Rapport moral du comite executif





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FEANF UGEED

ASSOCIATION DES ETUDIANTS ET STAGIAIRES DAHOMENS EN FRANCE (AED)

RAPPORT MORAL DU COMITE EXECUTIF

AU XXIIIE CONGRES

25- 26 DECEMBRE 1977

Camarades,

Le présent Congrès de l’AED se réunit au lendemain de la célébration, par les révolutionnaires du monde entier, du 60e anniversaire de la Grande Révolution Bolchevique d’Octobre 1917, menée sous la direction des grands leaders prolétarienne que furent V.I. LENINE puis J. STALINE.

En saluant comme par le passé cet inoubliable évènement, les militants de notre Association doivent renouveler leur engagement à prendre exemple sur le peuple soviétique qui, en ouvrant une grande brèche dans le système capitaliste mondial, a frayé la voie à la libération de l’Humanité.

Mais le 23e Congrès de notre Association se réunit aussi dans un contexte international qui, pour être complexe et troublant, n’en est pas moins favorable aux peuples en lutte.
SITUATION INTERNATIONALE

La situation internationale est marquée par le déferlement des luttes des peuples de tous les continents contre l’exploitation et l’oppression capitalistes et impérialistes.

Fort de la victoire éclatante des peuples Vietnamien, Lao et Cambodgien et celles des peuples des anciennes colonies portugaises d’Afrique, les peuples exploités et opprimés d’Afrique latine, d’Asie et d’Afrique mènent des luttes meurtrières pour se libérer du joug de l’impérialisme international et de la réaction.

Dans les métropoles impérialistes, le mouvement ouvrier connait une vigueur sans précédent.

Toutes les luttes attestent clairement que :

"…la tendance principale de notre époque est à la révolution". Ebranler par des luttes et miné par la crise générale du capitalisme, le système impérialiste mondial s’affaiblit.

Le désarroi s’empare des divers milieux réactionnaires et contre-révolutionnaires, acculés à la surenchère dans leur démagogie réformiste et à l’escalade dans leurs menées agressives.

Enfin, la situation dans le monde est aussi marquée par l’aiguisement des rivalités inter-impérialistes, et plus particulièrement par la rivalité de plus en plus accrue entre les deux superpuissances impérialistes : les USA et l’URSS.

Ces 2 superpuissances, chefs de file de l’impérialisme international, de toute la réaction et de la contre-révolution, s’activent dans leurs menées agressives, se lancent dans une course effrénée aux armements et s’apprêtent à jeter l’humanité dans une 3è guerre mondiale.

Dans leur sillage, les autres puissances impérialistes (France, Allemagne de l’Ouest, Angleterre…) luttent pour maintenir leurs sphères de domination et en conquérir de nouvelles, agressent les peuples et trament mille et un complots sur leurs dos.

En Asie, c’est principalement la République Populaire de Chine qui retient l’attention. En effet, depuis la mort du grand éducateur et dirigeant de la Révolution prolétarienne que fut MAO TSE TUNG, la lutte de classes entre le prolétariat et la bourgeoisie connait une intensité accrue. Elle se reflète à l’extérieur dans des orientations qui suscitent de graves préoccupations.

Le développement de la situation en Chine mérite donc d’être suivi de près, avec lucidité et esprit critique, afin que nous puissions en comprendre chaque jour un peu plus les tenants et aboutissants.

Les peuples du Vietnam, du Kampuchéa Démocratique et du Laos, pour leur part, s’emploient à sauvegarder et renforcer les acquits de leurs dures luttes contre l’impérialisme yankee.

Quant au peuple de Corée, il poursuit sa lutte pour la libération du Sud de sa patrie et la réunification de celle-ci.

Partout ailleurs en Asie, les peuples poursuivent de manières diverses leurs luttes pour écraser l’impérialisme, la réaction et la contre-révolution. Il en est ainsi en Thaïlande,, sous la direction du Parti Communiste Thaïlandais, au Timor Oriental, sous la direction du FRETILIN. Il en est ainsi aussi en Indonésie où, depuis 10 ans, les prisons n’ont cessé de se remplir de fils du peuple accusés de "subversion communiste" et jamais jugés ; en Inde aussi où toute la réaction développe maintes manœuvres fascistes pour tenter de mettre le peuple au pas ; à Singapour et en Malaisie où, sous le prétexte d’ "activités communistes", les réactionnaires au pouvoir jettent chaque jour dans leurs prisons immondes, des dizaines de fils du peuple, avec l’illusion qu’ils pourront ainsi arrêter la montée de la lutte armée conduite par le Parti Communiste de Malaisie.

Nous dénonçons toutes ces menées répressives et soutenons les luttes populaires en cours dans tous ces pays.
En Amérique du Nord, "citadelle forte" de l’impérialisme yankee, la crise économique et monétaire continue de sévir avec son cortège de chômage, de misère, de répression quotidienne, brutale, féroce et raciste. Pour tenter de masquer cette dure réalité et de parer les coups que la classe ouvrière et toutes les autres masses travailleuses lui portent l’impérialisme US procède à divers "réajustement" mystificateurs. En témoignant notamment sa phraséologie pseudo-démocratique (« défense des Droits de l’Homme") et ses faux repentirs à propos des livraisons d’armes à l’étranger, du coup d’Etat fasciste du Chili, etc….
En AMERIQUE Latine, les luttes contre l’impérialisme international, américain en particulier et leurs valets les juntes militaires, se développent. Les peuples d’Amérique Latine remettent en cause les dictatures militaires à la solde de l’impérialisme U.S. Ils luttent d’une façon générale contre la misère, la répression et pour les libertés démocratiques et de meiwlleures conditions.

En Argentine : arrestation, enlèvement, assassinats politiques, sont le lot quotidien des masses. Plusieurs patriotes sont portés disparus, d’autres torturés à mort dans les geôles de la dictature militaire. Les libertés les plus élémentaires sont inexistantes.

Au chili : la dictature fasciste exerce toujours sa répression sur les populations. Néanmoins, les masses s’organisent et luttent de façon multiforme. Dernièrement, des manifestations pacifiques se sont déroulées dans les rues de Santiago, pour exiger la vérité sur le sort des patriotes portés disparus. Mais la dictature fasciste a réprimé les manifestants et a procédé à une vingtaine d’arrestations.

