Le monde dans lequel nous sommes





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titreLe monde dans lequel nous sommes
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Amoris laetitia

1er thème
Le monde dans lequel nous sommes


Nous sommes dans un temps où il est question de déconstruction l’homme, de mise en cause de tout ce qui était reçu depuis des générations. L’exhortation du Pape François prend acte du « désordre existant » et du « matérialisme ambiant » : fin de l’humanisme ? Fin de la culture ? Fin de la civilisation ? Fin de l’homme ? Il y a des individus, mais y a-t-il des personnes ? (cf. Maurice Zundel)
.

§§§§§§
Je crois utile de noter certains points qui interférent avec «  Amour et famille »   « Amour et mariage » C’est un inventaire très partiel. Un inventaire qui mériterait d’être complété par des apports de personnes intéressées.

= Pour tout ce qui touche à l’éducation est méconnue l’anthropologie. Sur quelles bases dès lors s’appuyer ?

Dans la culture actuelle deux points à la mode :

° la réduction de l’être humain à un organisme vivant : « l’homme neuronal » ! Négation de l’esprit tel que nous l’entendons.

° la théorie du genre. Une forme de négation de la différenciation homme- femme. Une forme d’ignorance de l’identité féminine et de l’identité masculine.
=  Dieu est mort » disait Nietzsche. «  L’homme est mort »  disait Michel Foucault. C’est l‘idée de Dieu qui est morte, l’idée de l’homme qui est morte. Il y a là une négation de « l’être homme », de « l’être femme ». La dimension spirituelle de l’humanité est ignorée voire récusée. L’athéisme est la façon normale de penser. Dieu a fait son temps !
Je pense que, de toutes façons, « le religieux » n’est pas mort. De toutes façons, il y a du « profane » et du « sacré ».La transcendance revient !
= Les progrès scientifiques et techniques sont extraordinaires. C’est une heureuse nouvelle. Cependant deux avertissements :

° il y a un renouveau de la tentation de Prométhée : l’homme peut tout.

° la « science sans conscience »  met l’humain en danger.
= Il y a une méconnaissance de la dimension humaine et sociale de la naissance – de l’amour ( de la relation à autrui) – de la mort :
° nous sommes de plus en plus sous la loi des aménagements que permettent les progrès

°sous la loi de l’évolution des sentiments liés à la culture dominante.

Il y a beaucoup de bonnes réactions. Mais Il y a aussi des recherches . préoccupantes pour arriver à la « gestation in vitro)
= Les portables, tablettes, smartphones, les correspondances par courriels sont des moyens très précieux d’échange mais comment en gérer l’usage ? Il y a besoin de rencontres, d’échanges.

= Conséquence de la mondialisation et des migrations : nous passons de sociétés monoculturelles à des sociétés multiculturelles. Quel sera le terrain commun de l’organisation de la société «  Le défi culturel sans précédent où nous sommes immergés est un signe des temps. ‘ Nous sommes face à un pluralisme culturel et religieux dont on n’a peut-être jamais jusqu’à aujourd’hui, fait l’expérience de manière aussi consciente’( Erga migrantes caritas Christi n°35 – 3 Mai 2004.)

Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement
«  Sacrement de l’unité, l’Eglise dépasse les barrières et les divisions idéologiques et raciales. Elle proclame à tout homme et à toute culture la nécessité de tendre vers la vérité (…) Les diverses identités culturelles doivent ainsi s’ouvrir à une logique universelle, sans renier leurs propres caractéristiques positives, mais en le mettant au service de l’humanité entière » (ibidem n°34 )
Amoris laetitia

2ème thème

Lumière de la Parole de Dieu et de la Tradition

(Concile Vatican II)


La Bible abonde en familles, en générations, en histoires d’amour et en crises familiales, depuis la première page où entre en scène la famille d’Adam et d’Eve, avec son cortège de violence mais aussi avec la force de la vie qui continue (cf. Genèse 4), jusqu’à la dernière page où apparaissent les noces de l’Epouse et de l’Agneau. ( Apocalypse 21, 2.9).
Il me semble important, pour bien entendre ce qui sera dit par la suite et pour entrer dans le projet divin de l’amour dans la famille, de retrouver ce qui est souvent considéré comme su, ce qui permet de ne pas en avoir suffisamment conscience.
.Je le ferai

= en relisant le dialogue de Jésus avec les pharisiens, dialogue rapporté par Mathieu au chapitre 19, v. 1-12.

