mystiques de frère Matorel, Editions Gallimard, 1912, Version chantée : http://www.friendship-first.com/artistes/max_jacob/discographie2005_fr.htm

B –. Tristan Tzara (1896-1963) « Un poème complètement DadA », « Pour faire un poème dadaïste » In Manifeste sur l'amour faible et l'amour amer, composé en 1920 (et paru dans La vie des lettres n°4, 1921). Reproduit p. 64 in Tristan Tzara, Sept manifestes Dada – Lampisteries, J.J. Pauvert, 160 pages, 1979, Paris  

C - Robert Desnos (1900-1945), « Un jour qu’il faisait nuit », Langage cuit, Editions Gallimard, 1923.

D - René de Obaldia (1918), « Le plus beau vers de la langue française », Innocentines, 1969

E. Raymond Queneau (1903-1976), Oulipo, la Littérature potentielle, « Lipogramme en A, en E et en Z », Editions Gallimard, 1973.

Annexe : Tristan Corbière (1845 - 1875), Les Amours jaunes, « Le Poète et la Cigale », 1873.

*Un joli texte sur Max Jacob : http://www.franceweb.fr/poesie/jacob2.htm
Nota Bene : Dans un devoir manuscrit, on souligne le titre des œuvres complètes

et on met entre guillemets le titre des poèmes
I. VOUS RÉPONDREZ D’ABORD À LA QUESTION SUIVANTE (4, 6 POINTS) :

Ces poèmes jouent avec les mots et avec le langage : vous montrerez de quelle façon dans une réponse synthétique et organisée qui soulignera les objectifs communs mais aussi l’originalité de chacun des textes.
Intro : après phrase d’accroche, présentation rapide des textes et de la problématique de façon interrogative.

jeux sur mots et langage, rejet des règles classiques et de l’académisme, recherche de l’originalité.

De façon générale, sauf pour Corbière (encore que la fable, déjà chez La Fontaine, s’autorise l’heptasyllabe et l’alternance de vers hétérométriques), nos auteurs refusent la métrique classique au profit des vers libres pour Jacob, qui privilégie la rime féminine, et Desnos, du poème en prose pour Queneau, du collage chez Tzara. Tous refusent la rationalité pour la musicalité et la fantaisie, le fantastique ou l’absurde, qui se manifestent différemment chez chacun :

Max Jacob rapproche des mots qui offrent des sons analogues tout en présentant des sens différents ; la paronomase (Paronomase : « Rapprochement de mots dont le son est à peu près semblable, mais dont le sens est différent », Littré) permet ici de créer des vers fantaisistes. Le poète construit aussi son jeu verbal constitué de multiples répétitions parallèles ou en chiasmes à partir de nombreuses dérivations lexicales, des polyptotes qui entraîne le lecteur dans le vertige des manèges. Il suggère ainsi d’une façon légèrement didactique et lyrique - mais c’est loin d’être le plus important - une réflexion aigre-douce sur la vie de couple et la fuite du temps.

Robert Desnos (poète surréaliste, mais pas ici, cf. + loin) utilise le « langage cuit » c’est-à-dire par référence à l’expression antithétique « employer un langage cru », l’emploi systématique du mot opposé à celui qu’on attendrait ce qui produit des antithèses, oxymores, paradoxes, un effet d’absurde, la recherche d’un sens au-delà de la rationalité et plongée dans un monde fantastique et poétique. Mais cette constante de la recherche et ce respect d’une contrainte sont ici loin de « l’écriture automatique », technique volontiers appliquée par les Surréalistes pour faire émerger la poésie de l’inconscient.

Le lipogramme, exercice de style typique de l’OuLiPo, OUVROIR de littérature potentielle (cf. documentation dans les annexes1), est un texte qui obéit à une stricte règle de jeu : elle interdit l’usage de telle ou telle lettre dans le texte écrit. Ici Queneau s’est imposé une triple loi : la disparition des voyelles « e » (cf. La disparition de Georges Perec, autre membre éminent de l’OuLiPo ) et « a », ce qui constitue une contrainte très exigeante, et celle plus humoristique de la consonne « Z », moins difficile à suivre. Le résultat : un poème en prose absurde, qui multiplie les effets sonores et introduit systématiquement dans le langage poétique des mots incongrus et saugrenus.

Tzara parodie les arts poétiques traditionnels : il impose au lecteur une recette de cuisine suivie d’un exercice de style pour finalement exhiber une esthétique dada fondée sur le collage, le burlesque et l’absurde.

