Rapport du Conseil Exécutif





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2.2- Caractérisation du modèle économique actuel de la Corse


L’élaboration d’un modèle de développement, le choix d’orientations stratégiques qui pourront modifier de façon substantielle le paysage économique insulaire, nécessite au préalable, d’analyser et comprendre la situation économique actuelle.

La commission plénière du 3 juillet a permis d’entendre sur ce sujet monsieur Guillaume Guidoni. Nous reprenons dans les lignes qui suivent, quelques faits marquants de son constat ainsi que quelques éléments issus du diagnostic économique de l’innovation réalisé par l’ADEC en partenariat avec l’INSEE.

2.2.1- Un modèle économique polarisé sur la consommation, l’immobilier et les services administrés


Le modèle économique de la Corse se distingue très nettement de celui des autres régions de France métropolitaine.

En effet, il se caractérise, comme dans les DOM, par la faiblesse de l’agriculture et de l’industrie, par une place prépondérante du secteur tertiaire, notamment des services marchands qui bénéficient de l’importance des activités touristiques et surtout par la surreprésentation des services administrés.

Le dynamisme du secteur de la construction, à l’origine de la majeure partie des créations d’entreprises depuis 2002, et son implication dans la valeur ajoutée produite dans l’île, est également une particularité locale. Illustration issue du diagnostic économique de

l’innovation ADEC-INSEE

Ces caractéristiques, qui le différencient des régions de France continentale, le rapprochent en revanche des autres îles européennes, et plus particulièrement méditerranéennes.

En Corse, en l’espace de vingt ans, la richesse en valeur produite a été multipliée par deux. Comme pour la plupart des autres îles européennes, exception faite de la Sardaigne et la Sicile, la croissance économique soutenue, n’a cependant pas permis de rattraper le niveau moyen européen de PIB par habitant.



A l’origine de cette croissance économique, on retrouve notamment la conjugaison des effets favorables du tourisme et la très forte expansion depuis 1999 du secteur du BTP, stimulé par la construction de logements et la vigueur de l’investissement public, dont la valeur ajoutée a progressé en moyenne de 12% par an (en valeur).

Ainsi, comme le souligne Guillaume Guidoni, le modèle économique Corse, comme celui de la plupart des îles méditerranéennes, est « focalisé sur le diptyque consommation-immobilier, à la fois dans le secteur privé (construction, distribution, tourisme) et dans le secteur public (emplois publics, exemptions fiscales pléthoriques, infrastructures) ».



C’est un modèle dans lequel le système de création de richesses vise à capter le maximum de revenus privés (résidents, touristes) et publics (prestations sociales, subventions, investissements publics).

Il implique d’importer des quantités sans cesse croissantes de produits pour répondre aux besoins générés, creusant de cette façon le déficit commercial. De plus, ce modèle s’accompagne de processus spéculatifs et inflationnistes qui se conjuguent pour renchérir de façon forte le coût de la vie.

Aussi place-t-il la Corse dans une situation de dépendance vis-à-vis d’une source extérieure de capitaux, la rendant ainsi extrêmement vulnérable à la crise économique et financière.

2.2.2- Les facteurs de faiblesse du modèle économique de la Corse


  • Une production locale de biens consommables très en deçà des besoins

Alors même que le potentiel de consommation en Corse est important (94% du PIB si l’on considère les ménages résidents mais aussi les touristes, cf. étude de Guillaume Guidoni), la faiblesse de l’industrie et de l’agriculture insulaires ne permet de générer que 4 % du PIB tandis que la distribution en assure 17%.

Il semble donc y avoir une marge de progression considérable pour les secteurs productifs.


En ce qui concerne par exemple le secteur de l’agriculture, le poids en volume de la production agricole insulaire reste en deçà des besoins de la consommation locale malgré une présence des produits qui tend à s’améliorer (à titre indicatif : présence de « paniers de fruits et légumes » dans les rayons GMS pendant la période estivale).



Source : Chambre d’Agriculture de Corse - observatoire des prix et origines 2011 - in Annuaire Agricole Corse 2012.