= et en retrouvant l’enseignement du Concile Vatican II

Ecriture Sainte
Dans le renvoi que Jésus fait à la Genèse, Jésus affirme pratiquement : le mariage pour la vie est « une loi divine » inscrite dans ce que nous sommes. Une loi divine donnant le sens de l’amour et ouvrant les chemins de la vérité de la vie.
Venons-en au dialogue de Jésus avec les pharisiens, dialogue rapporté par Matthieu ( 19, 1-12)
° Des pharisiens interrogent Jésus : «  Est-il permis de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? »

Jésus répond : « N’avez-vous pas lu l’Ecriture ? Au commencement, le Créateur les fit homme et femme, et il leur dit : voilà pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. A cause de cela, ils ne sont plus deux, mais un seul. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »

En disant « au commencement », Jésus nous renvoie non au début de l’histoire de l’homme, mais à la source de cette histoire : l’Amour Créateur. Ce « au commencement » est la révélation confirmée du projet de Dieu sur l’humanité.

Nous sommes faits homme et femme.

Nous devenons homme et femme en acceptant les relations qui se tissent entre le pôle masculin et le pôle féminin de l’humanité.

Nous avons – lorsque la vocation du mariage nous est donnée- à quitter père et mère pour vivre une union si grande entre un homme et une femme que ce don mutuel crée une réalité nouvelle : un couple.. Nous comprenons alors que cette unité, une fois engagée, nous échappe : ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas.
° Les pharisiens ne lâchent pas prise : ils attaquent à nouveau :  « Pourquoi Moïse a-t-il prescrit la remise d’un acte de divorce avant la séparation ? » Jésus répond : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs. Au commencement, il n’en était pas ainsi »

Se trouve alors une phrase du Christ qui est objet de bien des débats pour chercher à la comprendre :

«  Si quelqu’un renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, pour en épouser une autre, il est adultère. Si quelqu’un renvoie sa femme –sauf si ce n’est pas légitimement sa femme- il ne peut y avoir un nouveau mariage.

Respectant les positions de nos frères chrétiens qui ne partagent pas notre compréhension de cette « incise matthéenne » nous devons dire que le contexte va dans le sens de l’interprétation la plus exigeante de la position cde Jésus. Ses disciples lui disent : « Si telle est la situation de l’homme par rapport à la femme, il n’y a pas intérêt à se marier. » Jésus réagit : « ce n ‘est pas tout le monde qui peut comprendre cette parole mais ceux à qui Dieu l’a révélée »

Les exigences chrétiennes ( catholiques) sur le mariage sont liées à la signification la plus profonde de l’amour. La relation sexuelle n’est pas seulement une forme banale de relation homme-femme : elle dit un don qui se veut sans reprise : elle s’inscrit dans une vie que l’un et l’autre ont décidé de mener en commun.

L’enseignement du Concile
Il aura fallu attendre deux mille ans pour qu’un Concile donne une claire description du mariage comme fondation d’une communauté de vie et d’amour, adossée sur une « institution ». C’est à partir de ce que dit le Concile Vatican II que nous développerons ce qui est « comme » contenu dans les affirmations de Jésus. Il aura suffi d’une décennie pour qu’une révolution culturelle mette à mal ce que devrait permettre d’avoir en visée, lorsqu’il est question de mariage : une alliance à toute épreuve, la volonté de marier deux vies et la décision de vivre un amour ouvert sur le service de la société.

Il est heureux que des fiancés choisissent, dans le lectionnaire du mariage, le texte de saint Matthieu dans lequel Jésus invite à bâtir sur le roc et, pour cela, à vérifier les fondations.

« Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé et s’est abattue sur cette maison : la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc » Matthieu 7, 24-25
L’image de la construction est riche d’enseignement :

une construction réclame des plans,

une construction a besoin d’autorisations administratives,

une construction cherche les matériaux les meilleurs.

A cette construction, en nos sociétés, s’imposent des contraintes. Certaines peuvent être estimées abusives. Mais, dans leur ensemble, ces contraintes sont au service de la bonne réalisation de l’œuvre entreprise.
Ainsi, pour le couple, « l’institution du mariage » est une nécessité pour que la fondation ait quelque solidité. Ce qui ébranle l’institution, ce qui la met en cause, est finalement un mauvais service rendu aux couples. Il y a des libertés prises dans les constructions qui conduisent à des malfaçons. Cette image de la construction permet de voir à quel point un mariage a besoin de réflexion et de préparation. Pour s’engager dans la vie à deux, il ne suffit ni d’un coup de tête ni d’un coup de cœur !
Nous sommes amenés à nous situer par rapport à beaucoup de modes de relation de couple ! Même si nous pouvons pas le faire extérieurement, sachons tenir à ce qui « définit » le mariage et la famille. Pour cela, retrouvons ce qu’en dit le Concile Vatican II  dans un chapitre de Gaudium et Spes sur la «  Dignité du mariage et de la famille »

«  La communauté profonde de vie et d’amour que forme le couple a été fondée et dotée de ses lois propres par le Créateur : elle est établie sur l’alliance des conjoints, c’est-à-dire sur leur consentement personnel irrévocable. Une institution, que la loi divine confirme, naît ainsi, au regard même de la société, de l’acte humain par lequel les époux se donnent et se reçoivent mutuellement. En vue du bien des époux, des enfants et aussi de la société, ce lien sacré échappe à la fantaisie de l’homme » ( N° 48 §1 )
Dans la suite du Synode romain sur la famille, le Pape Jean Paul II a écrit une exhortation apostolique sur les tâches de la famille chrétienne dans le monde ( familiaris consortio). Il écrit :

« La famille, fondée par amour et vivifiée par lui, est une communauté de personnes : les époux , homme et femme, les parents et les enfants, la parenté. Son premier devoir est de vivre fidèlement la réalité de la communion dans un effort constant pour promouvoir une authentique communauté de personnes » ( n°18 )

Il est important de qualifier plus précisément cette communauté de vie et d’amour.
Une communauté de vie fondée sur l’amour

Parler de communauté, c’est élargir d’emblée la perspective : le couple est appelé à vivre plus qu’une bonne entente sexuelle et une harmonie sentimentale. Il est convié à une vie commune qui constituera une cellule sociale et, pour les croyants, une cellule ecclésiale.

Parler de communauté, c’est donner comme visée au couple la communion : communion charnelle, sentimentale mais aussi spirituelle dans la grâce et l’épreuve d’être l’un avec l’autre, l’un par l’autre, homme et femme. La communauté de vie formée par le couple a des formes diverses suivant les lieux et les temps : la parenté sera plus ou moins présente à la communauté, les enfants plus ou moins partie prenante. Mais, en tous les cas, le plus grand partage possible est requis pour qu’il y ait communion.
Le sacrement de mariage consacre cette fondation. Dans l’histoire qui suivra, il y aura dans la communauté – c’est le souhait que nous pouvons formuler, à la manière d’un idéal à poursuivre-

° la volonté de marier le coeur et la chair

° l’apprentissage de « l’être avec »

° la recherche de l’harmonie des complémentarités.
Une communauté d’amour à charge de donner la vie.

Dès qu’il est vrai – c’est-à-dire non replié sur lui-même- l’amour a sa fécondité. En ce sens, le couple qui ne peut pas avoir d’enfants, n’est pas privé de fécondité dans le domaine des relations humaines et du service des frères. Mais fonder un couple, c’est dire un « oui » de principe à la fondation d’une famille.
Quatre notes disent la signification de ce « donner la vie »

° donner la vie, c’est transmettre à l’enfant un sens de la vie

° donner la vie, c’est fournir à l’enfant l’amour dont il aura besoin autant et plus que de pain pour devenir ce qu’il est et prendre goût à l’existence humaine.

