Emmanuel Macron, le Tony Blair français?





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33 000 formations supplémentaires

Dès lors, l'Etat doit faire sans la Région. Avec un budget de 101 millions d'euros débloqué par l'Etat, Michel Delpuech affirme que 33 000 formations supplémentaires seront ouvertes. A titre de comparaison, 26 000 ont été créées l'an passé. Selon le directeur régional de Pôle Emploi, Pascal Blain, chaque formation devrait en moyenne coûter 3 000 euros. "Mais ce n'est pas forcément parce qu'une formation coûte moins cher qu'elle est moins efficace", affirme Michel Delpuech, en référence à l'absence de participation de la Région.

Concernant le contenu de ces formations, "nous devrons prendre en compte le besoin des entreprises ainsi que du territoire", explique Michel Delpuech. Selon les départements, les pénuries de main d'œuvre sont différentes. Le préfet du Rhône évoque toutefois les métiers de la chaudronnerie ou du numérique.

Parmi les partenaires présents, Daniel Dias, délégué régional de l'Agéfiph a évoqué un "plan volontariste", tout en soulignant le besoin que l'offre de formation soit également adaptée au public handicapé.

La signature de la convention avec les partenaires sociaux devrait avoir lieu "dans le mois à venir", a annoncé Michel Delpuech.

 

Marine Le Pen élue en 2017 ? Quand la fiction-politique appelle à l'action

 Par Alain Touraine  |  26/04/2016, 14:05  |  1032  mots

Hamilton/Rea)En optant pour le genre littéraire de la politique-fiction, Michel Wieviorka évite, dans "Le séisme Marine Le Pen présidente" (Robert Laffont), la confusion avec son rôle de sociologue, pour livrer une tentative d'évaluation honnête des risques que ferait courir à la France l'élection en mai 2017 de la présidente du FN. C'est ce qu'estime Alain Touraine, qui éclaire l'ouvrage de son "poulain" en analysant certaines scènes imaginées par l'auteur, renommé pour l’occasion Michael W. Squirrel, journaliste de fiction au New Morning. Et tous deux d'en tirer une même leçon : "On peut encore agir".

La politique-fiction est un genre littéraire bien établi qui permet à un auteur, depuis Montesquieu et ses Lettres persanes d'émettre des jugements critiques sur son propre pays en contournant la répression policière ou aussi celle de certains secteurs de l'opinion publique, parfois même proches des opinions connues de l'auteur. C'est donc un mode d'expression qui convient bien aux esprits indépendants et en même temps bien informés sur l'actualité. Ce qui est le cas de Michel Wieviorka qui publie ce livre.

Évaluer les risques d'une présidence FN

Dans son avant-propos il rappelle qu'il a publié en 2013 Le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie aux éditions de la Maison des Sciences de l'homme, institution qu'il dirige avec une grande activité en excellent sociologue qu'il est et très ouvert aux affaires mondiales.

Je trouve dans ce discret rappel (p.12) ce qui fait l'intérêt principal de ce livre. Qu'il soit inspiré par des choix politiques opposés à ceux de Marine Le Pen est évident mais est trop attendu et connu pour être la véritable raison d'être de ce livre qu'il faut au contraire prendre au sérieux, c'est-à-dire comme une tentative d'évaluation honnête des risques que ferait courir à la France l'élection en mai 2017 de Marine Le Pen comme présidente de la République.

Les trois mots qui composent le titre de ce premier ouvrage avaient été choisis avec soin et indiquaient clairement le jugement réfléchi que Michel Wieviorka porte sur le FN. On se souvient bien qu'il fut, il y a quelques semaines à peine, un des inspirateurs principaux du projet de primaire de la gauche, après avoir été longtemps un des inspirateurs les plus proches de Martine Aubry en même temps que l'auteur de grands livres influents dont le thème central était la violence politique, du racisme en général à l'antisémitisme et la recherche de ses causes sociales.

Les musulmans, premières victimes de la nouvelle présidente FN

On trouve dans les premières mesures prises par la nouvelle présidente Marine Le Pen l'illustration concrète des trois inspirations présentes dans son action et qui sont assez différentes les unes des autres pour faire prévoir des conflits et des crises dans son action politique.

