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Nouvelle 2-01

François Garczynski fév. 2001 [nov. 1013 en ajoutant et soulignant une 1ère phrase à l’encadré ­6]

ingénieur du génie rural des eaux et des forêts (retraité depuis 2002)

34 avenue La Bruyère 38100 Grenoble

tél. : 04 76 51 05 90


Pagination changée pour ne séparer aucun des 6 encadrés entre 2 pages, décembre 2008
La forêt, les haies et les arbres alignés et isolés diminuent l’impact de fortes pluies, mais paradoxalement ils augmentent les débits de pointe après des averses estivales n’entraînant aucun ruissellement significatif
Avertissement
Faire les poubelles de la communauté scientifique internationale sur l’arbre, l’agriculture et l’environnement depuis 25 ans, grâce aux conseils et critiques de collègues et d’amis encore en vie ou déjà morts, ça m’a servi à quoi ? D’abord à prouver qu’on accuse à tort la forêt de transpirer plus d’eau que la prairie il y a 20 ans, et l’arbre de transpirer plus d’eau que l’herbe il y a 15 ans ; puis à me mettre au ban du ministère de l’agriculture il y a 5 ans, en critiquant le massacre des haies et arbres champêtres surtout en Bretagne et Normandie, et le massacre des pêchers de vigne surtout dans le Languedoc. Selon le titre de cette nouvelle - pot pourri de données négligées tirées de ces poubelles -, le rôle de protection contre les inondations de la forêt s’étend non seulement aux haies mais aussi aux arbres alignés et isolés. C’est un télérôle , actif jusqu’à la distance environ 100 m de tout arbre ou arbuste, indissociable de leurs autres télérôles : protection contre sécheresse, érosion, pollution de l’eau et l’air ; aération activant les microbes du sol ; transit souterrain de l’eau depuis l’infiltration des précipitations jusqu’à la réalimentation fluviale par l’eau souterraine ; et fertilité durable du sol agricole. Ces télérôles contredisent la plupart des articles écrits dans Le Figaro et Le Monde sur de récentes inondations en Bretagne.
Warning
Routing about the tree, agriculture and environment in the dustbins of the international scientific community for 25 years, thanks to the advices and criticisms of colleagues and friends who are still alive or already dead, it has been useful to me for what ? First to prove the forest is wrongly charged with transpiring more water than the meadow 20 years ago, and the tree with transpiring more water than the grass 15 years ago ; then to banish myself from the agriculture ministry 5 years ago in questioning the massacre of rural hedgerows and trees above all in Brittany and Normandy, and the massacre of vineyard peach trees above all in Languedoc. According to the title of the nouvelle - pot pourri of neglected data drawn from those dustbins  -, the forest role of protection against the floods extends not only to the hedgerows but also to the aligned and isolated trees. It’s a telerole, active as far as the distance about 100 m from the tree or bush, indissociable from their other teleroles : protection against the dryness, erosion, water and air pollution ; airing activing the soil microbes ; underground transit from the precipitation infiltration to the river resupplying by the groundwater ; and sustainable richness of the agricultural soil. Such teleroles  question most articles written in Le Figaro and Le Monde on recent floods in Brittany.

“ Morceaux choisis ” du Figaro et du Monde sur les récentes inondations en Bretagne
Sur les ex-haies, ex-talus, ex-méandres et l’urbanisation dans Le Figaro 1 du 9 janvier
-L’agriculture moderne qui a bouleversé les paysages, est-elle responsable de ces crues incontrôlables ? “ La modernisation de l’agriculture, qui était indispensable, a conduit à araser des milliers de km de talus et de haies ” explique Annick Cléac’h, maître de conférence de géographie à l’Université de Bretagne occidentale à Brest. “ En 30 ans, dans les Côtes-d’Armor, 70 000 km de talus ont ainsi été arasés ; dans le Finistère, ce sont 60 000 km qui ont été supprimés. Dans le bocage traditionnel, les parcelles de terre entourées de haies étaient trop petites pour permettre le passage des engins rendus nécessaires pour l’agriculture intensive ”. Résultat : les haies et les talus ne retiennent plus l’eau, qui gagne plus rapidement le fond des vallées.