En Equateur : La situation n’y est pas différente de celle de ses voisins. Les travailleurs de la sucrerie Astra se sont mis en grève en octobre dernier pour de meilleures conditions de vie et de travail. La brutale et cruelle répression de la dictature militaire s’abattît sur eux, faisant plusieurs morts dont les femmes et des enfants.

Au Brésil : On assiste à une recrudescence de la répression. Arrestations et tortures de patriotes et d’enfants mineurs prisonniers de droit commun sont monnaie courante. Des luttes ont été ouvertes dans les villes de Rio et de Sao Paulo. A Rio, le 8 Août dernier, les chauffeurs d’autobus se sont mis en grève pour réclamer une amélioration des salaires, de meilleures conditions de travail et le paiement des heures supplémentaires. Le pouvoir tente de briser leur lutte par des menaces, des arrestations et des tortures. En Mai-Juin, le mouvement étudiant a organisé une grève et des manifestations ; le 22 septembre à Sao-Paulo, avec la 3è réunion nationale des étudiants a été déclenchée une nouvelle manifestation ; cette dernière a été réprimée par la dictature.

Des arrestations s’en sont suivies. Des étudiants sont encore aujourd’hui en prison.

Nous renouvelons notre soutien à la lutte du peuple Brésilien.

La situation actuelle en Amérique Latine atteste du désir profond de ces peuples de se libérer de l’exploitation et de l’oppression de l’impérialisme international, US en particulier. Cela témoigne que même sous les dictatures les plus sanglantes, les masses populaires osent lutter et luttent effectivement.

EN EUROPE : La crise congénitale du système capitaliste mondial, continue de peser de tout son poids sur la vie quotidienne des peuples d’Europe ; elle s’aggrave chaque jour un peu plus, malgré les laborieux efforts de replâtrage des bourgeoisies au pouvoir dans cette partie du monde.

La baisse tendancielle du taux de profit, la faillite incessante de nombreux secteurs économiques, l’inflation galopante, l’accroissement continu de l’armée de réserve des chômeurs ont aggravé la crise généralisée du système capitaliste.

Devant leur incapacité à conjurer cette crise irrémédiable, les bourgeois capitalistes d’Europe se donnent du mal pour que les masses ouvrières et paysannes en supportent le fardeau :

  • répression des luttes ouvrières (lois fascistes, procès, assassinats crapuleux, licenciements pour compression de personnel ou fermeture d’usines et entreprises.

  • augmentation effrénée (maladroitement camouflée par des statistiques ou mesure de "blocage" trompeurs) des prix des produits de première nécessité.

Corrélativement, les mêmes bourgeoisies au pouvoir exaltent la xénophobie et le racisme plus ou moins larvés jusqu’à présent, afin de briser la solidarité de lutte entre ouvrières autochtones et immigrés, et de trouver un bouc émissaire pour légitimer l’incapacité de la bourgeoisie capitaliste-impérialiste à satisfaire les justes revendications des travailleurs. Ainsi s’expliquent en France, les mesures d’expulsion déguisées (contre 10.000FF !!!) de travailleurs immigrés et les tracasseries policières à leur encontre.

De même brandissent-elles les épouvantails du "communisme" er du "terrorisme" pour conditionner les peuples et justifier la fascisation en cours dans l’Europe de l’ouest (France et Allemagne notamment). Dans ce contexte, les néonazis ne se font pas prier, pour resurgir dans toute leur arrogance et le plus impunément possible pour défier publiquement les peuples, en Allemagne, en Italie et en France notamment. En Espagne aussi, où ni les mystificateurs réactionnaires, ni leurs alliés contre-révolutionnaires ne peuvent masquer la réalité fasciste qui s’y perpétue par delà la mort de Franco.

Somme toute, l’Europe reste un foyer où rougissent les braises de la lutte populaire contre la bourgeoisie monopoleuse et contre le fascisme renaissant.

Dans cet environnement de lutte et de souffrance, où l’angoisse et l’espoir se disputent l’horizon des peuples, l’Albanie Socialiste demeure :

  • une preuve vivante qu’il est possible de vaincre la bourgeoisie impérialiste le fascisme et toute la réaction ;

  • un camouflet cinglant aux boniments des marchands d’illusions au pouvoir ou y aspirant, qui prêchent la résignation ou la capitulation ;

  • un redoutable exemple de fermeté face à l’encerclement des 2 superpuissances impérialistes (USA et URSSS) coalisées et aux provocations de leurs alliés respectifs.

Nous saluons la tenue victorieuse du 7e congrès de l’Union de la Jeunesse du Travail d’Albanie (UJTA).

Nous saluons les luttes vigoureuses du prolétariat et des autres masses populaires européennes, contre la bourgeoisie impérialiste et toute la réaction.

AU MOYEN ORIENT :

Dix ans après la "guerre des 6 jours" et 4 ans après celle du "Ramadan", les peuples arabes (palestinien et libanais singulièrement) continuent de vivre les atrocités d’une situation qui ne se maintient, que grâce aux intrigues soviéto-américaines soutenues par toute la réaction arabe. Celle-ci continue de croire que c’est en étudiant ses appuis internationaux et en usant du pétrole ou des pétrodollars comme moyen de pression qu’elle "libérera" les peuples arabes. A la limite, paniquée sans doute par les escalades des sionistes israélites et poussée à la capitulation par les 2 superpuissances, notamment US, la réaction arabe s’engage dans l’aventure d’une "recolonisation" avec l’Etat d’Israël au mépris des justes aspirations des peuples en lutte dans cette région du monde, en particulier celles du peuple palestinien.

Nous dénonçons les multiples attaques massives de l’aviation et de l’artillerie israéliennes qui, depuis le 7 Novembre, dévastant des agglomérations entières du Sud-Liban, ont enseveli des centaines de palestiniens et libanais sous les décombres de leurs maisons. Nous dénonçons la visite du fantoche pro-américain Sadate en Israël.

Notre conviction demeure que ce ne sont nullement les marchandages des 2 superpuissances (USA et URSS) à Genève, ni les embrassades entre les sionistes israéliens du genre Bégin, et les réactionnaires arabes du genre Sadate qui accoucheront de la vraie paix au Proche Orient. Seule la combinaison de la lutte de la résistance palestinienne, avec celle des autres peuples arabes et celle des forces anti-impérialistes et anti-sionistes au cœur de l’Etat sioniste qu’il faut détruire, assurera aux peuples du Moyen Orient la liberté, le progrès social, la paix véritable.

