Emmanuel Macron, le Tony Blair français?





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C’EST LE SYSTEME POLITIQUE QUI EST EN CAUSE

Dire cela n’est pas jeter l’opprobre sur tous les élu.e.s indistinctement. C’est le système politique qui produit et encourage les reniements, qui attire les arrivistes, qui fabrique des professionnels de la politique ou du pantouflage, qui favorise l’autoritarisme, qui permet aux « décideurs » et aux « élites » d’imposer à des peuples qui n’en veulent pas l’austérité publique, les grands travaux nuisibles, la libéralisation de tout ce qui peut devenir profits privés, le sauvetage des banques sans contrepartie, des dizaines de milliards de cadeaux publics au patronat toujours sans contrepartie, la « loi travail », et même le « secret des affaires ». Le tout en comptant sur la complicité de grands médias aux mains des oligarques.

Avec ce système, qui, en France, est celui de la 5ème République (mais ce n’est pas toujours mieux ailleurs, et ce n’était pas le Pérou avant), on peut être certain que les autres crises ne trouveront pas de solution à la hauteur des enjeux et que les éventuelles avancées issues de mouvements sociaux resteront éphémères, réversibles. Les alternances politiques susciteront quelques espoirs parmi les plus optimistes avant l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle majorité ou d’un nouveau Président, puis une immense déception et un profond écœurement, et de plus en plus de rejet de la politique, de défiance vis-à-vis du personnel politique, et d’abstention massive. LA CRISE DE LA DEMOCRATIE POLITIQUE (EN RESUME, LA CONFISCATION DU POUVOIR PAR UNE OLIGARCHIE LIEE AU CAPITALISME FINANCIER) EST BIEN LA MERE DE TOUTES LES CRISES IMBRIQUEES. Cela ne veut pas dire que TOUT vient de là, cela signifie que c’est le principal déterminant.

Ils ne sont donc pas loin de la vérité ceux qui résument ce qui précède en évoquant les 1 % imposant leur loi aux 99 % (bien que ce soit sociologiquement un peu plus compliqué…), ou ceux qui revendiquent la séparation du MEDEF et de l’Etat (même remarque). Mais pour sortir de cette nasse, il faut aller plus loin que les slogans. Comment ? Que faire ? Compter sur un sauveur, une « personnalité », homme ou femme, comme futur Président.e ?

PAS DE SAUVEUR

Ce n’est pas dans cette voie que je me situerai, et donc ce billet et le suivant susciteront des commentaires critiques (que je souhaite) de la part de certain.e.s de mes ami.e.s, dont certain.e.s très proches, qu’il s’agisse d’animateurs/trices de l’initiative pour une primaire de la gauche et des écologistes, ou des avocats de candidatures en solo qui existent déjà ou qui se profilent. Tout cela reste bien trop incrusté dans le système politico-médiatique existant, dans le mode actuel de fabrication des élites et de représentation des citoyens, et dans les jeux d’ego dont se repaissent les commentateurs politiques et les fabriques de sondages.

Ou bien la société civile se met en marche, en se dotant de règles démocratiques et en affinant ses analyses de la crise démocratique et des voies alternatives (billet suivant), pour mener des actions pacifiques de désobéissance civile, des manifestations traditionnelles ou inédites, des grèves lorsque les conditions sont remplies, pour reprendre la politique en mains, puis en réécrire les règles (une autre Constitution entre autres), choisir et contrôler ses représentants, tenir l’oligarchie à distance et bousculer TOUS les professionnels de la politique et tous les sauveurs autoproclamés, ou bien nous continuerons à nous enfoncer dans la crise et dans l’écœurement politique faisant le lit de l’autoritarisme et de l’extrême droite. D’ailleurs, les mouvements nouveaux tels Nuit debout, Alternatiba et d’autres dont je parlerai dans le prochain billet, ont eux aussi raison de se méfier de la personnalisation ou professionnalisation du leadership.

A nouveau, la conviction que j’exprime ici sera contestée par des ami.e.s ayant fait d’autres choix. Ils me diront qu’il est possible de concilier leurs choix (une primaire non confiée aux partis, ou un candidat « rassembleur » ou charismatique qui leur inspire confiance) et les mobilisations citoyennes « à la base ». Ou bien ils me diront que, pour changer les règles du système politique actuel, il faut bien en passer par un Président s’engageant prioritairement sur ce chantier. Ou encore ils rétorqueront que ce qui compte, c’est le programme.