-Peut-on lier les phénomènes de crues à la culture intensive du maïs ? Le développement du maïs, qui occupe les deux tiers de la surface agricole bretonne, notamment en bordure des cours d’eau, semble préjudiciable. En Ille-et-Vilaine, 65 % des prairies ont été détruites pour cultiver cette céréale. Des sols ont été asséchés au moyen de drains. Or ces tuyaux percés, qui permettent d’absorber les eaux d’un terrain humide, accélèrent considérablement le ruissellement à la sortie des parcelles. Les prairies, qui épongeaient la pluie l’hiver et la rejetaient dans les cours d’eau l’été, font cruellement défaut. On a aussi détruit les méandres des rivières pour les rendre rectilignes et gagner du terrain. Conclusion : les débordements sont fréquents et les courants plus rapides.

-Quel rôle l’urbanisation, parfois anarchique, a-t-elle joué dans la destruction du milieu naturel ? Les chemins creux, qui retenaient les eaux, ont disparu. “ L’homme, en drainant systématiquement les fonds de vallée, les prairies et les marais pour construire des habitations et des routes, a supprimé les zones tampons de retenue de l’eau ”, regrette Michel Riou, de l’association Eaux et rivières en Ille-et-Vilaine. Selon Annick Cléac’h, “ lorsque l’on recouvre les sols de surfaces dures, l’eau s’écoule sans retenue ”. Une catastrophe dans le cas des villes bretonnes, souvent installées au fond d’estuaires, dans des entonnoirs. Enfin les constructions effectuées dans les zones inondables sont légion (…).

-Quelles mesures envisagez-vous pour lutter contre les inondations ? (…) “ Depuis quatre ans, le ministère a renforcé les trois axes de son action à savoir la prévention, la prévision et la protection ” plaide Christophe Chassade, conseiller technique de Dominique Voynet, ministre de l’Aménagement du territoire et de l’environnement (…). “ Enfin nous faisons porter nos efforts sur la protection rapprochée des populations pour la création de digues, la reconstitution de haies et de mares, ainsi que l’aménagement des rivières et des bassins de retenue ”.
Le Figaro 2 du même 9 janvier ne dit rien sur les ex-pêchers de vigne en amont de Nîmes
Après les inondations qui ont dévasté leur ville, les Nîmois ne sont pas à l’abri de crues exceptionnelles (…). A Nîmes, les inondations de 1988 hantent encore les esprits.
Du fatalisme au réalisme mais sans rien sur les ex-haies dans Le Figaro 3  du 10 janvier
Le maire Démocratie Libérale de Redon avait suscité l’émoi de ses administrés en invoquant la “ fatalité ” à propos des inondations (…). Alain Madelin (…) a tenté de rectifier son commentaire malheureux : “ Le réalisme et non le fatalisme oblige à dire que, face au niveau des records de pluies que nous avons enregistrés et au niveau de crues que nous avons hélas constaté, il n’existe plus de solution connue qui aurait pu être mise en œuvre depuis 1995 et qui nous aurait permis d’échapper aujourd’hui à une telle crue, et même qui permettrait d’éviter les risques d’inondation pour le pays de Redon ”.

Le Figaro 4 du même 10 janvier secoue le cocotier et fait table rase sur le remembrement
Roselyne Bachelot, députée RPR du Maine-et-Loire, vice présidente du Conseil régional des Pays de la Loire, ne s’intéresse pas seulement aux droits des femmes, à la famille et aux handicapés. Également passionnée d’environnement, elle met la dernière main à une proposition de loi qui vise à supprimer les dispositions relatives au remembrement de l’espace rural. Elle en applique l’esprit et la lettre.

