Je pensais que la destinée





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Je pensais que la destinée
Après tant d'injustes rigueurs,
Vous a justement couronnée
De gloire, d'éclat et d'honneurs,
Mais que vous étiez plus heureuse
Lorsque vous étiez autrefois,
Je ne veux pas dire amoureuse,
La rime le veut toutefois.

Je pensais que le pauvre amour
Qui toujours vous prêta ses charmes
Fut banni loin de votre cour,
Lui, son arc, ses traits et ses armes,
Et ce que je puis espérer
En passant près de vous ma vie,
Si vous pouvez si maltraiter
Un qui vous a si bien servie.

Je pensais, car nous autres poètes
Nous pensons extravagamment,
Ce que dans l'éclat où vous êtes,
Vous feriez, si dans ce moment
Vous avisiez en cette place
Venir le duc de Bouquinken
Et lequel serait en disgrâce,
De lui ou du père Vincent.

Je pensais si le cardinal,
Je dis celui de La Valette,
Voyait le brillant sans égal
Dans lequel maintenant vous êtes,
J'entends celui de la beauté,
Car au prix je n'estime guère,
Cela soit dit sans vous déplaire,
Tout celui de la majesté,

Que tant de charmes et d'appas,
Qui naissent partout sous vos pas
Et vous accompagnent sans cesse,
Le feraient pour vous soupirer,
Et que Madame le Princesse
Aurait beau s'en désespérer.

Je pensais à la plus aimable
Qui fut jamais dessous les cieux,
À l'âme la plus adorable
Que formèrent jamais les dieux,
À la ravissante merveille
De cette taille sans pareille,
À la bouche la plus vermeille,
La plus belle qu'on vit jamais,
À deux pieds gentils et bien faits
Où le temple d'amour se fonde,
À deux incomparables mains
À qui le ciel et les destins
Ont promis le sceptre du monde,
À cent appas, à cent attraits,
À cent mille charmes secrets,
À deux beaux yeux remplis de flamme
Qui rangent tout dessous leurs lois :
Devinez sur cela, Madame,
Et dites à qui je pensais.

Vincent Voiture
Mme de Sévigné – Biographie

REPÈRES BIOGRAPHIQUES

CHRONOLOGIE

5 février 1626 : Naissance, place Royale, à Paris, de Marie de Rabutin Chantal. Par son père, elle appartient à une tres ancienne et très noble famillede Bourgogne. Sa grand-mère, Jeanne de Chantal, sera plus tard canonisée par l'Église. Sa mère, Marie de Coulanges, est fille d'un financier recemment anobli.

1627 : Mort du père, au siège de l'île de Ré.

1633 : Mort de la mère, dont Mme de Sévigné ne parle jamais.

1637 : Son oncle et sa tante, Philippe et Marie de Coulanges sont ses tuteurs. La famille est nombreuse. Entourée de ses cousins, de ses oncles et tantes, l'enfance de Marie se deroule entre Paris et la maison de campagne des Coulanges à Sucy-en-Brie. Peu de contacts avec la famille paternelle. Elle reçoit une éducation brillante : elle apprend le chant, la danse, l'equitation, les belles lettres, un peu de latin, d'espagnol et sutout l'italien. Son éducation littéraire sera perfectionnée par la suite, grâce à1'amitié de Ménage et de Chapelain.

1644 : Mariage de Mlle de Chantal et du baron Henri de Sévigné (né en 1623), de bonne noblesse bretonne. Parmi les biens de la famille, le château des Rochers dont il est si souvent question dans la correspondance. Un mari séduisant, mais querelleur,dépensier et trop galant.

10 octobre 1646 : Naissance à Paris de Françoise-Margerite de Sevigné, qui deviendra la comtessede Grignan.

12 mars 1648 : Naissance aux Rochers de Charles de Sevlgné, le "frater". C'est le début de la fronde. Henri de Sévigné est du parti du duc de Longueville. Selon Conrart, "Il était étrangement frondeur,cornme parent du coadjuteur" (Retz).