Je leur répondrai qu’en mettant la charrue avant les bœufs, même une bonne charrue, on réduit les chances d’un renouveau démocratique et probablement on le condamne. D’autant que, pour filer la même métaphore, pour bien récolter en « permaculture politique » comme pour la permaculture paysanne, ce n’est plus la charrue, ce ne sont pas les bœufs ni le tracteur, ce n’est plus le labour, qui conditionnent le résultat, c’est la qualité, la diversité et l’entretien de l’écosystème politique et citoyen. Là serait le renouveau démocratique.

Un tel renouveau est-il possible ou parfaitement utopique ? Je n’en sais rien, mais depuis quelques mois ça bouge. Vraiment.


« Messieurs les Anglais, sortez si vous le voulez...vraiment »

par Danielle Kaisergruber - 25 Avril 2016

Une amie allemande - très impliquée dans de nombreux programmes européens sur les questions emploi-travail et circulant beaucoup dans les différents pays - me disait récemment « L'Europe, elle n'est pas belle à voir en ce moment ».

Confrontés aux défis impensés des frontières extérieures de l'Europe, les différents pays ne parviennent pas à trouver les voies d'un peu de solidarité pour construire une politique commune d'accueil des réfugiés. Chacun se bat avec ses propres armes ou se replie sur ses propres difficultés. Ceux qui ont fait beaucoup - soit depuis longtemps comme la Suède, soit plus récemment comme l'Allemagne - se voient contraints de faire machine arrière. Et pas que pour de mauvaises raisons. Certains parmi les pays d'Europe centrale et orientale ont des prises de position vraiment honteuses. Ceux qui sont en première ligne, l'Italie, et bien sûr la Grèce, en proie à bien d'autres problèmes, font ce qu'ils peuvent.

Or il s'agit bel et bien d'un sujet européen : c'est l'Europe, du moins certain de ses pays, qui est la destination souhaitée. C'est le territoire européen, cet espace sans frontières, qui est si difficilement parcouru par d'ancestraux chemins historiques, ceux des conquérants successifs qui se sont pressés aux portes du vieux continent, ou par des voies plus contournées et dangereuses. Alors que le problème est européen, l'Europe (ses institutions, son Président) ne partage ni stratégie, ni dispositifs (en dehors de Frontex dont la création tardive a reconnu la nécessité de défendre les frontières extérieures), ni de parole, hormis peut-être celle du Pape, qui, elle, dépasse les frontières. Venant s'ajouter aux difficultés économiques et sociales, si importantes depuis 2008 et la crise de l'Euro, la question des réfugiés donne lieu à des bricolages nationaux, quand ils ne sont pas régionaux : les pays dits du groupe de Visegrad ressuscitent, sous une initiative hongroise, une vieille alliance avec la Pologne, la République Tchèque et la Slovaquie.

On croirait parfois revoir les « ententes », les « coalitions » qui ont précédé les deux grandes guerres mondiales du 20ième siècle dont, rappelons-le, l'origine fut européenne...

La question des réfugiés est d'abord humanitaire, et tout simplement d'humanité. C'est celle du destin de ces familles, avec souvent de nombreux et très jeunes enfants, qui fuient « leur pays », des pays en guerre, des pays redevenus claniques, ou des situations d'extrême pauvreté et d'extrême précarité. Mais c'est aussi une question économique et une question de travail : quelle vie vont mener ceux qui ne seront pas éternellement des réfugiés mais deviendront - pour certains, du moins faut-il leur donner cette chance - des « immigrés », des citoyens et tout simplement des habitants avec un travail, une maison, des voisins, des copains, des enfants menant des études ? Les nombreuses tensions sur l'emploi (chômage, galères des jeunes, menaces sur les emplois existants de par la mondialisation et l'économie numérique...) exacerbent les concurrences sur le marché du travail et alimentent les récriminations.

L'accord récent entre les partis allemands - dont la très conservatrice CSU bavaroise - pour une loi « d'intégration des réfugiés », vise à organiser l'insertion dans le travail et dans les sociétés locales de ceux qui sont arrivés ou qui arrivent. L'Europe est vieillissante, de nombreux pays (dont la Hongrie, la Pologne...) ont un faible taux de croissance démographique, et elle pourrait de principe être ouverte à l'arrivée de nouveaux salariés, de nouveaux citoyens, de nouveaux habitants pour des raisons stratégiques, un peu comme le fait le Canada, à condition de voir loin.