Le jeu sur les allitérations et assonances sature « le plus beau vers de la langue française » ; mais le jeu de René de Obaldia réside surtout dans le décalage ironique qu’il introduit entre ce prétendu chef-d’oeuvre et la leçon de français parodique d’un professeur caricaturé qui est censée en dévoiler les splendeurs.
Dans l’ensemble, donc, règne de la fantaisie, de l’absurde, dans une poésie ludique, pourtant inspirée par des contraintes très strictes, si elles n’ont absolument rien de classique, et qui vise, avant tout, à déconcerter et amuser le lecteur tout en l’interrogeant sur ce qu’est la poésie.
II. ECRITURE : VOUS TRAITEREZ ENSUITE L’UN DE CES SUJETS (16 POINTS) :
1. COMMENTAIRE du texte de Tzara

Plan possible du commentaire :

I. La parodie d’un art poétique en acte, marquée par l’ironie

A. Un art poétique en acte : la mise en abyme de l’acte créateur

1. Un poème leçon de poésie

La leçon

L’exercice de style, après La leçon

2. Un travail sur la forme : sollicitation des sens visuel et sonore

- choisissez / comptez ; prenez /prenez ; découpez /découpez : possibilité de lire la poésie verticalement.

- musicalité : effets sonores, rythmiques

B Le registre didactique

1. Le ton injonctif et la fonction conative du langage  implication du lecteur-élève

2. Parodie d’une recette de cuisine

C. La posture du poète : la satire du topos

Le poème vous ressemblera. Et vous voilà…vulgaire :

- tout le monde peut être poète

- « infiniment » : majoration

- « incomprise du vulgaire » : topos du poète maudit vu avec ironie
II. Qui exhibe une esthétique fantaisiste et absurde : celle du mouvement Dada

A. Le rejet des codes habituels et la pratique de la « table rase »

Refus des contraintes idéologiques et esthétiques (déjà à l'œuvre dans l'expressionnisme), notamment classiques, et irrespect subversif

B. L’esthétique du « collage »

1. Le poète utilise ciseaux et non un stylo pour jouer avec la matérialité du mot, de la ligne, du vers

2. Le jeu sur la typographie

Différence de corps, police, couleurs

3. Texte incohérent car produit par le hasard

La poésie née de rapprochements incongrus

- Mots sans suite

- 10 à 12 : intègre des chiffres dans la poésie.

C. Des registres ludiques et subversifs qui démythifient poètes et poésie

1. La multiplication des registres : Satire, burlesque, absurde et fantaisie

2. Le journal, anti-littéraire d’après les codes habituels, devient l’instrument d’une poésie réinventée

3. Tout le monde peut être poète

D. Des thèmes chers aux artistes dada :

« tableaux », « yeux », « rêve », « imaginer », « couleurs » : isotopie de l’image

Une conception originale de la poésie et du poète
Le corrigé du commentaire est intégralement rédigé. Pour faciliter votre lecture, nous avons gardé les titres des différentes étapes du développement. Dans votre devoir, vous ne devrez pas les conserver.
I
Gagnez des points !

Soignez votre amorce.
ntroduction


L’histoire littéraire progresse selon des attaques, des ruptures et des proclamations parfois tonitruantes qui sont théorisées dans les manifestes esthétiques et les « Arts poétiques » produits par les mouvements artistiques successifs.

C
Gagnez des points !

Liez logiquement votre problématique à ce qui précède et à ce qui suit.
’est dans cette perspective que Tzara compose en 1920 « Pour faire un poème dadaïste », qu’il intègre au Manifeste sur l'amour faible et l'amour amer.

Comment ce créateur d’un mouvement qui veut faire « table rase » du passé va-t-il jouer avec le genre de l’art poétique issu de l’Antiquité et du très sérieux Aristote ?

Voyons comment la parodie d’un art poétique en acte, marquée par l’ironie, exhibe une esthétique fantaisiste et absurde : celle du mouvement Dada.

I. La parodie d’un art poétique en acte, marquée par l’ironie…

Dès son titre, le poème s’inscrit dans la tradition de l’art poétique en acte ; mais n’en fait-il pas une parodie marquée par l’ironie ?

A. Un art poétique en acte : la mise en abyme de l’acte créateur

Il se présente bien comme un art poétique en acte en mettant en abyme les gestes créateurs. Il est composé en deux temps : la leçon de poésie puis son application.

Il est l’objet d’un travail sur la forme et sollicite les sens visuel et sonore. Il offre la possibilité d’une lecture verticale : « prenez / prenez » ; « choisissez / comptez » ; « découpez / découpez ». Il travaille la musicalité avec beaucoup d’effets sonores et rythmiques.

B Le registre didactique

Le but didactique de l’art poétique se retrouve dans le ton injonctif, la multiplication des impératifs et la fonction conative du langage qui implique le lecteur-poète-élève.

Il nous propose en fait la parodie d’une recette de cuisine appliquée à l’élaboration poétique, qui se crée au fur et à mesure que progressent les injonctions comme dans la confection d’un plat.

