«Aujourd’hui j’ai parachevé pour vous votre religion et accompli sur vous mon bienfait. Et IL m’agrée que l’Islam soit votre religion.»





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Trois mois avant sa mort, le Prophète de l’Islam venait de parachever notre religion à Ghadir Khom1 après son dernier pèlerinage à la Mecque, par ce verset :

« Aujourd’hui j’ai parachevé pour vous votre religion et accompli sur vous mon bienfait. Et il m’agrée que l’Islam soit votre religion. » (Le Plateau servi, 5 : 3 ).

Ainsi après avoir transmis aux hommes la Révélation Divine (le Coran) et effectué son pèlerinage d’adieu à la Mecque, il ne lui restait qu’à désigner le successeur que Dieu Lui-même avait choisi pour poursuivre Son œuvre de Salvation de Ses créatures. Ce qu’il fit à Ghadir Khom avant de conclure par ce fameux verset que nous venons de citer.

Il est donc clair que le Prophète devait quitter ce monde une fois et seulement une fois sa mission accomplie. Et aussi que Dieu, toujours dans Son Amour illimité pour Ses créatures, avait laissé aux hommes la voie libre pour garder le cap vers la Société de l’Unicité Divine en leur désignant les deux poids auxquels il fallait s’accrocher pour ne pas se perdre : le Livre de Dieu et la Descendance2 du Prophète à commencer par l’Imam Ali Ibn Abi Taaleb.

Le libre arbitre et la faiblesse de l’homme devant l’attrait du pouvoir vont déjouer ce grand dessein à travers une bataille pour la succession qui n’aura une fin que dans l’éclatement de la Communauté Islamique en une constellation de petits groupes et surtout l’éloignement de la seule Voie que tous reconnaissent comme véridique, celle de la Descendance du Prophète. Encore que là nous ne parlons pas des chiites qui, toutefois, s’en réclament.
I – LE TESTAMENT DU PROPHETE :
Recommandation divine
Dieu dit :

«Quand la mort s’approche de l’un de vous, s’il laisse du bien, le testament vous est prescrit en faveur des pères et mères et des proches, selon l’usage. C’est un devoir pour les pieux.

Donc quiconque l’altère après l’avoir entendu, alors le péché pèse sur ceux qui l’ont altéré. Dieu entend, vraiment, Il sait.

Mais quiconque craint d’un testateur quelque injustice ou péché, et les réconcilie, alors, pas de péché sur lui. Dieu est Pardonneur, vraiment, Miséricordieux ! » (Baqâra, 2 : 180 à 182)

Le Prophète, Meilleur des hommes, Reflet de la perfection divine, ne pouvait déroger à la règle, laissant sa Communauté sans testament donc sans successeur, surtout quand on sait l’importance et la valeur de son héritage.

Le Prophète a effectivement laissé des choses que personne n’a laissées et celles-ci exigent un testament. Nous savons qu’il a laissé la religion d’Allah à son premier stade et dans sa première jeunesse, ce qui rend le légataire plus important encore que s’il y avait de l’or ou de l’argent, une maison ou un terrain, un labour ou des bêtes. La nation toute entière a besoin du légataire qui remplace le Prophète, qui s’occupe de ses problèmes, qui administre les affaires de ce monde et de la religion et soit le garant de la continuité dans le droit chemin de Dieu.

Il est de ce fait impossible, tant sur le plan de la Loi de Dieu (le Coran) que sur celui de la raison pure et encore moins sur celui de la vérité historique, que le Prophète n’ait laissé un testament à sa communauté contrairement à ce que soutiennent à tort mais aussi à dessein ceux qui veulent justifier la succession des trois premiers Califes que sont Abu Bakr, Omar puis Usmân. D’autant plus que ces derniers n’étaient pas protégés de l’erreur comme le Prophète et que par conséquent ils n’ont pas besoin de cela pour voir leur honorabilité sauvée. Car ils ont par ailleurs leurs mérites et que Dieu seul sait quel sort il réserve à ses serviteurs.
Le contenu du Testament
Dieu dit :