Les luttes actuelles des peuples du Golfe Persique contre les réactionnaires Iraniens et le fantoche "sultana d’"Oman" concourent assurément à favoriser l’avènement de cette paix.

EN AFRIQUE

L’Afrique est aujourd’hui une grande zone de tempêtes, le champ des plus âpres rivalités inter-impérialistes, entre les USA et leurs alliés d’une part, l’URSS et ses satellites de l’autre.

Au Sahara Occidental :

La lutte de libération nationale continue. Le Front Polisario assène des coups durs aux expansionnistes du Maroc et de la Mauritanie. C’est bien le lieu de dénoncer l’action interventionniste de type colonialiste entreprise par la France contre le peuple saharaoui.

Dans la corne de l’Afrique, se poursuit une guerre injuste, réactionnaire entre les pouvoirs fantoches de l’Ethiopie et de la Somalie, fomentée et soutenue à coup d’armement par les 2 superpuissances. L’enjeu stratégique de la région explique cette guerre.

En Ethiopie,

Le pouvoir militaire du Deurg réprime les masses, notamment la jeunesse scolaire. Il compte essentiellement sur son armée fantoche et l’aide extérieure, pour trouver une solution avant tout militaire aux conflits qui l’oppose à la Somalie et au vaillant peuple d’Erythrée. Nous réaffirmons notre soutien à la juste lutte du peuple Erythréen.

En Somalie,

Le pouvoir réactionnaire de Siad-Barre mettra sur pied le Front dit de Libération de la Somalie Occidentale. Elément de la politique chauvine de Siad Barre, le Front est organisé militairement par l’armée néocoloniale somalienne.

Dans les anciennes colonies portugaises, la situation est complexe et nous devons suivre de très près l’évolution de la situation dans ces pays.

LA GUINEE BISSAU participe au 4e sommet France-Afrique. Elle est de même que les Iles de Cap-Vert, membre de l’Accord de Lomé, l’associant à l’organisme exploiteur ouest-européen qu’est le Marché Commun, est membre de la CEDEAO, est liée à un accord de défense avec l’Etat néocolonial du Sénégal. La Guinée Bissau par sa politique de soumission progressive à l’impérialisme vise à hypothéquer son indépendance chèrement arrachée. C’est pourquoi nous proposons le retrait de notre soutien an PAIGC parti au pouvoir dont l’action ne sert nullement les intérêts des peuples guinéen et cap-verdien à l’heure actuelle.

Le Mozambique signe des Accords divers notamment avec la superpuissance soviétique (accord militaire de 20 ans), et cela ne peut que susciter des inquiétudes de la part des patriotes du monde et notamment d’Afrique.

En Angola : c’est le renforcement de la présence économique des puissances occidentales et de la superpuissance soviétique, notamment. En effet l’Union Soviétique accroît sa domination sur ce pays par la création des secteurs d’Etat contrôlés par l’URSS, de sociétés mixtes à parts soviétiques. Par ces actions l’Union Soviétique contrôle aujourd’hui en Angola une grande partie de l’économie du pays en dehors de l’exploitation minière, qui demeurent encore dominées par les USA et leurs alliés ouest européens. L’appareil politique constitué par les valets du MPLA est complètement soumis à l’URSS et à ses garçons de course cubains qui font de l’Angola une base d’agression contre les pays voisins - telle l’action du Congo Kinshasa dit Zaïre. L’intégrité territoriale n’est garantie que grâce à la présence cubaine. Aujourd’hui, l’Angola est une néocolonie soviétique

En Afrique australe, la lutte des masses populaires contre l’apartheid se développe. Chacune des 2 superpuissances, les autres puissances impérialistes œuvrent toutes pour étouffer ces luttes ou les récupérer. Ainsi en est-il au Zimbabwe, en Namibie. Les propositions de "paix" par l’impérialisme anglo-americain n’ont pas d’autre but et marquent la panique des puissances impérialistes en général face à la montée des luttes des peuples de cette région et la volonté de ces puissances de violer les luttes des peuples de cette région de leur contenu anti-impérialiste. Nous dénonçons les raids agressifs successifs que font les racistes de Rhodésie contre le peuple du Mozambique. Nous sommes convaincus que toutes les manœuvres de division des forces patriotiques réunies dans le Front Patriotique n’empêcheront pas le peuple du Zimbabwé d’aller à la victoire sur le pouvoir raciste de Ian Smith.

En AZANIE : Dans la série des mesures répressives et de suppression des libertés démocratiques, contre les masses populaires africaines, et notamment la jeunesse, la palme revient sans conteste au régime fasciste et raciste de Vorster. En effet, depuis les événements sanglants de Juin 1976, Vorster n’a cessé d’envoyer à chaque manifestation ses policiers tirer sur les jeunes lycéens faisant ainsi des dizaines et des dizaines de morts et de blessés dans le quartier noir de SOWETO. En outre, ne reculant devant aucune ignominie, il assassina dans ses geôles, le jeune leader noir STVE BIKO, crime qu’il a vainement tenté de camoufler en prétendant cyniquement, qu’il s’était suicidé. Enfin, il vient d’interdire plusieurs organisations anti-racistes et la parution des journaux hostiles au pouvoir. Malgré cette répression le peuple d’Azanie finira par balayer le régime raciste d’Afrique du Sud.

Dans les différentes néo-colonies, les peuples luttent contre la misère, la famine que leur imposent les impérialistes et les valets africains. Au Ghana, au Nigeria, en Guinée Konakry où les femmes sont descendues dans les rues pour protester contre la politique pro-américaine du valet Sékou Touré.

Dans les néo-colonies françaises, l’impérialisme français est le plus agressif après les USA et l’URSS, contre les luttes que mènent les peuples de ce continent. Il suffit d’en juger par ses actes bellicistes au Congo-Kinshasa (dit Zaïre) le sommet Franco-africain de Dakar, son action colonialiste au Sahara Occidental. Il renforce ses bases militaires pour tenter d’arrêter la montée des luttes populaires : ainsi au Sénégal, en Côte d’ivoire, au Mali, etc…

Au Niger, la jeunesse s’organise et lutte. L’année passée, elle a organisé une grève pour exiger de meilleures conditions de vie et d’études, et a dénoncé le pouvoir nigérien comme agent de l’impérialisme français. Pris de panique, le pouvoir s’est lancé dans une escalade répressive : fermeture, pour toute l’année, du lycée Issa Korembé, du lycée Kassaï et l’Ecole Normale Tillabéry, invasion du lycée technique de Maradi par les forces de repression, qui blessent une cinquantaine d’élèves.

