I les textes principaux selon diverses versions : présentations et analyse





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Textes anciens en créole français
de la Caraïbe
(Histoire et analyse)

Marie-Christine Hazaël-Massieux


Sommaire
Introduction
I - Les textes principaux selon diverses versions : présentations et analyse

Chapitre Ier : Les créoles selon les auteurs et scripteurs du temps
Chapitre IIe : La Passion selon St Jean et son contexte au XVIIIe siècle
Chapitre IIIe : De Lisette quitté la plaine aux Idylles et chansons : l’histoire des chansons créoles, les variantes et le contexte historique
Chapitre IVe : Jeannot et Thérèse (les deux versions du XVIIIe siècle, complétées par Fondoc et Thérèse de Paul Baudot)
Chapitre Ve : Les proclamations révolutionnaires
Chapitre VIe : De Ducoeurjoly à la parabole de l’Enfant prodigue : Les développements du créole haïtien au début du XIXe siècle
Chapitre VIIe : L’abbé Goux : catéchisme et grammaire créoles
Chapitre VIIIe : Marbot et les autres : les fables dans la Caraïbe
Chapitre IXe : Conflits politiques et polémiques au XIXe siècle : l’affaire Bissette / Schoelcher
Chapitre Xe : La littérature en Guadeloupe et en Martinique à la fin du XIXe siècle et au début XXe siècle
Chapitre XIe : Haïti : G. Sylvain, O. Durand, M. Coicou, et les avancées dans le XXe siècle

II - Quelques grandes questions grammaticales

Chapitre XIIe : Les descriptions des grammairiens du XIXe siècle
Chapitre XIIIe : Un schéma évolutif. La créolisation et le développement des langues
Chapitre XIVe : Le nom et la détermination dans la Caraïbe
Chapitre XVe : Les pronoms
Chapitre XVIe : Le système verbal
Chapitre XVIIe : Mots de coordination et de subordination

Conclusion

Annexes :
Liste chronologique des textes
Liste alphabétique des textes
Références bibliographiques

Introduction



Objet de ce livre
L’histoire de la colonisation, même s’il existe encore des zones d’ombres, est maintenant bien connue. Récemment, l’ouvrage d’Olivier Pétré-Grenouilleau (2004) a suscité discussions et polémiques. De fait, la colonisation et l’esclavage restent souvent des sujets tabous, car à côté de l’histoire véritable fondée sur des textes et des documents, une pseudo-histoire s’est plus ou moins construite par tradition, proche de la légende ; il n’est guère possible de toucher à ce qui correspond à des convictions profondes, aussi importantes parfois qu’un mythe d’origine. Pourtant, la consultation directe des journaux de plantations, des documents régissant l’esclavage obligent à porter des regards nouveaux sur une période qui certes a été marquée par des faits que nos mentalités modernes ne peuvent que dénoncer, mais pour la compréhension de laquelle le regard de l’historien est toujours nécessaire. L’étude de la vie pendant la colonisation, l’analyse des rapports sociaux et économiques, bien au-delà des dénonciations – par ailleurs légitimes, mais qui se situent à un autre niveau d’intervention – impliquent l’accès à tous les documents. Pour nous linguistes, il s’agit de saisir et de décrire, le plus objectivement possible, les interactions, les contacts qui permettent d’élaborer des hypothèses quant à la genèse des créoles dans ce contexte historique complexe, si possible d’établir la part des différentes langues en présence dans ces situations de plurilinguisme, et d’envisager toutes les questions linguistiques et sociolinguistiques qui en découlent.