C. La posture du poète : la satire du topos

Comme dans la plupart des arts poétiques antérieurs, la figure du poète se dessine hyperboliquement :

«
Gagnez des points !

Soignez votre transition.
 Et vous voilà un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire. »

Remarque

«Subvertir,  subversion » vient du latin subvertere : renverser, et désigne une action souvent clandestine qui contredit ou conteste les valeurs d'un système dominant.
Ce texte propose donc bien, avec son registre didactique et la suggestion de la figure du poète, les codes d’un art poétique, en acte puisqu’il applique simultanément les conseils qu’il prône. Mais l’ironie subvertit déjà les objectifs traditionnels du genre et en fait une parodie. On va voir comment elle met en valeur une esthétique fantaisiste et absurde : celle du mouvement Dada.

II. … Qui exhibe une esthétique fantaisiste et absurde : celle du mouvement Dada

A. Le rejet des codes habituels et la pratique de la « table rase »

Les pratiquants de la « table rase » rejettent les codes habituels. Ils refusent les contraintes idéologiques et esthétiques, notamment classiques, et témoignent d’un irrespect subversif.

B
Remarque

Corps : taille de la lettre.

Police : forme de la lettre.
. L’esthétique du « collage »


Tzara va utiliser l’esthétique du « collage », présente également dans les arts plastiques. Le poète doit manier des ciseaux et non un stylo pour jouer avec la matérialité du mot, de la ligne, du vers. Il joue aussi sur la typographie en exploitant la différence de corps, de police, de couleurs.
L
Remarque

Démythifier signifie dégrader.
’exercice de style produit un texte incohérent guidé par le hasard. La poésie naît de rapprochements incongrus, de mots sans suite et même de l’intégration des chiffres : « 10 à 12 ». Les règles formelles traditionnelles sont bafouées.

C. Des registres ludiques et subversifs qui démythifient poètes et poésie

De plus, Tzara exploite satire, burlesque, absurde et fantaisie, des registres ludiques et subversifs qui démythifient poètes et poésie.

Le journal, anti-littéraire d’après les codes habituels, devient l’instrument d’une poésie réinventée.

Tout le monde peut devenir poète, ce qui s’oppose radicalement à la figure du poète élu, voyant, singulier, marginal, voire maudit, des mouvements romantique et symboliste.

D. Des thèmes chers aux dadaïstes


Gagnez des points !

L’élargissement n’est pas obligatoire mais bienvenu s’il est pertinent.
Enfin on retrouve dans ce montage hasardeux des thèmes chers aux dadaïstes : « tableaux », « yeux », « rêve », « imaginer », « couleurs », et le goût de l’image appréciée aussi des Surréalistes qui prendront la suite de Dada.

Conclusion

A
Citation

« Cette Joconde à moustache et à bouc est une combinaison readymade/dadaïsme iconoclaste. L'original, je veux dire le readymade original, est un chromo 8 x 5 (pouces) bon marché au dos duquel j'écrivis cinq initiales qui, prononcées en français, composent une plaisanterie très osée sur la Joconde. » Duchamp, Duchamp du signe, 1958.
insi ce poème suggère-t-il une conception tout à fait originale de la poésie et du poète. Tzara se saisit d’une tradition, celle de « l’Art poétique », pour la parodier et s’en moquer, mais aussi pour suggérer une esthétique profondément moderne : la poésie naît du hasard, du collage, du rapprochement incongrus de mots et d’images. Loin de l’élégie et de l’engagement, elle est fantaisiste, burlesque, absurde. Entreprise iconoclaste et réjouissante, elle est contemporaine des moustaches et du bouc ajoutés à La Joconde par Duchamp, qui intitulera son œuvre L. H. O. O. Q.


*

Lecture Analytique Linéaire (rédigée), puis composée (plan seul) Par Ghislaine Zaneboni
« Le plus beau vers de la langue française », Innocentines René de Obaldia (1969)
(Introduction)

La poésie s'est souvent prise comme objet et comme thème, dans une mise en abyme et un enjeu réflexif, autotélique.

C'est aussi la visée de ce poème, "Le plus beau vers de la langue française", qui est extrait du recueil Innocentines publié en 1969, pendant cette période où toutes les valeurs sociales, culturelles et artistiques fondées sur l’autorité sont remises en question.

René de Obaldia y met en scène de façon parodique la caricature d’un professeur de français menant un cours devant ses élèves ; celui d'une explication de texte - on dit maintenant « lecture analytique » - sur ce que le maître estime être "le plus beau vers de la langue française".

Problématique : On va montrer comment l’auteur, à travers cette parodie, nous livre une satire fantaisiste, non seulement sur la façon dont on enseigne la littérature, mais aussi sur la conception traditionnelle de la poésie, tout en restant authentiquement poète.
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