-Le Figaro : Pourquoi vous sentez-vous concernée par les phénomènes de crues et leurs causes ? Roselyne Bachelot : Je suis élue d’une région régulièrement confrontée aux inondations. Je ne peux donc pas me désintéresser de l’origine de ces crues récurrentes et des solutions à y apporter. Sur les causes du phénomène, cela m’amuse d’entendre accuser, pêle-mêle, les agriculteurs, les pouvoirs publics, l’effet de serre, etc. (…) Réfléchissons ensemble. Ouvrons le débat !

-Le Figaro : C’est l’objectif de la proposition de loi que vous allez déposer au Parlement (…). Roselyne Bachelot : J’ai volontairement adopté la logique de la table rase pour secouer le cocotier et susciter une réflexion sur les avantages, le bilan et la réforme éventuelle du remembrement rural. Je n’ai pas cherché à peser le pour et le contre d’autres modalités de réformes qui auraient pu être envisagées. Non, j’ai préféré privilégier une position radicale, sachant qu’une proposition de loi n’est jamais adoptée en l’état. Je propose donc de supprimer l’actuelle loi sur le remembrement, en ne laissant subsister que les échanges à l’amiable entre les propriétaires.

-Le Figaro : Que reprochez-vous à la législation actuelle ? Roselyne Bachelot : Elle ne correspond pas à l’évolution de notre société. Elle répondait au souci d’accroître les rendements agricoles et d’obtenir de grandes parcelles d’un seul tenant permettant une culture intensive. Or le souci de plein rendement agricole a conduit à une surproduction coûteuse difficile à écouler. Par ailleurs, on n’a pas tenu suffisamment compte de la protection de la nature. L’équilibre naturel, la faune et la flore ont été partiellement détruits, notamment par la suppression des haies et des talus, la modification apportée à l’écoulement des eaux, l’assèchement des zones humides. Enfin, ces aménagements fonciers favorisent les grandes exploitations, portant atteinte aux petites propriétés. Ils ont accéléré le mouvement de déclin des petites communes rurales. Cette politique est contraire aux nouvelles tendances de l’aménagement du territoire qui va dans le sens du repeuplement des campagnes.
Le Monde 5 des 7-8 janvier rappelle que les ex-haies cachaient des ex-arbres champêtres

Sous une pluie vacharde, pataugeant dans les fossés des routes départementales, traversant les labours gorgés d’eau, Simonne Caillot va son chemin vers Paris. Cette ancienne enseignante âgée de 50 ans marche dans la campagne, à raison de 25 km par jour (…). Elle porte vers la capitale une revendication : que soit réformée aussi vite que possible la loi sur la réorganisation foncière agricole, qui autorise le remembrement obligatoire. “ Les haies, les arbres sont essentiels à la vie, on le voit bien aujourd’hui, alors que les rivières débordent un peu partout : il faut d’urgence arrêter le carnage ”, explique-t-elle.

La militante espère atteindre l’Assemblée nationale lundi 8 janvier, au terme d’un périple de 330 km. Elle est partie le 26 décembre de Geffosses (Manche) (…). Ici, comme ailleurs, depuis les années 60, des milliers de km de haies et des dizaines de milliers d’arbres ont payé le souci de rationalisation des exploitations agricoles (…). Le remembrement a conduit à des abus qui poussent l’Union européenne à financer l’érection de nouveaux talus là où ils ont été arasés il y a peu…contre subventions (…). La vocation de Madame Caillot date de 1989. Propriétaire de 2 hectares, cette citoyenne jusque là très discrète s’oppose au projet de remembrement qui frappe sa commune. “ Au début je pensais que c’était une bonne chose, et puis je me suis aperçue que le but était de favoriser certaines personnes ” raconte l’intéressée (...). Sa contestation s’inscrit alors dans le cadre des sourdes luttes qui déchirent les campagnes depuis des décennies au sujet du redécoupage administratif des parcelles, sur fond de jalousie plus que d’écologie (…).