1650 : Grâce à la dot de sa femme, Henri de Sévigné achète la charge de gouverneur de Fougères.

Mme de Sévigné est éconduite de l'hôtel d'Harcourt pour s'être montrée trop "guillerette".


1651 : Henri de Sévigné se bat en duel pour sa maîtresse, Mme de Gondran. Il.est tué. "Ce Sévigné n'était point un honnête homme et il ruinait sa femme qui est une des plus aimables et des plus honnêtes personnes de Paris" (Tallemant des Réaux).

Mme de Sévigné, à vingt-six ans, se trouve veuve avec deux enfants a élever. Heureusement une bonne partie de sa fortune a éte préservée grâce au t "bien Bon", l'abbé de Coulanges. Une séparation de biens entre époux était d'ailleurs intervenue peu après le mariage.

1652 : Violente dispute du duc de Rohan et du chevalier de Tonquedec, dans la ruelle même de Mme de Sévigné. "La véritable cause du malentendu du duc de Rohan et de Tonquedec, est qu'ils étalent tous deux amoureux de la marquise de Sévigné" (Conrart).

Mme de Sévigné est très entourée, très célébrée pendant cette periode par les poètes Saint-Pavin, Marigny, Montreuil. Parmi ses amis, Mlle de Montpensier (la Grande Mademoiselle), Mlle de la Vergne (qui devient en 1655 comtesse de La Fayette), la veuve du poète Scarron (qui deviendra Mme de Maintenon), Mlle de Scudéry, la romancère qui, en 1667, donne dans la Clélie un portrait de Mme de Sévigné, sous le nom de Clarinte.

1661 : Véritable prise du pouvoir par Louis XIV.

Arrestation de Fouquet, grand ami de Mme de Sévigné. A l'ouverture de la cassette du Surintendant, on trouve entre-autres documents, des lettres de Mme de Sévigné, que le roi lit et trouve "très plaisantes".

1663 : Françoise-Marguerite de Sévigne danse à la Cour, dans le Ballet des Arts. L'année suivante,dans Le Ballet des Amours. Elle semble avoir été un temps l'objet de l'attention du Roi.

1664 : Fouquet est rondamné à l'emprisonnement à vie.

1665 : Publication de L'Histoire amoureuse des Gaules, oú l'auteur, Bussy-Rabutin, fait un portrait cruel de sa cousine, coupable d'avoir refusé de lui prêter de l'argent nécessaire à une campagne militaire.

Début d'une longue querelle entre les deux cousins.

Plusieurs seigneurs et grandes dames ont été compromis par le livre de Bussy. Celui-ci, en 1666, est exilé en Bourgogne. Il y restera dix-huit ans.

1659 (janvier) : "La plus jolie fille de France épouse, non pas le plus joli garçon, mais un des plus honnêtes hommes du royaume." Mariage a Paris, de Françoise-Marguerite de Sévigné avec le Comte de Grignan, trente-sept ans, deux fois veuf, chef d'une vieille famllle provençale. Mme de Sévigné achète, pour son fils, la charge de guidon (porte-en-seigne) des gendarmes-Dauphin.

M. de Grignan, nommé lieutenant général du Roi en Provence, quitte le premier Paris pour prendre possession de sa charge.

1670 : Naissance à Paris, de Marie-Blanche, fille de Mme de Grignan, A 5 ans, elle entrera au couvent pour toujours.

4 février 1671 : Mme de Grignan part seule rejoindre son époux. "Comprenez-vous bien ce que je souffris ?"Marie-Blanche reste à Paris. C 'est le début de lacorrespondance entre la mère et la novembre, naissance de Louis-Provence de Grignan.

1672-73 : Mme de Sévigné rend visite à sa fille, en Provence. Rentre à Paris l'année suivante.

1674-1675 : Mme de Grignan à Paris, Naissance de Pauline de Grignan. En Bretagne, insurrections et répression brutale.


