Sous la direction d’Alphonse Maindo, Richard Banégas, Guillaume Girard





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II- Entrepreneurs diasporiques et formation d'une identité communautaire citoyenne :


L'existence d'une communauté togolaise en France passe en premier lieu par des dynamiques socioculturelles. Mais il faut également aborder les aspects sociopolitiques de la formation de cette entité communautaire. En effet, les associations qui souhaitent coordonner ou fédérer les membres et les organisations de la diaspora togolaise jouent à leur tour un rôle important dans l'entretien de relations sociales entre les Togolais de France et par là même dans la formation d'une communauté togolaise citoyenne en France. Or, ce processus passe avant tout par un travail rhétorique, politique et citoyen.

A- Les entrepreneurs diasporiques et la formation des associations de la diaspora :


Les associations diasporiques jouent donc un rôle important dans la production d'une identité communautaire togolaise en France. Toutefois, avant de s'intéresser directement à cette hypothèse, il convient de revenir sur les mécanismes qui régissent leur formation et leurs évolutions. Les associations diasporiques doivent notamment beaucoup aux actions combinées de quelques entrepreneurs.

1- Définition et portrait des entrepreneurs diasporiques togolais :



Il est difficile d’appliquer au sens strict les définitions données par Max Weber, Joseph Schumpeter ou Michel Offerlé au terme d’entrepreneur. Toutefois, l’on peut retenir quelques aspects. Il faut avant toute chose préciser que le terme d’entrepreneur diasporique ne se limite pas aux quelques présidents d’associations et à ces quelques figures médiatiques. Le terme d’entrepreneur peut aisément être élargi à tous les responsables d’associations, membres des bureaux exécutifs et généralement partie prenante dans d’autres associations ou organisations.

D’abord, dans l’optique de Schumpeter, on peut dire que les entrepreneurs sont des pionniers de l’innovation sociale et politique puisque ce sont eux qui créent les associations diasporiques. Il faut en outre noter que le poste de responsable d’association n’est pas le fruit, ou la rétribution directe, d’une activité militante passée. On peut également affirmer, dans l’optique de Weber, qu’ils ne vivent pas de l’entreprise diasporique, mais plutôt pour celle-ci, puisque l’activité diasporique au sein d’associations à but non lucratif ne donne pas accès à des revenus économiques. Cela n’empêche toutefois en rien qu’ils bénéficient de récompenses symboliques à cette activité.

Si l’obtention de postes dépend uniquement de leurs propres actions, cela implique que les entrepreneurs possèdent des ressources, des ressources économiques et financières et/ou des ressources en termes de capital social. Les ressources matérielles sont acquises notamment par les statuts socioprofessionnels qu’ils occupent. Tous les entrepreneurs rencontrés occupent ainsi des emplois rémunérateurs : Joël Viana est un ingénieur consultant, Camille Lawson-Body est un expert comptable et un chef d'entreprise, Martin Amouzou est un chirurgien oto-rhino-laryngologue, Brigitte Améganvi est une consultante en stratégie, Cyrille Kudjawu est médecin, Emile Djakpah est chercheur dans un cabinet de virologie, etc. On compte également beaucoup d’ingénieurs informatiques dans les associations diasporiques183. Il est vrai que ce sont les moyens financiers de leurs fondateurs qui permettent aux associations diasporiques de subsister. Une des premières questions posées lors du débat organisé par Synergie-Togo concernait justement les moyens d'existence de l'association. Le président Camille Lawson-Body a alors expliqué que Synergie vivait pour le moment de quelques économies et des premières cotisations184, tout en précisant que les fondateurs avaient dû mettre « la main à la poche ». Or, cette réunion était organisée dans une grande salle de conférence dotée d'infrastructures neuves et nombreuses louée par l'association. De plus, plusieurs caméras étaient présentes pour filmer la conférence et l'association a payé les frais de transport et d'hébergement de Jean-Claude Delava Codjo. Ces réunions, même si elles n'ont pas une fréquence forte ont un coût non négligeable que les associations diasporiques, et plus précisément les entrepreneurs, doivent donc assumer.

