Ainsi le voyageur qui, dans son court passage, Se repose un moment à l'abri du





titreAinsi le voyageur qui, dans son court passage, Se repose un moment à l'abri du
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Ainsi le voyageur qui, dans son court passage, Se repose un moment à l'abri du

vallon, Sur l'arbre hospitalier, dont il goûta l'ombrage, Avant que de partir,

aime à graver son nom.

LAMARTINE.

Avant que de partir, je veux, chères Avettes, graver mon nom sur ces feuillets,

arbuste béni qui a pris toute sa sève aux alentours de vos demeures.

A son ombre, j'ai reposé mes fatigues, j'ai pansé mes blessures. Son horizon

suffit à mes désirs, car j'y vois les cieux.

Sa solitude est plus douce que profonde. Vos amis la visitent.

Vous l'égayez par vos chants.

Et puisque vous ne mourrez pas, chères Avettes, vous chanterez encore et

toujours, dans la feuillée voisine, où reposeront mes mânes.

Merci.

E. Warré.

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L'APICULTURE POUR TOUS

L'UTILITÉ DE L'APICULTURE

L'apiculture est l'art de cultiver les abeilles dans le but de retirer de cette

industrie le maximum de rendement avec le minimum de dépenses.

Or, les abeilles produisent des essaims et des reines, de la cire, du miel.

La production des essaims et des reines doit être réservée aux spécialistes.

La production de la cire a quelque importance, mais diminuée par les frais de

sa fonte.

La production du miel est le principal but de l'apiculture, celui que vise avant

tout l'apiculteur, parce que ce produit est important et qu'il peut. être pesé,

estimé.

Or, le miel est un excellent aliment, un bon remède, le meilleur des sucres.

Nous le redirons plus longuement. Et ce miel, on peut le vendre, comme on

peut le consommer sous bien des formes : en nature, en confiseries, en

pâtisseries, en boissons hygiéniques et agréables : hydromel, cidres sans

pommes, vins sans raisins.

L'apiculture est aussi, il faut le noter, un travail passionnant, qui repose par

conséquent l'esprit et même le corps.

L'apiculture est encore un travail moral, puisqu'il éloigne du café et des

mauvais lieux et qu'il met sous les yeux de l'apiculteur l'exemple du travail, de

l'ordre, du dévouement à la cause commune.

L'apiculture est en plus un travail souverainement hygiénique et bienfaisant,

car ce travail se fait le plus souvent en plein air, par beau temps, au soleil. Or,

le soleil est l'ennemi de la maladie puisqu'il est le maître de la sève et de la

force.

Le docteur Paul Carton a écrit : « Ce qu'il faut, c'est enseigner à la génération

qui vient la haine de l'alcool, le mépris de la viande, la méfiance du sucre, la

joie et la haute valeur du mouvement. »

Car l'homme est un composé. Son corps a besoin d'exercice; sinon il

s'atrophie. Son intelligence a également besoin d'exercice; sinon elle

s'annihile. L'intellectuel va à la déchéance physique. L'ouvrier, derrière sa

machine, va à la déchéance intellectuelle.

Le travail de la terre est celui qui répond le mieux aux besoins de l'homme.

L'intelligence et le corps y trouvent leur, part.

Or, dans une société, il faut des intellectuels, des employés de bureau, des

ouvriers pour conduire les machines. Évidemment ces hommes ne peuvent

conduire une ferme. Mais aux heures libres (et ils doivent en avoir), ils

peuvent jardiner et faire de l'apiculture et ainsi satisfaire aux besoins de leur

nature.

Ce travail vaudrait mieux que tous les sports modernes avec leurs excès, avec

leurs promiscuités, avec leurs nudités.

Si les Français retournaient ainsi à la terre, ils seraient plus forts et plus

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intelligents. Et, comme l'a dit le sage Engerand, la France redeviendrait la terre

de l'équilibre, où il n'y aurait ni les fièvres, ni les folies collectives si néfastes

aux hommes, elle redeviendrait un pays de mesure et de clarté, de raison et de

sapience, une contrée où il fait bon vivre.