Le secteur de la viande bovine ne représenterait que moins d’1/3 de la consommation avec des disparités selon les produits et les modes de distribution/commercialisation, tandis que les productions d’élevage restent encore tributaires des importations de fourrages.

On retrouve également cette opposition économie de la rente/économie productive dans le domaine du tourisme.

  • Une économie qui reste très largement tributaire des importations



L’économie insulaire très largement portée par la consommation, génère de fait un développement limité du territoire, en raison d’une balance commerciale induite fortement négative.


  • Un secteur du BTP, pilier de l’économie insulaire dont l’avenir peut poser question dans le contexte de crise actuel

Entre 2000 et 2010, le secteur de la construction a été à l’origine de 23% des créations d’entreprises et a ainsi fortement contribué à la croissance de l’emploi salarié privé, dont il représente, en 2010, 16%.



Illustrations issues de la présentation de Guillaume Guidoni

Il pèse désormais (source INSEE, 2009) 11% de la valeur ajoutée brute créée en Corse dont il est devenu l’un des piliers de l’économie.

Or, comme le rappelle Guillaume Guidoni dans son intervention auprès de la commission plénière PADDUC du 3 juillet, « la construction est aujourd’hui fragilisée par la conjonction de nombreux chocs externes :

  • Le dispositif Scellier a été réduit en 2011 et le sera encore en 2012 avant d’être supprimé à partir de 2013.

Or, en Corse, l’activité de promotions immobilières représente une proportion importante de la construction de logements. Depuis 2008, les logements collectifs (principalement construit par les promoteurs) représentent 52 % des mises en chantiers.

  • Suppression du prêt à taux zéro « plus » (PTZ+) pour les logements anciens, réduction dans le neuf et le rétablissement des conditions de ressources pour les bénéficiaires restants.

En 2011, le PTZ+ a injecté 13 millions d’euros pour les logements anciens et 31 millions d’euros pour les logements neufs.

  • Plus largement, on peut ajouter :

  • restriction du crédit (banques frileuses) ;

  • hausse des taxes en cours ou à venir (immobilier n'est pas délocalisable donc facilement taxable) ;

  • revenus contraints pour les ménages (faibles créations d'emplois et modération salariale) et capacité d'achat réduite (prix élevés) ;

  • contexte peu favorable à l'achat de résidences secondaires (plus de 40 % de la construction neuve) ;

  • valorisations en baisse même pour les locations saisonnières (concurrence de plus en plus forte entre loueurs) ;

  • incertitude très forte sur les taux d'intérêt et les finances publiques (probabilité importante de plus d'austérité et de taux plus hauts).

Elle semble de plus trop déséquilibrée pour pouvoir continuer sur sa lancée. »



Face à cette conjoncture et à la place grandissante qu’occupe depuis les années 2000 le secteur de la construction dans l’économie insulaire, sa surreprésentation dans l’économie insulaire entraine un facteur de risque considérable en cas d’effondrement.


  • Un appareil productif morcelé et âgé

De façon générale, les unités de production sont souvent très petites dans l’île et ce, quel que soit le secteur d’activité. 22% des industries au niveau national compte plus de 10 salariés contre 9% en Corse. Ce morcellement de l’appareil productif, induit une faible valeur ajoutée par établissement et constitue.

La très forte dynamique des créations d’entreprise depuis une dizaine d’années, traduit la vigueur de la démarche entrepreneuriale en Corse. Pouvant constituer un important facteur d’innovation, cette réalité renforce en même temps le morcellement de l’appareil productif, contribuant à le fragiliser.

En outre, ces créations d’entreprises n’ont pas contribué à rajeunir la figure entrepreneuriale corse. En effet, comme partout, la Corse est confrontée au vieillissement de ses chefs d'entreprise, vieillissement dont les conséquences sont néfastes non seulement en termes de continuité de l'appareil productif (difficultés de transmission de l'outil de production) mais également en termes de capacité d'innovation des entreprises. Ce phénomène est encore plus prégnant dans la région, qui est la plus âgée des îles méditerranéennes et la deuxième région la plus âgée de France.

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