De plus, le capital social peut être mobilisé grâce aux nombreux contacts associatifs et partisans qu’ils ont entretenu au sein de leur carrière militante. Ainsi se crée autour d’eux un réseau de contacts togolais et français non négligeable185. Dans le cas des entrepreneurs diasporiques, ces liens existent. Emile Djakpah, référent du MDTE, précisait ainsi : « Synergie on connait, c'est des amis aussi. On a toujours travaillé ensemble. Brigitte Améganvi, vous connaissez peut-être, j'ai travaillé avec Brigitte Améganvi y'a 20, 30 ans, on a toujours travaillé ensemble. »186.

L'usage de l'expression « entrepreneur » ne doit en rien enfermer ces responsables associatifs dans des relations concurrentielles puisque les associations diasporiques répondent aussi à des logiques collaboratives. Ainsi, la dimension de lutte pour les postes de direction est peu présente, notamment parce que les structures sont petites et permettent à tous les membres d’obtenir un rôle dans la gestion de l’association. Et si des relations conflictuelles ont pu être pressenties, on y reviendra, elles sont en général largement minimisées, les associations préférant donner l’image d’organisations qui coopèrent.

L’objectif de cette étude était au départ de pouvoir établir des statistiques autour de cet échantillon d’entrepreneurs. Toutefois, ce travail a été rendu impossible par les difficultés rencontrées dans les prises de contacts et dans la réalisation des entretiens187. Si l’établissement de données chiffrées est impossible188, il n’en reste pas moins important d’observer les informations obtenues.

En ce qui concerne Joël Viana, il a étudié les sciences économiques à l'université du Bénin de Lomé jusqu'en 1990. En tant que membre de l'Association Internationale des Étudiants de Sciences Économiques et Commerciales (AIESEC), il a pu effectuer un stage de fin de cycle en Allemagne à la Deutsche Bank. En 1992, il s'inscrit à l'université de Mannheim pour poursuivre son cursus de sciences économiques avant d'intégrer une école d'informatique. En 1998, il travaille dans une filiale allemande d'une entreprise d'informatique française. Lorsque celle-ci connaît quelques difficultés en 2002, il est muté en France. Il a par la suite effectué plusieurs missions pour des sociétés de service en ingénierie informatique (SS2I) au sein de grandes entreprises comme BNP Paribas ou Sanofi. Dans le domaine politique et associatif, en Allemagne et en France, il a été militant du Parti Social-Démocrate (SPD) puis du Parti Socialiste, a été membre du CTR, a approché l'UFC et a collaboré avec Amnesty International. Enfin, il a été élu vice-président du bureau provisoire de la DTE avant de démissionner et de fonder avec quelques autres membres la DTF dont il est devenu le président. Il a été élu à plusieurs reprises à ce poste depuis 2005.

Quant à Camille Lawson Body, après un baccalauréat technique en comptabilité et gestion passé au lycée d’Adidogomé à Lomé, il s’est inscrit à l’école des cadres à Neuilly pour obtenir un Diplôme d'Etudes Comptables et Financières. Sa bourse n’ayant pas été délivrée parce que le régime suspectait la famille Lawson d’avoir participé à une tentative de coup d’Etat, Camille Lawson-Body a du arrêter momentanément ses études, travailler pour financer sa vie en France, avant de s’inscrire l’année suivante en IUT de Gestion et de passer en candidat libre les deux diplômes visés au départ. Stagiaire dans un cabinet de gestion qui faisait du conseil en création d’entreprises, il a fini par s’associer à deux collaborateurs pour racheter le cabinet qui allait liquider et a ainsi fondé le cabinet d’expertise comptable Egide. En 2005, il décide de s’engager pour le Togo et fonde avec des amis l’association Aube Nouvelle, qui visait au départ à soigner les blessés et réfugiés togolais et participe maintenant par le biais du micro-crédit ou de l’envoi de matériel au développement local du Togo. Par la suite, en réunissant tous ses contacts togolais en France, il a cherché à créer une association qui pourrait participer au changement politique au Togo. C’est ainsi qu’est née l’association diasporique Synergie-Togo.