Et puis n'oublions pas le mot d'Edmond About : « Le seul capital éternel,

inusable et inépuisable, c'est la terre. »

Enfin, et c'est une chose importante, l'abeille féconde les fleurs des arbres

fruitiers. L'apiculture contribue, par conséquent, pour une large part, à remplir

notre fruitier. Cette raison seule devrait suffire pour pousser à l'apiculture, tous

ceux qui ont le moindre coin de verger.

D'après Darwin, la fécondation d'une fleur par elle-même n'est pas la règle

générale. La fécondation croisée qui intervient le plus communément est

nécessitée, soit par la séparation des sexes dans les fleurs ou même sur des

pieds différents, soit par la non-coïncidence de la maturité dans le pollen et

dans le stigmate ou par des dispositions diverses qui empêchent une fleur de se

féconder elle-même. Il en résulte que bien souvent, si une cause étrangère

n'intervient pas, nos plantes ne donneront pas de fruits ou en donneront

beaucoup moins; de nombreuses expériences l'ont démontré.

Or, l'abeille, comme le dit si bien M. Hommell, l'abeille, attirée par le nectar

sécrété à la base des pétales, pénètre jusqu'au fond des enveloppes florales

pour se repaître des sucs élaborés par les nectaires et se couvre de la poussière

fécondante que les étamines laissent tomber sur elle. La première fleur

épuisée, une seconde offre à l'infatigable ouvrière une nouvelle moisson; le

pollen qu'elle porte tombe sur le stigmate et la fécondation qui, sans elle, serait

livrée aux hasards des vents, s'opère d'une manière certaine. Poursuivant ainsi

sans relâche sa course, l'abeille visite des milliers de corolles et mérite le nom

poétique, que Michelet lui donne, de pontife ailé de l'hymen des fleurs.

M. Hommell essaie même de chiffrer le bénéfice qui résulte de la présence des

abeilles. Une colonie, dit-il, qui ne dispose que de 10.000 butineuses doit être

considérée comme atteignant à peine la moyenne et une famille très forte

logée en grande ruche en possède souvent 80.000. Supposons que 10.000

butineuses sortent chaque jour 4 fois; en 100 jours cela fera 4 millions de

sorties; si chaque abeille, avant de revenir au logis, entre seulement dans 25

fleurs, les abeilles de cette ruche auront visité dans le cours d'une année 100

millions de fleurs. Il n'est pas exagéré de supposer que, sur 10 de ces fleurs,

une seule au moins soit fécondée par l'action des butineuses et que le gain qui

en résulte soit de 1 centime seulement par 1.000 fécondations. Eh bien, malgré

des évaluations si minimes, il ressort un bénéfice de 100 fr. par an produit par

la présence d'une seule ruche. Cette conclusion mathématique est sans

réplique.

Certains producteurs de fruits, des viticulteurs surtout, s'élèvent contre les

abeilles, parce qu'elles vont sucer le jus sucré des fruits et des raisins. Mais si

l'on examine attentivement l'abeille, on s'aperçoit vite qu'elle délaisse les

grains intacts et qu'elle ne vide que ceux dont la pellicule a déjà été perforée

par les oiseaux ou les mandibules puissantes des guêpes. L'abeille ne recueille

qu'un suc qui, sans elle, se dessécherait en pure perte. L'abeille est même dans

l'impossibilité absolue de commettre le vol dont on l'accuse : les pièces

masticatrices de sa bouche ne sont pas assez puissantes pour lui permettre de

perforer la pellicule qui protège la pulpe.

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LES BÉNÉFICES EN APICULTURE

Je plains ceux qui ne font de l'apiculture que pour s'enrichir. Ils se privent de

bien douces jouissances.

Toutefois l'argent est nécessaire pour vivre. L'argent est utile à ceux qui

aiment semer le bonheur autour d'eux.

Il y a donc lieu d'envisager ce que peut rapporter l'apiculture.

Or, la lecture de certains livres et de certains journaux peut induire en erreur

sur ce point.

Les mensonges.