1676 : Mme de Sévigné aux Rochers. Sa "triomphante santé" atteinte pour la première fois. Elle a un rhumatisme qu'elle va soigner à Vichy.

Mme de Grignan retrouve sa mère a Paris. Elles sont ensemble jusqu'en 1679, à peu près sans interruption ; Mme de Grignan n'est retournée que quelques mois en Provence dans le courant de 1677.

1679 : Mort du cardinal de Retz, parent et ami de Mme de Sévigné. Mme de Grignan retourne en Provence.

1681-1684 : Mère et fille ensemble à Paris. Mariage de Charles de Sévigné en Bretagne avec Marguerite de Mauron. lls n'auront pas d'enfants. Ses affaires appellent Mme de Sévigné aux Rochers, où elle demeure un an.

1685 : Retrouvailles de la mère et de la fille. Mme deSévigné prend les eaux à Bourbon.

1687 : Mort du "bien Bon", oncle et homme d'affaires de Mme de Sévigné.

1688 : Mme de Grignan revient en Provence.

1689 : De Bretagne, Mme de Sévigné va rejoindre sa fille à Grignan. Elle séjourne en Provence jusqu'en1691, date de son retour à Paris avec les Grignan.

1694 : Retour de Mme de Grignan en Provence. C'est la dernière séparation. Elle est rejointe par sa mère quelques mois plus tard.

1695 : Mariage de Louis-Provence de Grignan avec Anne-Marguerite de Saint-Amans, fille d'un riche intendant. Saint-Simon prête à Mme de Grignan, présentant sa bru, ce mot cruel : "Il faut du fumier sur les meilleures terres."

Mariage de Pauline de Grigan avec le marquis de Simiane.

17avril 1696 : Mort de Mme de Sévigné au château de Grignan.

"C'est une femme forte qui a envisagé la mort avec une fermeté et une soumission étonnantes" (M.de Grignan).

1704 : Mort de Louis-Provence, marquis de Grignan. Il a trente-trois ans et ne laisse pas d'enfants. Le nom des Grignan s'éteint avec lui.

1705 : Mme de Grignan meurt, épuisée par le chagrin et de nombreuses maladies.

1713 : Mort de Charles de Sévigné. Le "semillant compère" de jadis était devenu un grave janséniste et vivait àParis, avec sa femme, une existence d'ermite.

1714 : Mort de M. de Grigan dans une auberge, à Lambesc.

1725 : Première édition des Lettres de Mme de Sévigné (quelques lettres seulement).

1737 : Mort de Pauline de Simiane. Le château des Rochers, le château de Grignan, avec le mobilier et même les portraits de tamille sont vendus pour éteindre les dettes des Grignan.

Le matin

L'Aurore sur le front du jour

Sème l'azur, l'or et l'ivoire,

Et le Soleil, lassé de boire,

Commence son oblique tour.

Ses chevaux, au sortir de l'onde,

De flamme et de clarté couverts,

La bouche et les naseaux ouverts,

Ronflent la lumière du monde.

Ardents ils vont à nos ruisseaux

Et dessous le sel et l'écume

Boivent l'humidité qui fume

Sitôt qu'ils ont quitté les eaux.

La Lune fuit devant nos yeux ;

La nuit a retiré ses voiles ;

Peu à peu le front des étoiles

S'unit à la couleur des Cieux.

Les ombres tombent des montagnes,

Elles croissent à vue d'oeil,

Et d'un long vêtement de deuil

Couvrent la face des campagnes.

Le soleil change de séjour

Il pénètre le sein de l'onde,

Et par l'autre moitié du monde,

Pousse le chariot du jour.

Déjà la diligente avette

Boit la marjolaine et le thym,

Et revient riche du butin

Qu'elle a pris sur le mont Hymette.

Je vois le généreux lion

Qui sort de sa demeure creuse,

Hérissant sa perruque affreuse,

Qui fait fuir Endymion.

Sa dame, entrant dans les bocages,

Compte les sangliers qu'elle a pris,

Ou dévale chez les esprits

Errant aux sombres marécages.

