A ssociation Familiale Catholique de Polynésie française





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Association Familiale Catholique de Polynésie française

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Famille Chrétienne 29/09/2012

« Mariage » homosexuel : « La Martinique dit non »

Raymond Occolier, maire du Vauclin, en Martinique, est une grande figure du PS local. Dans l’île, il a pris la tête de la fronde contre le « mariage » homosexuel. Au nom de la gauche et de sa foi chrétienne. Décoiffant.


Comment réagissent les maires martiniquais au projet de « mariage » homosexuel?

La plupart des maires affirment qu’il sera impossible de célébrer ces mariages chez eux. Le journal France Antilles du 22 septembre a interrogé tous les élus. Résultat : 20 sur 34 déclarent qu’ils refuseront de marier des couples homosexuels ! Et les 14 autres précisent qu’ils demanderont à d’autres officiers d’état civil de le faire à leur place…

Être à gauche et contre le «mariage» homosexuel, c’est donc possible?

Évidemment ! La Martinique est majoritairement à gauche. Certains sont dans la majorité présidentielle, d’autres avec le Front de gauche, comme Bruno Nestor Azérot, député-maire de Sainte-Marie, qui est « fondamentalement contre» ce projet de loi.

D’où vient cette opposition?

Les gens n’avaient pas bien lu le programme de François Hollande ! Les Martiniquais ont d’abord voté contre Sarkozy. Certains étaient certes conscients du projet de « mariage » homosexuel, mais ils s’imaginaient que cela ne passerait jamais dans l’opinion, tout comme le vote des étrangers.

Cela n’explique pas la récente fronde des maires de Martinique…

Il y a un paradoxe chez nous. Lors du dernier référendum local, on nous a demandé de choisir : être traités comme les autres départements, ou bénéficier de l’autonomie. Nous avons choisi d’être «comme les autres». Mais on ne peut pas gommer l’Histoire, ni l’influence de la foi chrétienne en Martinique. Les Martiniquais sont majoritairement chrétiens, même si tous ne sont pas pratiquants. Pour nous, le mariage est l’union d’un homme et d’une femme. On ne peut pas demander à des chrétiens d’accepter le mariage entre deux hommes ou deux femmes !

Cette opposition ne va-t-elle pas finir par vous attirer les foudres de la métropole?

Non. Même si la loi est votée, la majorité des maires refuseront de célébrer des «mariages» homosexuels. Tout simplement. Les couples de même sexe ne viendront pas nous voir.

Le PS peut exiger une discipline commune…

J’ai déjà été convoqué par le PS en 2004 à cause de mon opposition au « mariage » homosexuel. J’ai expliqué que j’étais déjà venu à l’époque de François Mitterrand. Il y avait alors plusieurs courants, dont celui des chrétiens de gauche autour de Jacques Delors. Je ne voulais pas me renier. J’ai donc expliqué : «Si vous êtes gênés, je peux me retirer». Ils m’ont dit : «Non, non… Mais cela la fiche mal que tu dises tout ça en public».

J’ai subi beaucoup de pressions. Par exemple, beaucoup de lobbies avaient tout fait pour empêcher la visite de Ségolène Royal dans ma ville en 2007, en me taxant d’homophobie. Elle est finalement venue.

La pression n’est-elle pas encore plus forte aujourd’hui?

Non. La pression est retombée. Car les Renseignements généraux savent que ­l’immense majorité de la population est derrière nous. De toute façon, le « mariage » homosexuel, je ne le ferai pas. Je ne redoute pas les sanctions. C’est le chrétien qui parle, pas uniquement le citoyen. Je ne peux pas faire quelque chose que Dieu réprouve. C’est ma conscience qui hurle ! Le gouvernement pourra mettre la pression, je ne céderai pas. 

Samuel Pruvot

"Mariage pour tous" : Douze fronts de résistance

par Tugdual Derville lundi 24 septembre 2012

Un « avant-projet de loi » gouvernemental instaurant le mariage entre deux personnes de même sexe avec droit d’adopter a été divulgué par la presse. Aussitôt les représentants du lobby homosexuel se sont dit « déçus », réclamant le droit à la procréation artificielle. Face à ces groupuscules, minoritaires parmi les personnes homosexuelles, la résistance pourrait se développer sur 12 fronts.



Illustration : une affiche canadienne pour promouvoir les relations de "couple" autre que mari et femme.