° donner la vie, c’est entrer dans le long accouchement de l’éducation,

° donner la vie, c’est, pour des chrétiens, non seulement donner à l’enfant une famille humaine, mais aussi une famille religieuse : pour nous une famille chrétienne.
Il est bon de signaler ici la grandeur et la beauté de l’adoption : donner à un enfant déjà né un père et une mère, c’est faire oeuvre de fécondité.
Une communauté de foi, cellule d’Eglise

Chaque personne humaine a une vocation pleine et entière : le mariage n’abolit pas la vocation de chacun des conjoints. Mais il y a une vocation du couple : vocation de chacun des conjoints à mener sa vie avec « l’autre semblable et différent », vocation à faire vivre la famille lorsque arrive l’enfant. La famille est un premier noyau de vie collective
Cellule d’Eglise, la famille a été appelée « petite église » ( en latin ecclesiola) : elle le sera d’autant plus réellement qu’il y aura, dans la couple, communion dans une même foi. En tant que cellule d’église, la famille est appelée à avoir une vie chrétienne propre. Ceci est particulièrement important en cette époque sécularisée qui est nôtre. Des points à retenir : l’espace du logement marqué par des signes chrétiens, le temps rythmé par des temps pour Dieu et pour la communauté chrétienne locale ( eucharistie dominicale principalement ),l’éveil de la foi des petits enfants. La place de la prière est à trouver en fonction des membres de la familles, de l’âge des enfants et de la spiritualité des parents.
Une communauté de service, cellule de la société

Pour nous, dans l’enseignement de l’Eglise, la famille est une (la) cellule de base de la société. Le « pour nous »  tient à la situation de la famille dans la société française actuelle : la famille est bien prise en considération, mais elle est fragilisée au point qu’il est permis de penser que la famille n’est pas perçue comme cellule de base de la vie en société

Amoris laetitia

3ème thème


Accompagner, discerner et intégrer la fragilité

Chapitre 8

Le huitième chapitre d’Amoris laetitia aborde des questions délicates et cherche les orientations à retenir pour trouver les justes réponses.
Je connais quelques perplexités face à ce beau projet évangélique : accompagner, discerner, intégrer la fragilité. Notamment pour trois motifs

= un manque de moyens « en hommes et en femmes » disponibles ( et disposés ) pour accompagner et discerner

= discerner avec la perspective qui sera exprimée dans ce chapitre : intégrer tout le monde » !

Voilà ce qui est dit au §297 : « Il s’agit d’intégrer tout le monde, on doit aider chacun à trouver sa propre manière de faire partie de la communauté ecclésiale, pour qu’il se sente objet d’une miséricorde imméritée, inconditionnelle et gratuite. » La suite du texte donne des réserves indispensables. Le Pape soutient ce que les Pères synodaux ont affirmé dans leur relation finale : « Dans l’optique d’une approche pastorale envers les personnes qui ont contracté un mariage civil, qui sont divorcées et remariées, ou qui simplement vivent en concubinage, il revient à l’Eglise de leur révéler la divine pédagogie de la grâce dans leurs vies et de les aider à parvenir à la plénitude du plan de Dieu sur eux, toujours possible avec la force de l’Esprit Saint » .