Je vois les agneaux bondissants

Sur les blés qui ne font que naître ;

Cloris, chantant, les mène paître

Parmi ces côteaux verdissants.

Les oiseaux, d'un joyeux ramage,

En chantant semblent adorer

La lumière qui vient dorer

Leur cabinet et leur plumage.

Le blé paraît en ses couleurs,

La bergère aux champs revenue

Mouillant sa jambe toute nue

Foule les herbes et les fleurs.

La charrue écorche la plaine ;

Le bouvier, qui suit les sillons,

Presse de voix et d'aiguillons

Le couple de boeufs qui l'entraîne.

Alix apprête son fuseau ;

Sa mère, qui lui fait la tâche,

Presse le chanvre qu'elle attache

À sa quenouille de roseau.

Une confuse violence

Trouble le calme de la nuit,

Et la lumière, avec le bruit,

Dissipe l'ombre et le silence.

Alidor cherche à son réveil

L'ombre d'Iris qu'il a baisée,

Et pleure en son âme abusée

La fuite d'un si doux sommeil.

Les bêtes sont dans leur tanière,

Qui tremblent de voir le Soleil.

L'homme, remis par le sommeil,

Reprend son oeuvre coutumière.

Le forgeron est au fourneau :

Oy comme le charbon s'allume !

Le fer rouge, dessus l'enclume,

Étincelle sous le marteau.

Cette chandelle semble morte,

Le jour la fait évanouir ;

Le Soleil vient nous éblouir :

Vois qu'il passe au travers la porte !

Il est jour : levons-nous, Philis ;

Allons à notre jardinage,

Voir s'il est, comme ton visage,

Semé de roses et de lys.
Théophile de Viau (1590-1626)

Le langage précieux

Sommaire préciosité
Le langage précieux :
Formes de l'expression

Les genres précieux :

roman idéaliste, lettre éloquente ou badine, poésie (genres galants, ingénieux, psychologiques)

Les figures de styles


Les genres précieux Le roman idéaliste : cette catégorie se subdivise en 2 :

- le roman pastoral : par exemple L'Astrée, d'Honoré d'Urfé (1567-1625)

- le roman d'aventures : Le Grand Cyrus, Clélie, de Mlle de Scudéry (elle y dépeint les habitués de son salon : Cyrus n'est autre que le duc d'Enghien, dit le Grand Condé...)

La lettre éloquente ou badine :
**** JL. Guez de Balzac (1597-1654) : ses lettres sont destinées à être lues en public, copiées, imprimées. Il y développe des idées générales, dans un style souvent lourd et emphatique, mais parfois raffiné à l'excès.
**** Vincent Voiture (1598-1648) voir "Précieux et précieuses" : il correspond avec les habitués de l'Hotêl de Rambouillet, sur un ton badin, parfois presque impertinent, ainsi la "Lettre de la Carpe au Brochet"


Poésie : que ce soit en vers ou en prose, les précieux se sont complu dans les petits genres galants, ingénieux et psychologiques.
... GALANTS : épigramme, blason, madrigal

épigramme
Je mourrais de trop de désir

Si je la trouve inexorable ;

Je mourrais de trop de plaisir

Si je la trouve favorable.

Ainsi, je ne saurais guérir

De la douleur qui me possède ;

Je suis assuré de périr

Par le mal ou par le remède.
(BENSERADE)
blason

(description d'une partie précise du corps de la femme aimée : généralement les yeux, la bouche...)
Beaux yeux dont l'atteinte profonde

Trouble des coeurs incessamment

Le doux repos, qui ne se fonde

Que sur un si doux mouvement ;
De tout ce qu'on dit en aimant,

??

Beaux yeux, doux commencement

Des plus belles chansons du monde,
Beaux yeux qui sur les coeurs avez

Tant de puissance et qui savez

Si bien jouer de la prunelle ;
Beaux yeux, divin charme des sens,

Votre amour est en sentinelle

Pour attraper tous les passants.
(BENSERADE)
madrigal
Sur un bracelet de pierreries gagné par Mademoiselle
Pour bien faire éclater la flamme ambitieuse

Des illustres captifs de vos rares beautés,

Amour, le roi des libertés,

Avec sa main industrieuse

A changé chaque Amant en pierre précieuse.