Notons toutefois dès maintenant que le linguiste est obligé à la prudence quand il s’agit d’estimer la place exacte tenue par une ou des langues dans l’évolution linguistique en raison de ce premier fait, régulièrement vérifié : la présence d’une population en un lieu n’implique pas la survie obligatoire de sa langue, ou même la survie de traits provenant de celle-ci, et nombreux sont les cas historiquement connus où en raison de conditions sociolinguistiques défavorables, une langue a pu l’emporter complètement sur une autre, même si la population qui parlait la langue devenue dominante était moins nombreuse. La domination linguistique est liée à des facteurs divers (suprématie sociale, économique, culturelle) qui peuvent l’emporter complètement et l’importance numérique d’une population peut, dans certains cas, être un facteur relativement secondaire. Ainsi, certaines populations s’adaptent beaucoup mieux que d’autres à une langue nouvelle, notamment dans des conditions où l’apprentissage de celle-ci est un facteur d’intégration, quand la population d’apprenants est plus jeune, quand il n’y a pas d’autres moyens pour elle de communiquer, quand l’apprentissage de la langue nouvelle pour cette population est occasion de promotion sociale, etc. De fait, les esclaves se sont retrouvés assez rapidement plus nombreux que les maîtres pendant la colonisation, mais on sait que l’on ne peut absolument pas conclure pour autant à une influence majeure de leurs langues, du fait précisément du nombre des langues qu’ils pratiquaient, pas toujours intercompréhensibles, mais aussi du fait de la domination du maître1 : très vite, il a été nécessaire pour les esclaves de comprendre du français, d’utiliser ces rudiments acquis. Les chroniqueurs nous parlent par exemple de français corrompu, et il n’est pas facile de savoir si ce français était corrompu volontairement par les maîtres (recourant à une espèce de « petit-nègre », à un jargon, pour se faire comprendre des esclaves), ou par les esclaves eux-mêmes en situation d’apprentissage. C’est sans doute de ces essais de communication approximatifs, de part et d’autre, que sont nées les langues appelées « créoles », du nom de leurs locuteurs, les populations créoles, terme qui renvoie aux populations nées aux îles de parents qui au départ n’en étaient pas originaires2 : les noirs-créoles (ou nègres créoles, comme on dit à cette époque3) ou les blancs-créoles (expression qui continue à être en usage en Guadeloupe pour désigner les blancs « locaux » par opposition aux blancs venus de Métropole).
Des textes en créole nous sont parvenus de ces époques de la colonisation, d’autres ont été écrits plus tard après l’abolition de l’esclavage, dans la seconde moitié du XIXe siècle, d’autres enfin tout au long du XXe siècle. : tous ces textes permettent très réellement d’établir une histoire des langues dites « créoles » dans la Caraïbe, mais plus encore d’envisager des hypothèses quant au développement de langues nouvelles (on parle parfois de « langues émergentes ») dans des situations de contacts.
Certes ces textes, écrits, suscitent à l’occasion des réserves ; ceux qui n’ont pas eu l’occasion de les étudier doutent parfois de leur authenticité ; mais examinés avec les précautions nécessaires que nous rappellerons ci-dessous, ces textes se révèlent vite du plus grand intérêt pour suivre les évolutions linguistique et finalement l’élaboration de ces langues que sont maintenant l’haïtien, le guadeloupéen, le martiniquais, le sainte-lucien, le dominicain4, le guyanais, etc. D’autres linguistes en d’autres zones, en ont déjà reconnu l’intérêt puisque dans cette même collection Robert Chaudenson a dès 1981 publié des Textes créoles anciens (La Réunion et Ile Maurice). Comparaison et essai d’analyse, puis en 1987, Ingrid Neumann-Holzschuh des Textes anciens en créole louisianais.
Il manquait de fait une étude des textes de la Caraïbe, particulièrement significative, nous semble-t-il, car elle permet de voir comment les formes grammaticales se fixent, se dispersent et s’opposent selon les zones. Dans cet ouvrage, nous viserons principalement à présenter les textes5, à établir les règles de leurs fonctionnements grammaticaux. Quand, à l’occasion, des données étymologiques pourront être établies, nous n’hésiterons pas à les exposer, mais ce n’est pas la visée de cet ouvrage : notre compétence, très insuffisante dans les diverses langues africaines parlées par les esclaves ne permettait de toutes façons pas de prétendre à l’exhaustivité en la matière, mais en outre, il faut dire que la grande masse du matériau est indéniablement d’origine française et un philologue peut ainsi reconstituer assez aisément nombre d’étymologies. Un dictionnaire étymologique des créoles de la Caraïbe est en cours (sous la direction d’Annegret Bollée, après la réalisation du Dictionnaire étymologique des créoles de l’Océan Indien), et cette recherche sera donc assurée dans les années qui viennent. Notre visée ici est donc principalement d’étudier les développements du/des langues créoles au cours des siècles passés et d’essayer de dégager les règles présidant à l’établissement progressif de grammaires différenciées et structurées.
On se méfiera des rapprochements trop rapides ou « négatifs »6 qui amèneraient à considérer que la grammaire (morphologie et/ou syntaxe) des créoles vient des « langues africaines », chaque fois que l’évolution prévisible, en quelque sorte automatiquement à partir du français, souvent régional et toujours oral, des XVIIe et XVIIIIe siècles ne permet pas de parvenir au créole. Précisément, en situation de contacts de langues, les évolutions sont très complexes et sans doute faut-il imaginer d’autres règles pour expliquer les développeemnts que celles de la linguistique comparée de la fin du XIXe siècle : bien que proposant un système explicatif intéressant, cette perspective comparatiste n’est pas immédiatement projetable sur le cas des créoles, en raison sans doute du nombre des langues de familles très diverses en cause dans la genèse des créoles, mais aussi de la mobilité importante des populations, et peut-être d’autres raisons pas encore identifiées. Peut-être même peut-on penser que les modèles développés progressivement pour les créoles, qui intègrent des données de variation et de contacts que les modèles plus classiques ignoraient, pourront avoir des conséquences heureuses dans l’étude des langues anciennes qui sont reconstituées en mêlant des strates diverses dans une sorte d’achronie : pour les langues anciennes, la rareté relative des textes ne permet guère d’envisager aisément des schémas évolutifs fins comme ceux que nous proposons pour les créoles : nos analyses, à partir de 1780, sont fondées sur des textes que ne séparent guère plus de dix ou vingt ans, et parfaitement datés et situés pour l’essentiel, même si l’extrême variation des formes dans ces textes oblige à trouver des systèmes explicatifs nouveaux (cf. notre schéma du chapitre XIIIe) et amène à s’interroger en conséquence sur le fait que c’est peut-être en raison de leur petit nombre que les textes qui permettent la construction de l’indo-européen ne peuvent laisser entrevoir une variation qui aurait été la règle si l’on avait eu à disposition un nombre suffisant de textes à chaque époque : on rapproche comme relevant d’une évolution régulière, par un jeu de règles ad hoc, des « langues » qui pouvaient entretenir des rapports bien plus complexes que ceux d’une filiation régulière que les grands comparatistes – géniaux il faut le dire – ont pu proposer.
Par ailleurs, on rappellera la nécessité de bien distinguer les questions autour de la genèse (qui recherche des sources linguistiques) et les questions typologiques – très « à la mode » aujourd’hui -, qui indépendamment des familles reconstituées, tentent de rapprocher des langues qui se ressemblent pour l’établissement d’universaux linguistiques ou pour une meilleure compréhension des évolutions systémiques. Meillet déjà soulignait :
« …la parenté n’implique aucune ressemblance actuelle des langues considérées, ni surtout du système général des langues considérées ; et inversement il y a beaucoup de ressemblances, soit de structure générale, soit de vocabulaire, qui n’impliquent pas parenté. »7.
En ce qui concerne les rapprochements avec les langues africaines, en partant des données que nous avons sur les populations esclaves, on sera toujours très prudent, car si l’on a maintenant d’assez bonnes descriptions de nombreuses langues africaines, on a bien peu d’indications en ce qui concerne leurs ancêtres parlés au XVIIe-XVIIIe siècles : ces langues n’étaient pas du tout écrites, et les premiers témoignages et analyses de missionnaires dans le domaine des langues africaines datent de l’extrême fin du XIXe siècle, lors de la réelle colonisation de l’Afrique par des Européens. Des ressemblances apparentes de formes grammaticales créoles contemporaines (ou même ancienes) avec des formes grammaticales contemporaines dans telle ou telle langue africaine, seront à manipuler avec la plus grande prudence : le nombre des structures linguistiques possibles (ordre des déterminants et déterminés, place des pronoms, éventuelles marques de classes, structures de la conjugaison, etc.) ne sont pas si nombreuses en théorie dans les langues du monde (la variabilité est contenu dans des limites assez étroites, sans doute liées au cerveau humain), et l’on se méfiera de prendre comme explication étymologique ce qui peut n’être qu’une donnée typologique (fait très répandu dans les langues du monde). Derek Bickerton a depuis longtemps dénoncé « le principe de la cafeteria » qui amènerait à prendre tantôt ici, tantôt là des faits grammaticaux pour reconstituer de pièces et de morceaux, et sans vraisemblance, une langue hétéroclite, en dehors de tout cadre vraisemblable sociologiquement et historiquement. La linguistique aréale par ailleurs et les recherches typologiques à l’échelle du monde font ainsi apparaître des « tendances » parfois dans de vastes zones, mais pour des faits alors assez « généraux » et donc largement répandus.
S’il convient de ne pas ignorer les apports des langues des esclaves à la créolisation (ne serait-ce que parce que les langues « créoles », sont nées dans des situations de contacts qui en font précisément l’originalité), il sera plus important pour nous ici de décrire les systèmes linguistiques de chaque texte, c’est-à-dire donc de chaque moment de l’histoire de ces langues (synchronies successives) que de chercher à établir des filiations, et de se livrer à des supputations concernant les parts respectives des différentes langues. Il s’agit sûrement de recherches intéressantes, mais où la part de l’hypothèse et de l’extrapolation est trop grande et hasardeuse pour que nous nous y arrêtions longuement. On notera qu’il existe des ouvrages déjà en la matière, depuis l’ouvrage bien connu de Salikoko Mufwene 1993 (Africanisms in Afro-American Language varieties), et ses nombreux articles jusqu’au livre de Mervyn Alleyne, 1996 (Syntaxe historique créole). Les preuves et donc les certitudes sont minces, et il ne nous a pas semblé nécessaire de poursuivre dans cette voie8. Il nous semblait plus urgent d’offrir dans l’immédiat à toute la communauté scientifique un plus grand nombre de textes, lesquels pourront ensuite être analysés et réanalysés selon différentes perspectives théoriques.
Notre approche ici sera donc principalement descriptive, même si à l’occasion quelques rapprochements grammaticaux seront proposés en quelque sorte naturellement entre les français régionaux et populaires des XVIIe-XVIIIe siècles, assez bien connus, et les créoles ; plus marginalement, quelques sources africaines seront évoquées pour le lexique des realia, et, surtout vers la fin du XIXe siècle, quelques pistes seront suggérées en direction de l’Afrique pour la grammaire ou la sémantique grammaticale, en référence à un schéma (cf. chapitre XIIIe) dont la valeur heuristique nous semble intéressante. Le lecteur intéressé pourra lui-même, partant des données regroupées ici, avoir l’idée de nouvelles interprétations et faire progresser la recherche. Nous serons heureuse si l’on peut, à partir des textes ici réunis, poursuivre des investigations étymologiques en direction aussi bien de sources françaises que des sources africaines. Nous redirons d’ailleurs que certaines structures restent tout à fait problématiques à expliquer par le seul français, et que vraisemblablement c’est du côté des langues parlées par les esclaves qu’il faudrait chercher la base de réanalyses et d’interprétations9.
Genèse et évolution
On a avancé beaucoup d’hypothèses concernant la genèse des créoles10, toutes plus ingénieuses les unes que les autres :