Pour encourager le retour à la terre ou pour conduire aux déceptions

ceux qui y retournent, des apiculteurs en chambre ou des antifrançais

font imprimer dans les journaux des choses renversantes. Parfois aussi

des apiculteurs égoïstes accusent des résultats inférieurs pour ne pas se

créer de concurrents.

Ainsi un dignitaire en apiculture prétend qu'une récolte de 10 kg est un

rare maximum. Par contre, un professeur prétend que les récoltes de

miel devraient être portées en moyenne à 100 kg par ruche par

l'adoption de méthodes rationnelles.

Un docteur déclare qu'en Amérique une ruche peut donner une récolte

moyenne annuelle de 190 kg de miel, qu'il ne tient qu'à nous d'en faire

autant.

Sans doute en donnant à chaque ruche 200 kg de sucre. Mais la

répression des fraudes n'interviendrait-elle pas ?

La vérité.

Aucune ruche, aucune méthode ne change les pierres en miel, ni ne

donne l'intelligence à l'apiculteur, ni n'augmente la fécondité de la

reine, ni n'améliore la température. Par conséquent, le rapport d'une

ruche variera d'une région à l'autre, d'une ruche à l'autre, d'une année à

l'autre, comme la richesse mellifère de la région, comme la fécondité

de la reine, comme la température, comme l'habileté de l'apiculteur.

Quand j'habitais la Somme, je faisais une récolte moyenne de 25 kg par

ruche. Dans une région mellifère on peut récolter davantage. Ici, à

Saint-Symphorien, dans un quartier très peu mellifère, je ne fais qu'une

récolte moyenne de 15 kg.

Précisons. En 1940 j'avais des ruches qui m'avaient coûté 300 fr. l'une.

Elles m'ont donné chacune une récolte de 15 kg. Or, le prix du miel

était fixé à 18 fr. en demi-gros, à 22 fr. au détail. Par ailleurs, chaque

ruche ne m'avait demandé qu'une heure et demie de travail dans le

cours de l'année.

On voit par là comment le travail et le capital sont payés en apiculture,

même dans une région peu mellifère.

L'APICULTURE EST UNE BONNE ÉCOLE

Le bonheur, a dit Coppée, c'est d'en donner. Bonheur acquis pour les âmes

d'élite.

Or, ce bonheur n'est pas toujours possible, mais on peut trouver un bonheur

considérable dans la nature.

La fleur c'est la beauté qui se rajeunit sans arrêt. Le chien c'est la fidélité sans

borne, même dans l'infortune, la reconnaissance sans oubli. L'abeille c'est une

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maîtresse et charmante éducatrice. Elle donne l'exemple d'une vie sage et

raisonnée qui console des contrariétés de la vie.

L'abeille se contente de la nourriture que lui fournit la nature aux alentours de

sa ruche, sans y rien ajouter, sans en rien retrancher. Pas de plats cuisinés, pas

de primeurs d'outre-mer.

L'abeille, si riche soit-elle de provisions, ne consomme que ce qui lui est

strictement nécessaire. Pas d'excès de table.

L'abeille se sert de son terrible aiguillon, et jusqu'à la mort, pour défendre sa

famille et ses provisions. Ailleurs, même quand elle butine, elle cède aux

hommes. et aux animaux la place dont ils ont besoin, pacifiquement, sans

récrimination, sans lutte. C'est une pacifiste sans faiblesse.

Chaque abeille a sa besogne, conforme à son âge et à ses aptitudes. Elle la

remplit sans envie, sans révolte et sans colère. Pour l'abeille, il n'y a pas de

travail humiliant.

La reine, inlassablement, pond, assurant ainsi la perpétuité de la race. Les

ouvrières, avec amour, partagent leur activité entre les tendres larves, espoirs

des essaims futurs, et les champs embaumés où, de l'aube au crépuscule,

s'opère la récolte du miel. Point de place, dans le bourdonnant essaim, pour les

inutiles. Pas de parlementaires; car ce peuple discret n'a pas le goût des lois

nouvelles ni le loisir des discours vains.

Nous appelons reine l'abeille pondeuse. C'est indûment. Il n'y a ni roi, ni reine,

ni dictateur dans la ruche. Personne ne commande, mais tous travaillent dans

l'intérêt commun. Pas d'égoïsme.