1/ Personnes adoptées

Les personnes adoptées ont vécu dans leur première enfance une rupture ou un deuil avant d’être confiées à une vraie famille. Beaucoup sont indignées : pourquoi priver d’autres enfants adoptés de cette chance d’avoir un papa et une maman ? Aucun « droit à l’enfant » ne peut conduire à discriminer ceux qui sont déjà très vulnérables, et dont on connaît la fréquente quête d’identité.

2/ Couples en attente d’enfants adoptables

Parmi les 25 000 couples en attente d’enfants à adopter, beaucoup sont choqués qu’on présente l’adoption homosexuelle comme alternative à l’orphelinat. Car en réalité, moins de 1 000 enfants nés en France sont confiés chaque année à l’adoption. Et l’adoption internationale concerne de moins en moins d’enfants (2 000 en 2 011). Si la France légalisait l’adoption homosexuelle, la plupart des pays étrangers deviendraient plus restrictifs pour confier leurs enfants à l’adoption.

3/ Personnes concernées par les situations dites « d’homoparentalité »

La « pensée unique » prétend que tout va pour le mieux pour les enfants élevés dans un cadre homoparental… Mais la réalité est autre : des jeunes adultes élevés par deux hommes ou deux femmes ont commencé à confier les difficultés liées au manque d’un père ou d’une mère ; des grands-parents aussi ont été témoins attristés de ces souffrances. D’ailleurs une bonne part des adultes qui éprouvent un désir homosexuel récuse, au nom de l’intérêt des enfants, le droit de se marier et d’en adopter.

4/ Parents engagés dans les associations familiales

Le mouvement familial met en garde contre la déstructuration de la famille, même s’il faut bien sûr aider les parents en difficulté. Avec le mariage homosexuel, d’autres bouleversements sont à attendre : par exemple, dans le livret de famille de tous les couples, il faudra supprimer les mentions « père » et « mère » pour les remplacer par « parent A » et « parent B », ou « parent 1 » et « parent 2 ». Les fêtes des mères et des pères devraient être fusionnées en « fête des parents ».

5/ Féministes

Derrière le prétendu « droit à l’enfant », se pose la question des mères porteuses que revendiquent certains hommes. Instrumentalisation du corps de la femme, ce « nouvel esclavage » inquiète les féministes. Il risque d’être promu au nom d’un principe de non-discrimination entre les femmes et les hommes, ces derniers étant incapables d’enfanter.

6/ Professionnels de l’enfance

Bien placés pour constater les dégâts provoqués par l’instabilité affective des adultes et les ruptures familiales, les éducateurs sont déjà confrontés aux souffrances des enfants auxquels on a fait croire qu’ils ont deux papas ou deux mamans. Comment affronter avec une telle fiction les étapes de l’adolescence ? Même si l’impasse éducative dans laquelle sont enfermés les tenants de « l’homoparentalité » reste un sujet tabou, elle est dans toutes les têtes.

7/ Psychologues et psychanalystes

Pour ces praticiens, prétendre qu’un enfant peut parfaitement se passer d’un père ou d’une mère, c’est nier les découvertes récentes sur la construction psychique précoce de l’être humain. Des « psy », témoins des souffrances identitaires des enfants privés de toute référence paternelle ou maternelle, dénoncent les conséquences de « l’homofiliation ».

8/ Maires et conseillers municipaux

Les maires sont en pre­mière ligne pour faire le lien entre déstructuration familiale et précarité sociale. Au nom de l’intérêt de l’enfant, une majorité d’entre eux et de leurs adjoints, en tant qu’officiers d’état civil, ne veulent pas célébrer en mairie un « mariage » entre deux hommes ou deux femmes. Certains de ces « réfractaires » ont prévenu qu’ils feraient jouer la clause de conscience que le gouvernement prétend leur refuser.

9/ Associations de protection de la dignité humaine et de la vie

La revendication du « mariage homosexuel » comprend l’accès à la procréation artificielle. Les femmes réclament l’insémination artificielle (qui occultera totalement le père biologique) et les hommes les mères porteuses (qui ne seront considérées que comme des « gestatrices »). Par ailleurs, la prétendue « homofiliation » alimente le rêve de bricolages génétiques visant à fabriquer des êtres humains avec les gènes de plusieurs hommes ou femmes. à partir du mariage homosexuel, on fantasme sur l’abandon de la reproduction sexuée.

