Parcours en protection de l’enfance





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8èmes ASSISES NATIONALES DE LA PROTECTION DE L’ENFANCE

Parcours en protection de l’enfance

PROTÉGER C’EST PRENDRE DES RISQUES

Comment mieux les assumer pour mieux agir ?


AVERTISSEMENT : ces verbatim sont rendus publics pour permettre au plus grand nombre de bénéficier de la richesse des débats des Assises, mais nous attirons votre attention sur le fait qu’il s’agit d’une restitution brute des propos prononcés non revue par leurs auteurs, et à replacer dans un contexte de prise de parole publique orale à un moment spécifique. Une synthèse des propos plus lisible est disponible dans le Bulletin de la protection de l’enfance d’octobre 2015 (www.lebpe.fr)
Atelier 5 : SORTIE DU DISPOSITIF (JEUNES MAJEURS)

Quelles innovations, quelle prise de risques ?
■ Pour les jeunes accompagnés en protection de l’enfance jusqu’à leur majorité, en particulier lorsqu’ils sont placés, l’anniversaire des 18 ans est souvent une échéance angoissante.

Comment mieux anticiper leur prise d’autonomie ? Comment, malgré le poids des normes, mieux les préparer à cette autonomie dans les actes de la vie quotidienne ? Comment construire avec eux leur projet de vie future en acceptant le risque de déceptions, voire d’échecs ? À l’arrivée de la majorité, quelles perspectives nouvelles leur offrir, en particulier lorsque ce sont les plus fragiles ? Et avec quels acteurs coopérer au-delà des professionnels ? Ou comment prendre le risque de dissocier l’inévitable sortie du dispositif de la fin de toute “protection”...
MODÉRATEUR : Mohamed L’Houssni, directeur de l’association A.Rétis.

RAPPORTEUR : Gilles Séraphin, directeur de l’Observatoire national de l’enfance en danger (Oned).

DISCUTANTS :

Claude Le Merrer, secrétaire général de la Fédération nationale des Associations d’entraide des personnes accueillies en protection de l’enfance (Fnadepape).

Jean-Jacques Zeza-Redon, directeur du Foyer éducatif Céline Lebret (87).
EXPÉRIENCES OU TRAVAUX PRÉSENTÉ(E)S :

Créer une relation de confiance et d’aide entre un jeune et un parrain : exemple dans le Finistère, par Marie-Christine Le Clézio, directrice adjointe Enfance-Famille du Département du Finistère, Sylviane Gorret, membre de l’Adepape du Finistère, et Marie-Renée de Kéroulas de France Bénévolat.
Un nouveau mode de gouvernance pour mettre en œuvre un accompagnement renforcé pour les jeunes les plus en risque de précarisation : l’expérimentation d’accompagnement vers l’autonomie menée par la Protection Judiciaire de la Jeunesse et ses partenaires locaux en Meurthe-et-Moselle. Par Myriam Pétrel, conseillère technique à la direction territoriale PJJ Lorraine Sud, et Sarah Simon, éducatrice missionnée sur le projet.

Mohamed L’Houssni :

J’ai essayé de voir si au niveau du son c’est bon, si on garde des micros ou… (Est-ce que comme ça on s’entend ? Parce qu’on n’est pas nombreux…) Avec micro ? Avec micro.

Merci d’être venus à cet atelier 5, sur les sorties du dispositif. Donc je suis Mohamed L’Houssni, le modérateur de l’atelier. Par ailleurs, je suis directeur d’une association de protection de l’enfance. Je vais vous présenter un peu le déroulé. On est là ensemble jusque 12h15. Avec une présentation de deux expériences, et le souhait qu’il y ait beaucoup d’échanges avec vous.

Alors, dans le déroulé, le dispositif, nous avons avec nous deux discutants : Monsieur Jean-Jacques Zeza-Redon, qui se présentera tout à l’heure, qui est directeur… qui se présentera tout à l’heure ; Claude Le Merrer, qui est secrétaire général de l’ADEPAPE, la fédération nationale ; et Gilles Séraphin donc, qui est le rapporteur de l’atelier.

Ce qu’on a prévu, c’est que vers 12h10-12h15, il y ait un échange sur ce que va être rapporté, de façon à avoir un peu vos réactions. Donc l’exercice va être difficile, mais nécessaire, puisque Gilles va le faire, va préparer les choses de façon à faire une synthèse à chaud, sachant que ce qui a été demandé pour l’atelier, c’est de ne pas présenter les choses… voilà, sous forme de synthèse classique. Il y aura beaucoup de rapporteurs sur les ateliers. Donc d’essayer de trouver un angle chacun. Gilles ne sera pas seul, il sera aidé par deux étudiantes, qui sont là : donc, Rachel et Lysiane.