L'abeille observe la loi aussi hygiénique qu'impérieuse, loi souvent oubliée par

les hommes : « C'est à la sueur de ton front que tu gagneras ton pain. » Et je

constate que la sueur de l'abeille, tout en assainissant son corps, lui est encore

d'une autre utilité. Sa sueur, en se changeant en, paillettes de cire, fournit à

l'abeille les matériaux qui lui serviront à construire ses admirables cellules :

grenier sain pour ses provisions, doux berceau pour sa progéniture. Tant il est

vrai que l'observation des lois naturelles est toujours récompensée.

Et l'abeille travaille sans répit, jour et nuit. Elle ne prend de repos que lorsque

le travail fait défaut. Pas même de repos hebdomadaire. Chez les abeilles il n'y

a ni rentiers ni retraités.

Et voyez la devise de l'abeille qu'a chantée Théodore Botrel

J'ai dit un jour à l'abeille

Repose-toi donc un peu,

T'efforçant d'être pareille

A ce gai papillon bleu

Sur la rose ou la pensée,

Vois, il pâme en rêvassant

Oui... mais, moi, je suis pressée,

M'a dit l'abeille, en passant.

Lui montrant la libellule,

Je lui dis, un autre jour

Viens, de l'aube au crépuscule,

Danser comme elle, à ton tour

Ne l'admires-tu, subtile,

Valsant, là-bas, sur l'étang ?

Si... mais, moi, je suis utile

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M'a dit l'abeille, en partant.

Hier, enfin, devant la porte

De son petit temple d'or Je l'aperçus,

demi-morte, Lourde de son pollen encor

Repose-toi, pauvre bête

Lui dis-je en la secourant

Oui... puisque ma tâche est faite,

M'a dit l'abeille, en mourant.

Ce que j'admire le plus chez l'abeille, a dit Henry Bordeaux, c'est son oubli

d'elle-même : elle se donne tout entière à une oeuvre dont elle ne jouira pas :

joie dans l'effort et don de soi.

Et pour moi les abeilles sont ce qu'étaient les oiseaux pour André Theuriet.

Quand j'entends les abeilles bourdonner dans la feuillée, je songe, avec une

douce émotion, qu'elles chantent de la même façon que celles que j'écoutais

dans mon enfance, au jardin paternel.

Les abeilles ont cela de bon qu'elles semblent toujours être les mêmes. Des

années passent, on devient vieux, on voit ses amis disparaître, les révolutions

changer la face des choses, les illusions tomber l'une après l'autre, et,

cependant, parmi les fleurs, les abeilles qu'on a connues dès l'enfance

modulent les mêmes phrases musicales, avec la même voix fraîche. Le temps

ne semble pas mordre sur elles, et, comme elles se cachent pour mourir,

comme nous n'assistons jamais à leur agonie, nous pouvons nous figurer

presque que nous avons toujours devant les yeux celles qui ont enchanté notre

première jeunesse, celles aussi qui, pendant notre longue existence, nous ont

procuré les heures les plus agréables et les amitiés les plus rares.

Comme l'a dit un amant de la nature : Heureux celui qui, le soir, couché dans

l'herbe auprès du rucher, eu compagnie de son chien, a entendu le chant des

abeilles se mariant au cri-cri des grillons, au bruit du vent dans les arbres, au

scintillement des étoiles, à la marche lente des nuages !

L'ABEILLE

Place de l'abeille dans la nature.

Les animaux, qui se distinguent des végétaux parce qu'ils sont doués de

mouvement, se partagent en deux grandes catégories : les vertébrés et

les invertébrés.

Les vertébrés, caractérisés par une colonne vertébrale, comprennent les

poissons, les batraciens, les reptiles, les oiseaux et les mammifères; ils

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ne nous intéressent pas ici.