  • On a parlé, par exemple, de la « nativisation d’un pidgin » : ce qui suppose déjà de savoir ce que l’on appelle pidgin, puis ce que l’on appelle créole, car les témoignages d’époques, trop minces, ne permettent ni d’infirmer ni de confirmer une telle hypothèse au regard des noms employés pour désigner les langues (noms qui sont tout autres). Quand on se met à disposer d’une succession de textes écrits, où tracer la frontière entre pidgin et créole ? On ne travaille que sur des textes écrits, donc déjà traités, interprétés par des scripteurs ayant certaines habitudes graphiques… Et si l’on appelle « pidgin » ce qui a précédé les premiers textes écrits… on est dans de pures conjectures puisqu’on n’en a pas de traces ! Comme on n’a pas d’autres témoignages que les récits des historiens et des chroniqueurs, comme on ne dispose que de citations ou de textes auxquels on peut toujours faire le reproche de n’être pas une fidèle reproduction de l’oral, affirmer qu’avant le créole contemporain il y a eu un pidgin, à jamais perdu, c’est effectivement possible, mais ce n’est pas non plus une hypothèse indispensable ! On peut tout aussi bien parler de continuité d’une évolution que de changements poursuivis à partir du moment où des locuteurs natifs utilisent la langue et la transmettent.