Et juste pour reprendre un peu, introduire l’atelier, peut-être comment ça a été présenté sur la plaquette.

On est sur les sorties du dispositif. On est là pour discuter du parcours de ces jeunes en protection de l’enfance, pour qui la date anniversaire peut être angoissante, présenter une épreuve, voire une rupture. Donc la question c’est comment on accompagne ces jeunes-là ? Comment on construit avec eux leur projet ? Comment on aide ceux qui n’ont pas de projet ?

En sachant un peu, en posant un peu, mais vraiment à grands traits, les choses, c’est-à-dire qu’on vit une situation, on voit que par rapport à la population générale, les jeunes restent de plus en plus longtemps dans leurs familles. On nous dit qu’en France, en gros, la moyenne c’est jusqu’à 24 ans et quelques à la maison. Les jeunes en protection de l’enfance, eux, changent de statut à 18 ans. A 18 ans il n’y a plus d’obligations. Comment aider ces jeunes-là, alors que eux, par leur parcours, cumulent parfois plus de fragilités, par rapport à d’autres jeunes qui eux restent plus longtemps à la maison. Est-ce que tous les jeunes ont les mêmes chances ? Ou est-ce que, d’une certaines manière, on n’est pas un peu plus exigeants avec ceux qui sont le moins armés ? Ça c’est une question.

Ils bénéficient d’une aide, mais ce n’est pas une aide obligatoire, l’aide aux jeunes majeurs. Certains donc dans l’atelier préciseront des choses. Ce n’est pas obligatoire. Donc ça rend compliqué, parce que pour pouvoir bénéficier de cette aide-là, eh bien il faut pour beaucoup de jeunes il faut pouvoir présenter un projet, avancer des garanties, des choses comme ça.

Donc dans cet atelier, on s’est interrogé sur quelques éléments clés, à savoir les politiques publiques avec des traitements qui sont différents selon les territoires ; des dispositifs qui sont pluriels, certains sont des dispositifs qui sont complètement axés sur l’accompagnement des jeunes majeurs ; d’autres, des dispositifs généralistes, donc en ne faisant pas la différence ; sur des parcours multiples de jeunes, avec des jeunes qui vont avoir, on a souvent le focus sur ceux qui ont des projets d’études, mais il y a aussi ceux qui n’ont pas de projet, et qui se retrouvent à 18 ans sans projet.

On pourrait reprendre la typologie de Catherine Sellenet hier, sur certains mômes. Et puis, ces mômes qui ont des relations avec des adultes, donc à la fois des professionnels, mais aussi des gens de la société civile, des gens… Alors il y a pas mal d’expériences sur le parrainage. Donc voilà un peu les éléments comme ça qui vont encadrer la discussion et l’échange autour de cet atelier.

Mais avant, je veux juste laisser deux minutes, enfin même un peu plus, à Gilles, qui est le directeur de l’ONED, parce que l’ONED a fait un travail remarquable sur cette question, pas cette année mais il y a longtemps, vraiment une belle synthèse. Et je trouve qu’à l’intérieur de ce document-là, toutes les questions sont posées. Y compris en termes de propositions.

Et juste pour finir, hier on a entendu la ministre, ça veut dire que cet atelier, vous êtes 173 a priori dans cette salle-là, on vous remercie d’être là, parce que c’est vraiment une question essentielle, majeure, pour les majeurs. Parce que 18 ans c’est quand même un peu l’heure des comptes. Sur qui je peux compter, pour qui je compte. Et, là dedans, ton rapport je le trouve très, très bien.
Gilles Séraphin :

Merci beaucoup Mohamed. Donc bonjour à tous.

Alors, Gilles Séraphin, directeur de l’ONED, l’Observatoire national de l’enfance en danger. Effectivement, à l’ONED, nous fonctionnons…, nous faisons des études. D’ailleurs, il y a un stand de l’ONED dans le hall principal, et vous pouvez avoir accès à ces différentes études. Alors elles sont aussi sur internet en libre accès. J’en profite aussi pour faire un peu de la pub pour notre lettre électronique mensuelle : donc vous pouvez vous inscrire sur le site, sur la lettre électronique, et comme ça vous pouvez recevoir tous les mois l’actualité de la protection de l’enfance, avec notre lettre électronique.