Conclusion encore aggravée au début par le recul de Manuel Valls, actuel Premier ministre, d'abandonner sa fonction avant la proclamation des résultats des élections législatives qui suivent de près, il est vrai, l'élection présidentielle.

Le noyau idéologique central du Front national est bien un nationalisme chargé de xénophobie et même de racisme. Les musulmans, et non pas les capitalistes ou au contraire les communistes, sont donc sans surprise ceux qui subissent les premiers les foudres de la nouvelle présidente. Mais qui en doutait ?

Quelle majorité à l'Assemblée nationale ?

Il est plus intéressant de souligner que le Front national n'obtient pas la majorité absolue aux élections législatives et qu'il ne peut gouverner qu'avec l'appel à une extrême droite, soit présente à l'intérieur du parti des Républicains soit regroupée dans de petites formations comme celles du député Dupont-Aignan qui rassemble depuis longtemps déjà des "extrémistes bien élevés" et qui s'appuie sur des journalistes ou publicistes très actifs, comme Zemmour qui devient ministre de l'Education mais qui ne fait pas partie de la catégorie reconnue comme celle des intellectuels.

C'est ce milieu "extrémiste" qui donne au Front national son image la plus forte dans l'opinion. On note cependant qu'il s'agit plus d'un climat que d'un véritable projet politique car le Front national n'est nullement décidé à quitter l'Europe et son rapprochement de Poutine est plus un signe d'anti-américanisme qu'un appui réel donné à la politique russe en Ukraine ou en Syrie.

Le FN, une menace réelle pour la démocratie ?

Reste la troisième composante, celle qui préoccupe le plus l'opinion publique comme l'ont montré les récentes élections régionales : le Front national est-il une menace réelle pour la démocratie ou les étudiants et les enseignants ne manifestent-ils pas au total à son égard un rejet à peine plus actif que la gauche de la gauche exprime déjà à l'égard de François Hollande ?

J'interprète la pensée de Michel Wieviorka comme plus modérée que celle de beaucoup d'observateurs, en particulier intellectuels qui ont longtemps appelé fasciste le Front national.

Les supposées déclarations de Florian Philipot, conseiller principal de Marine Le Pen, et dont Michel Wieviorka pense qu'il serait le Premier ministre de celle-ci, semble lui donner raison ou au moins rendre crédible l'interprétation selon laquelle le Front national est plus une idéologie qu'une politique, plus un mouvement xénophobe qu'une entreprise de conduite de l'Etat par un parti de masse et mieux défini parce qu'il veut détruire que parce qu'il veut imposer à toute la population.

Une fois au pouvoir, l'électorat FN oublié ?

Cependant, Michel Wieviorka n'émet pas l'idée que le Front national qui est appuyé surtout par les catégories sociales les plus directement victimes de la crise - ouvriers et jeunes - pourrait être influencé par les revendications sociales et économiques justifiées de ces catégories. Mais la succession des chapitres de son livre montre clairement qu'il craint davantage des décisions imposées par une idéologie que des actions militarisées comme celles que les partis fascistes ont établies dans des régimes autoritaires. En même temps il croit l'extrême gauche incapable d'une réaction de masse efficace.

C'est pourquoi ce livre est important : la netteté de son opposition au Front national veut se distinguer clairement des prises de position qui passent directement d'une analyse idéologique à des conclusions politiques concrètes. Ce qui me semble en accord avec les initiatives politiques prises par l'auteur lui-même : on peut encore agir, pense-t-il ; il ne faut pas être paralysé par la peur du loup et se laisser dévorer alors qu'on peut encore agir.

 

La dette, c'est bien ou c'est pas bien ?

  Christian Chavagneux Alternatives Economiques n° 356 - avril 2016



La Banque centrale européenne annonce qu'elle va acheter la dette des entreprises privées, mais le Fonds monétaire international se plaint que le désendettement des entreprises ne soit pas assez rapide. On attend la reprise du crédit pour financer l'investissement, mais quand EDF annonce des emprunts pour financer les siens, on s'inquiète. La doxa nous dit qu'il faut limiter la dette publique française, mais les Etats-Unis sont plus endettés que nous et s'en sortent mieux ! L'endettement est-il donc bénéfique ou néfaste pour l'économie ?