Mais de « stratégie européenne », il n'y en a pas. Et peu de sentiment d'appartenance européenne. C'est qu'il n'y a pas de scène politique européenne. Donc pas d'autorité politique européenne. De ce mélange de démocratie et d'autorité qui fait que ce que l'on appelle un « État » peut se projeter dans l'avenir, se définir par rapport à ce qui n'est pas lui. Robert Salais dans son beau livre Le viol d'Europe (cf Metis, " 
Europe : Enquête sur la disparition d'une idée ") a bien reconstitué l'histoire de la construction européenne qui est en fait très éloignée de la bouillie mythologique incantatoire récitée par la plupart des politiques. Yanis Varoufakis, dans son dernier livre Et les faibles subissent ce qu'ils doivent lui fait écho. (Il faut vraiment lire ce livre, dont Metis reparlera). Tous deux montrent à quel point les institutions européennes n'ont pas été conçues de manière politique pour la démocratie, pour les peuples, mais bien comme une administration facilitatrice d'un « cartel industriel » (au départ la CECA, Communauté Economique du Charbon et de l'Acier) et maintenant l'artisan infatigable du marché unique et du bon huilage des mécanismes d'affaires. Au point aujourd'hui alors que le feu couve de tous côtés, d'être plus préoccupé de la « protection du secret des affaires » que des tensions violentes qui déchirent les différents pays.

Les deux économistes dessinent le vrai cheminement de l'Europe qui n'est pas seulement (mais aussi) celui du « mythe » des généreux fondateurs s'unissant pour conjurer les risques de guerre future, mais celui d'une Europe économique sous « design américain ». Il serait bien naïf de penser que les conflits par exemple entre la France et l'Allemagne se sont éteints avec l'Europe, de ne pas voir que c'est souvent la Bundesbank qui a pris la place de l'armée. L'économie aujourd'hui, c'est la guerre par d'autres moyens. Et les dégâts n'en sont pas moins considérables.

Et les Anglais dans tout cela ? David Cameron s'est piégé lui-même pour des raisons électoralistes, puis a cherché à limiter les dégâts en arrachant, dans la bonne tradition « thatchérienne », des compensations de boutiquier. Les vierges effarouchées de l'économie tirent de toute part les sonnettes d'alarme : ce que le Brexit peut faire perdre à la City, aux entreprises anglaises... Les Anglais qui n'ont plus aucune confiance dans les institutions européennes (l'ont-ils jamais eue ?) s'en satisferont-ils ? Je souhaite profondément que le Royaume Uni reste dans l'Europe. Mais après tout, tandis que le mal démocratique est profond, que le peuple d'un pays se prononce vraiment sur le « in » ou le « out » de l'Europe telle qu'elle est (ou plutôt telle qu'elle n'est pas), pourrait être une crise salutaire.

A lire en parallèle :

- Yanis Varoufakis, Et les faibles subissent ce qu'ils doivent ? Les Liens qui libèrent, 2016

- Robert Salais, Le viol d'Europe, enquête sur la disparition d'une idée, PUF, 2013

- Arnaud Leparmentier, Chronique d'une mort annoncée, Le Monde, 9 avril 2016

- The economist, Brexit, Bad for Britain, Europe and the West, 418, April 2016
Les FONGECIF : quand les adultes aussi ont besoin d'aide pour se reorienter

par Christelle Chaudron, Danielle Kaisergruber - 25 Avril 2016

L'époque où l'on passait la totalité de sa vie professionnelle dans une même entreprise, avec un même métier, est révolue. Aujourd'hui, la question de la réorientation des adultes devient donc centrale. Et les interrogations sont nombreuses : comment s'y prendre, à qui s'adresser, quelles compétences valoriser, etc. ? Les FONGECIF - acteurs centraux de l'accompagnement des adultes voulant donner une autre voie à leur vie professionnelle - peuvent apporter un début de réponse. Metis a rencontré Christelle Chaudron pour nous en dire plus.

 Pouvez-vous nous dire quelle est la place spécifique des FONGECIF parmi les nombreux acteurs de l'orientation et de l'accompagnement des adultes ? Quelle est leur histoire ?