  • En lien avec l’histoire, on peut encore opposer, comme le fait R. Chaudenson, la société d’habitation et la société de plantation (certes identifiables économiquement et socialement) en supposant que c’est le passage de l’une à l’autre qui est déterminant pour le surgissement d’un créole. Là encore, il s’agit d’une hypothèse sans doute intéressante, mais le lien entre les conditions historiques et les langues ne peut être prouvé. Cette hypothèse, certes séduisante, limite extrêmement la définition d’un créole, pas seulement à ces langues qui s’appellent créoles (dans les premiers temps on ne parle absolument pas de langues créoles, mais de « français corrompu » ou de jargon, ou de baragouin11) mais aux langues nées au cours des colonisations européennes, et on devrait même dire aux colonisations « françaises », des XVIIe-XVIIIe siècles.




  • Si l’on regarde les positions de créolistes et chercheurs anglophones, on peut constater qu’ils sont beaucoup plus accueillants que les francophones, avec une autre définition du terme de créole et qu’ils étudient comme « créoles » des langues nées dans de tous autres contextes : ainsi en est-il du gullah actuellement, langue des Noirs américains dans certaines grandes villes des Etats-Unis ; ils font ainsi du terme de créole presque l’équivalent de l’expression « langue de contact », voire même de « langue mixte ». Ceci à l’évidence pose quantité d’autres problèmes : y a-t-il des langues « mixtes » (qu’est-ce que la mixité d’une langue ?), et si oui, où se manifeste cette mixité ? Est-ce que toute langue ne commence pas comme « langue mixte », avec des interférences diverses prévisibles et même prouvées, en cas de contacts et d’apprentissage en milieu plurilingue - et donc comme « créole » ? Ce serait simplement une absence de conscience des développements d’une langue dans ses débuts qui aurait fait ignorer ces stades complexes, variables, « mosaïques », par lesquels la plupart des langues passeraient nécessairement. Les modèles d’évolution proposés par la linguistique comparée, marquant le passage d’états de langues à états de langues, de langues à langues – chaque langue constituant un tout bien délimité – auraient généré une certaine vision des évolutions, qui n’est sans doute pas plus « réelle » pour les langues de longue tradition écrite que pour les langues plus récemment découvertes et/ou en train d’émerger…