D'abord, la dette, c'est pour les riches. "On ne prête qu'aux riches", c'est bien connu ! Plus vous avez de revenus, de profits ou de perspectives de revenus ou de profits, et plus on vous prête. Et les subprime, ce n'était pas une crise d'endettement des pauvres ? Non. La montée des défauts de remboursement a été prioritairement le fait des classes moyennes et des personnes à revenus plus aisés. Les emprunteurs en délicatesse se trouvaient dans les quartiers moyens et riches, là où les prix ont le plus grimpé durant la bulle et où ils se sont le plus effondrés après son éclatement [1].

Disposer de revenus élevés, c'est pouvoir faire jouer "l'effet de levier", véritable secret de la richesse. Le principe est simple : vous constituez 100 euros d'épargne que vous placez à 10 % par an. Au bout d'un an, vous avez gagné 10 : rentabilité, 10 %. Si maintenant vous placez toujours 100 mais avec 10 d'épargne et 90 d'emprunt, au bout d'un an, vous avez toujours gagné 10. Mais cette fois, 10 d'épargne vous ont rapporté 10 : rentabilité, 100 % ! Mais il faut pouvoir emprunter…

Instrumentalisation

D'où, deuxième constat, la dette est un signe de puissance, pas de faiblesse. En France, la fable de la cigale et la fourmi nous incite à croire que le débiteur, la cigale, est toujours sous le joug des désirs du créancier, la fourmi. Les économistes libéraux en profitent pour appeler à une réduction rapide de la dette publique, donc des déficits, donc des dépenses, en particulier de l'Etat-providence. La contrainte de la dette est politiquement instrumentalisée.

Mais les économistes hétérodoxes réclament également de réduire la dette publique : elle met les gouvernements sous la domination des politiques libérales voulues par les marchés et elle nourrit les rentiers. Pourtant, Lionel Jospin a pu créer des emplois publics et passer aux 35 heures sans problème pour notre dette. Et ce ne sont pas nos créanciers qui réclament la loi El Khomri, c'est malheureusement un choix de nos gouvernants. Certes, il faut payer des intérêts, mais en échange, nous avons des écoles, des hôpitaux, etc. Concrètement, la France emprunte aujourd'hui à taux faibles, voire négatifs, et cela devrait durer un moment. C'est plutôt le moment de s'endetter !

Tout cela revient-il à dire que la dette est toujours positive ? Non, il peut y avoir excès d'endettement. Des ménages, qui en souffrent. Des Etats, comme l'Argentine ou la Grèce, humiliée l'an dernier par ses créanciers. Surtout, des banques : lorsqu'elles empruntent pour spéculer et qu'elles se trompent dans leurs paris, cela se transforme en risque systémique. Cette dette-là est la plus dangereuse. L'excès de dette est nuisible à la santé des économies. Mais une dette maîtrisée, comme celle de la France, est un signe de richesse et de puissance.

Christian Chavagneux Alternatives Economiques n° 356 - avril 2016
La crise de la démocratie est la plus profonde de toutes. Mais ça bouge… (1)

Certains estiment, non sans argument, que le terme de crise n’est pas approprié pour désigner ce que nous vivons depuis des années. Je vais malgré tout l’employer, au pluriel car la crise globale, au singulier, est multiforme. On voit bien ce qu’est la CRISE ECONOMIQUE avec 5 à 6 millions de chômeurs, des dettes publiques et surtout privées qui explosent, et l’austérité partout, la CRISE SOCIALE avec 8,5 millions de pauvres, des inégalités indécentes (revenus, patrimoines, de genre…), le mal logement, la mauvaise santé, etc. On sent aussi que LA FINANCE EST EN CRISE rampante permanente depuis la plongée de 2008 et qu’une nouvelle implosion est probable. Et puis, même si on ne rencontre pas tous les jours de manifestations visibles de la CRISE ECOLOGIQUE, elle est désormais présente dans beaucoup de constats alarmants et dans les têtes, entre dérèglement climatique, pollutions de toutes sortes et épuisement de nombreuses ressources surexploitées.