Madame Caillot s’investit pourtant totalement dans cette cause. Le 19 juillet 1990, elle gare son AX Citroën devant la préfecture, à Saint-Lô : la contestataire campera pendant 2 ans et demi dans sa voiture (…). Elle effectue deux grèves de la faim, dont une de près d’un mois. Elle crée une association, baptisée Arbre, haie, vie, eau, environnement (AHVE) ( ...). Elle se rapproche des écologistes qui tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences environnementales des massacres à la tronçonneuse. Ce soutien, comme ceux reçus sur les bords de sa route, la renforce dans son opinion. N’en ferait-elle pas un peu trop, cependant ? “ Sauver les paysages, ça vaut quelques efforts, non ? ”

Le Monde des 21-22 janvier 6 dit non aux barrages-réservoirs , oui aux zones d’expansion

SCIENCES : Les crues que vient de subir la Bretagne ont reposé les questions de l’impact des activités humaines sur les inondations et de l’aménagement de la prévention (…). L’UBANISATION n’est pas la seule responsable de la plus grande vulnérabilité à ce risque naturel. Les pratiques agricoles modernes y contribuent elles aussi, au moins pour les crues modestes. La disparition du couvert forestier dans certaines zones constitue également un facteur aggravant (…). LES GRANDS OUVRAGES de protection, tels que les barrages-réservoirs, n’apparaissent plus comme la meilleure parade. Les experts privilégient aujourd’hui des aménagements légers répartis sur l’ensemble des bassins versants (…).

LES RECENTES inondations subies par la Bretagne ont fait ressurgir la polémique récurrente sur les risques naturels, l’impact des activités humaines et les possibilités de prévention de telles catastrophes. “ A un niveau de crue comme celle-ci, il n’y a rien à faire, sinon à panser les plaies ” a déclaré abruptement, alors que sa ville était noyée sous les eaux, le député-maire de Redon Alain Madelin, par ailleurs président de Démocratie Libérale. Un fatalisme contre lequel la ministre de l’aménagement du territoire et de l’environnement et chef de file des Verts, Dominique Voynet, s’est inscrite en faux, mettant en cause les pratiques agricoles, en particulier la disparition des haies, des talus et des prairies “ qui favorise évidemment le ruissellement ”, ainsi que “ l’urbanisation concentrée à l’aval des bassins versants ”.

Les scientifiques se montrent plus circonspects que les politiques. Un programme de recherche “ risque inondation ” (RIO), lancé en 1998 par le ministère de l’environnement, fédère la plupart des équipes françaises travaillant dans ce domaine (…). “ Le seul moyen réel de se protéger de très fortes crues consiste à ne pas construire dans le lit moyen ou majeur d’une rivière ”, rappelle, avec bon sens, un ouvrage collectif d’experts du Cemagref, de l’INRA et du ministère de l’agriculture.

S’agissant des effets nocifs des pratiques culturales modernes, les conclusions sont plus nuancées. Le remodelage du paysage provoqué par des remembrements à grande échelle (3 des 30 millions d’hectares agricoles étaient remembrés en 1960, 14 millions en 1994), l’arrachage des haies (800 000 km, soit 60 % des bordures végétales, ont disparu depuis les années 60), le drainage des sols, le remplacement de prairies par des surfaces labourées sur lesquelles l’eau ruisselle en hiver, sont souvent désignés comme fautifs. L’influence de ces restructurations est “ surtout perceptible sur les petites crues ”, qui sont les plus fréquentes, soulignent les chercheurs.

Pour les fortes crues, en revanche, “ il est impossible de dire, dans l’état actuel des connaissances scientifiques, si les pratiques agricoles ont une part de responsabilité significative ”, indique Pierrick Givone, directeur scientifique adjoint du Cemagref (…). Le rôle bénéfique de la forêt, comme modérateur des crues, est en revanche établi par des études comparatives. Ainsi, le reboisement du bassin versant de Draix (Alpes-de-Haute-Provence) a divisé par 5 les débit de crues et par 3 les volumes d’eau écoulés.