 Une histoire longue de 30 ans

L'histoire des Fongecif est à la fois jeune et déjà chargée d'expériences. Gérés par les partenaires sociaux, les Fongecif sont implantés dans toutes les régions. 

Dès 1970, les partenaires sociaux instituent le Congé Individuel à la Formation (CIF) pour les salariés, à côté de dispositions relevant des entreprises (plan de formation).

Ce principe d'un droit individuel, repris dans la loi de 1971, deviendra effectif en 1983 avec l'obligation légale pour les entreprises d'une contribution financière au Congé individuel de formation et la création de structures (Opacif) chargées de la mutualiser et de l'affecter au financement de demandes individuelles de CIF. Conçu initialement comme un organisme de financement des formations, le Fongecif est devenu peu à peu un espace, gratuit et confidentiel, où les salariés peuvent parler, réfléchir et imaginer leur avenir professionnel.

Le congé individuel de formation a été voulu comme une réponse à un besoin social

Face au déficit de qualification de la main-d'œuvre, il fallait mettre en place - à côté des dispositifs initiés par les entreprises - un dispositif facilitant l'initiative individuelle et répondant à l'attente de promotion et de progression professionnelle des salariés. Face au risque de favoriser, encore, les salariés les plus formés ou les mieux à même de formaliser un projet, les Fongecif ont établi des priorités de prise en charge pour les publics les moins qualifiés et ont proposé dès 1997 de nouveaux services d'information et de conseil.

De l'information au conseil en formation 

La mission d'information sur le CIF a progressivement évolué vers du conseil en formation et parfois même de conseil en projet professionnel, notamment avec la création du Bilan de Compétences. Si l'information est essentielle dans les processus de décision, le choix d'une formation adaptée aux besoins, sa pertinence au regard d'un métier, sa faisabilité au regard des possibilités d'emploi nécessitent parfois l'aide d'un conseiller.

Une mutation vers l'accompagnement des transitions professionnelles

Face à l'évolution de la demande des salariés, les Fongecif ont évolué de fait vers des pratiques de conseil dans un champ jusqu'alors méconnu, celui de l'orientation professionnelle et plus généralement celui des transitions professionnelles. Les questions de mobilité, voulue ou subie, mais aussi de motivation, de projet, de trajectoire, de choix, de mobilité interne, de reconversion ont été largement réactualisées pour intégrer les évolutions de la société mais aussi l'évolution des comportements individuels. L'information sur les procédures administratives d'accès au CIF ou sur l'offre de formation, s'avérant insuffisante, les conseillers ont été confrontés à de nouvelles questions :

• Comment personnaliser le service à rendre à chaque salarié ?

• Comment s'adresser aux salariés les moins qualifiés et/ou qui travaillent dans des structures de petite taille ?

• Comment faire face aux nouveaux comportements, au recours de plus en plus fréquent à internet ? 

• Comment identifier et mieux prendre en compte les acquis de l'expérience ?

• Comment inscrire les démarches formatives dans des cheminements personnels complexes ?

Les Fongecif deviennent progressivement des lieux privilégiés d'accueil, de conseil et d'accompagnement des salariés en démarche de changement, de mobilité et les conseillers découvrent peu à peu l'accompagnement des transitions professionnelles. Pour faciliter ces transitions, les conseillers sont nécessairement en relation et en collaboration avec l'ensemble des acteurs de l'Accueil, Information Orientation (AIO) de leur territoire mais aussi avec l'ensemble des acteurs de la formation et de l'emploi. La fonction AIO est aujourd'hui pilotée par les Conseils Régionaux dans le cadre du Service Public Régional d'Orientation (SPRO). Mais ces transitions professionnelles supposent parfois des moyens financiers. Les conseillers devront aussi se rapprocher des divers financeurs et rechercher activement les moyens nécessaires auprès des différentes institutions (Conseils régionaux, Opca, Pôle emploi, Agefiph, etc.)...

 Le paysage actuel de l'orientation est marqué par la création du « Conseil en Evolution Professionnelle » (le CEP) comme un droit pour tout salarié, depuis la Loi sur la formation du 5 mars 2014. Quelle place faites-vous à ce nouveau droit et est-ce que cela change beaucoup de choses pour votre réseau et vos manières de faire qui ont sans doute été très marqués par le dispositif bien particulier du CIF ?