10/ Représentants des religions

Les religions reconnaissent que le couple composé d’un homme et d’une femme est le fondement de la famille, et offre le meilleur cadre pour accueillir et élever des enfants. Les prises de parole des autorités spirituelles gardent un réel impact dans une société en attente de repères solides.

11/ Experts

Philosophes, juristes, sociologues, scientifiques  : des personnalités de sensibilités variées alertent contre les dangers d’une dénaturation de la notion de famille. Elles révèlent les imbroglios juridiques, la confusion culturelle et les aberrations scientistes qui se cachent derrière le fantasme d’un « mariage pour tous ».

12/ Décideurs politiques

Le sujet de société est devenu politique. à droite, mais aussi à gauche, les fronts de contestation s’organisent. Ils argumentent sur le fond ou la forme. Des élus estiment ainsi qu’en période de crise économique, bouleverser les fondements de la société, c’est prendre le risque de diviser durablement les Français.
Homoparentalité et Homofiliation, deux mots piégés

par Tugdual Derville lundi 24 septembre 2012

Homoparentalité :

Ce mot tente d’imposer l’idée qu’on peut avoir deux pères ou deux mères. Si certains enfants sont élevés par deux hommes ou deux femmes, aucun n’a deux parents du même sexe : le compagnon d’un père n’est pas un second papa, pas plus que la compagne d’une mère ne devient une seconde maman.

Homofiliation :

Ce terme vise à accréditer l’idée d’un engendrement homosexuel : or toute personne reste conçue d’un homme et d’une femme. Chacun a un père et une mère biologiques. Cette loi de la nature qui préside à la reproduction sexuée est à l’origine du principe de parité homme-femme, immuable dans la procréation. Et c’est la raison pour laquelle les enfants adoptables doivent être confiés à un couple qui respecte cette précieuse parité père-mère.
Des termes piégés - Homophobie

par Tugdual Derville dimanche 23 septembre 2012

Ce terme d’homophobie est souvent utilisé comme un amalgame pour étouffer la liberté d’expression et de pensée. Or, si nous devons récuser toute violence et toute discrimination injuste vis-à-vis des personnes concernées par l’homosexualité, ce n’est pas une raison pour accepter le mariage ou l’adoption homosexuels. Car ils sont injustes pour le plus vulnérable : l’enfant. Et c’est lui qui serait discriminé.
25/9/12 - 15 H 07 La Croix

L’évêque de Versailles « ne peut rester silencieux » face au projet de loi sur le mariage homosexuel

Le diocèse de Versailles a rendu publique une déclaration signée par son évêque, datée du 25 septembre, dans laquelle Mgr Éric Aumonier s’interroge sur la pertinence du projet de loi visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe : « Alors que notre pays traverse une crise économique et sociale sans précédent, l’urgence est-elle vraiment d’ouvrir un tel chantier qui touche à des repères sur lesquels est fondée notre société ? »  

Comme plusieurs de ses confrères, Mgr Aumonier déplore de voir ce projet se profiler « sans réelle concertation ni débat sur le fond »  ; « je ne peux rester silencieux »,  écrit-il. Quant à savoir si les instances catholiques sont dans leur rôle en prenant position sur les sujets sociétaux, sa réponse fuse : « L’Église joue son rôle de veilleur. Elle alerte les consciences, surtout quand les fondements de notre société sont remis en cause, quand le bien de la personne est en jeu » , souligne-t-il. Un rôle qui dépasse selon lui les « intérêts partisans ».  

Pour l’évêque des Yvelines, le principal écueil de ce projet réside dans les droits de l’enfant : « Il doit être premier et ne peut passer après la satisfaction du désir même sincère des adultes,  répète Mgr Aumonier. Il n’y a pas de droit à l’enfant, mais bien un droit de l’enfant, à défendre et à promouvoir. »  

La loi va instituer une injustice vis-à-vis des enfants

Car à ses yeux, « non seulement ce projet de loi ne va pas supprimer de discriminations mais il va instituer une injustice vis-à-vis des enfants, à qui on va voler ce repère essentiel de la complémentarité père-mère ».  Les parents, les enfants eux-mêmes savent « combien un père, ce n’est pas comme une mère »,  estime-t-il, évoquant cette « complémentarité structurante »  qui risque de disparaître.

De leur côté, ceux qui travaillent au service des jeunes « savent qu’il y a toujours une fragilité, et souvent une souffrance, quand les événements de la vie font qu’un des deux parents n’est plus là,  développe-t-il. Courageusement, des pères ou des mères seuls essayent d’y pallier. Ils sont les premiers à savoir le poids du manque d’un référent masculin ou féminin ».  L’instituer « en amont »,  déduit Mgr Aumonier, c’est une « injustice profonde »  pour les enfants qui devront « le subir ».  