«Ô Messager, communique ce qui a été descendu vers toi de la part de ton Seigneur; - si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et Dieu te protégera des gens. Non, Dieu ne guide pas le peuple mécréant.» (Ma’îda, 5 : 67)

Ainsi le Prophète avait reçu de Dieu l’ordre de communiquer à son peuple le nom de son successeur. C’est ce qui amena le Prophète à réunir son peuple expressément à Ghadir Khom dans les conditions que l’on sait pour lui annoncer solennellement son successeur et légataire:

« Vous croyez qu’il n’y a de dieu que Dieu, que Mohamed est Son messager et Son Prophète, le Paradis et l’enfer sont des vérités, que la mort et la résurrection sont certaines, n’est-ce pas ? »

Ils répondirent tous :  «Oui, nous le croyons !»

Il les informa alors qu’il sera bientôt rappelé par son Seigneur, puis il prononça cette adjuration :

« Celui dont je suis le Maître Ali aussi est son Maître. Que Dieu soutienne ceux qui soutiennent Ali et qu’il soit l’Ennemi de ceux qui deviennent les ennemis de Ali. »

Oumar et Abu Bakr firent partie des premiers à féliciter l’Imam Ali. Oumar le fit en ces termes :

« Bakhin! Bakhin! (soit Bravo!) Tu es devenu le maître de tous les croyants et croyantes.»

Le testament n’est-il pas le fait de confier certaines de ses affaires à un autre ?

Si oui alors le testament fait à Ali par le Prophète ne peut être nié, car il n’y a aucun doute qu’il lui a confié, après lui avoir légué la science et la sagesse, la tâche de le laver, de le préparer et de l’enterrer3 ainsi que d’acquitter sa dette, d’accomplir sa promesse, de libérer sa conscience, et de montrer aux gens le vrai, les lois et les règlements établis par Allah l’Exalté, lorsqu’ils seront dans la discorde. Il fit savoir à sa nation que Ali est son dirigeant après lui, qu’il est son frère, le père de ses enfants et son ministre. Il est également son proche, son légataire, la porte de sa citadelle du savoir, la porte de sa maison de sagesse, la porte de la rémission de cette nation, sa sécurité et l’arche de son salut4.

Rappelons-nous que la première fois que le Prophète fit connaître solennellement le successeur que Dieu avait choisi pour lui remonte à l’appel à l’Islam5 que Dieu lui avait demandé de lancer à ses proches au tout début de la Révélation.

Il n’a cessé, depuis lors, de rappeler ce testament jusqu’à l’heure de sa mort. Il a voulu, à cet ultime instant, écrire son testament à Ali pour confirmer ses promesses verbales. Il dit : « Apportez-moi de quoi vous écrire quelque chose qui vous empêcherait de vous égarer à jamais. » Ils se sont disputés alors qu’il faut éviter de le faire devant le Prophète, ils ont dit : le Messager d’Allah délire6 (yah-jur, en arabe) – que cela déplaise à Dieu. Alors même que Allah dit dans le Saint Coran que le Prophète ne délire jamais et que tout ce qu’il dit est fondé et doté de sens (voir l’Assama du Prophète, chapitre III Conséquence et enjeux).

Il a alors compris, suite à cette parole, qu’il ne resterait trace de cette écriture que la sédition. Il leur ordonna : « levez-vous ». On peut se demander si ces compagnons se rappelaient en ce moment-là ce verset du Saint Coran :

«Ô vous qui avez cru ! N’élevez pas vos voix au-dessus de la voix du Prophète, et ne haussez pas le ton en lui parlant, comme vous le haussez les uns avec les autres, sinon vos œuvres deviendraient vaines sans que vous vous en rendiez compte.» (Les Appartements, 49 : 2)