Ainsi par de nouveaux et de brillants appas,

Ce qu'autrefois ils n'osèrent prétendre,

De leur fière Princesse ils ont trouvé le tendre

Et lui touchent le coeur aussi bien que le bras.
Autres formes
Par exemple un simple quatrain
Vous cachez votre sein, mais vous montrez vos yeux,

Qui de tout vaincre ont le beau privilège ;

N'est-ce pas me sauver du milieu de la neige

Pour m'exposer au feu des cieux ?
.
... INGENIEUX : ils ne sont rédigés que dans le cadre d'un amusement, pour le plaisir de manipuler les mots et les idées, et, surtout, pour montrer ses petits talents. Rondeau, énigme, bouts rimés, glose.
Rondeau
VOITURE s'est chargé de nous en tourner un pour nous en montrer la forme :
Ma foi, c'est fait de moi, car Isabeau

M'a conjuré de lui faire un rondeau,

Cela me met en une peine extrême.

Quoi ! treize vers, huit en eau, cinq en ème !

Je lui ferais aussi tantôt un bateau !
En voilà cinq pourtant en un monceau.

Faisons-en huit, en invoquant Brodeau,

Et puis mettons, par quelque stragtagème,

Ma foi, c'est fait !
Si je pouvais encor de mon cerveau

Tirer cinq vers, l'ouvrage serait beau.

Mais cependant, je suis dedans l'onzième,

Et je crois que je fais le douzième.

En voilà treize ajustés au niveau :

Ma foi, c'est fait !
l'énigme en vers
Elle se développe à partir de 1638.

A vous de deviner les objets de ces deux énigmes (les deux sont de COTIN).
Enigme 1)

(Fastoooche !)

Mon corps est sans couleur comme celui des eaux

Et selon la rencontre il change de figure ;

Je fais plus d'un trait que toute la peinture

Et puis mieux qu'un Apelle animer mes tableaux.

Je donne des conseils aux esprits les plus beaux

Et ne leur montre rien que la vérité pure ;

J'enseigne sans parler autant que le jour dure,

Et la nuit on vient me consulter aux flambeaux.
Parmi les curieux j'établis mon empire,

Je représente aux rois ce que l'on ose leur dire,

Et je ne puis flatter ni mentir à la cour.
Comme un autre Pâris je juge les déesses,

Qui m'offrent leurs beautés, leurs grâces, leurs richesses,

Et j'augmente souvent les charmes de l'amour.
Vous n'avez pas deviné ? Allons allons, réfléchissez !

En désespoir de cause, cliquez ici... : le miroir

Enigme 2)

(plus difficile,

celle-là)

(A la belle Iris)

Plus ardent que le feu, plus agité que l'onde,

Toujours vêtu de pourpre et toujours couronné,

Le premier des vivants, d'esprits environné,

Fait aujourd'hui la cour aux plus beaux yeux du monde.
Du second univers où son trône se fonde,

Il vous a, belle Iris, le trône abandonné ;

Dans un palais de flamme il est emprisonné

Par une loi du ciel que la vôtre seconde.
Sans cesse tourmenté par ses propres désirs,

Il mêle ses douleurs avecque ses plaisirs,

Ce soupir échappé vous dit son aventure.
Mais qu'il est malaisé de le bien secourir !