A l’inverse, la destruction, par un incendie, du maquis arbustif recouvrant un bassin versant du massif des Maures (Var), a été suivi d’une intensification des crues. L’effet protecteur du couvert forestier, dont le feuillage capte une partie des précipitations et dont le réseau racinaire accroît les capacités de rétention des sols, est surtout reconnu pour les crues ordinaires, alors qu’il apparaît “ marginal en cas de très fortes pluies ” (…).

Les grands ouvrages tels que les barrages-réservoirs (…) ne sont plus à l’ordre du jour (…). S’il se produisait aujourd’hui un phénomène de même ampleur que la crue historique de la Seine de janvier 1910, (…) les quatre barrages-réservoirs aménagés à l’amont de la capitale ne feraient baisser le niveau d’eau, dans les zones inondées, que de quelques dizaines de cm (…). Ces ouvrages perturbent les écosystèmes des cours d’eau (…) et leur dynamique sédimentaire (…). Les travaux d’endiguement (…) ont l’inconvénient d’aggraver les inondations en aval. Ainsi les experts privilégient-ils la stratégie du “ ralentissement dynamique ”, explique Jean-Michel Grésillon, directeur de l’Ecole nationale supérieure d’hydraulique et de mécanique de Grenoble et président du conseil scientifique du programme RIO. Cette stratégie vise à exploiter la diversité des paysages naturels et des types d’occupation des sols, pour créer des zones d’expansion et favoriser le ralentissement des eaux, à l’aide d’aménagements aussi légers que possibles, répartis sur l’ensemble du bassin versant. Ce principe est étendu au lit majeur où les rivières s’épanchent lors de leurs crues (…). Cette méthode (…) commence seulement à être expérimentée sur le terrain, notamment sur le cours de la Bourbre, qui se jette dans le Rhône à l’est de Lyon et dont le bassin s’étend sur 700 km2.
Pot pourri de données sur l’arbre, l’agriculture et l’environnement à diverses échelles
S’il tombe une pluie exceptionnelle, on ne reparle du rôle de protection contre les inondations des haies que là où il y en avait, avant le remembrement rural. Ce rôle des haies et arbres alignés est sûr, mais on devrait parler autant du même rôle des arbres isolés qu’il y avait autrefois en région de champs ouverts7 et dans les vignes. Des haies avec ou sans arbres ; des arbres isolés au milieu des champs, prés et vignes et au bord des chemins : voilà des systèmes agraires dont les rôles agricoles et environnementaux devaient être connus jadis en Europe, comme ils le sont encore aujourd’hui en Afrique 8, 9.

Le rôle de protection contre les inondations de la forêt, des haies, et des arbres alignés et isolés est indissociable de leurs autres rôles : protection contre la sécheresse, l’érosion, la pollution de l’eau et l’air ; sous-irrigation naturelle des cultures agricoles et réalimentation retardée du fleuve aussi d’origine souterraine ; aération molécule par molécule du sol activant ses microbes ; et finalement fertilité agricole durable. Pourquoi météorologistes, hydrologues et agronomes en parlent si peu ? Parce que leur modèle soi-disant physique sur l’infiltration de l’eau dans le sol par la seule pesanteur néglige le rôle majeur des arbres, arbustes et buissons sur cette infiltration, même l’hiver, par d’autres forces que la pesanteur. Et leur modèle soi-disant physique sur l’onde de crue, par ruissellement direct de la pluie ou de l’eau de fonte de neige sur les versants jusqu’au lit du fleuve, néglige cette sous-irrigation d’origine souterraine qui contribue aussi à la réalimentation retardée du fleuve, également par d’autres forces que la pesanteur.