Les invertébrés, qui n'ont pas de colonne vertébrale, comprennent

plusieurs embranchements : les protozoaires (les infusoires), les

spongiaires (les éponges), les coelentérés (les méduses, les coraux), les

échinodermes (les étoiles de mer), les vers (les sangsues, les lombrics),

les vermidiens, les mollusques (les huîtres, les limaces, les pieuvres),

les arthropodes et enfin les chordés qui, par leur corde dorsale,

établissent la transition entre les invertébrés et les vertébrés.

Ce sont les arthropodes qui nous intéressent.

Les arthropodes (du grec « arthron », articulation, et « ports, podos »,

pied) sont aussi appelés articulés. Leur corps présente trois régions

distinctes : la tête, le thorax et l'abdomen. Ils sont munis d'appendices :

à la tête, les antennes et organes masticateurs; au thorax, les membres

ambulatoires.

On divise les arthropodes en plusieurs classes : les crustacés (les

homards), les arachnides (les araignées), les myriapodes (les

scolopendres), les insectes ou hexapodes.

Les insectes (du latin « in, » dans, « secare », couper), ou hexapodes

(du grec : « hex», six, et « ports, podos », pied), se caractérisent par

leurs membres qui sont toujours au nombre de six. Les insectes ont une

respiration aérienne.

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Leur tête porte deux yeux composés. Le thorax se divise en trois

parties le prothorax, qui porte une paire de pattes; le mésothorax, qui

porte une paire de pattes et une paire d'ailes; le métathorax, qui porte

une paire de pattes et parfois une paire d'ailes. Les insectes ont toujours

leurs sexes séparés. La larve, au sortir de l’oeuf, doit subir une série de

métamorphoses pour arriver à ressembler aux parents. Par leur

intelligence et leur organisation, les insectes sont supérieurs aux autres

invertébrés. Les six, cent mille espèces d'insectes connus sont réparties

en huit ordres : les orthoptères (sauterelles), les névroptères (fourmislions),

les archiptères (les libellules), les hémiptères (les punaises), les

diptères (les puces), les lépidoptères (les papillons), les coléoptères (les

hannetons) et les hyménoptères.

Les hyménoptères (du grec : « humen », membrane, et « pteron », aile)

sont caractérisés par quatre ailes membraneuses.

Les hyménoptères forment la classe des insectes la plus hautement

organisée au point de vue de l'intelligence, à tel point que ses

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manifestations confondent la nôtre. Et pourtant nous ne connaissons

encore qu'imparfaitement leurs qualités, comme leur nombre d'ailleurs,

car les vingt cinq mille espèces connues permettent d'entrevoir le

nombre de deux cent cinquante mille espèces.

Les hyménoptères comprennent deux groupes : les térébrants et les

porte-aiguillon.

Les térébrants possèdent une tarière abdominale dont ils se servent

pour scier ou perforer les végétaux. C'est dans ce groupe que sont

classés les « cepus », dont on trouve la larve dans le chaume qui porte

l'épi de blé, et la « lydia piri », dont les larves filent une sorte de réseau

de soie englobant plusieurs feuilles de poiriers.

Les porte-aiguillon portent un aiguillon au bout de l'abdomen. Les uns

sont des parasites, dont la mission est souvent de détruire des insectes

nuisibles, ou des chasseurs comme la guêpe vulgaire ou le gros frelon,

dont les larves ont besoin d'un apport d'insectes ou de viande, et de

fouisseurs (philanthe apivore) qui fouillent souvent la terre pour y

trouver les larves dont ils se nourrissent, qui dévorent aussi beaucoup

d'abeilles.

Les autres sont des formicides ou fourmis, insectes les mieux doués au

point de vue de l'intelligence après les abeilles, et enfin les apides.

Les apides ou mellifères, ce sont les abeilles. Elles nourrissent leurs

larves de miel. Il y en a environ 1.500 espèces. Les unes vivent

solitaires, comme l'osmie, dans des trous de murailles, des cavités de

vieux bois. Les autres se réunissent en société, ce sont les abeilles

sociales : les bourdons, les mélipones et l'abeille ordinaire ou « apis

mellifica ».

Les bourdons (du latin « burdo », mulet), de grande taille, très velus, ne

vivent qu'en petits groupes et font leur nid sous la terre.