En haute Volta, une série de luttes ont cette année, attesté du désir des masses populaires de se libérer de la domination impérialiste-française en particulier. :

- grève des scolaires de Bobo, organisée par l’ASB, pour obtenir le paiement de leur pécule (Février 1977) ;

- grève des élèves de Goua pour obtenir un professeur de mathématiques

- grève des enseignants du SNEAHV (Syndicat National des Enseignants Africains en Haute Volta), pour la satisfaction de leurs revendications ;

- grève de 48 heures de tous les scolaires de Haute Volta pour l’amélioration des conditions de vie et d’études (Avril 1977) ;

- grèves des travailleurs de la BRAVOLTA (Avril 1977)

- grève des travailleurs du SUMAC (Syndicat Unique de la Météorologie et de l’Aéronautique Civile) en juillet 1977 ;

Grève de soutien de 24 heures de la CSV (Confédération Syndicale Voltaïque) aux travailleurs du SUMAC

Nous sommes convaincus que les masses populaires et les patriotes africains sauront s’organiser, pour arriver à bout de l’impérialisme international et de toute la réaction.

Escalade dans la Répression

Partout en Afrique, du fait de la constante dégradation de leurs conditions de vie et de travail, et de l’inexistence des libertés même les plus élémentaires, la colère des masses populaires gronde ; ces masses développent des méthodes diverses pour exprimer leur mécontentement. Sentant la menace que les masses font poser sur leur régime, les pouvoirs pro-impérialistes et anti-populaires réagissent et n’hésitent pas à les réprimer sauvagement, dans le vain espoir d’étouffer en elles toute velléité de soulèvement.

Parce qu’elle est souvent à la pointe de ces luttes, c’est la jeunesse, et particulièrement sa fraction scolaire, qui est la plupart du temps visée.

En témoigne la répression qu’abattent les réactionnaires tunisiens (Bourguiba et Cie) sur les étudiants en grève, dont plusieurs vont prochainement comparaitre devant la justice.

En témoigne encore les nouvelles mesures que le pouvoir réactionnaire de Sadate vient de faire adopter par référendum (truqué évidemment) pour éviter que ne se renouvelle en Egypte les gigantesques manifestations de rue organisées les 18 et 19 janvier 1977 pour protester contre sa politique économique et sociale anti-populaire. Parmi ces mesures, notons celle qui stipule que "toutes personnes participant à des grèves, manifestations, destructions ou occupations de biens, ou appartenant à des organisations secrètes seront passibles des travaux forcés à perpétuité".

En témoigne aussi l’odieux massacre de plus de 500 étudiants Ethiopiens perpétré, en une nuit, par la clique Mengistu qui leur reprochait d’avoir" distribué des tracts hostiles au gouvernement."

Citons encore le cas des 4 étudiants Centrafricains rentrés ces vacances pour participer à la Commission des bourses, et qui furent arrêtés en même temps que le proviseur du lycée de Bangui, sommairement jugés par un tribunal militaire, sauvagement torturés et jetés dans les geôles de l’Etat néocolonial. Ils ne furent relâchés que quelques mois plus tard, suite à la pression des masses populaires sur le pouvoir de Bokassa. Celui-ci, dilapidant les deniers publics, s’est fait construire un palais avant de se couronner Empereur le 4 décembre, avec un faste qui n’a d’égal que la haine qu’il voue au peuple centrafricain. Cette tragique bouffonnerie aura coûté plus de 7 milliards de Francs CFA aux masses populaires centrafricaines. Mais elles ne manqueront pas, le moment venu, de faire rendre gorge à l’équipe du pitre Bokassa et ses maîtres impérialistes français.

AU TOGO, les menaces et la mystification ("animation" et autres manifestations folkloriques) n’ayant pas réussi à étouffer le mécontentement populaire, le pouvoir fantoche d’Eyadema multiplie les tracasseries policières et les arrestations contre les patriotes togolais. Ainsi a-t-il opéré cette année une vague d’arrestation dont ont été victimes des intellectuels accusés de "complot subversif.") Nous dénonçons ces arrestations arbitraires ; nous dénonçons aussi les menées liquidationnistes dirigées contre l’UNETO et l’AESTF, de même que la création par le pouvoir, réactionnaire, en Août dernier, d’un prétendu Mouvement National des Etudiants Togolais (MONESTO).

Au Sénégal, le pouvoir réactionnaire dirigé par le valet Senghor a, cette année encore, sauvagement réprimé les grèves ouvrières et scolaires :

  • 77 ouvriers de chemins de fer licenciés ;

  • 15 étudiants incorporés dans l’armée néocoloniale ;

  • 45 étudiants définitivement exclus de l’Université ;

  • 116 stagiaires exclus de l’Ecole Nationale des Assistants et Educateur.

Cependant, le valet Senghor se fait passer pour le champion de la "démocratie" en Afrique. Pour ce faire, il provoque une réforme constitutionnelle pour la "démocratisation" de la vie politique sénégalaise. Ainsi a-t-il démagogiquement autorisé le "pluralisme" politique, tout en prenant soin de limiter le nombre des partis politiques à 3 puis 4, éliminant certains partis de l’échiquier politique.
Aiguisement des rivalités inter-impérialistes

De fait, les deux superpuissances impérialistes (USA et URSS) et leurs alliés ouest-européens (France notamment) prennent aujourd’hui l’Afrique pour un immense champ de bataille idéologique, économique, culturelle et finalement militaire. La guerre du Shaba (Congo Kinshassa, dit Zaïre), venant après celle de l’Angola, illustre parfaitement cette âpre bataille que se livrent les impérialistes sur notre continent qu’ils veulent redistribuer, faisant finalement des masses populaires africaines les seules victimes de leurs affrontements. Presque tous les pays impérialistes participent à cette bataille.