  • Récemment, S. Mufwene, dans une perspective qui vise sans doute à concilier ces divers points de vue, propose d’insister sur l’écologie linguistique : si la situation assez spécifique de la naissance des créoles historiques n’est pas aisément reproductible, en dépassant le niveau immédiat de représentation, on peut imaginer qu’en dehors des sociétés d’esclavage, des données écologiques comparables peuvent avoir des conséquences linguistiques en générant des langues comportant des traits proches de ceux des créoles.12


L’existence de diverses hypothèses génétiques ne doit pas interdire d’essayer de regarder avec les yeux les plus « neufs » possibles les textes que l’on découvre progressivement qui recourent au créole des premiers siècles de la colonisation dans la Caraïbe, c’est-à-dire, d’essayer de se dégager des hypothèses bâties au vu des conditions socio-historiques qui pour certains chercheurs suffisent à justifier des modèles génétiques, non sans a priori (déduire de conditions économiques et sociolinguistiques des caractéristiques linguistiques relève d’hypothèses et non pas de faits clairement démontrés ou même démontrables). Certes, ce que nous dégagerons de l’examen des textes appellera toujours des « sauts interprétatifs », et donc éventuellement d’autres hypothèses génétiques, mais il est important d’examiner d’abord ces textes attentivement, d’en proposer des analyses linguistiques avant de proposer un modèle évolutif.
Le recours à des textes anciens pour décrire l’histoire des créoles est parfois contesté dans les milieux scientifiques. De fait, nous le verrons, il convient lorsque l’on entreprend l’analyse des textes anciens en créole ainsi que lorsque l’on propose des interprétations, de s’entourer de précautions importantes. Mais comme l’on ne dispose bien évidemment d’aucune autre source que ces textes des origines, il serait aberrant de ne pas en entreprendre l’étude. On ne prétendra pas, alors que ces textes, comme on le verra, sont écrits par des lettrés, du moins toujours par des personnes qui savent plus ou moins écrire le français, qui, dans les époques les plus anciennes sont des Blancs, avoir accès à toutes les variétés de créole pratiquées aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Les variétés les plus populaires sont certainement à jamais inconnues. Mais l’examen des données disponibles permet cependant de reconstituer un certain nombre d’évolutions, parfois même d’extrapoler avec une relative vraisemblance, et surtout de mieux comprendre comment se déroulent les développements et les évolutions d’une langue dans des situations historiquement assez bien connues et qui sont indéniablement des situations de contacts de langues (variétés de français pratiquées par les maîtres / langues africaines et variétés multiples pratiquées par les esclaves).
Points méthodologiques pour l’approche des textes anciens
Avant d’entreprendre une étude systématique de textes disponibles dans la Caraïbe, il convient dès lors d’examiner ici successivement les difficultés rencontrées et les précautions méthodologiques à mettre en œuvre.
Rappelons d’abord que :


  • ceux qui écrivent entre le XVIIe et le XIXe siècles sont plus ou moins des lettrés qui ont été scolarisés nécessairement en français (et en latin souvent !) et dont la première langue écrite influe sur le créole qu’ils utilisent dans des textes.

  • ces scripteurs de créole sont presque tous des blancs, jusqu’à une date avancée, et l’on peut penser avec vraisemblance que les blancs et les noirs, déjà en raison de fonctions différentes dans la société créole, pouvaient avoir des usages différents de la langue, mais qu’en outre leurs origines linguistiques ont des conséquences sur leur variété quotidienne. Nous ne pouvons prétendre accéder aux variétés réelles de ceux qui n’écrivent pas !

  • la représentation écrite d’une langue, quelle qu’elle soit, diffère nécessairement de l’oral réellement parlé – tout à fait inaccessible bien entendu pour les langues en usage avant l’invention des appareils enregistreurs à la fin du XIXe siècle. On ne peut que reconstituer les formes orales probables (heureusement de nombreux indices – nous le verrons – peuvent nous guider).

  • On a des textes parfois anonymes, non exactement datés et/ou non situés du point de vue géographique ; en outre la « signature » officielle peut ne pas correspondre à celle du veritable auteur : Leclerc ou Napoléon signent les « Proclamations révolutionnaires » qu’ils n’ont pas écrites eux-mêmes ! Mais on en ignore l’auteur réel, et on ne peut être assuré de leur authenticité sans vérification de leur conformité à l’usage du temps.