En ce qui concerne ce rapport, effectivement c’est un rapport qui a été donc rendu public en janvier 2015. Il s’accompagne aussi d’une revue de littérature internationale, qui est publiée, alors pas en format papier, par la Documentation française, comme ce rapport, mais seulement en format électronique, qui est parue en octobre, fin octobre début novembre 2014.

Donc ce rapport, c’est vraiment…, comme chaque fois à l’ONED nous essayons d’articuler plusieurs choses. Nous essayons d’articuler, on va dire, les acteurs de la protection de l’enfance donc sur les dispositifs, nous étudions quand même beaucoup les dispositifs, ce qui se fait, les pratiques professionnelles et les pratiques institutionnelles. Et nous articulons cela aussi avec la recherche. Donc il y a vraiment différents résultats de recherches, de pratiques, etc., et il se conclut par des préconisations, aussi bien au niveau juridique, sur le plan institutionnel, sur le plan des pratiques professionnelles, et aussi sur le plan de la recherche. Donc je vous invite vraiment, - a priori comme vous êtes dans cet atelier, vous êtes intéressés par ces thèmes – à télécharger ce rapport. Et si jamais il en reste encore quelques uns sur le stand de l’ONED tout à l’heure, eh bien vous pourrez aussi avoir à disposition ce rapport. Voilà, je crois, brièvement présenté, cela. Et ces différentes expériences d’ailleurs sont mentionnées dans le rapport.
Mohamed L’Houssni :

Merci Gilles. Je vous l’ai dit tout à l’heure, on va jusque 12h20 ensemble.

Alors, le thème c’est sur la prise de risques. On a pris le risque d’une pause. Deux expériences, deux discutants, vous. On part jusqu’à 10h et demi avec la première expérience.

Cette première expérience, c’est Madame Myriam Pétrel et Madame Sarah Simon qui vont la présenter. Toutes les deux ont une expérience de professionnelles en PJJ, sont chargées de mission d’une expérimentation qu’elles vont développer. Vraiment quelque chose qui sort un peu de l’ordinaire, et c’est pour ça, parce que sinon on ne vous aurait pas demandé de venir présenter. Mais je vais vous laisser la parole, je vais vous laisser présenter. On a l’idée vraiment d’axer les choses dans les présentations sur les constats, ce que vous développez, et puis les enseignements que vous en tirez. A vous la parole, mesdames.

Un nouveau mode de gouvernance pour mettre en œuvre un accompagnement renforcé pour les jeunes les plus en risque de précarisation : l’expérimentation d’accompagnement vers l’autonomie menée par la Protection Judiciaire de la Jeunesse et ses partenaires locaux en Meurthe-et-Moselle. Par Myriam Pétrel, conseillère technique à la direction territoriale PJJ Lorraine Sud, et Sarah Simon, éducatrice missionnée sur le projet.
Myriam Pétrel :

Donc, il me revient de commencer. Ce n’est pas simple. Voilà, bonjour.

Alors c’est toujours important pour moi de dire d’où je parle. Donc c’est vrai que par rapport à cette population de jeunes majeurs, moi je parle d’une expérience de professionnelle, éducatrice à la Protection judiciaire de la jeunesse. Et majoritairement en milieu ouvert. Donc j’ai rejoint un poste de conseiller technique à la direction territoriale de Meurthe-et-Moselle – Meuse – Vosges, donc à l’autre bout de la France, de l’autre côté, en septembre. Et donc avec ce poste, j’avais sur 50% du temps de travail un missionnement sur l’expérimentation qu’on va vous présenter.

Moi, ce qui m’a semblé intéressant, important, ou en tout cas motivant, pour commencer cette expérimentation, c’était de dire que finalement, de ma pratique d’éducatrice –et ma collègue je crois partage ce point de vue, et le dirait aussi bien que moi- c’est qu’on s’est souvent posé la question de dire que finalement, ces jeunes qui ont dix-sept ans et demi, dix huit ans, dix huit ans et demi, dix neuf ans, à qui on impose une injonction d’autonomie, parce qu’on n’a pas le choix, parce qu’on n’a pas d’autre cadre, souvent, pour leur proposer autre chose. Je veux dire, de quel droit, finalement, on demande à ces jeunes ce qu’on n’oserait absolument pas demander à nos propres enfants ?