Ensuite il se contenta de ses engagements verbaux et leur recommanda malgré cela trois choses : qu’ils fassent de Ali leur commandant, qu’ils chassent les polythéistes de l’Arabie et qu’ils rétribuent la délégation, comme il la rétribuait. Mais le pouvoir et la politique en ces jours-là empêchèrent les traditionnistes de rapporter la première recommandation ; ils prétendirent l’avoir oubliée. Al Boukharî dit, à la fin du hadith contenant leur déclaration «le Messager d’Allah délire », ce qui suit : « il recommanda, à sa mort, trois choses : sortez les polythéistes de l’Arabie, rétribuez la délégation comme je la rétribuais, puis il ajouta : j’ai oublié la troisième. Ainsi le rapportent Muslim dans son hadith et les autres auteurs de Sunnans et de hadiths.  

A sa communauté le Prophète a plusieurs fois recommandé de s’accrocher aux deux poids7: le Livre de Dieu et la Sainte Descendance du Prophète. Rappelons à ce sujet le Hadith-ul thakhaleyni :

« Je vous lègue deux poids: le premier c’est le Livre de Dieu dans lequel sont votre Guidance et votre Lumière. Puisez dans ce Livre et accrochez-vous à ce Livre et à ma descendance (Ahl-ul-Beyt), ma descendance, ma descendance. », d’après Sahih Muslim de Muslim, Tome II à la page 238.

En conclusion, même si le testament n’a pas été rédigé au moment voulu, il est donc connu de tous parce que prononcé par le Prophète en personne à plusieurs reprises et devant témoins.
La source de la contestation
Pourrait-on un seul instant, à la suite de ce qui précède, douter de ce que le Prophète ait laissé à la Umma un testament faisant de l’Imam Ali Ibn Abi Taaleb son successeur et son légataire?

Hélas on trouve bien des musulmans qui doutent et même réfutent cette réalité toute évidente.

Les prémices de la contestation du testament du Prophète de l’Islam, acte hautement condamnable si on se réfère aux versets cités au début de cette partie du livre (Sourate II, versets 180 à 182), remontent à l’époque où le Prophète attendait le moment propice pour communiquer le Message que Dieu attendait de lui.

En effet, « La protection contre les gens » que Dieu promet au Prophète dans ce verset, ne se justifie que, d’une part dans l’inimitié que nourrissaient certains compagnons du Prophète à l’endroit de l’Imam Ali et d’autre part dans le désir maléfique de retirer à la branche Banu Hachim (celle du Prophète) de la tribu Khoraïch le Khilafat et de ne lui laisser que l’Imamat - moins matériel à leurs yeux et d’ailleurs plus difficile d’accès - dissociant ainsi deux aspects d’une même chose : la Connaissance et le Pouvoir ; ignorant également la valeur globale et unitaire de la Connaissance et ses liens symbiotiques avec le vrai Pouvoir. Car dans le Grand Dessein de Dieu, le Détenteur du Pouvoir est aussi Détenteur de la Connaissance.

Encore une fois, à travers cette bataille pour la succession qui s’annonçait, l’homme tenait à s’écarter de la Voie tracée par Dieu en suivant sa raison et non la Raison Divine.

Faisons un rapide tour d’horizon – car un livre entier n’y suffirait pas – de l’argumentation des contestataires du testament :

Tout d’abord, rappelons-nous que ceux-là mêmes qui réfutent le testament (les sunnites, en général), l’acceptent pour Abu Bakr et Omar à leur mort respective.

A ce propos, Ibn Khoutaîba, un célèbre historien sunnite, nous raconte les circonstances de la mort du Calife Omar :

Alors que Omar venait de recevoir trois coups de poignard de la part de Abu Lu Lu-âta juste avant le début de la prière du matin, le médecin venu au secours du blessé demanda à ce qu’on apporte à ce dernier la boisson qu’il aimait le plus : un jus de fruit du nom de nabîz. Le praticien demanda ensuite du lait pour être sûr de son diagnostic. Et à chaque fois le liquide que Omar buvait ressortait par l’ouverture béante laissée par l’arme. Alors le médecin lui recommanda de faire son testament.