Les mélipones, très petites, vivent en colonies très nombreuses, parce

qu'elles ont plusieurs reines, mais seulement dans les pays tropicaux.

L'abeille ordinaire, « apis mellifica », est celle dont nous allons nous

occuper longuement.

Composition de la famille de l'abeille.

Les familles que forment les abeilles s'appellent colonies. Chaque

colonie comprend trois sortes d'individus

1° Une seule femelle, complètement développée et capable de pondre

assez d’oeufs pour assurer le maintien et l'accroissement de la famille

c'est la mère, appelée improprement « reine » ;

2° Les ouvrières ou femelles atrophiées, incomplètement développées,

en nombre considérable, cent mille et plus;

3° Des mâles, qui n'apparaissent normalement que pendant la saison

des essaims et disparaissent dès que cessent les apports du miel. Leur

nombre varie de quelques centaines à quelques milliers.

Tailles comparatives.

La mère, les ouvrières et les mâles varient de taille. Le tableau cidessous

la donne approximativement

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Transformations comparatives.

Les habitants de la ruche se transforment de façons différentes.

La reine est sous forme d'oeuf pendant trois jours, de larve pendant cinq

jours, de nymphe (dans cellule operculée) pendant huit jours. La

naissance a lieu le seizième jour. Elle est fécondée vers le septième

jour après sa naissance. Elle commence à pondre deux jours plus tard,

soit au minimum vingt-cinq jours, le plus souvent trente jours après la

ponte de l'oeuf.

L'ouvrière est sous forme d'oeuf pendant trois jours, de larve pendant

cinq jours, de nymphe (dans cellule operculée) pendant treize jours. La

naissance a lieu le vingt et unième jour. Elle reste dans la ruche,

comme nourrice ou cirière, environ quinze jours. Elle commence à

butiner trente à trente-six jours après la ponte de l'oeuf.

Le mâle est sous forme d'oeuf pendant trois jours, de larve pendant six

jours et demi. La naissance a lieu le vingt-quatrième jour. Il est apte à

la reproduction vers le cinquième jour après sa naissance, soit environ

un mois après la ponte de l'oeuf.

N. B.

Si l'on supprime la mère d'une colonie, laissant aux abeilles le soin de

la remplacer, celles-ci, pour épargner du temps, opèrent presque

toujours sur des larves âgées de deux jours, de sorte que les jeunes

reines arrivent à terme le douzième jour après l'enlèvement de la vieille

reine.

LA MÈRE

Nom de la mère.

D'anciens auteurs enseignaient que les colonies d'abeilles sont

gouvernées par des rois. Nous savons aujourd'hui qu'il existe dans

chaque colonie une reine, ou mieux une mère, car, de fait, cette reine

n'est qu'une femelle complète, fécondée, capable d'assurer par sa ponte

l'avenir de la famille. Le grand chef de la colonie c'est l'intérêt général.

Nous nous conformerons toutefois à l'usage : la mère de la colonie,

nous l'appellerons reine.

Nombre de reines.

Généralement, il n'y a qu'une reine dans une colonie. Plusieurs fois,

pourtant, nous avons vu deux reines dans une colonie. D'autres

apiculteurs ont affirmé en avoir vu trois. Ces exceptions peuvent se

produire dans plusieurs cas. Une reine trop vieille n'a plus l'énergie

d'aller tuer sa fille à sa naissance, comme son instinct l'y avait poussée

antérieurement. Ou bien, on a introduit successivement plusieurs reines

dans une colonie qu'on croyait orpheline. Les reines se sont trouvées

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séparées, poussées par les abeilles, dans des directions différentes. De

fait, elles ont formé dans la colonie des groupes différents, ayant

chacun les éléments d'une colonie. Cet état disparaît aussitôt que les

groupes se rapprochent l'un de l'autre, soit par le développement des

deux groupes, soit par l'arrivée du froid. Le désordre créé par la sortie

des essaims secondaires favorise la présence momentanée de plusieurs

reines écloses en même temps.

Antipathie des reines.

Quand deux reines se rencontrent, elles se précipitent l'une sur l'autre.