  1. L’impérialisme américain et ses alliés

Comme son principal rival, l’impérialisme américain intervient directement ou indirectement dans ce dernier cas, il se sert de ses alliés : France, Grande Bretagne, Allemagne de l’Ouest, et parfois Israël.

Mais en dehors d’une mainmise directe sur l’économie des pays africains, l’une des visées des impérialistes est de contrôler les grandes voies maritimes à l’aide de bases continentales stratégiques, ou au moyen de leurs flottes, ainsi la 6ème flotte américaines (basée en Méditerranée) et la 7ème flotte (basée dans le Pacifique). Et pour s’assurer le contrôle du Golfe Persique l’impérialisme américain compte essentiellement sur trois pays : l’Iran, l’Arabie Saoudite et l’Afrique du Sud.

L’Iran est l’allié le plus sûr de l’impérialisme US dans cette région. Il dispose, aujourd’hui, de la marine la plus puissante du Golfe. Il bénéficie de facilités navales à l’Ile Maurice et s’assure la collaboration du Soudan auquel il offre "aides" économiques et militaires. En outre, l’Iran renforce ses liens avec l’Afrique du Sud en lui fournissant du pétrole, et en lui achetant de l’uranium. Enfin, il s’assure la collaboration de l’Inde et du Pakistan.

L’Arabie Saoudite, pour sa part, dispose, avec les Emirats Arabes Unis, d’une puissance financière dont elle se sert pour ourdir des intrigues diplomatiques contre les superpuissances soviétiques. En effet, c’est elle qui a provoqué l’affaiblissement des positions soviétiques au Sud Yémen ; c’est grâce aux pétrodollars que le valet Numeiry a divorcé d’avec ses anciens tuteurs de Moscou et officiellement mis fin à leur présence au Soudan ; c’est également grâce aux pétrodollars que les pseudo-révolutionnaires de Somalie, dirigés par Siad Barre, ont précipité leur rupture avec le Kremlin, ce sont les mêmes pétrodollars qui ont, en partie, aidé le pouvoir de Mobutu à gérer sa crise économique et à gagner la guerre du Shaba.

L’Afrique du Sud, quant à elle, est le gendarme de l’Occident capitaliste sur la route du Cap. Au sud de l’Afrique gisent des richesses minières considérables. A cause de cela, et sous prétexte de protéger l’Afrique principalement sa partie australe de l’agression "communiste", l’impérialisme US est ses satellites veillent en permanence.

Mais l’impérialisme US soucieux de ne pas afficher ses alliances avec le régime de l’apartheid, a délégué ses pouvoirs à ses alliés ouest-européens (français, britanniques, ouest allemands, italiens) ainsi qu’aux japonais et aux israéliens, pour qu’ils consolident ce régime. Ce dernier, avec des licences françaises, fabrique déjà son propre armement militaire.

C’est l’impérialisme revanchard ouest-allemand qui a fourni à Vorster et sa clique la technologie de l’enrichissement de l’Uranium, qui lui permet non seulement de valoriser ses ressources en uranium naturel, mais encore d’accéder à l’armement nucléaire par le plus court chemin.

Enfin, en construisant au Cap, les deux premières centrales électro-nucléaires sud-africains, l’impérialisme français a fourni l’infrastructure industrielle qui restait à pourvoir et, à long terme, du plutonium en grandes quantités.

Parmi les alliés ouest-européens des USA, certains jouent encore un rôle de premier plan dans leurs anciennes colonies : c’est le cas de la France. Mais l’Allemagne de l’Ouest et l’Italie rivalisent avec eux. Ainsi, dans la plupart des ex-colonies britanniques, l’Angleterre est déjà distancée par l’Allemagne. Economiquement, leurs interventions respectives dans divers pays d’Afrique en 1975 peuvent être évaluées comme indiqué, en annexe (TABLEAU A.)

Ainsi, il apparait que "… la France agit principalement dans les pays qui parlent sa langue, par des investissements dans un grand nombre de secteurs, du textile à la chimie et transports. La Grande Bretagne a une activité intense en particulier dans l’Afrique de l’Est et au Nigeria. L’Allemagne a de vastes projets dans les secteurs minier et chimique, et elle regarde avec intérêt quelques pays en particulier, comme la Tansanie et le Cameroun, auxquels elle est liée par une longue histoire de présence coloniale. (Elle vient de faire une forte percée au Zaïre, qui lui a vendu une partie de son territoire pour qu’elle y installe une base de télécommunication) L’Italie, grâce à des investissements d’entreprises à participation d’Etat, est présente, dans un très grand nombre de pays, dans les secteurs des travaux publics, du tourisme, des industries du bois et du ciment".

Mais, de toutes ces puissances impérialistes d’Europe, de l’Ouest, l’impérialisme français occupe la position la plus forte, grâce à ses anciennes colonies. D’autre part, il est le principal fournisseur d’armes de l’Afrique du Sud et des autres pouvoirs réactionnaires d’Afrique. En outre, avec la bénédiction de son maître américain, il est intervenu dans la guerre du Shaba, pour tenter de contrer la pénétration soviétique au Congo-Kinshasa. On sait par ailleurs qu’il intervient au Tchad et au Sahara Occidental. Enfin, sous prétexte de garantir l’"indépendance" de Djibouti, il maintient dans cette région, 16 bâtiments dont 12 de combat :

-1 porte avion Clémenceau

- 2 escorteurs d’escadre anti aériens

- 4 avions escorteurs

- 5 patrouilleurs

- La frégate ASM "Tourville"

- Plus de 40 avions hélicoptères embarqués

- Des missiles MM38 Exocet.

L’impérialisme français dispose donc de la flotte étrangère permanente la plus nombreuse de l’Océan Indien. Il possède aussi un dispositif militaire à Mayotte.

b) Les positions soviétiques : Sur l’état actuel des positions soviétiques, de nombreuses incertitudes demeurent, que nous nous efforcerons de lever ultérieurement. Ce qui est d’ores et déjà certain, c’est que l’URSS a connu d’importants déboires, surtout en Afrique de l’Est, en perdant outre l’Egypte, le Soudan et tout récemment la Somalie, après l’échec cuisant de sa tentative de pénétration au Zaïre par le Shaba.