Omar appela son fils Abdallah et l’envoya chez la mère des croyants Aïcha pour lui demander de le faire enterrer à sa mort, aux côtés du Prophète et de Abu Bakr, tant il est vrai que le mari et le père de Aïcha avaient été enterrés dans ses appartements.

Dés que Aïcha apprit la nouvelle, elle accepta la demande de Omar et pria le messager de retourner aussitôt auprès de son père pour lui dire de ne pas laisser sa communauté sans guide et de rédiger par conséquent un testament. Ce que, par ailleurs, avaient déjà recommandé les muhadjirins à Omar sur les lieux même du drame. Notons bien que Aïcha insista sur le fait que Omar ne devait pas laisser la Umma sans berger. Nous ajouterons : à plus forte raison le Prophète qui devait avoir de meilleures raisons de croire que son peuple ne pouvait lui survivre sans un berger en restant dans le droit chemin.

Après avoir entendu le message de Aïcha, Omar fit la réflexion suivante devant toute la foule ainsi réunie :

« Si je désigne un successeur quelqu’un de meilleur que moi l’a déjà fait (Allusion à Abu Bakr). Si je ne le fais pas quelqu’un de meilleur que moi l’a fait également (Allusion au Prophète).»

En effet Abu Bakr avait désigné Omar pour lui succéder. Usmân, qui devint troisième Calife, rédigea de sa plume ce testament avec beaucoup de patience et d’abnégation. Il lui fallut ces qualités car Abu Bakr perdait souvent connaissance pendant la dictée. Il est d’autant plus remarquable de noter ces qualités, pourtant très ordinaires de Usmân, que ce sont celles qui ont manqué à certains compagnons lorsque le Prophète, sur son lit de mort, leur demanda de lui apporter de quoi écrire. Ils dirent que le Prophète délirait (Que cela déplaise à Dieu).

Le plus fréquent des arguments que les sunnites opposent à l’existence d’un testament est le témoignage malheureusement teinté de partialité de la mère des croyants Aïcha.

En effet les Sunnites renient le testament, se basant sur le récit d’Al Bukhari dans son Sahih et les propos d’Al Aswad, disant :

« Il fut mentionné, devant Aïcha (qu’Allah soit satisfait d’elle) que le Prophète a légué à Ali. Elle réagit en ces termes: « qui le dit ? j’ai vu le Prophète, appuyé contre ma poitrine, réclamant la cuvette, il se pencha et mourut. Je ne ressentis rien, comment a-t-il légué à Ali ?»

Al Bukhari rapporte dans son Sahih, également d’après elle, sous plusieurs formes, disant :

«Il est mort entre ma poitrine et ma gorge. » ou bien  « il se courba sur ma cuisse ».

Dés lors s’il y avait eu à ce moment précis un quelconque testament, elle l’aurait su. Cependant le testament ne vaut pas seulement à l’heure de la mort comme nous l’avons précédemment vu.

Dans Sahih Muslim, Aïcha dit :

« Le Prophète n’a laissé ni dinar, ni dirham, ni brebis, ni chameau, il n’a rien légué. »

Dans les deux Sahih, Tal’ha b. Masraf dit : « je demandais à Abdallah B. Abi Awfa : le Prophète a-t-il légué ? Il dit : Non. Je dis : comment a-t-il demandé aux gens de léguer et qu’il ne l’a pas fait ? Il dit : il a légué le Livre d’Allah. »

Voilà bien des témoignages qui méritent quelques observations :

Voyons d’abord qui de Aïcha ou de Ali avait le Prophète contre lui au moment de sa mort.  S’il est vrai que Al Boukharî a rapporté le témoignage précité de Aïcha, il est tout aussi vrai que d’autres savants et historiens sunnites fort célèbres ont également rapporté des témoignages différents voire contraires à celui de Aïcha. Il s’agit, entre autres, de Ibn Sa’ad (dans tabaqât) et de Hâkim (dans Mustadrak) qui ont écrit et confirmé que le Prophète est mort la tête reposant sur la cuisse de l’Imam Ali. C’est aussi le point de vue des chiites qui se basent sur la chaîne de transmission des Ahl-ul Beyt, les descendants directs du Prophète de l’Islam.

