Cours de bioethique et religion





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COURS DE BIOETHIQUE ET RELIGION

INSTITUT AL GHAZALI



Dr. Dalil BOUBAKEUR


Recteur de l’Institut Musulman

De la Mosquée de Paris


Mosquée de Paris, le 6 novembre 2010

Rappel :

En 1967, 1ère greffe du cœur par Dr. Bernard (Afrique du Sud)

En 1996, 1ère FIV par Dr.Friedman.

Clonage brebis (Ecosse).

La doctrine de l’Islam est fort mal connue en matière de sciences et encore moins dans son abord des problèmes d’éthique médicale et biomédicale.

Science et Loi forment la Bioéthique.


L’Islam et source de Lois et de Sciences de la Raison.



  • HA-MÎM WAL-KITÂB AL-MUBÎN INNA JA‘ALNÂHU QOR’ ÂNAN ‘ARABIYAN LA ‘ALLAKUM TA ‘QILUN !

(S.43-V.3) { حـمۤ } * { وَٱلْكِتَابِ ٱلْمُبِينِ } * { إِنَّا جَعَلْنَاهُ قُرْآناً عَرَبِيّاً لَّعَلَّكُمْ تَعْقِلُونَ }
Le Coran qui demeure la source de toute réflexion morale, s’il comporte selon JAWHARI AT-TANTAWI 150 versets consacrés au Droit et en obligations en consacre plus de 750 à la réflexion à la science, à la connaissance en général. Le Prophète de l’Islam lui-même a dit qu’après lui « seuls les savants hériteront de la fonction de Prophète ». (Hadith).



  • C’est dans la science que le grand Traditionniste Abû Issa at-Tirmidhî (824-894) affirme également : « Qui s’engage dans la voie de l’étude, Dieu le conduit au Paradis ».




  • Et le Coran (39-9, az-Zumar) fait une différence particulière entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas.

  • « …Hal yastawî alladhîna ya ‘lamûna wa-l-ladhîna lâ ya ‘lamûna.

  • {قُلْ هَلْ يَسْتَوِي ٱلَّذِينَ يَعْلَمُونَ وَٱلَّذِينَ لاَ يَعْلَمُونَ إِنَّمَا يَتَذَكَّرُ أُوْلُواْ ٱلأَلْبَابِ }



Cette attitude ouverte vis à vis des acquits du progrès humain a déterminé dès le départ une attitude positive de la science médicale arabo musulmane et point n’est besoin de faire appel aux glorieux ancêtres que furent Razès (865), le Galien des Arabes, à Avicenne (980) le maître, tout comme Maïmonide l’alter ego philosophique d’Averroës pour se convaincre que la réflexion de toute la médecine classique de l’Islam fût éclairée par cette attitude ouverte et humaniste. Un humanisme et une connaissance héritées en droite ligne des Grecs, de Galien et d’Hippocrate, mais aussi nourrie des conceptions philosophique de Platon et d’Aristote, de Ptolémée et des Néoplatoniciens avant de les transmettre à l’Occident.


  • La Nécessité de se soigner


Coran IV-29 (an-nissa) : « Ne vous tuez pas vous-même, Allah est miséricordieux ».

(wâ lâ taqtulû anfusakum inna-l-Lâha kâna bikum rahîman).

{ وَلاَ تَقْتُلُوۤاْ أَنْفُسَكُمْ إِنَّ ٱللَّهَ كَانَ بِكُمْ رَحِيماً }

Et, Likulli dâ’in dawâ’un est un encouragement à se soigner.

I - L’Ethique consiste en un Engagement moral humaniste induisant un comportement qui obéit à des Règles, à des Normes considérées comme bases de la morale d’une société ou d’une époque. C’est dire les Règles du Bien et du Mal.
Dans son Ethique à Nicomaque, Aristote écrivait «le Bien pour l’homme consiste dans une activité de l’âme en accord avec la vertu ».
Ainsi pour le philosophe c’est par le Savoir que l’homme accède à la vertu et peut contribuer au Bien général car « le moralement fautif ne peut être qu’un ignorant » enseignait Socrate.
Encore faut-il que l’homme, de par sa science, sa logique et sa raison ne puisse jamais se tromper. C’est pourquoi l’homme

  • est un être Biologique, social du point de vue anthropologique

  • mais aussi un être spiritualisé par sa création par Dieu et qui donne un sens à son existence par les valeurs qu’il fonde.


II – La morale
Le terme morale vient du Latin «mos-moris », qui veut dire : usage coutume et même : droit coutumier : Mos est Gruecorum : il est d’usage chez les Grecs… .Ce terme a pour équivalent Grec « ta-Ethica » qui fait également référence aux mœurs, aux valeurs retenues par un peuple, une civilisation donnée.

Cette morale consiste pour l’Homme à se rapprocher d’autrui (sympathie) et de Dieu par l’adoration – le mal est ce qui éloigne des autres et de Dieu : Déréliction.
Car c’est de l’Expérience de l’Action que se dégage l’Expérience morale et non par une intuition pure et simple.

Le Bien c’est se conformer aux Valeurs et aux Lois (Shari‘a). L’Etre est supérieur aux valeurs qu’il fonde.