Ce prince malheureux est de telle nature

Que si vous le voyez, vous le ferez mourir.
Dur dur !...
Il s'agissait ...du cœur du poète


Bouts rimés
Tout le monde connaît ce jeu qui consiste à écrire un petit poème en utilisant des rimes données d'avance... Quand en plus le thème lui-même est imposé, ça se corse, comme dirait Napoléon (ou certain préfet...). On a pourtant réussi à inventer 25 sonnets sur la mort du perroquet de Mme du Plessis-Bellière. Evidemment..., la qualité poétique n'est pas forcément au rendez-vous... En voici un, de Loret :
Fût-on profession de guerre ou de chicane,

Fût-on bien revêtu de robe ou de capot,

N'eût-on bu que chopine ou bien tout plein un pot,

Fût-on pape, archevêque ou bien simple soutane,
Eût-on l'entendement brillant et diaphane,

Ou noir et ténébreux comme un mur de tripot,

Sût-on cabrioler et danser la Chabot,

Fût-on prudent ou sot, catholique ou profane,
Eût-on des louis d'or plein un grand coquemar,

Fût-on plus élevé que n'est un jacquemart,

Au clocher de Saint-Jean, Saint-Pierre ou Sainte-Barbe,
Il faut tous succomber sous le mortel débris,

Puisque ce perroquet, qui valait mieux qu'un barbe,

N'a pu s'en exempter près d'un riche lambris.
Si vous voulez vous y essayez, je vous propose les rimes suivantes, données à Cotin :

cruelle, poison, raison, criminelle, belle, maison, prison, infidèle, moment, amant, malheureuse, guéri, généreuse, mari.
glose : Moins connue, il s'agit d'un exercice qui consiste à délayer un poème antérieur, en rédigeant un quatrain pour chacun des vers du poème initial.
.
... PSYCHOLOGIQUES : métamorphose, portrait
métamorphose :
Très en vogue à partir de 1640. La dame aimée se transforme en un être ou un objet qui correspond à ses qualités.
La métamorphose de Julie en diamant

(Julie, fille de Mme de Rambouillet ; texte écrit par MONTAUSIER, son prétendant)
En la partie du monde où le soleil se lève et où le ciel engendre les pierres précieuses, naquit par miracle une naïade, la plus accomplie que les dieux eussent jamais faite. Et la mer n'avait jamais rien vu de si beau, non pas même le jour qu'elle fit naître Vénus. Neptune, pour l'amour d'elle, donna de la jalousie à Thétis et toutes les nymphes de l'océan. Mais lassé de ses mépris, il la changea en une pirre que les Grecs appellent Unique ou Diamant. Comme elle fut incomparablement belle, d'un esprit divin, insensible, opiniâtre et impérieuse, cette pierre a une beauté qui efface toutes les autres, un feu qui semble venu du ciel. Elle ne peut se rompre par nulle force. Elle résiste au fer et au feu et elle monte jusque sur la tête des rois. Comme elle fut aimée de tous ceux qui la connurent, les grands et les petits l'aiment encore, et elle est désirée de tout le monde. Enfin le ciel et la terre ne font rien de si parfait, et les hommes ne connaissent aucune chose de si grand prix.
portrait
Tous ces genres, et les exemples le montrent bien, n'ont pas donné naissance à des textes absolument géniaux. En France, la littérature précieuse est un délassement pour qui la pratique, et les auteurs n'ont pas d'autres ambitions que celle de passer un bon moment. C'est la raison pour laquelle il n'existe pas de grand chef-d'oeuvre précieux français du XVIIème siècle...

Les figures de style périphrase : désignation indirecte d'un objet
métaphore : désignation simultanée de plusieurs objets entre lesquels un rapport est établi

- exemples : dédale = peigne ; traître = paravent...

- Cela peut être un adjectif désignant la qualité d'un objet appliqué à un autre. Ex : le billet doux (ce n'est pas le billet qui est doux, mais les sentiments qui l'inspirent) ; des cheveux d'un blond hardi...

- Elle peut reposer sur une alliance concret/abstrait : le masque de la générosité, avoir l'intelligence épaisse, travestir sa pensée, laisser mourir la conversation, perdre son sérieux....

- Autre exemple : l'amour est comparé à la guerre, au duel, à la chasse, voire au voyage (carte de Tendre)....
surprise :

pointe (à la fin d'un poème, phrase que l'on n'y attendait pas, qui va à l'encontre du sens général du poème, et qui vise à détruire l'effet produit par celui-ci).

antithèse

oxymore (ex douce cruauté)
hyperbole, qui répond au goût précieux pour l'outrance.
abstraction : allégorie, personnification (de sentiments...)