Voilà, donc c’était pour moi évidemment intéressant de pouvoir me pencher sur la question autrement. Et en tout cas, de pouvoir essayer d’aborder la question des solutions possibles. Je veux dire, même si - … mais là je ne vous apprendrai rien – il n’y a pas de miracle. On ne fait tous que des petits miracles. Voilà.

Sur le cadre, en tout cas, d’où vient l’expérimentation : donc, janvier 2013, adoption du plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, au niveau national. Et en tout cas déclinaison d’un volet jeunesse de ce plan. Volet jeunesse d’où découlent également des dispositions comme la garantie jeunes. Donc, on parle actuellement, sur des départements qui sont de plus en plus nombreux.

Ce qui me semble intéressant de dire, c’est que ce volet jeunesse, dans un premier temps, avec la question de trouver des départements expérimentateurs sur la question de mieux accompagner les jeunes vers l’autonomie, ne concernait au départ que les jeunes sortant de l’Aide sociale à l’enfance. Peut-être le point fort est de dire qu’en septembre 2013, il y a une note de cadrage conjointe de la Protection judiciaire de la jeunesse et de l’Aide sociale à l’enfance, qui a été de dire que finalement, ces jeunes ne concernaient pas que l’Aide sociale à l’enfance, mais c’est bien un souci commun, c’est bien une question commune, et c’est bien des difficultés communes.

Donc, je vais relire l’intitulé : l’expérimentation concerne à ce moment-là « les jeunes sortants », donc « sous main de justice ou sortants ». Voilà.

Donc les sept départements expérimentateurs, outre le département de la Meurthe-et-Moselle, parce que je ne sais pas d’où viennent les gens dans la salle, donc… c’est l’Essonne, les Hauts-de-Seine, l’Isère, les Landes, la Seine-Maritime et le Val-de-Marne.

L’option qui a été prise en Meurthe-et-Moselle, avec un comité de suivi qui était triple, moi c’est vraiment l’image du trépied : donc Aide sociale à l’enfance, Protection judiciaire de la jeunesse, et Service pénitentiaire d’insertion et de probation, a été de s’intéresser à la question des jeunes majeurs en utilisant l’angle d’attaque du suivi d’une cohorte de trente jeunes, enfin en fait ils sont vingt-neuf mais au départ c’était trente. Alors c’est une question qui a été beaucoup posée, en disant finalement comment peut-on, avec un aussi petit nombre, réussir à faire une étude sérieuse ? Je crois que la porte d’entrée, ça a permis de s’intéresser de façon très fine au parcours de ces jeunes, à qui ils étaient, et aussi surtout de comment les différents services qui les ont pris en charge les avaient accompagnés.

Donc c’est, je vais essayer de passer, pour aller à l’essentiel. Tu penses que j’ai oublié des choses ? Pour l’instant ? Non. Voilà.
Je présente également, c’est pour ça que vous me verrez lire, une fois ou l’autre, un travail que je n’ai pas commencé, puisque l’expérimentation a débuté donc sur le département de la Meurthe-et-Moselle, en janvier 2014, avec une chargée de mission qui n’était pas moi, qui n’était pas ma collègue non plus, et qui a rendu un rapport et des conclusions en septembre 2014. Donc j’évoquerai, je vais donner dans les caractéristiques des jeunes une partie de son travail, et c’est pour ça que je me permettrai de lire. C’est aussi pour ne pas trahir le boulot qu’elle a pu faire à ce moment-là.

Donc ce qu’elle disait, notre collègue, des jeunes qui ont été sélectionnés, - enfin sélectionnés, oui, en tout cas, sélectionnés, on va le dire comme ça-, pour la cohorte, c’est que ce sont des jeunes qui cumulaient un certain nombre de caractéristiques importantes. Alors qu’elle nommait de la façon suivante : « rupture précoce avec l’environnement familial », « nomadisme familial et institutionnel en amont et en aval de la sortie », « parcours scolaire chaotique, interrompu prématurément », « absence de projet », « difficultés à accéder à la formation », « réseau amical peu étoffé, peu fiable », « relations amoureuses instables, parfois violentes, en tout cas génératrices de dépendance », « addiction aux produits », « accès rapide à la parentalité ». Et à savoir que ces critères d’instabilité, nous ce qu’on en dit, ils expliquent et alimentent à la fois la fragilité de ces jeunes.