Dans cette même déclaration, l’évêque de Versailles invite tous les catholiques de son diocèse et tous ceux qui se sentent concernés par cette mesure à écrire « avec respect et gravité »  à leurs élus, aux ministres concernés, au premier ministre et au président de la République. Objectif : « Réclamer que s’ouvre l’ouverture de vrais débats sur ces sujets, sur le modèle de la réflexion nationale qui avait été entreprise avec sérieux sur les questions de bioéthique. »  

Un projet « incompréhensible et profondément injuste »

 « Le bon sens exige en effet qu’on prenne sur une telle question le temps d’une réflexion de fond, qui soit libre de toute pression »,  conclut-il, estimant que le principe de précaution, « invoqué à juste titre sur les questions écologiques » , devrait « fonctionner d’autant plus pour l’enfant et la famille » . « Passer en force »  un tel projet de loi, pour « répondre à la pression de quelques-uns »,  serait « incompréhensible et profondément injuste ».  

F.-X. M.
Pas de progrès social sans protection du mariage et de la famille

Benoît XVI s'adresse à l' "Internationale démocrate centriste"

ROME, lundi 24 septembre 2012 (ZENIT.org) – Le « progrès authentique de la société humaine » ne peut pas se passer de « politiques de protection et de promotion du mariage et de la communauté qui en découle », affirme Benoît XVI.

Le pape a reçu les participants aux travaux du Comité exécutif de l’Internationale démocrate centriste – appelé aussi l’Internationale démocrate chrétienne – en sa résidence d’été de Castelgandolfo, samedi 22 septembre 2012. Le président du mouvement, Pier Ferdinando Casini, était présent (cf. "Documents" pour le texte intégral).

Aujourd’hui, leur a dit Benoît XVI, la situation économique actuelle revêt une « complexité et une gravité » préoccupantes. Dans ce cadre, le chrétien « est appelé à agir avec un esprit prophétique », c’est-à-dire capable de saisir dans l’histoire « l’incessante et mystérieuse présence de Dieu », a-t-il poursuivi.

Concrètement, a-t-il expliqué, il s’agit de rechercher le « solide fondement éthique » de la société : en ce sens, la « contribution politique et institutionnelle » des chrétiens ne peut « pas se limiter à répondre aux urgences d’une logique de marché », mais doit affirmer la centralité de « la recherche du bien commun », et de la « promotion et la protection de la dignité inaliénable de la personne humaine ».

Il faut pour cela aller contre « les offres nombreuses et bruyantes » de réponses « hâtives, superficielles et à court terme » concernant les « besoins les plus fondamentaux et profonds de la personne », a insisté le pape.

Or, le « discernement décisif » en la matière s’exerce dans les intérêts « les plus vitaux et délicats » de la personne, « inhérents au sens de la vie et à la recherche du bonheur », a-t-il souligné : le chrétien doit toujours garder en vue « le respect de la vie dans toutes ses phases, de la conception jusqu’à la fin naturelle – avec le refus conséquent de procurer l’avortement, l’euthanasie et toute pratique eugénique ».

Selon Benoît XVI, « c’est un engagement qui est lié à celui du respect du mariage, comme union indissoluble entre un homme et une femme et comme fondement de la communauté de vie familiale ».

Pour le pape, « le progrès authentique de la société humaine » ne peut donc se passer « de politiques de protection et de promotion du mariage et de la communauté qui en découle ».

Ces politiques doivent être adoptées par les Etats et par la communauté internationale, afin d' « inverser la tendance d’un isolement croissant de l’individu, source de souffrance et de dessèchement, tant pour l’individu que pour la communauté », a-t-il ajouté.

La famille, «fondée sur le mariage et ouverte à la vie», est un lieu de « partage, de respect, d’amour gratuit », et même le « lieu principal et le plus incisif pour l’éducation de la personne », a constaté Benoît XVI. Elle est par une conséquent une « racine qui alimente non seulement chaque personne, mais aussi les bases mêmes de la cohabitation sociale ».

La responsabilité de protéger le mariage et la famille « concerne de façon particulière ceux qui sont appelés à occuper un rôle de représentation », a précisé le pape, les appelant à « réaliser toutes les possibilités de bien commun dont ils sont capables, selon la mesure et la mission que le Seigneur confie à chacun », car « un jugement implacable s'exerce sur les grands » (Sg 6,5).