Enfin, en ce qui concerne Brigitte Améganvi, l'actuelle vice-présidente de Synergie-Togo, elle fait partie des figures centrales de l'opposition patriotique togolaise des années 1990. Elle fut secrétaire général de la LDTH en France. Après la mort de Gnassingbé Eyadéma, elle participe à la fondation du mouvement Initiative 150. Ce groupe de réflexion souhaitait former une coalition contre le « coup d'État » à venir et alerter l'opinion publique internationale sur les dangers imminents qu'ils prévoyaient lors des élections de 2005. Aujourd'hui, elle est « consultant stratégie ». De plus, elle est la sœur cadette d'une autre personnalité célèbre de l'opposition, Claude Améganvi. Architecte de formation, il rejoint dans sa jeunesse, les mouvements étudiants d'opposition au régime togolais en France. Il fonde en 1988, l'Organisation des Travailleurs du Togo pour la Démocratie (OTTD). Exilé en France, il revient dans la période d'accalmie et devient délégué à la Conférence Nationale de 1991 puis membre du Haut Conseil de la République, sorte de Parlement provisoire. Il s'exile à nouveau, au Bénin cette fois, de décembre 1991 à 1997. En 1998, il est nommé secrétaire général chargé de la coordination nationale du Parti des Travailleurs (PT) du Togo. En août 2002, il est accusé d'être l'auteur d'un article sur la fortune présidentielle d'Eyadéma et de son fils Faure. D'après l'article mis en cause, Eyadéma serait bien placé dans le classement Forbes, ce que Forbes dément par ailleurs. Eloi Koussawo, membre du M05, revendique pourtant la paternité de l'article. Après un entretien avec le ministre de l'Intérieur, Claude Améganvi est arrêté, puis jugé. Condamné à 5 années de prison, il fut « prisonnier politique » pendant 6 mois et fut relâché de manière anticipée en février 2003.

2- Quelques traits caractéristiques des entrepreneurs diasporiques :



Les entrepreneurs diasporiques sont donc eux-mêmes très largement pris dans ces tensions identitaires décrites plus haut. Leur parcours révèle une forte intégration en France mais également un attachement au Togo, attachement signifié par leur engagement dans ces dynamiques diasporiques.

L'étude de ces quelques parcours permet également d'apercevoir à quel point les associations diasporiques sont redevables de l'action d'un petit groupe d'individus dont le parcours est marqué fortement par la multiappartenance militante et partisane189. Si l'on regarde la composition des bureaux des associations, on s'aperçoit qu'une partie non négligeable des membres a été militant politique190, membre fondateur d'autres entreprises associatives antérieures ou parallèles191, ou a fait partie de médias en ligne togolais192. Cette multiappartenance fait écho à celle qui prévaut au sein des partis et associations togolaises au Togo193. Les associations diasporiques peuvent donc être vues, dans une certaine mesure, comme le reflet de liens sociaux existants194. Les évolutions structurelles de ces associations ne répondent donc pas qu'à des schémas politiques, stratégiques ou idéologiques, mais bien aussi à des interactions entre personnes. C'est ce qui peut expliquer en partie le caractère mouvant de ces associations.