Elle est implantée en Ethiopie qu’elle arme massivement et soutient dans sa guerre colonialiste contre l’Erythrée, et dans les anciennes colonies portugaises. Elle renforce ses positions dans les pays qui pratiquent la pseudo-révolution : Algérie, Bénin, Madagascar, etc…

Tout récemment, elle tente d’accentuer sa pénétration au Nigéria en y envoyant le général Pavlosky, vice-ministre de la défense qui a eu à déclarer (cf. Monde du 20-11-77) que "l’URSS participera au développement des forces armées nigériennes".

Pour parvenir à ses fins, la superpuissance soviétique use :

- de la séduction économique directe (accords URSS-pays africains) ou indirecte (par le biais de ses satellites est-européens)

- de la récupération des luttes populaires par noyautage des mouvements de libération qui les dirigent. Il en a été ainsi notamment en Angola et en Guinée-Bissau, toutes deux ex-colonies portugaises.

- du soutien aux pouvoirs pseudo-révolutionnaires africains (Bénin, Ethiopie)

- ou des tentatives d’installation de tels pouvoirs. La guerre du Shaba (mars 77) procède assurément de ce dernier cas. Le Congo Kinshasa est un immense pays de 2.345.409 Km2. Le sol est si fertile qu’à lui seul, le pays pourrait fournir des céréales à tout le continent. Son sous-sol recèle d’importantes richesses.

Voilà les ressorts économiques qui ont mu les différents appétits dont le pays a été et est l’objet. C’est aussi pourquoi les spécialistes du Hudson Institut présentent le pays comme "l’un des géants industriels de demain, avec le Brésil et l’Iran."

Depuis quelques années, l’URSS se sert de ses satellites et vassaux, pour perpétrer des agressions militaires contre les pays et les peuples. En témoignent les contingents du corps expéditionnaire cubain, dans les différents pays d’Afrique. Il y a environ 27.000 cubains en Afrique. (Voir tableau B en annexe).

Somme toute, il est clair que tant sur le plan mondial qu’en Afrique, les conflits et guerres ont pour causes les rivalités et les actes interventionnistes des 2 superpuissances les USA et l’URSS et aussi ceux des autres impérialismes tels : la France l’Allemagne de l’Ouest, l’Angleterre, etc… Il s’agit d’affrontements entre les 2 blocs agressifs : celui de l’URSS et ses satellites, celui des USA et ses alliés. Les peuples africains sauront distinguer clairement leurs ennemis afin de les chasser tous du contient. Pour cela une vigilance s’impose. C’est pourquoi conformément à la ligne anti-impérialiste de l’AED, de l’UGEED et de la FEANF, nous réaffirmons les principes désormais acquis à notre niveau et qui sont :

I°) Nous devons combattre avec une énergie égale les 2 superpuissances impérialistes les USA et l’URSS comme les plus dangereux agresseurs que l’histoire ait connus comme l’ennemi n°1 des peuples du monde et de la révolution. Nous ne saurions accepter de nous appuyer sur l’une d’elles pour prétendre combattre l’autre.

2°) Nous devons combattre prioritairement l’impérialisme dominant dans notre pays, l’impérialisme français sans compromis et sans illusion aucune. Car toutes les puissances impérialistes constituent des ennemis pour les peuples. Nous ne saurions nous appuyer sur l’impérialisme dominant pour combattre les 2 superpuissances ou l‘une d’elle.

3°) Nous devons lutter pour renverser des valets de l’impérialisme qui servent d’instrument d’oppression de notre peuple aux mains de l’impérialisme notamment français. Sans leur renversement, la libération de notre pays est impossible. Il est donc hors de question de s’appuyer sur les valets de l’impérialisme pour prétendre combattre l’impérialisme dominant ou les deux superpuissances, ou l’une d’entre elles.

4°) Nous rejetons comme étant confusionniste, toute politique ou idée qui s’opposent à ces principes de lutte établis à la lumière de l’expérience de lutte des autres peuples et de notre pratique aux côtés de notre peuple.

Seule l’application de ces principes peut nous conduire à la RNDP.

ANNEXES

Tableau B : EFFECTIF DU CORPS EXPEDITIONNAIRE CUBAIN EN AFRIQUE

PAYS

NOMBRE DE :

