Lecture analytique n°3





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Lecture analytique n°3 : Maurice Scève « Le Front » (texte dans le manuel page 271)
Maurice Scève est un poète français du XVIème siècle, né en 1501 et mort en 1564. Il est, comme Louise Labé, issu de l’école lyonnaise. Le poème en décasyllabes « le Front «  a été composé à l’occasion d’un concours de blasons que le poète remporta. Le Blason est un poème qui fait l’éloge d’une partie du corps féminin. Il évoque le visage de la femme aimée et plus particulièrement son front. Il comporte dix-huit vers à rimes suivies. Comment le poète fait-il l’éloge de la femme aimée ? I. La description de la femme aimée. II. La signification symbolique.
I. La description de la femme aimée :

1. Le front :

  • La partie du corps choisie est le front, siège des pensées et de l’intelligence.

  • Le poète va blasonner le front, c’est- à- dire, va en faire une description morcelée.

  • Le front est toujours qualité par deux adjectifs mélioratifs qui représentent un couple, lié par l’adjonction « et », ces adjectifs montrent un front sans défaut et sans frange. La description suit les canons de beauté de l’époque.

  • Le front est présent massivement dans tout le poème en anaphore, il est répété huit fois suivant les règles du blason. Il est l’objet essentiel décrit ici et le poète n’évoque rien d’autre, comme le veut la tradition.

  • Il est interpellé «  Ô front » et en ce sens il représente la femme aimée, il est aussi tutoyé « tu » ce qui indique une proximité avec l’objet décrit. Mais cette proximité n’est qu’un leurre pour le poète.

2. L’adoration de la femme :

  • On note une présence forte du néo-platonisme avec l’adjectif « révéré » qui montre l’adoration du poète pour la femme aimée qui est inaccessible.

  • Le front est le lieu des pensées «  le vueil » et du « savoir », il guide la femme aimée, c’est elle qui décide et a la volonté.

  • L’adoration du poète est présente dans le portrait complet : d’abord le front, puis les cheveux vers 2, puis le corps vers 3-6 et l’œil vers 7-10 et enfin le front vers 11-18, ce portrait complet montre les qualités exceptionnelles de la femme.

  • Enfin, la rotondité du visage compare la femme au « Soleil » c’est-à-dire à l’Univers, « sphère ronde » indique que le visage de la femme est comparable à la Terre dont on vient de découvrir depuis peu la rotondité.

3. Un éloge :

  • L’éloge est à la fois physique et intellectuel pour montrer que la femme est un tout, on peut penser aux femmes qui entouraient le poète, peut-être Louise Labé.

  • La femme a donc des qualités élogieuses : le lexique est mélioratif avec « beaux », les termes sont forts « révéré », des exagérations sont présentes en hyperboles avec « tout » au vers 12 et tout ceci concourt à une idolâtrie de la femme.

La femme est donc louée à travers les qualités physiques de son front, mais le poète propose une signification symbolique à cet atout physique et mental à la fois.
II. La femme et l’Univers :

1. Les analogies :

  • Le poète procède par des analogies : la femme est un « petit monde » -un microcosme- un petit corps par rapport à l’univers- le macrocosme.

  • La femme possède un front « firmament », le front a une apparence de voûte circulaire – voûte céleste- à laquelle les astres semblent attachés (dans la cosmologie antique, les étoiles sont fixes).

  • Le front de la femme est à son visage ce que le ciel –« firmament »- est à la terre. Les petites rides « rides très menues » sont à son front ce que les nuages sont au ciel. L’œil est à son front ce que le soleil est au ciel.

  • Maurice Scève reprend ici une affirmation des savants de l’époque «  ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », c’est-à-dire ce qui est dans le ciel ressemble à ce qui est décrit sur le visage de la femme.

2. L’amour :

  • Maurice Scève en évoquant le front fait un éloge intellectuel et non physique : il privilégie par le front, siège des pensées, les atouts moraux voire mentaux de la femme aimée, nous ne sommes donc pas dans l’amour physique- Eros- ici. Il s’agit d’évoquer la femme de façon platonique.

  • L’amour est donc esprit comme le précise le terme « engin » qui vient de « ingenium » latin, à savoir « génie ».

  • La femme est surtout un mental « vueil » « engin » « savoir » et non un corps comme l’exige la poésie courtoise de l’époque.

  • L’amour est esprit et aspiration à ses propres lois.

3. Les tables de la loi :

  • Le front de la femme est enfin comparé aux Tables de la Loi – les dix commandements- mais rien n’y est gravé. En effet, c’est ainsi qu’il faut comprendre le vers «  Tu es une table d’attente ». Ce qu’elle pense, ce qu’elle ressent, ses sentiments sont cachés derrière le front et le poète ne parvient pas à lire, alors qu’il s’agit pour lui de sa vie ou de sa mort. Cette indication est à la fois religieuse et précieuse.

  • « patent » est employé deux fois et signifie « découvert ». Au lieu d’accomplir la volonté de Dieu en observant ses commandements qu’il connaît – les Tables de la Loi-le poète se soumet aux lois non écrites de l’amour et se met en danger car son bonheur ou son malheur, sa vie ou sa mort, dépendent de la volonté de la femme aimée. Il ne la connaît pas car tout est caché.

  • Il va donc devoir déchiffrer sur ce front les signes de l’amour sans savoir si ce qu’il voit- ce qui est « patent »- correspond à ce qui est caché.


Le blason « Le Front » de Maurice Scève obéit donc aux codes du genre : célébration de la femme aimée par une partie de son corps, ici le front, siège de l’intelligence et de la volonté. Il illustre ici le néo platonisme de son auteur qui évoque un amour mystérieux de la femme qui se cache et qu’il faut déchiffrer. La femme est donc interrogations, doutes et pour le poète source de mystère. Qui se cache derrière ce front ? Une énigme. Ses commandements sont cachés. Nous pouvons rapprocher ce poème du blason surréaliste d’André Breton qui dans « Union libre » écrit un blason avec de multiples images : il ne s’agit plus ici pour le surréaliste de cacher mais d’évoquer la femme sous différentes parties de son anatomie. Or, André Breton évoque le même mystère.*
* voir manuel.

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