D'ailleurs, ce sont également des interactions sociales qui offrent des opportunités et des ressources aux entrepreneurs diasporiques, au delà des positions sociales relativement privilégiées qu'ils occupent dans la société française. Ces parcours et ces expériences leur ont ainsi permis d'obtenir de nombreux contacts avec les milieux associatifs et politiques togolais195, français196 et européen197. De plus, ils possèdent généralement une certaine visibilité médiatique, que ce soit au Togo ou au sein de la diaspora togolaise en France. Même s’il est difficile de cartographier tous ces contacts et ces liens sociaux, ils se manifestent et se matérialisent parfois et nous donnent ainsi à voir des preuves de leur existence. Ainsi, la journée citoyenne du MDTE s’est déroulée au siège de l'association « Ni putes, ni soumises » alors que l'une des cadres de l'association est togolaise. Le CTR a organisé quant à lui son meeting-débat dans les locaux de l'AGECA, association créée en 1974 et implantée dans le 11ème arrondissement de Paris198. Cette association qui vise à aider et accompagner la vie associative et militante met à disposition des associations qui en sont adhérentes des salles pour les réunions. Or, l'AGECA accueille notamment de nombreuses « associations de ressortissants de migrants » maliens, ivoiriens ou mauritaniens. Quand à la deuxième conférence de Synergie-Togo, elle a été organisée le 16 mai 2009 dans la salle de réunion du groupe socialiste au Palais-Bourbon. Si Michel Dubreuil a tenu à préciser que cette possibilité avait été offerte par le groupe d’amitié parlementaire France-Togo, la tribune a remercié particulièrement Michel Dubreuil et les socialistes français. Tous ces points sont autant d’indices des réseaux sociaux entretenus par les entrepreneurs diasporiques ou des « transactions collusives »199 qui peuvent exister.

Enfin, il est à noter que ces entrepreneurs sont souvent désignés, voire plus vraisemblablement auto-désignés, comme une génération de jeunes opposants. En effet, nombre d'entre eux ont fait partie de l'opposition politique et de la jeunesse étudiante des années 1970-1990 et ont suivi un parcours proche. Ils se considèrent donc comme étant la génération de la « relève », une sorte de nouvelle promotion qui a succédé à l'action des aînés. Lors du meeting-débat du CTR, le vice-président Daniel Kouevi-Akoe déclarait « notre génération doit réagir pour poursuivre l'œuvre de nos pères ». Karl Gaba, porte-parole de Synergie, encourageait la jeune génération qui « doit pousser les vieux combattants »200. Précisons toutefois que ces entrepreneurs qui forment la jeune opposition ont tous, ou presque tous, entre 40 et 50 ans aujourd'hui.

3- Les associations diasporiques des années 1970 à nos jours : des structures modestes, non représentatives mais ambitieuses :



Même si les associations diasporiques togolaises en France ne se résument aujourd’hui qu’à trois structures, il est à noter que ce phénomène n'est pas nouveau. Toutefois, tous les acteurs interrogés ont laissé entendre que la plupart des structures créées l’avaient été pendant ou après la phase de forte mobilisation de 2005. Mais ce fait ne doit pas occulter la présence de mouvements antérieurs qui se trouvaient à la frontière entre organisation partisane et mouvement diasporique citoyen. Ainsi, Comi Toulabor décrit le Mouvement des Togolais pour la Démocratie qui fut une des premières associations de la diaspora togolaise en France201. Né selon la légende d'une réunion clandestine à Lomé en janvier 1979, le mouvement était principalement implanté à Paris et était semble-t-il constitué de politiciens, de soldats, de policiers et de syndicalistes. Ce rassemblement devait servir à réunir un front unique de l'opposition patriotique. Le MTD revendiquait pas moins de 3 500 sympathisants, alors que l'on comptait seulement 4 500 togolais en France. Mais Comi Toulabor le décrit comme un mouvement groupusculaire tournant autour de la personnalité de Gilchrist Olympio et de quelques anciens alliés d'Eyadéma. Il ajoute qu’il y a un écart flagrant entre « l’idéologie rudimentaire » du MTD et sa « base militante virtuelle »202. Tètè Tete parle d'eux comme d'un groupement de « nostalgiques d'Olympio » qui ne comptait pas plus d'une dizaine de militants sans moyens et qui ne faisait que publier à l'occasion la « revue » Ablodé203. Dissout en 1983, le mouvement a continué à revendiquer des actions jusqu'en 1985. Lorsqu’un de ses anciens membres a pris la parole lors du débat de la deuxième conférence de Synergie-Togo, Karl Gaba, porte-parole de Synergie, a pourtant salué le grand travail réalisé par ce mouvement de la diaspora.