L’analyse isotopique10 des précipitations, eaux souterraines et fluviales prouve que le fleuve est formé surtout d’eau d’origine souterraine, même pendant la crue et encore plus pendant le débit de pointe : en août, bassin boisé de 22 km2 (Manitoba, Canada)11. C’est dû, en hiver comme en été, au rôle irremplaçable des arbres et arbustes d’infiltrer l’eau dans le sol, le plus souvent par temps ensoleillé, et d’élever l’eau souterraine, le plus souvent la nuit et par temps couvert et pluvieux, surtout pendant l’orage.

Géométrie variable de l’atome, déplacements verticaux de l’eau dans le sol, et arbre
Entre le sol, l’eau, l’atome et l’arbre, c’est comme entre la porte, sa serrure et sa clef.
Encadré 1 : atome, électrons et cations

Un électron a une charge électrique négative. L'atome de métal, qui a peu d’électrons sur sa dernière couche d’électrons, les perd : d'où un cation. L’atome de métalloïde, dont la dernière couche est presque remplie, la remplit en gagnant des électrons : d'où un anion. Un cation est un ion positif, un proton un cation hydrogène H+ et un anion un ion négatif. Les rayons des électrons et protons sont 100.000 fois plus petits que ceux d’atomes et ions d’éléments simples (1 angström = 10-10 m) : rayon de l'électron = 2,8 x 10-5 angström ; rayon du proton = 0,8-1,2 x 10-5 angström.

Le noyau atomique attire plus les électrons quand la charge du cation augmente, et vice versa12. Ainsi les cations plus petits 13 diffusent plus vite que les anions dans l'eau du sol. La plupart des cations sont hydratés - mouillés par l’eau -, sauf les trois plus gros : potassium K+, rubidium Rb+ et césium Cs+. On sait depuis deux siècles qu’en milieu poreux, s’il y a des forces électriques, elles dominent sur les forces de pesanteur pour déplacer l'eau selon l’électro-osmose14 : c’est une électrophorèse où les cations hydratés – surtout sodium Na+, calcium Ca++ et magnésium Mg++ – tirent l'eau. Car les anions, plus gros et moins hydratés15, ne pourraient tirer l’eau en sens contraire.

L'évaporation accroît la salinité de l'eau près de la surface du sol, ce qui fait diffuser plus vite vers le bas les trois cations non-hydratés : d'où un champ électrique dirigé vers le haut élevant sans cesse les cations hydratés et l'eau du sol, jour et nuit en toute saison sous tout climat. Il en résulte la salinisation du sol puis la désertification, beaucoup plus vite là où le soleil chauffe le plus à l’équateur qu’au cercle polaire.

La salinisation du sol n’est pas due à l’irrigation mais au manque d’arbres. Pour s'y opposer il n’a que l'arbre, car la respiration de ses racines16 libère beaucoup plus de protons que celle des racines d'herbe : d'où un champ électrique dirigé vers le bas entraînant l'eau du sol.

Ce champ électrique, continu mais variable selon l'alternance jour-nuit, est transformé en champ électrique alternatif de période 24 heures par les accus du sol : son argile. Cela entraîne des oscillations journalières de cations, d’eau et d’air molécule par molécule. Car, de mois en mois, les écarts entre les teneurs isotopiques sont plus faibles dans l'eau souterraine que dans les précipitations 10. Pour cela, il faut dans le sol une centrifugeuse naturelle remélangeant sans cesse verticalement atome par atome les isotopes lourds, dont la teneur varie plus dans les précipitations. Ces oscillations, contrôlées par l'électricité racinaire des arbres, sont strictement nécessaires d’abord pour l’infiltration des précipitations le plus souvent aux heures chaudes et ensoleillées, puis pour la sous-irrigation des racines des plantes cultivées, le plus souvent la nuit, par temps couvert et pluvieux, surtout orageux. Ces oscillations journalières incessantes sont amplifiées temporairement et localement par celles de la nappe phréatique 17, 18, 19, 20, 21 et se répercutent sur le fleuve 20, 22, 23. Callède 20 dressa le premier bilan sur les études de ces oscillations de nappe phréatique et fleuve.
Ce rôle de l’arbre ou arbuste est un télérôle. Car il agit jusqu’à la distance environ 100 m, d’après deux effets à distance différents mais indissociables.