Et le Mal peut être

  • physique : la douleur

  • métaphysique : sentiment d’imperfection d’incomplétude

  • moral : l’Expérience du Péché qui est

l’Expérience de la Faute et de la honte qui en découle

« J’ai honte, c’est à dire je me sens supérieur à ma faute ».
Morale de Connaissance
Mais la recherche de VERITE comporte aussi des Règles Morales +++ (Tolérance, Liberté et Dignité).

  • Car c’est une morale de connaissance. Pour être responsable, il faut savoir. Celui qui sait ne doit pas se tromper.


Ainsi, dans le Coran « Parmi ses serviteurs, seuls les savants craignent Dieu » Coran 35-28 Al Fatir

«  Innamâ yakhcha Allâha min ‘ibâdihi al- ‘ulamâ’u »

. { إِنَّمَا يَخْشَى ٱللَّهَ مِنْ عِبَادِهِ ٱلْعُلَمَاءُ إِنَّ ٱللَّهَ عَزِيزٌ غَفُورٌ }

Cette connaissance aboutit à des valeurs, à des normes sans lesquelles il n’y a ni science, ni Société et Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.
III – La Bioéthique :


  • Est une attitude réflexive sur les possibilités de la Techno Science.

  • Elle aboutit à énoncer des Normes et des Lois.


La Biologie quittant les laboratoires est devenue aujourd’hui une Science de l’Homme basant sa Réflexion Ethique sur :

  • la connaissance du vrai

  • la maîtrise du Bien – faire ou morale-pratique, définira des Valeurs qui aboutiront à des Normes.

  • et à des Décisions conformes à ces valeurs donnant à l’existence humaine un sens moral protégeant son avenir.


Il s’agit donc d’une Ethique de Responsabilité, de Connaissance, et de Précaution.
Philosophiquement, si la science n’a pas vocation à donner du sens à l’existence car elle n’a vocation à être ni bonne ni mauvaise : c’est l’usage qui en est fait qui va déterminer les choix de valeurs morales par rapport à la société, à l’individu, à l’Etre ontologique, qui reste supérieur à ces valeurs car il les fonde.

Et si la Science n’est ni bonne ni mauvaise, elle peut être dangereuse dans ses conséquences.

En principe, cependant cette science ne devrait agir que dans les limites du

  • Nécessaire

  • Et du Raisonnable et se garder de toute imprudence.


Historiquement, la nouvelle science biomédicale a lancé ses premiers défis (1967) en abordant la greffe d’organes nobles : le cœur pour Barnard, le Cap, puis après la maîtrise de la fécondation, elle s’élança vers la Procréation médicalement assistée (P.M.A) dont les technologies de plus en plus élaborées ont paru ignorer des conséquences aussi graves et complexes que celles du statut juridique des individus procrées ou de l’impact sur le devenir humain de tous ces exploits.
Après « l’enfant quand on veut » s’est posée la question de « l’enfant comme on veut ». C’est à dire : du choix, du sexe et de la prévention de tout risque génétique en envisageant la possibilité de sélection sur l’enfant le plus parfait.
Pourtant la connaissance précise du génome humain et la possibilité d’établir de véritables cartes d’identité de chacun de nous est susceptible de conditionner par avance toute la vie humaine et de restreindre la liberté (ex. le choix d’un emploi) de poser des problèmes pour un contrat d’assurances, un prêt immobilier, bref de provoquer une discrimination à partir de quelques critères de sélection retenus en négligeant d’autres potentialités plus ou moins volontairement méconnues.
Par ailleurs, les tentations de l’Eugénisme ne sont pas nouvelles et, loin d’être mortes, elles réapparaissent sous le masque de l’humanisme, du droit à la dignité de la mort, de supprimer la vie de certains fœtus ou embryons seulement parce qu’ils sont porteurs de tares génétiques.
Ces quelques aspects inquiétants, en attendant d’autres par exemple liés aux xénogreffes ou au clonage ne doivent pas faire oublier les immenses espérances attendues de la Biomédecine. Elles illustrent la nécessité et l’urgence de la mise en place de principes applicables à tous les domaines de la science et tendant surtout à protéger l’avenir de l’homme.
C’est ainsi qu’en 1979, le philosophe allemand Hans Jonas a publié un livre intitulé « le Principe de Responsabilité, une Ethique pour la civilisation technologique ».
IV – LA RESPONSABILITE
Pour H. Jonas les nouveaux types et les nouvelles dimensions de l’agir humain réclament une éthique de prévision et de responsabilité à mesure que les défis scientifiques assument toutes les conséquences et éventualités (parfois inconnues) produites par ces applications notamment humaines.


  • Cette responsabilité de respect de l’Homme et de son devenir fragile s’énonce (Principe de Jonas) : « Agis de façon telle que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine et digne sur terre ».


On se souvient que le Médecin a pour missions :

  • de prévenir

  • de soulager

  • de guérir

  • ne pas nuire (+++)


Cette morale de Responsabilité peut donc se traduire en Arabe par Taklîf.
Et la Réflexion Ethique Biomédicale est nécessaire car la vie mérite d’être protégée car vulnérable, et elle consiste à diriger l’action vers une valorisation de l’Etre Humain en lui permettant

  • d’acquérir le plus de Finalités possible.



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