Madame de Rambouillet


Catherine de Vivonne est née à Rome, en 1588, et a été naturalisée française en 1594. Elle épouse Charles d'Angennes (1600), dont elle aura 7 enfants, (Julie, son aînée (1607-1671)).

A cause de sa santé précaire, et des moeurs de la Cour, elle décide d'attirer chez elle le grand monde. Elle s'intéresse aux arts, aux lettres ; elle aime l'histoire (ça arrive à des gens très bien !) et parle plusieurs langues.
Elle tient un salon très brillant, avec l'aide de sa fille Julie (en l'honneur de qui l'on composa La guirlande de Julie), jusqu'au mariage de celle-ci (1645) avec le duc de Montausier, et la mort de Voiture en 1648.
La marquise de Rambouillet meurt à Paris en 1655. Surnommée Arthénice, anagramme composé par Malherbe. Elle apparaît sous les traits de Cléomire dans Le Grand Cyrus (Cyrus étant lui-même Enghien, le Grand Condé).

Mlle de Scudéry Née au Havre en 1607, elle a une quarantaine d'années quand elle commence à recevoir, sous le surnom de Sapho. C'est en 1653 qu'elle a rencontré Pellisson (Acante), son "soupirant". Auteur de nombreux romans fleuves (Le Grand Cyrus, 1649-1653 ; Clélie, 1654-1661), certains de ses écrits sont signés Georges de Scudéry (son frère).

L'hôtel de Scudéry décline lorsque Pellisson devient l'homme de confiance de Fouquet, donc est de plus en plus absorbé. Il est emporté dans la disgrâce du Surintendant des Finances en 1661. C'est la fin des "Samedis de Sapho".
Mlle de Scudéry meurt en 1701 à Paris.


Vincent Voiture


Né en 1597 à Amiens, fils d'un marchand de vin, il fait de bonnes études et parvient à s'infiltrer à la Cour.

Il est présenté à Mme de Rambouillet en 1625. Il excelle dans le badinage galant, dans la poésie précieuse.(madrigaux...)...
Il meurt en 1648.


Mme du Plessis-Guénégaud


Son salon rassemble pour l'essentiel des fidèles de Condé, des personnalités du monde de la finance, et des gens de lettres. Il accueille aussi, ponctuellement, des amis de Port-Royal : c'est là que sont lues les 6è et 7è Provinciales.

La maîtresse des lieux donne à ce salon une physionomie très politique, très anti-Mazarin.


Mme Fouquet


et Mme du Plessis-Bellière Respectivement à Vaux et à Saint-Mandé, ce sont leur salon qui fondent "l'Etat Incarnation".

Chapelain


Né en 1595, mort en 1674, il est le critique attitré de l'Académie Française, et conseiller littéraire. C'est lui que charge Colbert, en 1661, d'établir la liste des écrivains à pensionner.

Poètes précieux

Claude Malleville (1592?-1647) : secrétaire de nombreux Grands, il est au servicedu roi. Nommé à l'Académie lors de sa fondation, il est en quelque sorte le "rival" de Voiture.

François Tristan,

dit Tristan l'Hermitte (1601-1655) : gentilhomme de Gaston d'Orléans, il mène une existence assez libre. Il est l'auteur de Marianne (1636), dont le succès est égal à celui du Cid (à l'époque !). Il entre à l'Académie en 1649.

Georges de Scudéry (1601-1667)

Antoine Godeau (1605-1672) : évêque de Grasse, il entre à l'Académie en 1634.

Isaac de Benserade (1613-1691) : entré à l'Académie en 1674.

Gilles Ménage (1613-1692) : grammairien.

abbé Charles Cottin (1614-1682?)

Jean-François Sarrasin (mort en 1654)

Saint-Amant (1594-1661)

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