= «  intégrer la fragilité » je ne vois pas bien ce qu’il faudrait faire. Mais la demande du Pape François nous pousse à ne pas nous décourager devant l’ampleur de la tâche . J’espère que des orientations concrètes seront fournies.
Le Pape François parle simplement en assumant l’apport du Synode et de son message final. L’idéal du mariage chrétien est rappelé mais la volonté d’un message positif aux hommes et aux femmes qui, baptisés, sont dans des situations irrégulières donne l’impression de ne pas voir que bien des baptisés sont devenus complètement étrangers à la foi du baptême. Que bien des baptisés également ne sont prêts ni à entendre ni à consentir à ce que dit l’Eglise à ce sujet .Le Pape François en est conscient puisqu’il le dit explicitement §293 et 294
§§§§§§
Dans la préparation au mariage mais aussi dans l’éducation familiale, nous avons à conduire vers la vérité. A apprendre à chercher la vérité. A percevoir que la vérité n’est pas d’abord à trouver dans la connaissance de toutes les expressions de la foi catholique. La vérité nous avons d’abord à la trouver dans la personne de Jésus Christ et Sauveur, de Jésus Christ le Fils bien Aimé du Père et l’un de nous . «  Je suis la Vérité » a-t-il dit à Thomas.
Etre en vérité avec l’homme et la femme créés par Dieu (selon une anthropologie croyante ) : accueillir la vie comme un don et comme un mission accepter qu’il ait des lois vitales dans ce que nous sommes ( cf. l’écologie humaine ). Faire la vérité c’est mettre en œuvre la Parole de Dieu.
J’en viens à un point bien délicat ! Etre en vérité dans la perspective d’un sacrement à recevoir et à vivre : dans chaque sacrement il y a un don – un appel – un envoi.

Il ne faudra pas fuir la question de la participation effective à la vie ecclésiale. En pensant particulièrement à l’eucharistie ( profession de foi et première communion) et au mariage je l’ai rappelé régulièrement tout au long de mon ministère de pasteur, « d’évêque pasteur » Rarement avec réussite : l’habitude de la non pratique dominicale , la culture ambiante qui pousse à rester à l’écart par rapport à l’Eglise en réclamant de temps à autre le droit à une célébration parce que l’on est baptisé, les difficultés concrètes au vu des modes de vie actuelle et de la non coïncidence des calendriers sociaux et du calendrier religieux, tout cela fait objectivement obstacle.
Etre en vérité avec l’avenir que nous engageons avec ce que nous faisons : le « oui » que nous disons, les promesses que nous formulons. Nous ne pouvons tenir que si nous sommes soutenus . Nous ne pouvons vivre en chrétien , en baptisé que si nous participons à la vie de la communauté ecclésiale .Nous sommes membres du corps du Christ qu’est l’Eglise. Tout l’individualisme régnant répugne à la solidarité qui est la base de la fraternité.

§§§§§§§

Je relève une affirmation importante du Pape François ( au § 301 )
« Pour comprendre de manière appropriée pourquoi un discernement spécial est possible et nécessaire dans certaines situations dites irrégulières, il y a une question qui doit toujours être prise en compte de manière à ce qu’on ne pense jamais qu’on veut diminuer les exigences de l’évangile. L’Eglise a une solide réflexion sur les conditionnements et les circonstances atténuantes. Par conséquent, il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite irrégulière vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante ».

Amoris laetitia

4ème thème

Donner son visage d’Alliance à la vie chrétienne

Le contenu de l’Exhortation Apostolique découle de ce qui a été travaillé en Synode. Le Pape François n’a pas abordé des domaines qui sont cependant très liés à la famille et à l’amour ; je pense à l’absence de la pastorale sacramentelle comme initiation à la vie dans le Christ et comme participation vivante à l’Eglise Corps du Christ.
Au commencement, il y a le projet créateur, projet d’amour et de vie.

Au commencement, il y a l’Esprit Saint qui fait vivre et qui donne d’aimer.

Au commencement, il y a Dieu qui prend le risque de l’homme. Pour donner la Vie.
Rien n’est figé. Rien n’est prédétermine. Rien n’est enfermé. Au cœur de l’être humaine sont inscrits des dynamismes de vie. Mais la vie est à inventer.
Dit autrement, il est important que nous retrouvions le sens de l’Alliance. Et aussi la perception des trois grands axes du dessein de Dieu : la Création, l’ Incarnation rédemptrice et la Récapitulation de toutes choses en Jésus, Christ et Seigneur. Au Souffle de l’Esprit.
Nous vivons à une vitesse qui empêche de « prendre le temps » et qui fait ignorer la réalité concrète des personnes et des situations. La réalité de la Vie . Je suis impressionné par la difficulté des membres de l’équipe Notre Dame que j’accompagne à trouver le temps de s’asseoir. Impressionné aussi par leur courage pour trouver, malgré tout, du temps pour Dieu et du temps pour s’engager en de très nombreux domaines. Sans avoir toujours le soutien qu’ils souhaiteraient.
Il y a, grâce à la liturgie et à la prière, du temps pour Dieu. Nous osons dire que le temps tout entier est entre les mains de Dieu !