MILITAIRES

CIVILS

TOTAL













ANGOLA

9000

14.000

23.000

ETHIOPIE

400

300

700

MOZAMBIQUE

650

100

750

TANZANIE

-

350 à 500

350 à 500

GUINEE

300 à 500

-

300 à 500

GUINEE EQUATORIALE

150 à 200

150 à 200

300 à 400

CONGO

300

150

450

GUINEE BISSAU

60 à 40

140

100 à 200

LYBIE

100 à 125

-

100 à 125

SIERRA LEONE

100 à 125

-

100 à 125

ALGERIE

-

35 médecins

35

MADAGASCAR

BENIN

CAP VERT

30

-

-

-

10 à15 Conseillers en matière de sécurité

10 à 15 médecins


30















TABLEAU A. AIDE ET INVESTISSEMENTS PRIVES EUROPEENS EN AFRIQUE NOIRE

(en million de dollars) source : OCDE 1975

Cf. "Le Monde" du 05/07/77










PROVENANCE







Etats Africains bénéficiaires

Allemagne Fédérale

France

Grande Bretagne

Italie

Belgique

ANGOLA

1,18

28,73

-

0,01

4,28

BOTSWANA

34,22

-

8,96

0,03

0,06

BURUNDI

1,55

6,51

0,01

2,35

16,54

CAMEROUN

8,85

37,65

1,84

12,93

0,92

TCHAD

0,42

22,04

0,09

3,61

0,34

CONGO

0,16

21,37

0,14

15,29

0,33

ZAIRE

159,26

42,13

10,43

17,99

98,28

ETHIOPIE

14,85

0,79

4,88

3,00

0,34

GABON

4,27

68,66

-

0,03

27,41

GHANA

16,68

-

3,04

2,76

0,07

GUINEE

0,01

-

-

1,77

0,35

COTE DIVOIRE

13,11

73,46

0,28

15,72

1,28

KENYA

37,26

-

21,04

1,25

3,98

LIBERIA

129,35

256,21

17,69

0,05

1,43

MADAGASCAR

0,37

19,22

0,08

0,01

0,11

MALI

12,78

22,73

3,36

0,04

1,29

MAURITANIE

2,23

6,85

0,80

0,24

0,50

NIGER

10,06

40,75

0,01

0,01

1,20

NIGERIA

34,08

14,37

90,80

1,45

4,12

RHODESIE

1,42

-

2,48

-

-

RWANDA

5,37

11,87

0,07

0,06

25,99

SIERRA LEONE

4,54

-

0,09

5,36

-

SENEGAL

1,33

64,61

0,29

0,25

1,91

SOMALIE

3,05

6,98

1,13

8,94

0,49

SOUDAN

35,86

35,42

39,87

108,12

60,92

TANZANIE

28,22

3,06

4,14

0,22

0,37

TOGO

7,51

10,77

10,92

0,04

0,42

OUGANDA

8,03

-

0,46

0,33

0,01

HAUTE VOLTA

13,26

27,61

0,06

0,33

0,83

ZAMBIE

102,72

1,59

70,92

0,19

0,02

SITUATION NATIONALE

Ce qui caractérise la situation nationale, c’est l’isolement du pouvoir pseudo-révolutionnaire, pro-impérialiste et anti-populaire et la recrudescence de la répression sur les masses populaires qui osent lutter de plus en plus, malgré le niveau faible de leur organisation à l’heure actuelle.
I-Renforcement de la main-mise impérialiste sur note pays

L’impérialisme français demeure à ce jour l’impérialisme dominant dans notre pays ; mais il est de plus en plus menacé dans sa position. En témoignent a°) les bonnes relations qui lient la clique fantoche Kérékou à la clique pro-américaine du sanguinaire SEKOU Touré et au Nigéria, néo-colonie anglo-américaine, b) les divers accords conclus par le Dahomey dit Bénin avec la superpuissance soviétique et ses satellites. Nous y reviendrons. C’est dans ce cadre de rivalités inter-impérialistes accrues et à un moment où sévissait durement la famine imposée par le GM"R" au peuple dahoméen, et où le pouvoir pro-impérialiste et anti-populaire était plus que jamais décrié qu’est intervenue l’agression impérialiste du 16 Janvier 1977 dont seul notre peuple a été la victime.

Notre CA de Pâques 77, après analyse approfondie de la situation, a condamné énergiquement cette agression sauvage perpétrée contre notre peuple et a exalté chaleureusement l’héroïsme avec lequel les masses populaires ont su barrer la route aux agresseurs impérialistes, à leurs hommes de main, en se mobilisant indépendamment des structures d’embrigadement du pouvoir anti-populaire de la clique Kérékou-Azonhiho. Comme notre CA l’a analysé de façon approfondie, la clique Kérékou n’est quant au fond nullement différente des pouvoirs qui jusque-là se sont succédés à la tête de notre pays.

La clique Kérékou n’est pas fondamentalement différente de cette autre clique réactionnaire Zinsou-Pognon. L’opposition actuelle entre ces deux fractions de la bourgeoisie bureaucratique, reflet de contradictions inter-impérialistes, est l’expression de leur rivalité pour le contrôle exclusif (en ce qui concerne la première) ou la récupération, ou même le partage (en ce qui concerne la seconde) du pouvoir d’Etat néo-colonial. La clique Kérékou Azonhiho depuis son avènement n’a jamais pu bénéficier de la confiance totale de l’impérialisme dominant chez nous, l’impérialisme français. Son verbiage pseudo-révolutionnaire, qui est aussi loin de la réalité concrète que ciel et terre, ne prend plus. L’impérialisme français voudrait avoir aux commandes de l’appareil néo-colonial un pouvoir réactionnaire de type traditionnel, qui assure mieux encore ses intérêts et leur pérennité, un pouvoir plus docile aussi qui ait moins de sympathie pour la superpuissance soviétique et ses satellites. Donc en organisant l’agression du 16 janvier avec l’impérialisme américain, l’impérialisme français avait fait le calcul qu’il en tirerait un profit certain.

Les Zinsou et Pognon eux-mêmes, après un long silence inhabituel, reconnaissent la matérialité des faits mais clament partout maintenant leur innocence et se présente comme martyrs. Après avoir versé des larmes de crocodiles sur l’inexistence des libertés au Dahomey, les voilà qui "popularisent "aux côtés de leurs frères de classe au pouvoir la prétendue "Loi Fondamentale" et le prétendu "Plan Triennal d’Etat" qui sont deux instruments de mystification et de répression des masses populaires aux mains des réactionnaires dans notre pays.

Ainsi ces deux cliques apparemment opposées, mais au service de l’impérialisme, s’entendent-elles fondamentalement pour servir et défendre les intérêts de leurs maîtres sur le dos du peuple dahoméen. L’agression impérialiste du 16 Janvier 1977 traduit la volonté des impérialistes français et américain à mettre fin aux tentations par trop poussées de la clique au pouvoir par les néo-colonialistes de Moscou.

Nul doute aujourd’hui donc que cette agression rentre dans le cadre des rivalités entre les deux super-puissances.
2- Rivalités entre les deux superpuissances : USA-URSS dans notre pays

Dans la lutte à mort que se livrent les 2 super-puissances USA-URSS pour l’hégémonie mondiale, notre pays n’est pas en reste. Il est aujourd’hui en plein champ des âpres rivalités entre les USA et l’URSS en vue d’assurer, chacune pour ce qui la concerne sa primauté sur notre pays.

Tout le monde au Dahomey perçoit aujourd’hui la pénétration soviétique dans notre pays. Evidemment cette pénétration est interprétée différemment selon les deux camps ; le camp de l’impérialisme et de la réaction ou le camp du peuple. Selon la réaction au pouvoir et les opportunistes qui gravitent autour d’elle, l’"aide" soi-disant de l’URSS est une nécessité pour la "libération" du pays du joug de l’impérialisme international". C’est là une manœuvre grotesque des réactionnaires au pouvoir visant à présenter la super-puissance rivale des USA comme une "amie" de notre peuple.

L’AED déclare solennellement que la politique offensive actuelle de l’Union Soviétique en direction de nombreux pays du monde dont les pays d’Afrique en général, notre pays en particulier, rentre dans le cadre de sa stratégie politique néocolonialiste concernant les dits pays, le nôtre en particulier. L’URSS a lancé contre notre pays une offensive néocolonialiste généralisée. Sur les plans politique, économique, militaire ou culturel, elle entend marquer des points sur sa rivale, les USA. Evidemment les succès qu’elle remporte sur sa rivale, compte tenu des structures néocoloniales en place, sont relatifs au domaine considéré.