  • On ne peut négliger le rôle du « genre » littéraire retenu qui induit certaines tendances linguistiques : textes évangéliques, opéras en vaudevilles, poèmes lyriques…

  • Il existe parfois plusieurs versions d’une même œuvre, à dates différentes : cf. Jeannot et Thérèse, mais c’est aussi le cas de Lisette quitté laplaine, des Idylles [et chansons], de nombreuses « Fables », etc. Certains éléments changent d’une version à l’autre ; tous nous apprennent quelque chose quant aux tendances évolutives…



  • L’écrit peut

demander un certain temps pour « enregistrer » une forme nouvelle : la datation réelle est donc particulièrement complexe – et pas toujours possible : cf. la notion de date d’attestation qui est différente de celle de date de création.


  • La rigueur n’est pas de mise dans l’orthographe au XVIIIe et même au XIXe siècles, même en France.

    • Ainsi dans Idylles (1804), on trouve « vou » et « vous »

    • Autre exemple : on peut constater par exemple dans Idylles qu’il y a plusieurs formes attestées pour « faire », qui ne semblent pas conditionnées par le contexte (« Qui ça li té fair là » (Id. 1) ; « Dan cay-moi ça to té vini faire ! » (Idylle 3) ; « Tant sa to fai baï Mamsèl l’embraye, Tan ça to di fai quior-moi pré sauté… » » (Idylle 3)…

    • Et même (Id. 4) (« Astore là to faire la dévote ! / Ma foi, Boud-ié va ben souchié / Si to vini sa matelote ! / Mai d’abord que to fé la sote… »)




  • La variation, à l’intérieur d’un même texte, n’est pas seulement graphique : une même valeur grammaticale ou une seule catégorie (ex. le possessif) peut-être rendue par différentes formes, sans qu’apparemment les choix répondent à des règles précises (cf. « quior moé » / « quior a moé » dans le même texte).

  • Il existe sans doute aussi une variation géographique, pas toujours facile à établir, car des paradigmes maintenant présents dans des variétés séparées peuvent coexister dans la même variété. On trouve « va » comme marque du futur dans les Petites Antilles jusqu’à une date avancée – forme qui a maintenant totalement disparu au profit de « ké » alors que « va » est caractéristique du créole haïtien. De même « to / toé », ou « mo / mon / moé » coexistent avec « vous » et ses variantes, avec « moin » dans de nombreux textes.

  • Les créoles évoluent, comme toutes les langues : les attestations dans les textes anciens montrent des états transitoires auxquels il convient de ne pas accorder un caractère définitif, comme le montrent d’ailleurs des textes écrits dans le même lieu, parfois par la même personne, quelques années plus tard.



On pourra déjà noter que l’on ne manque pas d’éléments pour décrypter et interpréter les textes, car, malgré – ou à cause ? – de la variation, les représentations dans ces textes anciens sont pleines d’information (les scrupules des auteurs, y compris phonétiques, sont importants).


  • Des écarts par rapport à l’usage du français écrits de l’époque sont signifiants :

Exemple de scrupules phonétiques intéressants : la notation par « moins » (pour la 1ère pers.), dans la scène IV de Jeannot et Thérèse (« ba moins secret compere »), dans la bouche de Jeannot manifeste la nasalisation que n’indique pas « moé » plus largement attesté ; même si le « s » est bien sûr inutile dans ce cas-là, il montre que le scripteur cherche à noter la prononciation nasalisée, et qu’il prend pour cela le mot français le plus proche phoniquement.

  • L’intérêt des apostrophes qui soulignent clairement des élisions:

Ex. dans la Parabole de l’enfant Prodigue :

« …pou’allé laút’ côté »

« Li té bien v’lé mangé ça cochons la io t’après mangé pauv’diab’ »

Ou dans Idylle 2 : Quior moi batt’ si fort… »

  • La chute de nombreuses consonnes finales est intéressante, mais elle est irrégulière. On trouve ainsi « ver la soir »13, « quan moi », également des élisions de « é » dans devant voyelle : « mo t’a voudrai pouvoir… « quand nous t’alé dan boi… » (qui se distingue de « Si vou té conné », Id. 2), mais on a « moment », « comment » ; quand on a « tout », faut-il ou non prononcer le « t » ? Et « dir » comporte-t-il un « r » prononcé ou non ? Pourquoi « d’abord » quand on a déjà « encor » dans Idylles par exemple ?



Nous soulignerons au fur et à mesure le rôle de ces indices graphiques finalement assez nombreux.