On peut ressentir un sentiment d’impuissance devant ce qui nous est parfois présenté comme des catastrophes naturelles en série. Pourtant, toutes ces crises interconnectées sont le fruit de décisions humaines prises par des « élites » économiques et politiques au sein d’un système où la démocratie, comme exercice du pouvoir par le peuple, a été de plus en plus remplacée par l’oligarchie. Et si un espoir existe aujourd’hui, c’est celui de surmonter cette impuissance en s’attaquant d’abord à la « crise de la démocratie », matrice des autres crises, parce que les décisions porteuses de crise(s) sont prises par, ou sous l’influence directe de, l’oligarchie politique, économique et financière, et non pas au terme de délibérations démocratiques impliquant et informant honnêtement le plus grand nombre de citoyen.ne.s.

Voici quelques exemples de ce fonctionnement oligarchique anti-démocratique.

Rien de sérieux n’a été fait pour reprendre en mains la finance après 2008, et même la séparation promise en France des banques de dépôts et d’affaires a fait chou blanc. Sous la pression de qui ? Le lobby bancaire, écouté et entendu en haut lieu par des amis politiques appartenant aux mêmes réseaux de l’oligarchie. Idem, avec les mêmes acteurs, pour la taxation des transactions financières. Idem pour les paradis fiscaux, où les timides avancées sont presque exclusivement à mettre à l’actif des collectifs militants et de leur capacité à sensibiliser l’opinion. Comme le montre François Morin, spécialiste de la finance, « les États sont les otages de 28 banques qui gouvernent le monde ».

Le dernier exemple en date est faramineux : la directive « secret des affaires » a été votée largement au Parlement européen, majorité des députés socialistes français comprise, alors même que les « Panama papers » avaient révélé l’ampleur du scandale lié à ce secret ! Une analyse du processus qui a conduit à ce vote a été menée par l’association Corporate Europe Observatory : le groupe qui a rédigé la directive était composé de seulement deux membres du personnel de la Commission et d’une armada d’experts, de consultants, de juristes et d’avocats travaillant directement pour l’industrie : les lobbies dictent, la Commission applique. Les représentants de la société civile ont été écartés, alors que les lobbies de l’industrie étaient invités à intervalles réguliers. Il s’agit clairement d’une directive faite sur mesure pour les lobbies et par les lobbies, afin de « sécuriser » des milliards de profits pour – entre autres - l’industrie agrochimique et pharmaceutique, en empêchant que n’éclatent d’autres grands scandales sanitaires et environnementaux.

D’AUTRES EXEMPLES

On peut aussi remonter à l’épisode historique du « non » au referendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen, un « non » de fait annulé en 2008 par un oui franc et massif de nos parlementaires à un « traité de Lisbonne » dont VGE disait qu’il est « rédigé exclusivement à partir du projet de traité constitutionnel, les outils sont exactement les mêmes. Seul l’ordre a été changé dans la boîte à outils ».

Voici encore d’autres exemples. Le Parlement a voté en catimini début avril un texte modifiant les règles de l’élection présidentielle dans un sens favorable aux « grands » partis. Le recours l’an dernier à l’article 49-3 de la Constitution pour faire passer la loi Macron a permis au gouvernement de mettre au pas sa propre majorité sur un projet de loi qui risquait de ne pas passer. Etc., etc.

Le plus grand déni de démocratie en Europe – mais il est difficile de les hiérarchiser - est peut-être celui qui entoure le projet de Traité transatlantique (et ses petits cousins, tel le CETA, ou les APE avec des pays du Sud), avec ses procédures tenues secrètes, avec ses réunions réservées à 90 % aux lobbies d’affaires, tout cela ne pouvant se comprendre que pour une raison : l’oligarchie sait parfaitement que si l’on organisait autour de ces projets des délibérations telles que celles qui ont eu lieu pour le TCE en France, ils seraient très majoritairement rejetés. Si finalement les projets TAFTA et CETA sont annulés, on le devra pour l’essentiel aux formidables mobilisations de la société civile, pas à nos « représentants » ni aux institutions européennes ou nationales, toutes dominées par l’oligarchie.
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