Sur le plan politique : Depuis les événements du 16 Janvier notamment dans lesquels la superpuissance américaine est impliquée, l’URSS essaie de profiter de la nouvelle situation pour gagner du terrain sur le plan politique ainsi que sur tous les autres plans. C’est ainsi que les relations d’Etat à Etat ont eu un regain de renforcement entre GM"R" et les autorités de l’Union Soviétique. De même les liens entre le GM"R" et le gouvernement cubain se renforcent davantage et se traduisent par de nombreux accords et échanges dans les autres domaines. Quand on sait la nature satellite du Cuba notamment, pour la super-puissance soviétique, ce renforcement des relations est chargé de signification. Les relations de parti à parti existent et se développent entre le PCUS et le P"RP"B aux festivités marquant le 60è anniversaire de la Grande Révolution d’Octobre. Inutile de mentionner les nombreuses visites de délégations du PCUS dans notre pays depuis un certain temps. Inutile de mentionner aussi le caractère néocolonialiste et fourbe des sympathies entretenues par l’URSS avec les responsables de centrales syndicales tels Villon Guézo et autres KPOFFON, traitres à la cause de la classe ouvrière et des autres travailleurs de notre pays. Fidèle à sa politique néocolonialiste, l’Union Soviétique entend aujourd’hui plus que jamais, avoir en main et suivre de près la situation au niveau du mouvement syndical maillon important du mouvement démocratique chez nous.

L’AED condamne énergiquement toutes les manœuvres machiavéliques et néo-colonialistes de l’URSS. Elle reste persuadée que les travailleurs dahoméens en général, la classe ouvrière en particulier sauront trouver les voies et moyens pour résoudre leurs problèmes, se débarrasser des opportunistes et traîtres à leur cause et s’organiser sur des bases conséquentes.

Sur le plan économique, De nombreux accords sont passés entre le GM"R" et l’URSS. Nous pouvons citer l’accord minier du novembre 76 accordant à l’URSS l’exclusivité des prospections des ressources minières de notre pays. Il y a aussi le cas de la pêche. Notre peuple en fait déjà les frais. En effet, il faut souligner la pénurie fréquente de poisson à l’heure actuelle chez nous bien que le Dahomey soit un pays côtier et que tout le long de la côte, de nombreuses populations pratiquent la pêche comme activité principale.

En Août dernier, il n’y avait guère que des poissons appelés "Tchèkè" sur les marchés de Porto-Novo et Cotonou et qui se vendaient à des prix d’or. Du fait des accords de pêche conclus entre l’Union Soviétique et les valets dahoméens, l’URSS pêche du poisson dans les eaux territoriales de notre pays, poisson qu’elle vend très cher au Dahomey et à d’autres pays. D’ailleurs tant que le Dahomey n’a pas payé en dollars ou en roubles, le poisson ne lui est pas livré. Le pouvoir réactionnaire du GM"R" est contraint de s’adresser à ses maîtres impérialistes. Pendant que ces tractations ont lieu, le poisson reste dans le filet soviétique. Et puisque l’URSS a tout raflé avec les moyens techniques prodigieux dont elle dispose, les pêcheurs dahoméens restent sans prise consistante. Cette pratique est un exemple concret de la nature néocolonialiste des accords imposés à notre peuple par les autorités de l’Union soviétique. L’obligation faite au GM"R" de s’adresser à la France pour avoir des devises montre la domination de l’impérialiste français sur notre pays. Mais les deux superpuissances USA-URSS n’entendent pas se limiter à accepter cette situation de fait.

Sur le plan militaire : l’Union soviétique renforce sa position. Des accords de défense ont été signés avec le GM"R". Le renforcement de la position de l’URSS sur le plan militaire se manifeste encore par l’envoi des nombreux militaires en formation à Moscou et à la Havane notamment. A l’heure actuelle, l’URSS a entreposé dans notre pays d’énormes quantités d’armes sous le prétexte d’aider la clique fantoche au pouvoir à parer à toute agression impérialiste.

Sur le plan culturel : des semaines culturelles soviétiques sont fréquemment organisées à Cotonou. Le nombre de bourses d’études offertes par les autorités néocolonialistes soviétiques au GM"R" augmente de plus en plus. Cette rentrée universitaire, une centaine d’étudiants dahoméens ont été envoyés poursuivre leurs études en URSS, et dans d’autres pays satellites de l’Union Soviétique.

Camarades,

La pénétration soviétique dans notre pays requiert de notre part, une attention particulière. Cette pénétration se fait en rivalité avec l’autre super-puissance, les USA, allié pour la cause à l’impérialisme français lequel demeure encore dominant dans notre pays.

Tout cela montre que plus que jamais notre pays est devenu un champ privilégié de rivalité inter-imépérialistes notamment entre les USA et l’URSS. Il est de la plus haute importance de suivre de près l’évolution de la contradiction principale dans notre pays, car il n’est pas dit que l’impérialiste français pourra toujours conserver la première place parmi les rapaces impérialistes qui se disputent l’exploitation des richesses de notre pays et de notre peuple.

3° Renforcement des bases de la BPB et de la BC dans notre pays.

L’exploitation de notre peuple par les puissances impérialistes se fait par l’intermédiaire des bourgeoisies locales, la bourgeoisie politico-bureaucratique et la bourgeoisie compradore, dont la base économique ne cesse de s’élargir. Cette tendance se dessine plus particulièrement depuis les prétendues nationalistes du 2 décembre 74 et montre que la BPB et la BC ne veulent plus se contenter de miettes que leur jettent les impérialistes. Les efforts de ces bourgeoisies étaient perceptibles dans des secteurs comme l’import-export, la minoterie et d’autres industries légères de transformation ainsi que dans l’agriculture (cultures industrielles, élevage) et dans la pêche industrielle. Ces efforts se sont intensifiés. Depuis notamment le début de l’année 76, la bourgeoisie bureaucratique, principalement sa fraction au pouvoir, pratique systématiquement l’expropriation des paysans de leurs bonnes terres. Ces paysans sont transformés en ouvriers agricoles sur leurs propres terres ou simplement réduits à l’état de serfs que l’on fait travailler sans aucune contre-partie.

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