De même, « l’engagement des chrétiens dans la société » ne doit pas connaître des « fléchissements ou des replis », mais au contraire « se diffuser avec une vitalité renouvelée, étant donné la persistance et l’aggravation des problématiques » actuelles, a estimé Benoît XVI.

Précisant l’engagement des chrétiens en politique, il a rappelé que « l’ordre des choses doit être subordonné à l’ordre des personnes et non l’inverse ».

L’ordre de la personne « a comme fondement la vérité, s’édifie dans la justice » et « est vivifié par l’amour », a-t-il précisé. Et c’est un ordre qui ne peut pas s’établir sans « une constante attention à la Parole de Dieu et au Magistère de l’Eglise », de la part de ceux qui s’inspirent des valeurs chrétiennes pour leur activité.

Anne Kurian

24/9/12 - 18 H 00 mis à jour le 25/9/12 - 16 H 18

Hélène Charbonnier : «L’enfant doit être replacé au cœur des débats sur le mariage homosexuel»

Présidente de l'association « Racines Coréennes » et membre du Conseil supérieur de l’adoption, Hélène Charbonnier s’étonne que cette institution n’ait pas été consultée en amont par le gouvernement et regrette un manque d’attention porté aux besoins de l’enfant adopté.

La Croix    . Que pensez-vous du projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels ?

Hélène Charbonnier  : Ce qui me frappe, c’est que le point de départ de cette réforme est le souhait des couples homosexuels de devenir parents. On part du désir d’enfant et non pas de l’enfant lui-même. Bien sûr qu’il y a de l’amour dans les couples homosexuels et qu’ils ont la capacité d’élever un enfant, mais ce n’est pas la question : ce qui est en jeu, en réalité, c’est la manière dont l’enfant va se construire dans le cadre de l’adoption, que l’on s’apprête à élargir. 

Or personne n’en parle. Le gouvernement, qui auditionne des associations familiales, n’a pas sollicité les associations d’enfants adoptés. La réforme se fait dans la précipitation sans que l’on s’intéresse aux besoins spécifiques de l’enfant, qui doit être replacé au cœur des débats.

 Quels sont les besoins de l’enfant selon vous ?  

Un enfant adopté connaît un cheminement particulier : il doit trouver sa place et construire son identité. Qu’on le veuille ou non, il a besoin de se représenter son père et sa mère biologique, car c’est comme cela qu’il est venu au monde ! Les enfants adoptés par des couples de même sexe chercheront à connaître leurs origines, c’est inéluctable. Cette quête ne remet pas en cause les parents adoptifs, elle est simplement une réalité, qui survient souvent à l’adolescence. Dans mon association, nous sommes bien placés pour le savoir ! Il faut aussi être conscient que dans la tête d’un enfant, il y a une différence entre le parent biologique et le parent social.

 C’est-à-dire ?  

On laisse penser qu’une fois l’adoption prononcée, il n’y aura plus de différences entre les deux parents homosexuels, même lorsque l’un est le père ou la mère biologique. C’est faux. Cela ne veut pas dire que l’enfant aimera plus l’un que l’autre évidemment, mais que les représentations symboliques ne sont pas les mêmes. 

Là encore, je ne dis pas que, dans ce type de configuration, les choses se passeront mal. Je dis seulement que les parents doivent être préparés aux questionnements de l’enfant et qu’ils doivent être accompagnés. 

Or, actuellement, l’accompagnement post-adoption est déjà très fragile, les consultations d’orientation et de conseil en adoption se meurent faute de moyens. Il faut parler de tout cela, notamment dans le cadre du Conseil supérieur de l’adoption (CSA), qui n’a pas été sollicité en amont de la réforme.

 Dominique Bertinotti, la ministre déléguée à la famille, dont dépend le CSA, a dit qu’il serait associé à l’élaboration de la loi…  

Oui, mais quand et pour quoi faire ? Pour être la petite main du gouvernement et peaufiner les derniers aspects juridiques une fois que tout sera ficelé ? En réalité, la consultation du CSA – qui rassemble des élus, des associations de familles adoptives, des travailleurs sociaux, etc. – aurait dû se faire dès le mois de mai, afin de travailler sur tous les enjeux de la réforme.

RECUEILLI PAR MARINE LAMOUREUX

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