La plus forte, ou la plus habile, transperce la plus faible d'un coup

d'aiguillon dans l'abdomen. La mort en est la conséquence. Parfois, les

deux reines se transpercent mutuellement, comme il arrive à deux

duellistes, et se tuent.

Cette antipathie existe entre toutes les reines, qu'elles soient fécondées,

vierges ou même encore enfermées dans leur cellule.

Quand les abeilles élèvent des reines pour un motif quelconque, elles

édifient plusieurs cellules royales, dix à quinze. Or, la reine éclose la

première se hâte d'atteindre les alvéoles où ses soeurs préparent leur

naissance, et elle les frappe de son dard.

Je vois là un moyen de sélection sévère, donné à l'abeille par la nature.

Une seule reine est conservée sur dix ou quinze. Or, cette reine, c'est

celle qui, la première, est parvenue à soulever le couvercle de sa cellule

: c'est la plus vigoureuse.

Disparition de la reine.

Dans la visite des ruches, on voit fréquemment une pelote d'abeilles

serrées fortement. Si on écarte ces abeilles par la force ou par une

fumée très abondante, on trouve au milieu une reine. Une telle reine est

dite emballée.

Cette étreinte des abeilles a pour cause la joie ou l'antipathie.

Quand l'apiculteur a maintenu la reine trop longtemps séparée de la

colonie, quand il n'a pas favorisé assez vite la sortie d'une reine de la

cage d'introduction, quand il y a pillage et danger pour la reine, les

abeilles, dans leur joie excessive, s'empressent autour de la reine

aussitôt qu'elles le peuvent, elles la serrent, l'étreignent et l'étouffent.

D'autres fois, cette étreinte a pour cause l'antipathie; elle est

accompagnée de coups de dards et suivie d'une mort plus rapide.

Ce fait a lieu pour les vieilles reines infécondes, peu de temps avant

l'éclosion de leur remplaçante; pour les reines dont l'apiculteur, en les

conservant trop longtemps entre les doigts ou dans la main, a changé le

parfum particulier qui permet à leur peuple de les reconnaître; pour les

jeunes reines qui, au retour de la fécondation, entrent dans une ruche

étrangère trop rapprochée.

Conséquences de la disparition de la reine.

La colonie dépourvue de reine est appelée orpheline. Si la reine

disparue n'est pas remplacée par l'apiculteur ou par les abeilles, la

population de la colonie diminue rapidement, jusqu'à disparaître.

Importance de la reine.

Sa présence est nécessaire puisque, seule, la reine pond les neufs

destinés à assurer la perpétuité de la famille. Aussi la nature a-t-elle

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pris toutes les mesures pour protéger sa vie.

L'accouplement de la reine a lieu en vol, dans les airs. Ces

circonstances rendent cet acte dangereux pour un insecte aussi fragile

que l'abeille. Aussi est-il unique.

L'abeille ne rencontre le mâle qu'une seule fois dans sa vie. Et plus

jamais, par la suite, elle ne quittera ses rayons, si ce n'est au milieu d'un

essaim qui va fonder un nouveau foyer.

Durée de la vie de la reine.

La durée de la vie de la reine est de quatre à cinq ans; c'est environ

cinquante fois celle des ouvrières, nées au commencement de la

miellée. Comme la poule, c'est la deuxième année qu'elle pond le plus.

Age de la reine.

Il est assez facile de distinguer les vieilles reines des jeunes. Les jeunes

reines d'un à deux ans ont l'abdomen plus gros, parce que gonflé

d’oeufs, leurs ailes sont intactes; leur tête et leur corps sont couverts de

poils, leurs mouvements sont vifs. Les vieilles reines de trois ans sont

glabres; leurs ailes sont frangées; leur démarche est lente.

Autorité de la reine.

C'est une erreur de croire que la reine dirige la construction des rayons

et distribue le travail aux ouvrières. Le rôle de la reine est tout

simplement de pondre.