Tètè Tete cite d'autres mouvements de ce type nés durant la même période : le Front Démocratique pour la Libération du Togo (FDLT), le Mouvement National pour la Révolution au Togo (MNRT) ou le Parti Populaire pour la Démocratie et le Développement (PPDD).

De plus, il faut noter que les premières initiatives proches des dynamiques diasporiques actuelles restaient principalement dans l'orbite des associations étudiantes africaines en France. C'est le cas de la Fédération des Étudiants d'Afrique Noire en France (FEANF), née lors des assises des Congrès constitutifs de Lyon les 5-7 avril 1950 et de Bordeaux les 28-30 décembre 1950. L'Association Générale des Étudiants Africains de Paris (AGEAP) avait par ailleurs eu un grand rôle dans la naissance de cette association étudiante, détachée de toute union avec les syndicats de travailleurs, et qui luttait pour le changement politique et l'indépendance en Afrique.

Le tableau de ces quelques expériences diasporiques fait dire à Jean Yaovi Dégli que la diaspora est totalement inorganisée. Il en dresse d'ailleurs dans son ouvrage un portrait très critique et explique que les organisations qui ont voulu rassembler la diaspora ont rarement passé le cap de leur création204. Propos en partie confirmés par l'analyse de Comi Toulabor qui souligne la faible consistance de ces mouvements205.

En effet, les associations diasporiques comptent en général très peu de membres. Si la question a été souvent éludée dans les entretiens206, il n’en reste pas moins clair que ces structures sont constituées, dans la marge la plus optimiste, de moins d’une centaine de membres. La distinction floue entre membres, adhérents ou sympathisants est d’ailleurs une arme efficace pour éviter ce sujet. Camille Lawson-Body expliquait ainsi que Synergie-Togo, qui n’est qu’une association naissante, compte aujourd’hui huit membres actifs qui font partie du conseil d’administration207. Quant à Emile Djakpah, en restant très allusif, il montrait que le nombre d’associations actives membres du MDTE diminuait sensiblement depuis 2005. Enfin, sur les forums togolais en ligne, certains accusateurs de la DTF écrivaient que la DTF, à cause de la scission avec le MDTE, ne comptait plus en 2006 que 6 membres208. De plus, les réunions et conférences organisées par ces associations ne mobilisent que relativement peu d'individus209.

En outre, les entrepreneurs diasporiques tentent de donner une image de diversité dans la composition de leurs associations. D’après eux, les adhérents et sympathisants viennent de tous les horizons. Ainsi, Joël Viana expliquait: « y'a un peu de tout, y'a des cadres supérieurs, y'a des cadres, y'a des employés, y'a des chômeurs (rires). Y'a un peu de tout. Bon donc, en fait dans nos réunions on rencontre principalement le milieu des cadres, des cadres supérieurs, des avocats, des médecins, des informaticiens. Et puis des employés simples, des techniciens de surface. »210. Toutefois, les exemples donnés pour illustrer cette supposée diversité confirment bien que les membres sont majoritairement des individus qualifiés et diplômés211.

Enfin, il faut dire un mot de la question centrale de la représentation de ces mouvements, critiqués pour leur faible ampleur. En effet, il est important de préciser que ces associations ne se disent en rien représentatives de la diaspora togolaise en France ou dans le monde. Même si l’usage même du terme « diaspora », comme l’a reconnu Emile Djakpah212, laisse planer une certaine ambiguïté, le but n’est en rien de se placer en représentant. Emile Djakpah en donnait une illustration claire : « Justement pour répondre à la première question [concernant la représentativité de ces associations]... tout de suite je dirais que non. La communauté togolaise dans son ensemble, même africaine globalement, d'une façon générale, ne se voit pas membre ipso facto de ce mouvement, ne se voit pas d'emblée membre de ces mouvements. Et je ne me permettrais pas de dire que nos associations sont représentatives de la communauté togolaise, tout comme d'autres associations africaines en sont pas représentatives de la diaspora africaine, ce serait trop prétentieux d'avancer ça. »213. Il n’en reste pas moins que ces structures monopolisent actuellement l’espace médiatique togolais en France.

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