Il est assuré dès lors que l’intérêt des textes anciens est grand et cette étude nous apporte :
• Plus de précision quant à la genèse ; on voit le rôle de certaines variétés de français, et comment un système propre à chaque langue s’élabore (règles de structuration propres et spécifiques partout, paradigmes / syntagmes).
• Des indications sur les modes de structuration grammaticale de ces langues : après une phase assez générale d’indifférenciation (plusieurs variantes coexistent à l’intérieur d’un même texte), on assiste à des phénomènes de grammaticalisation après (ré)analyse des formes : de nouvelles valeurs apparaissent en système (oppositions, contrastes). De là s’effectuent les séparations des dialectes.
On comprend dès lors comment le système grammatical de chaque créole n’a plus grand-chose à voir avec celui du français ; on a aussi des langues globalement très isolantes, avec tendances à l’agglutination pour GN et pour GV…

• On notera avec intérêt encore qu’en ce qui concerne le lexique dans les textes anciens, on peut trouver des attestations de mots maintenant disparus (ou quasiment) : cf. « bichi » (« de vous à moi » : relevé à Marie-Galante par Maurice Barbotin et présent également dans le Dictionnaire haïtien), « wanga » (disparu ailleurs qu’en Haïti, mais d’origine bantoue certaine) dans Jeannot et Thérèse… La notation de certains mots permet parfois de comprendre ou d’expliquer une origine probable : Cf. « baille » (bay/ba) ; qu’à (ka) : « D. Est-ce catéchisme-là pas qu’a montré nous d’autres shoïes qui fait nous héreux dans moun n’icitt? » (Catéchisme de l’Abbé Goux, 1842) ; « après » (apré/ap) : « li tendé bruite toute monde là io qui après dansé. » (Parabole de l’enfant prodigue)…

Ces éléments bay, ka, ap ou apé, d’abord utilisés dans une périphrase vont devenir progressivement partie du système grammatical : particules préverbales, auxiliaires…

• Du point de vue phonétique même, on peut en partant des graphies, avoir des indications précieuses, voire décisives, concernant la prononciation. Cf. l’exemple de « moins » évoqué ci-dessus. On se rappellera aussi que les scrupules « normatifs » étant moins grands dans ces siècles que maintenant, quand les auteurs remarquent des faits qui se différencient nettement entre créole et français, ils n’hésitent pas à les noter : cf. « quarquier », « amiquié » dans J et T ; « fini », « domi » (sans r final), alors que même si nous pouvons supposer que le « r » ne se prononçait pas à l’époque de la colonisation, les textes français le notent dans les verbes du 2e groupe comme dans le verbes du 1er groupe.

•A côté des découvertes sur les créoles, ces textes nous renseignent aussi sur le français oral et populaire des XVIIe – XVIIIe siècles.
Ex désormais classique de

« Compère Guilleri / te lairras-tu mourri ? »

Cette chanson populaire française confirme en quelque sorte l’absence de « r » prononcé dans les verbes du 2e groupe qui est attestée en créole de la Caraïbe : le « r » n’était pas prononcé à l’infinitif dans les campagnes de l’Ouest français.

Le passage à « mwa » dans les campagnes de l’Ouest, a été bien plus tardif qu’à la Cour et dans la région parisienne : ce fait est confirmé par les formes attestées dans les créoles de la Caraïbe : « moé/moin »… (on ne trouve des « mwa » que dans les créoles de l’Océan Indien où la colonisation a été plus tardive (milieu XVIIIe au lieu de milieu XVIIe siècle). La forme normale pour désigner la couleur est « nwè » dans la Caraïbe. Quand on a [nwa] ou [nwar] c’est une réfection ou un emprunt (et non plus un élément du vieux fonds créole).

Il nous a paru dès lors souhaitable de :

• Rechercher des textes nombreux, sans négliger les versions diverses, les retranscriptions, les rééditions...

• Analyser systématiquement les textes : aspects historiques, étude du contexte, approche comparative sérieuse des diverses variétés…

• Travailler d’abord en système bien avant de tenter des rapprochements (toujours aventurés) avec d’autres langues (par exemple les langues africaines), pour lesquelles les connaissances des variétés du XVIIIe siècle sont quasiment nulles.
Une fois ce premier travail effectué, l’intérêt de certains faits, inexplicables en système, s’impose alors : cf. « sé charié vous vlé charié » dans Jeannot et Thérèse (1783), structure encore parfaitement attestée dans les langues issues des créoles (guadeloupéen, martiniquais, haïtien contemporains...) doit sans doute être rapprochée de formes comparables existant dans une zone importante de l’Ouest africain, peut-être même plus précisément de certaines variétés du kikongo où l’on a « dya ndi dya » (= litt. manger je mange), par exemple dans la région du Mayombe avec la même valeur. Or les apports de nègres « congos » ont été particulièrement importants dans la période de formation des créoles, et de fait tout au long de la colonisation, y compris après 1848 comme travailleurs libres14.