Effets des coupes forestières sur les débits annuels, saisonniers, mensuels et de crue

On néglige deux effets bizarres : l’un est l’inversion de l’effet de coupes rases entre petits et grands bassins, l’autre est l’absence d’effet de certaines coupes d’éclaircie.
Encadré 2 : déforestation, coupes forestières rases et d’éclaircie

Déboiser augmente le débit annuel du ruisseau24 du petit bassin de quelques ha à quelques dizaines de km2, mais diminue celui du fleuve d’un bassin d’environ 200 km2 en Inde25 à 15.000 km2 au Guatemala26. Les débits de pointe augmentent sûrement après le déboisement du grand bassin, pas toujours après la coupe forestière partielle du petit bassin27. Car raser le sous-étage et la végétation ripicole d’un petit bassin de Coweeta (North-Carolina, USA)28 et éclaircir 20 à 60 % d’un petit bassin de Fernow (West-Virginia, USA)29, ça n’augmente pas les débits de pointe. Et raser 30% des 4 km2 du petit bassin du ruisseau des Eaux-Volées (Québec, Canada) par des trouées de 2 à 10 ha au plus larges de 200 m, ça n’a pas d’effet sur les débits annuels, saisonniers et mensuels 30 : d’où le premier télérôle  de l’arbre jusqu’à la distance environ 100 m.

Raser les arbres seulement sur la largeur 10 m de chaque côté d’un ruisseau – 12% des 9 ha d’un autre petit bassin de la même forêt de Coweeta 23 –, ça augmente le débit et diminue de moitié l’amplitude de son oscillation journalière. Au bord des fleuves, les arbres ripicoles et la ripisylve - la forêt alluviale - auraient un rôle plus fort que les arbres forestiers et champêtres pour régulariser le débit fluvial. Cela confirme le savoir empirique sur le rôle des arbres ripicoles de purifier l’eau fluviale que n’avait pas encore le rédacteur biblique du livre de la Genèse (2, 10) : Un fleuve sortait d’Eden pour irriguer le jardin ; mais qu’avaient déjà le prophète Ezéchiel (47, 7) : Sur les bords du torrent, il y avait des arbres très nombreux, des deux côtés et (l’apôtre ?) Jean rédacteur de l’Apocalypse (22, 2) : Au milieu de la place de la cité et des deux bras du fleuve, est un arbre… 31. Le président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) n’ignore pas ce savoir empirique, mais n’encourage guère son application 32 : Sur le bord des rivières, la seule présence d'une zone boisée de quelques mètres de largeur sur chaque berge permet, lorsqu’elle n’a pas été enlevée, de réduire considérablement la pollution d'origine agricole.

L’abattage d’arbres par les tempêtes de décembre 1999 en Europe de l’Ouest n’aurait donc eu aucun effet sur la quantité et la qualité des eaux fluviales. Ce savoir empirique sur le télérôle des arbres doit être reconnu depuis longtemps par des forestiers en Europe. Car l’anglais Richard St. Barbe Baker (1889-1982) en appliqua la logique écologique et économique pour améliorer les coupes forestières en gardant des arbres solitaires, selon la coutume animiste d’africains du Kenya dans les années 1920, et en conseilla la transposition en agriculture33. Et vice versa : reboiser diminue le débit annuel de ruisseaux de bassins de quelques ha à environ 150 km2 en Auvergne34, mais la forêt augmente le débit annuel de fleuves : d'après des corrélations entre les débits fluviaux annuels et le taux de boisement de grands bassins, en Russie35 et dans le nord-est des USA36.
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