Avec le CEP les pratiques de conseil sont en mouvement 

De nombreux salariés, sans pour autant l'exprimer spontanément, sont à la recherche d'un « coup de main » pour réfléchir, élaborer et mettre en œuvre une stratégie de changement. Empreintes de doutes, parfois de « mal-être », d'incertitudes et de prises de risques, ces démarches de mobilité, volontaires ou imposées par les circonstances de la vie personnelle ou professionnelle, représentent pour beaucoup l'occasion de se « promouvoir » et/ou de réorienter en profondeur des itinéraires de vie. C'est dans l'accompagnement de ce mouvement que le travail de CEP trouve, peu à peu, un sens. Le CEP est venu à la fois conforter nos pratiques de conseil et dans le même temps ouvrir de nouvelles perspectives.

Près de 150 000 salariés ou ex-CDD prennent contact avec les conseillers Fongecif tous les ans. 80 000 d'entre eux engageront en définitive un CIF, un BdC ou une VAE (Validation des Acquis de l'Expérience). Les autres, près de la moitié d'entre eux, bénéficient néanmoins d'un service de conseil qui permet de réfléchir à leur situation professionnelle du moment et à leur devenir. Le CEP officialise en quelque sorte un état de fait. Et affirme publiquement que les Fongecif ne sont pas seulement des organismes de financement. Ils sont, depuis 2014, reconnus par le législateur comme un espace d'accompagnement des transitions professionnelles pour les salariés, neutre vis-à-vis de l'entreprise, gratuit et confidentiel. Dit autrement, les Fongecif s'installent comme une des institutions de référence des salariés, en particulier pour les non-cadres. Cette reconnaissance sociale n'est pas neutre et nous en percevons les premières incidences sur les pratiques professionnelles des conseillers.

Les Fongecif travaillent en réseau national sous la responsabilité du Fonds Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionnels. Dans ce cadre, nous avons mis en commun nos pratiques depuis plus de dix ans et, à l'occasion du CEP, nous avons élaboré collectivement notre conception des services à rendre et mis au point des outils pour mener à bien notre mission (Guide repère : Accompagner les transitions professionnelles). Par ailleurs, tous les conseillers peuvent bénéficier du dispositif national de professionnalisation conçu et organisé par le FPSPP.

Notre démarche a été, en premier lieu, de mieux comprendre les besoins et les attentes des salariés non cadres. Pour cela une étude sociologique, qualitative, a été réalisée auprès d'une cinquantaine de personnes, en emploi (parfois très précaire), faiblement qualifiées et n'ayant pas l'habitude de solliciter des services de conseil professionnel (étude qualitative page 12 et 23).Fort de ces enseignements, nous avons stabilisé une offre commune de service qui traduit concrètement le cahier des charges du CEP. Ainsi, nous avons arrêté des principes structurants :

1. L'initiative individuelle de mobilité est valorisée et accompagnée

2. L'accompagnement s'inscrit dans une posture non-prescriptive

3. La personne est actrice et auteure de ses choix et de son parcours

4. Les services sont personnalisés

Nous avons retenu 11 services distincts afin de faire face à la diversité des situations et rendre ce service personnalisé. Il peut ainsi prendre la forme de 5 types de « coup de main » :

• Un appui visant l'accès et l'appropriation d'information

• Un appui visant l'acquisition de méthodes

• Un appui visant la réflexion « stratégique » et la prise de décision

• Un appui visant à faciliter les parcours par une intermédiation auprès des autres acteurs

• Un appui visant la mise en relation avec des experts ou des pairs.

Afin d'officialiser cette évolution, le réseau des Fongecif a réalisé, avec le soutien de l'Afnor, un référentiel d'engagement de service afin d'initier une démarche qualité pouvant conduire à une certification. La traduction en pratique d'une telle ambition vient inévitablement modifier et enrichir nos pratiques d'accompagnement. Pour bien des sujets, les équipes expérimentent des approches d'accompagnement impulsées lors des sessions de professionnalisation. Les principales thématiques en chantier ? L'analyse partagée de situation, l'identification des expériences, des compétences et leur valorisation, l'ingénierie financière, l'intermédiation, la place des pairs dans les processus de décision, la digitalisation et le e-information et le e-conseil.
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