Il y a , grâce aux églises, des espaces pour Dieu, mais nous pensons que le cosmos entier est le Temple de Dieu.

Il y a, grâce aux sacrements, des signes de notre relation avec Dieu, mais nous croyons que tout est communion offerte avec le Seigneur qui fait route avec nous. Avec l’Emmanuel !

Il y a, grâce aux rassemblements dominicaux, l’expérience d’une communauté de croyants. Nous y apprenons que nous ne sommes pas seuls et que nous avons charge de l’évangile dans  ce coin de terre, ce quartier de ville…
Les sensibilités dans le Peuple de Dieu sont parfois mal accordées à ces perspectives. Beaucoup de baptisés se contentent d’être croyants et délaissent la pratique. D’autres refusent d’entendre parler de Dieu hors de l’église. D’autres sont portés par un humanisme chrétien mais ignorent la dimension mystique de notre vie de baptisés, nés à la vie divine.
Dans le livre «  La Liturgie » publié en 1983 pour présenté le texte du Concile Vatican II traitant justement de ce sujet, je soulignais deux points : Le baptisé est établi prêtre et roi de l’univers et le visage du baptisé est dessiné par les sacrements.
Dans la célébration du baptême des petits enfants il est dit au moment de l’onction avec le saint chrême « Toi qui fais partie de son peuple, il te marque de l’huile sainte pour que tu demeures éternellement membre du corps du Christ, prêtre, prophète et roi »

Le baptisé est appelé à mener sa vie en lien vital avec Dieu, Père, Fils et Esprit Saint et cela en Jésus le Christ Seigneur. Il n’a pas seulement à maîtriser la terre : il a à la faire entrer dans le royaume de Dieu ! Il n’a pas seulement à construire le monde, il a à collaborer à la réalisation du monde nouveau.
Dans un ouvrage publié en 1982 «  Questions sur l’homme » Olivier Clément en parle admirablement : «  Chaque battement de notre cœur est un acte de foi. Vivre, ne peut pas ne pas être une célébration » - «  L’homme ne s’explique pas au niveau de l’homme. Le beau mot d’éthos que nous appauvrissons en éthique signifie originellement demeure. Et le vieil Héraclite disait : ‘ La demeure de l’homme, c’est Dieu’ »

Lorsque la liturgie cesse d’être dépaysement, elle ne nous renvoie plus que l’image désolée de nos terres désertiques. En nous arrachant aux pièges de regards trop superficiels, elle nous montre le monde dans sa dimension réelle.
2° Le visage du baptisé est dessiné par les sacrements
Nous avons besoin d’un renouveau mystique qui, sans rien ignorer, des contingences de l’aventure humaine, permette d’être témoins de sa signification ultime. Le croyant n’ajoute pas la foi à sa vie : il mène sa vie dans la foi. Il ne donne pas à sa vie une teinte religieuse : il porte sur son visage la marque de l’Alliance »

Vivre en vérité les sacrements dessinnent quelque chose de « l’homme nouveau » sur nos faces humaines.

Baptisés, nous sommes des fils et des filles de Dieu.

Confirmés, nous sommes des témoins du Christ.

Pardonnés, nous sommes des artisans de réconciliation.

Mariés, nous sommes des messagers d’amour.

Consacrés, nous sommes des serviteurs de l’évangile et de l’Eglise.

Eucharistiés, nous sommes le Corps de Christ.
« Nous sommes » c’est-à-dire dans le même mouvement, « nous devenons » !





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