Résumé : L'article rapporte les résultats d’une enquête qualitative par entretiens non directifs réalisée auprès de cent conducteurs d'automobiles dans quatre pays d'Europe occidentale Italie,





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titreRésumé : L'article rapporte les résultats d’une enquête qualitative par entretiens non directifs réalisée auprès de cent conducteurs d'automobiles dans quatre pays d'Europe occidentale Italie,
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Grande Bretagne



Q: Do you still stand by your judgement that most people in this country are law-abiding when it comes to driving?

R : I think they have a respect for the law; they don’t necessarily always obey it. Can we have that little semantic difference ?”
Les Britanniques se considèrent en général réciproquement comme respectueux des règles, attentionnés, polis : mais ceci n’est jamais rapporté à des caractéristiques personnelles, des compétences individuelles à la conduite. Ils se savent « safe drivers » parce que la notion de « good driver » est effacée sous le comportement collectif, lui-même constitué par l’assomption du droit comme organisation. Ce n’est qu’en tant que chacun ne se sent pas le droit à la distinction de sa compétence sur la route qu’il appartient à un ensemble de sujets dont le comportement est dirigé vers la réduction des risques, par le biais du système normatif et prescriptif. La prise en considération immédiate de l’aspect « coût » des dégats et des blessures ou des morts contribue grandement, semble-t-il, à l’intériorisation de cette représentation, laquelle possède déjà un caractère « immédiat » lié aux « sémantèmes » spécifiques de la langue (la non distinction entre loi et droit amène par exemple à ne pas pouvoir penser que « briser la loi » (breaking the law) est distinct de « briser le droit).

Le cadre organisationnel est d’abord un idéal partagé (beaucoup plus qu’un « code » dont on a souvent oublié les détails). Il instaure un rapport symétrique entre tous les participants, et aucune communauté temporaire de conducteurs ne peut donc apparaître en tant que telle sur la route. La seule communauté est celle, constamment renouvelée, des gens qui veulent arriver chez eux « safely », et non pas celle d’une rencontre fortuite en un point donné. La possibilité d’enfreindre la règle devient donc une question de choix, mais à l’intérieur d’une position civique assumée comme contribuant à une structure globale, seul rempart au chaos, à l’anarchie. Les deux ne s’opposent pas mais se renforcent : c’est parce qu’il existe un environnement de conduite normatif dépersonnalisé que chacun peut d’une part circuler, et d’autre part, prendre des décisions éventuellement contraires. Celles-ci, néanmoins, ne peuvent être que des événements exceptionnels et certainement pas des manifestations d’opposition, alors que l’argument le plus fréquent porte sur la contribution de chacun à la fluidité et à la régularité du trafic, but qui sert les intérêts de tous et de chacun32.

Il est possible qu’il y ait conjonction, en Grande-Bretagne entre la conscience du problème majeur de l’encombrement, celui des accidents (nombre d’entre sont liés à des restrictions de trafic associées au travaux) et celui de l’acceptation quasi-unanime des systèmes automatiques (radars, etc.) qui contribuent au trafic lorsque l’individu n’est pas en mesure de calculer l’impact de sa vitesse sur la fluidité. Mais ceux-ci ne sont que des améliorations aidant à la conscience des situations collectives, ordinairement saisies de façon « prévenante », moins au cas par cas que par types de situations : par exemple, on n’ira pas vite sur une portion de route urbaine où l’on sait qu’il y a des enfants qui peuvent déboucher, même si l’on ne voit jamais d’enfants. Connaissant les statistiques qui caractérisent classiquement leur pays, les Britanniques y trouvent la démonstration que leur position est la bonne, en tant que position, à savoir l’adhésion à un idéal de fonctionnement pratique institué collectivement, et certainement pas comme masse de réglements33.
En Grande-Bretagne, le discours-type pourrait donc être ainsi résumé : Les gens (ou plus exactement, les personnes constituant le peuple34), dans leurs personnalités infiniment variées, et leurs intérêts contradictoires, ne peuvent régler leurs rapports que par l’intercession du droit, garantie contre les tyrannies et inconvénients de toutes sortes.. Pour être respecté, ce droit doit d’une part faire l’objet d’une foi partagée, et d’autre part d’une expression pratique aussi finement articulée qu’une machine de précision. Cette loi étant remise au point en permanence par le processus démocratique, elle constitue la seule armature du collectif, et lui appartient comme son bien commun.
Dans la mesure où les règles ne sont que l’expression de l’esprit du droit, elles ne sont pas fétichisées, mais sont acceptées (sinon obéies) comme réalisations de bonne foi. Elles sont empiriques et renégociables, mais dans un processus d’essai-erreur qui n’est pas mis en cause dans son intention fondamentalement positive et partagée.
On voit bien ici la différence avec le discours-cadre collecté en Allemagne : l’accent porte sur le respect du droit, et non sur la participation du sujet à la communauté de confiance mutuelle.

Nous allons voir maintenant que ces deux discours se différencient aussi des deux autres propositions, portées par les entretiens en France et en Italie :

En Italie, en effet, l’argumentaire porté par la culture est celui de l’adaptation de la loi aux cultures et aux conditions locales de son exercice. Tandis qu’en France, l’argumentaire est polarisé par la préoccupation de l’autorité – problématique - de la Loi.

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