Il existe également d’autres historiens qui se rapprochent de cette version mais qui soutiennent que le Prophète est mort sous un manteau sous lequel il avait convié l’Imam Ali au dernier moment.

Al Boukharî et Muslim d’une part, Ibn Sa’ad et Hâkim d’autre part sont de grandes références sunnites. Il est clair que la vérité ne se trouve que d’un seul côté. Et il ne serait évidemment pas juste de prendre parti pour l’un des deux côtés sans analyser sa thèse de façon tant intrinsèque qu’extrinsèque.

D’abord Al Boukharî n’a pas le monopole de la vérité, comme veulent nous le faire croire les sunnites. D’autant plus qu’il nous a plusieurs fois prouvé sa partialité dans sa narration des faits tenant à la succession.

Ensuite nous allons aborder le point le plus délicat de ce livre, « là où furent enterrés le testament et les textes manifestes. C’est là qu’ont péri le cinquième prélèvement fiscal (Khumuss), la loi sur l’héritage et le dogme. C’est là qu’est la sédition, la sédition, la sédition8. Aïcha a parcouru les pays pour faire la guerre au prince des croyants (l’Imam Ali), elle a dirigé sa considérable armée pour lui ôter son gouvernement et supprimer son Etat.  « Quelque chose dont je ne me rappelle plus on le suppose bien, ne m’en demande pas le récit. ».

S’appuyant sur ses paroles pour nier le testament à Ali constitue une démarche erronée que nous refusons, car elle fut son adversaire la plus acharnée alors que Ali ne le fut jamais. »9

Un préalable pour aborder ce point crucial consistera à lever le doute qui subsiste dans l’esprit de bien d’entre nous les musulmans : Aïcha, la mère des croyants, a certes ses mérites et son statut, mais elle n’est pas la meilleure épouse du Prophète. Il ne saurait en être autrement puisqu’elle l’a avoué. Elle raconte :

Le Prophète (SAW) mentionna un jour le nom de Khadija. Je me mis à la critiquer : c’est une vieille, etc., etc. Allah t’a accordé meilleure qu’elle. Il dit : Allah ne m’a pas donné à la place meilleure qu’elle, elle a cru en moi lorsque les gens m’ont renié. Elle m’a cru lorsque les gens m’ont pris pour un menteur, elle m’a fait participer à sa fortune alors que les gens m’en ont privé. Elle m’a donné un fils alors que les autres ne l’ont pas fait. »10

Le Prophète (SAW) confirme encore la supériorité de Khadija sur les autres mères des croyants, en disant :

« Les meilleures femmes du monde sont quatre », puis il les nomma : « Considérez les meilleures femmes du monde, Maryam bint ‘Omran, Khadija bint Khouayled, Fatima bint Mohamed et Assia la femme de Pharaon ».

Ensuite il est bon de passer en revue les raisons qui ont amené Aïcha à considérer Ali comme son ennemi irréductible :

L’Imam Ali était le mari de Fatima, la fille adorée du Prophète mais aussi de sa principale rivale, celle-là même que le Prophète aimait citer comme la meilleure de ses épouses. Voilà une première raison pour une femme jalouse de ne pas porter Ali dans son cœur.