La Caraïbe et les mouvements de population au XVIIe – XVIIIe siècle
Par Caraïbe, nous entendrons bien sûr les Petites Antilles : Guadeloupe, Martinique, voire Trinidad ou a existé un créole français, mais aussi Saint-Domingue/Haïti, en se rappelant que certains textes anciens sont mal ou pas situés et anonymes. C’est en les analysant plus en détail que l’on parvient parfois à faire des hypothèses quant à leur origine voire à leur datation (on pense par exemple à « La Passion selon St-Jean », texte anonyme du XVIIIe siècle, republié ici) ; d’autres textes ont circulé et l’on dispose de diverses versions, dans différents créoles ou états des langues de la zone : on pense par exemple à « Lisette quitté la plaine » - ceci étant d’ailleurs particulièrement intéressant pour mettre à jour des évolutions et leur systématisation au fur et à mesure que la conscience linguistique et grammaticale se fait jour en matière de créoles, langues essentiellement orales par ailleurs.
C’est donc une présentation de l’essentiel de ces textes anciens de la Caraïbe que nous entreprenons ici. Il n’était pas possible de donner tous ces textes, et de les livrer toujours dans leur intégralité : ils sont nombreux, surtout à partir du XIXe siècle, et certains sont longs, et pas toujours du même intérêt pour nous sur toute leur longueur. Nous avons dans ces cas-là effectué la sélection des passages les plus significatifs. Mais comme ces textes, pour les plus anciens d’entre eux, sont à peu près inaccessibles, nous n’avons pas hésité dans certains cas à les donner dans leur intégralité, ou selon diverses versions – ce qui permet des comparaisons pleines d’enseignements.
Nous retiendrons comme « textes anciens » principalement des textes des XVIIe au XIXe siècles ; quelques extraits pris dans des textes du tout début du XXe siècle nous permettront de montrer que les créoles continuent à évoluer15 – comme toutes les langues d’ailleurs – peut-être plus rapidement que les langues largement écrites qui subissent une forte pression normative. Peut-on dater précisément la naissance des créoles en suivant leur période de formation ? Il est très difficile précisément de fixer un terme à cette formation des créoles. Si les théories sur la genèse parfois établissent une frontière entre ce qui n’est pas encore du créole (que ce soit du français approximatif, un pidgin, du baby-talk, etc. selon les théories), et des « créoles constitués » : l’analyse des textes nous amène à une bien plus grande prudence. Il est très difficile de dire qu’avant telle date « ce n’est pas du créole », après « c’est du créole ». Certes il y a sans doute des stades, des paliers dans l’évolution constatée, peut-être des temps plus nets de ruptures où convergent différents traits dans les textes pour nous faire penser, en raison de la présence de paradigmes mieux étayés et plus systématiques, qu’un véritable système grammatical se met en place – ceci après tout un temps où la communication est plus « lexicale », en même temps que plus conforme à l’ordre ordinaire d’énonciation en situation (la cause précède la conséquence)… Mais, même si cette hypothèse d’une « rupture », qui ferait de la naissance des créoles, une naissance linguistique particulière, est très séduisante, la mise en évidence dans les textes du début du XVIIIe siècle, voire dans les bribes de la fin du XVIIe siècle, n’est pas aisée (sauf exception ; cf. par exemple La passion de Notre Seigneur...). Il semble en revanche qu’à partir des années 1780-1800, on ait mise en place de véritables grammaires paradigmatiques. Mais que pouvons-nous affirmer quand les textes véritablement antérieurs sont si rares, si courts, voire si « symboliques » ?
A partir de 1840, à peu près, on verra clairement mais progressivement se séparer les langues : l’haïtien n’est plus l’antillais et par la suite le martiniquais et le guadeloupéen se différencieront à leur tour16. Ce second temps d’une évolution a-t-il commencé vraiment un jour, où ne nous apparaît-il comme tel qu’en raison de l’insuffisance de nos moyens d’inverstigations ? Les anciens esclaves se mettent à écrire, révélant par là des faits présents sans doute depuis longtemps dans leurs variétés. Et quand on oppose maintenant des variétés basilectales et acrolectales, ou de l’haïtien « rèk » et « swa », n’est-on pas dans la logique de séparations qui sont de fait plus complexes que celles qu’appréhende et explicite la linguistique générale à travers ses modèles toujours trop simples pour une réalité mouvante ?
Nous reviendrons sur toutes ces questions au cours de notre ouvrage. Il importait, toutefois, d’entrée de jeu d’inviter le lecteur à la prudence quant aux interprétations. La nécessité d’une telle prudence qu’une longue fréquentation des textes nous a apprise mérite d’être rappelée car elle est la seule garantie d’une perspective scientifique. Il ne s’agit pas de faire de l’étude des textes anciens le tout de la recherche sur les créoles, mais de montrer que cette étude, moyennant des précautions méthodologiques importantes, peut être l’occasion de découvertes remarquables, même si cette approche rappelle aussi toujours au linguiste, heureusement critique qu’il lui faut s’interroger sur les risques du métier : construire l’objet d’analyse par l’analyse même, et renoncer définitivement à connaître vraiment les langues !

Chapitre Ier

Les créoles selon les auteurs et scripteurs du temps


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