Il n'en est pas moins vrai que la présence de la reine est indispensable à

l'activité de la colonie. Vu l'importance du rôle de la reine et la gravité

de sa perte, dès qu'une ruche est orpheline, les ouvrières s'inquiètent,

s'appellent, courent de tous côtés à la recherche de la reine; elles

travaillent moins, elles deviennent acariâtres. La situation s'aggrave

encore s'il n'y a pas dans la ruche du couvain jeune permettant d'élever

une autre reine.

Aussi, dans une colonie qui meurt de faim, c'est la reine qui survit le

plus longtemps, sans doute parce que la reine est plus forte et plus

résistante, mais aussi parce que les abeilles lui ont réservé la dernière

goutte de miel.

Imperfections de la reine.

La reine ne possède ni les organes sécréteurs de la cire, ni les appareils

de récolte du pollen et du miel.

La reine ne sait même pas s'alimenter elle-même. Si on l'enferme seule

dans une boîte avec du miel à sa portée, elle meurt de faim à côté du

miel.

Il paraît en être de même dans la ruche. Les ouvrières fourniraient à la

reine, pendant la ponte, une bouillie déjà élaborée par une première

digestion, composée de miel et de pollen; en dehors de la ponte, du

miel pur. Toutefois, d'après le docteur Miller, ce n'est pas l'ouvrière qui

fait passer la nourriture dans la bouche de la mère, parce que le

dégorgement de la nourriture n'est possible qu'avec la langue repliée en

arrière. C'est au contraire la reine qui introduit sa langue dans la

bouche de l'ouvrière pour prendre dans son jabot la bouillie toute

préparée.

Caractère de la reine.

- 15 -

La reine est extrêmement timide et craintive. Le moindre bruit insolite

l'effraye. Elle se cache souvent dans les recoins de la ruche où on peut

l'écraser, où, en tout cas, il est souvent difficile de l'apercevoir. La

reine n'ose même faire usage de son dard, sauf contre les jeunes reines.

Aspect de la reine.

L'aspect de la reine permet de la trouver facilement. Elle est plus

grosse et beaucoup plus longue que l'ouvrière. Son abdomen, de

nuance plus claire, dépasse longuement les ailes. Sa démarche est plus

majestueuse. Elle se distingue également du mâle par son corps plus

svelte. Le mâle a le bout de l'abdomen plus obtus et plus couvert de

poils, les ailes plus longues que l'abdomen.

Moyen de trouver la reine.

Dans la Ruche Populaire avec la grille à reine, nous avons un moyen

mécanique, absolu, de trouver la reine rapidement sans danger pour

celle-ci, et sans que l'apiculteur ait de grandes connaissances apicoles.

Dans les ruches à cadres, il y a un autre moyen qui nous a toujours

réussi dans notre élevage, pour trouver rapidement un grand nombre de

reines, chaque jour de la belle saison.

Pendant la saison de ponte, la reine paraît traverser chaque jour

l'espace occupé par le couvain, pour pondre dans toutes les cellules

libres et allonger le groupe de couvain, suivant les possibilités. A

minuit, la reine doit être toujours au milieu. En tout cas, à midi, la reine

est toujours à une extrémité du couvain, un jour à droite, un jour à

gauche. Il importe, pour n'avoir pas de mécompte, de ne pas effrayer la

reine par des mouvements trop brusques ou par une fumée trop

abondante, comme aussi de remettre toujours la reine sur le cadre où

elle a été trouvée. Si on n'opère pas à midi, la reine est aussi éloignée

de l'extrémité du couvain que l'est de midi l'heure de l'opération.

Certitude de la présence de la reine.

Même sans l'avoir vue on est certain de la présence de la reine dans

une ruche s'il s'y trouve du couvain d'ouvrières en larves, mais plus

particulièrement en neufs nouvellement pondus et aussi si les abeilles

vont et viennent, apportant du pollen au retour.

Odeur de la reine.

On attribue à la reine une odeur forte, tenant de la mélisse, particulière,

que les abeilles de la colonie prendraient plus ou moins.

LES MÂLES

Nom des mâles.

Les mâles sont généralement appelés faux bourdons, parce qu'en volant

ils font entendre un bruit plus fort que celui de l'abeille et tout à fait

différent. Ce nom distingue aussi les mâles des bourdons des champs.

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