Une deuxième raison nous vient d’un événement historique rapporté dans un hadith dit hadithul-ifkh déjà cité plus haut. Rappeler cet événement ne nous ferait pas de mal : l’histoire se déroula lors d’un voyage auquel participa Aïcha en compagnie du Prophète. A la suite du retard qu’Aïcha observa avant de rejoindre le reste de la caravane, après avoir pris du retrait pour des raisons physiologiques, des rumeurs non fondées circulèrent sur sa fidélité. Le Prophète, qui en fut très affligé, finit par en parler à son frère Ali. Ce dernier, touché par l’état dans lequel se trouvait le Prophète et souhaitant qu’il s’en détacha, lui fit remarquer : « ne sois pas triste, les femmes il y en a beaucoup.» ; sachant que bon nombre de femmes ne rêvaient que de devenir l’épouse du Prophète et que l’une seulement d’entre elles ne pouvait le préoccupait devant les tâches hautement plus importantes qu’il avait. D’ailleurs peu après cela, Dieu révéla un verset qui mettait hors de cause Aïcha et confondit ses détracteurs. Cependant elle en garda un profond ressentiment à l’endroit de Ali qui pourtant n’avait aucune autre intention que d’élever le Prophète au-dessus de tout souci.

Dés lors il n’est pas étonnant que Aïcha fasse un témoignage en défaveur de l’Imam Ali surtout quand on sait qu’elle l’a déjà fait en d’autres occasions dont nous citerons deux qui finiront d’édifier le lecteur :

La première nous vient de l’Imam Ahmad qui rapporte concernant Aïcha à la page 113 du volume 6 de son Musnad, les propos de Atâ’ b. Yassar disant :

Un homme se mit à médire de Ali et de Ammar devant Aïcha, elle dit : quant à Ali, je ne dirai rien à son propos, mais au sujet de Ammar, j’ai entendu le Prophète (SAW) dire de lui : « entre deux, il ne choisit que le raisonnable ». Eh bien, la mère des croyants déconseille la médisance sur Ammar en rapportant la parole du Prophète (SAW) mais elle ne fait le pas sur Ali qui est pourtant le frère, le gendre, le proche ami et le confident du Prophète, la porte de sa Cité de la Connaissance, le premier musulman, celui qui aime Dieu et son Prophète et que Dieu et Son Prophète aiment. Ses grandes et nombreuses qualités que le Prophète évoquait très souvent ne sont assurément pas inconnues de Aïcha.

La deuxième occasion que nous avons choisi de citer touche à la maladie du Prophète. Ce dernier, épuisé par la maladie et l’entêtement de certains de ses compagnons, se fit soutenir par Ali et Abbas b. Abdel Muttaleb pour venir parler une dernière fois à la Umma à propos de l’expédition de l’armée de Oussâma11. Lorsqu’on demanda plus tard à Aïcha quels sont les deux hommes qui aidaient le Prophète à se déplacer, elle cita Abbas et dit qu’elle ne se rappelait plus de la deuxième personne. Dans un hadith rapporté par Al Boukhâri, Obeidallah b. Abdallah b. Ataba b. Mas’oud dit qu’il raconta à Abdallah b. Abbas ce que Aïcha a dit. Ibn Abbas lui demande : sais-tu qui est l’homme que Aïcha n’a pas nommé ? Obeidallah lui dit : non. Ibn Abbas dit : c’est Ali b. Abi Taaleb. Aïcha ne peut le supporter.

Beaucoup d’autres hadiths ont été rapportés par des sunnites, encore plus par des chiites, qui nous éclairent sur les attitudes négatives de Aïcha vis à vis de son père, des autres mères des croyants, et surtout du Prophète qui d’ailleurs lui avait prédit une fin sans sépulture, ni cérémonie. Nous nous passerons dans ce livre, de citer tous ces hadiths tout aussi véridiques que nombreux.