Puisqu’on a la chance d’avoir un représentant de l’ONED, nous on s’est penché, un peu plus tard évidemment, sur quelles étaient les relations que les jeunes avaient entretenues avec les institutions qui les avaient suivis, et comment on avait pu être support, ou pas. Toutes responsabilités confondues.

Aux caractéristiques qu’on vient de citer, nous je dirais que dans les jeunes qu’on a été amenés à accompagner, très clairement on se rapporte à l’ONED, qui dit que finalement il existe trois catégories de jeunes, dans les relations qu’ils ont entretenues avec les institutions : les jeunes qu’on nomme de catégorie 1, qui sont des jeunes qui avancent avec succès, qui jouissent d’une certaine stabilité, qui ont su mettre à profit les ressources de la protection reçue, et qui ont tissé des liens forts avec l’institution ; des jeunes que l’ONED situe de catégorie 2, qui sont des jeunes qui connaissent des ruptures, qui connaissent des difficultés d’insertion, qui sont en grande dépendance des institutions, alors qu’ils revendiquent une autonomie factice dont ils n’ont souvent pas les moyens ; et les jeunes de catégorie 3, qui sont les jeunes les plus en risque, qui sont souvent porteurs de ruptures multiples, de déscolarisation précoce, et de troubles du comportement et/ou de santé mentale. Pour les vingt-neuf jeunes que, nous, on a été amenés à rencontrer, ils appartiennent majoritairement à la catégorie 3, et à la marge à la catégorie 2.

Donc évidemment, la question qu’on s’est posée dans leur suivi, la question qu’on s’est posée dans l’expérimentation, dans les solutions qu’on a pu mettre en place à titre individuel, avec l’espoir ou l’idée de les modéliser, on s’est bien sûr posé la question pour ces jeunes de la catégorie 3, de savoir comment on pouvait être réparateur, en tant que système d’intervention.
Sur la question du risque, parce que finalement ma collègue me posait la question avant de commencer, en disant, mais c’est qu’on est, dans l’intitulé du colloque, sur la question du risque : finalement, quel est le risque auquel nous, on s’attaque ? Donc, je vais reprendre le nom de l’expérimentation que moi, finalement, je n’ai pas choisi, mais qui a le mérite d’amener beaucoup de réflexion : on est sur une expérimentation qui s’appelle ISAR, Inclure SAns Rupture. Moi je pense vraiment que le risque qu’on doit prendre, et le risque que ces jeunes méritent qu’on prenne avec eux et pour eux, c’est justement le risque de la rupture. C’est totalement illusoire, on a beaucoup parlé hier d’attachement, on a beaucoup parlé hier de pourquoi grandir. C’est complètement illusoire de dire qu’on évitera la rupture de ces jeunes. Ils sortiront de ces systèmes d’intervention, ils nous enverront nous faire voir, ils nous diront qu’ils nous ont assez vus, de bon droit. Simplement je crois que l’enjeu, parce que là aussi la question du risque c’est très lié à la question du pari, je crois que le risque qu’on doit prendre, c’est vraiment de parier sur ces jeunes, et de parier sur le fait que si on peut travailler ensemble un peu différemment ou un peu mieux, peut-être on réussira à inclure la rupture dans leur parcours, à l’intégrer, à la transformer, et à faire que ça soit une étape constructive et non pas quelque chose qui va, encore une fois générer de l’échec, générer un déficit de l’estime de soi.

Oui… je continue ? Tu ne veux pas prendre un petit bout ? D’accord.

Je crois, sur ce que ces jeunes sont devenus actuellement, sur ce qu’ils nous ont appris, je crois qu’on est obligé de passer extrêmement vite pour laisser de la place au débat…

Je vais dire comment tu es arrivée, et je vais te passer le micro, parce que c’est important aussi de voir comment ça fonctionne. Donc j’ai eu la chance, sur mon 50% de temps de travail, où j’ai très vite constaté que le chantier était énorme et que je ne savais pas, et que je ne pouvais pas travailler seule, et ça je le savais déjà, on a eu la chance d’avoir un texte qui est arrivé à la Protection judiciaire de la jeunesse, qui est la note d’orientation du 30 septembre, et qui nous demande fermement, en tant qu’administration, de nous intéresser au parcours des jeunes, de nous intéresser à comment on évite la rupture, et de nous ré-intéresser évidemment aux jeunes majeurs. Donc ce qui m’a valu évidemment du renfort, donc là, maintenant que je l’ai présentée…
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