Après de tels témoignages, est-il encore judicieux de se baser sur les propos de Aïcha pour retirer une faveur à l’Imam Ali ? Evidemment, non. Surtout quand on sait ce qui se passa par la suite : la guerre farouche qu’eut à livrer Aïcha contre Ali à travers monts et vaux, désobéissant à Dieu et au Prophète. Or Allah avertit :

« Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante de suivre son propre choix, lorsque Dieu et Son Messager en ont décidé autrement. Quiconque désobéit à Dieu et à Son Messager, s’égare de toute évidence. » (Les Coalisés, 33 : 36)

« Ô femmes du Prophète, vous n’êtes pas comme de quelconques femmes. Si vous voulez vous comporter en piété, alors ne vous abaissez pas en parole, afin que ne vous convoite pas celui au cœur de qui est la maladie. Et tenez un langage décent.

Restez dans vos foyers ; et ne vous exhibez pas à la manière des femmes d’avant l’Islam. Accomplissez la prière et acquittez l’aumône légale et obéissez à Allah et à son Messager.» (Les Coalisés, XXXIII-32 et 33)

Toujours dans le fil des observations à faire sur les hadiths de Al Bukhâri et de Muslim cités précédemment, nous dirons à propos des biens que le Prophète n’a pas laissés et qu’ils font citer à Aïcha, qu’il est certainement vrai que le Prophète n’a presque rien laissé de ce qu’elle a cité sauf pour ce qui est des chameaux. Donc « ni dinar, ni dirham, ni brebis » c’est vrai, mais tout de même il a laissé, d’après Mohamed Ridâh et bien d’autres historiens sunnites mais aussi chiites:

-trois chameaux (des noms de al khadwa, al jad’ha, al âdba),

-sept chevaux (assakba, al murtadiz, al lahiq, al lazaz, az zarif, al ward, sab’hata)

-cinq mulets (dont le très célébre doul-doul),

-un âne (du nom de yah-four),

-neuf sabres, cinq lances, trois boucliers, sept tenues de combat, cinq qîssî (sorte de bâton de commandement d’un mètre et demi de long aux deux bouts pointus) et bien d’autres armes.

-les terres de Fadâkh et les appartements qu’habitaient les femmes du Prophète.

Ces appartements ne seront jamais réclamés par qui que ce soit tandis que les terres qui devaient légitimement revenir à sa seule fille Fatima Al Zahra qui, d’ailleurs les exploitait après que le Prophète les lui a données, seront refusées à cette dernière par Abu Bakr12. Ce dernier lui rétorquera lorsqu’elle ira les lui réclamer après en avoir été expropriée par le premier Calife, qu’il a entendu le Prophète dire : « Nous les Prophètes on n’hérite pas et on ne nous hérite pas. » ; ce qui est évidemment en contradiction avec le vécu de bien des Prophètes. Car, par exemple, le Prophète Souleymane hérita du Prophète Daoud (les exemples sont multiples)13 mais aussi même les femmes du Prophète ont hérité de celui-ci ses appartements. Pourquoi pas sa propre fille ?

Et enfin pour en finir avec le hadith de Al Boukhâri et de Muslim, venons-en au témoignage de Tal’ha b. Masraf disant : « je demandais à Abdallah B. Abi Awfa : le Prophète a-t-il légué ? Il dit : Non. Je dis : comment a-t-il demandé aux gens de léguer et qu’il ne l’a pas fait ? Il dit : il a légué le Livre d’Allah. »

Ce texte est vrai mais simplement amputé, le seul hadithul-sikhaleyni étant suffisant pour le prouver. Ceci montre encore la manie d’oublier tout ce qui concerne le testament dans les œuvres de ces deux historiens sunnites.

Une tierce fois donc le témoignage de Aïcha rapporté par Al Boukhâri et Muslim, fondement des arguments sunnites contre le testament, se fait ridiculiser par des hadiths sunnites, confirmés par d’autres hadiths chiites mais aussi par le simple bon sens. Vous remarquerez que nous évitons autant que faire se peut de citer les références chiites afin de montrer les contradictions de ceux qui ont déformé les enseignements originaux à travers leurs propres écrits. Car, après tout, comme le dit si bien Sharafeddine Al-‘Amili :

«Si une chose s’éternise, elle se montre elle-même. La description du rayon du soleil devient caduque.»
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