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Tableau IX : Cas d’intoxication (recensés au niveau des CSPS) dont le pesticide incriminé et la circonstance sont clairement identifiés 3/3


Circonstance d’intoxication

Nom des produits

Matières actives et concentration

Classe OMS

Nombre

de cas

Signes manifestés

Issue intoxication

Suicide

ROCKY C 386 C

Endosulfan (350 g/l)

III

3

Maux de tête, sudation excessive, convulsion, salivation excessive, nausées et vomissement

Transfert puis guérison

Cypermethrine (36 g/l)

ROCKY 350 EC

Endosulfan (350 g/l)

II

1

Étourdissement, sudation excessive, pupilles rétractées, salivation excessive, nausées et vomissement, dyspnée

Décès

DECIS

Deltaméthrine (25 g/l)

II

1

Sudation excessive, salivation excessive, nausées et vomissement, convulsion

Transfert

CALTHIO DS

Endosulfan (25%)

-

1

Agitation, délire

Décès

Cypermethrine (25%)

CAPT 80 DS

Acetamipride (16 g/l)

II

1

Sudation, vision confuse, pupilles rétractées, perte de connaissance

Guérison

Cypermethrine (72 g/l)

Confusion du pesticide (formulation liquide) avec une boisson (y compris l’eau) ou avec une poudre alimentaire ou médicamenteuse

ROCKY 350 EC

Endosulfan (350 g/l)

II

1

Non décrit

Décès

FURADAN

Carbofuran (5%)

-

1

Non décrit

Décès

LAMDEX 480 EC

Lamdacyhalothrine (30 g/l)

II

1

Étourdissement, maux de tête, sudation excessive, convulsion, salivation excessive, nausée et vomissement

Décès

Chlorpyrifos-ethyl (400 g/l)

CAIMAN ROUGE

Endosulfan (250 g/l)

II

1

Étourdissement, maux de tête, convulsion, nausée et vomissement, agitation

Guérison

Thirame (250 g/l)

Dix sept sujets ayant vécu les intoxications étaient des hommes (77,3%) tandis que les 5 restants étaient des femmes (27,7%). Ces cas d’intoxication se sont produits entre 2003 et 2010 avec une augmentation du nombre de cas recensé par an qui passe de 1 à 5 (figure 16).


Figure 16 : Répartition des 22 cas d’intoxication selon l’année de survenu de l’accident
IV-5-4. La capacité de prise en charge des intoxications

Dans l’ensemble, le personnel de santé dispose de très peu d’informations en rapport avec les pesticides.

Sur 42 responsables de centres de santé questionnés, 20 (47,62%) ont répondu qu’ils n’avaient pas de connaissance sur les pesticides. Vingt deux, soient 52,37% ont déclaré connaître les pesticides, et chacun d’eux a pu citer le nom de quelques formulations de pesticides. Sur la base de la fréquence avec laquelle le pesticide est cité, on note que le GRAMOXONE et le ROUNDUP sont les plus connus (cités respectivement par 17 et 15 agents). Le reste des pesticides sont cités tout au plus par trois (3) agents. Il s’agissait de : ALLIGATOR, ATRALM, ATRAZINE, CALTHIO, CONQUEST, COTODON, DECIS, ENDOSULFAN, GLYPHADER, HERBEXTRA, KALACH, RAMBO, ROCKY et TOUCHDOWN.

Le faible niveau de connaissance des pesticides se révèle être un grand handicap pour la prise en charge des cas d’intoxication. En effet, une prise en charge efficiente d’un état pathologique doit bénéficier d’une étiologie correcte et complète. Or, nous avons noté au cours de notre campagne de collecte des données sur les cas d’intoxication au niveau des formations sanitaires, que dans la plupart des situations, le diagnostic ne faisait pas ressortir le pesticide responsable de l’accident. Il en résulte que le schéma thérapeutique proposé, qui devait être adapté au type de pesticide, pourrait pâtir d’une imprécision, voire d’une déviation préjudiciable à la santé des patients. Dans la majorité des cas d’intoxication, pour toutes les voies d’exposition et pour toutes les formulations impliquées, le traitement proposé était le charbon actif et l’atropine. Il existe des insuffisances au niveau de la prise en charge des cas d’intoxication.

L’enquête a révélé que la question des intoxications est gérée avec beaucoup de discrétion au sein des populations qui, en rappelle, ont un niveau d’instruction bas. Une des conséquences de cette discrétion est la déclaration tardive si elle est faite, des cas d’intoxication au niveau des formations sanitaires. Les victimes d’intoxication ne s’y rendent qu’après s’être rendu compte que leur pronostic vital est engagé. Selon les agents de santé, la plupart des victimes d’intoxication, une fois arrivés dans le centre de santé, ne déclare pas à première intension que l’origine de leur mal est une intoxication. Il faut une sérieuse et astucieuse investigation avant que le patient n’avoue.

V- CONTRAINTES ET LIMITES DE L’ÉTUDE
V-1 Contraintes de l’étude

Au niveau des producteurs, les principales difficultés rencontrées étaient liées :

  • A l’indisponibilité des producteurs compte tenu du fait que l’enquête se déroule en période hivernale de pointe pendant laquelle ces derniers sont préoccupés par les travaux de préparation et de semis de leurs champs ;

  • A la réticence des producteurs sur les questions se rapportant aux cas d’intoxication vécus et assistés ;

  • A l’analphabétisme des producteurs, qui fait qu’il y’avait une méconnaissance des noms des produits utilisés rendant difficile l’identification des pesticides responsables d’intoxication ;

  • A la méconnaissance des signes d’intoxication par les producteurs ;


Au niveau du personnel de santé, les principales difficultés rencontrées étaient :

  • L’indisponibilité des rapports d’activités ou des registres dans certains centres de santé due en partie au mouvement du personnel de santé ;

  • Le refus de certains patients de communiquer sur leur accident ;

  • La prise en charge de certains cas à domicile avec des recettes traditionnelles, ces derniers cas n’étant généralement pas rapportés ;

  • L’absence d’informations se rapportant à l’identité des pesticides et aux circonstances d’intoxication dans les registres des malades.

Au niveau des distributeurs et revendeurs, la méfiance fait qu’ils n’étaient pas disposés à répondre à nos questions.
V-2 Limites de l’étude

Une des limites de cette étude est liée à la méthode de collecte des données. Compte tenu du fait que la collecte des données sur les cas d’intoxication aux pesticides a été faite de manière rétrospective, l’étude s’est heurtée à l’indisponibilité des informations portant sur l’identification des formulations pesticides responsables des cas d’intoxication, les circonstances de l’intoxication, les mesures de protection prises au cours de la manipulation des pesticides ainsi que les précautions d’emploi de ceux-ci.

Une autre limite est liée au fait que l’enquête ne pouvait pas vérifier si certaines mesures de précaution prises par les producteurs sont effectivement mises en application au moment des traitements. Un producteur peut rapporter qu’il porte des EPI pendant l’application des pesticides alors que non.

VI- RECOMMANDATIONS


  • Considérant les enjeux économiques de la commercialisation des pesticides par les distributeurs et revendeurs,

- Vu le faible niveau d’instruction et de formation de la plupart des distributeurs et revendeurs de pesticides,

- Vu la place qu’occupent les distributeurs et revendeurs dans le processus de gestion des pesticides par les conseils prodigués aux producteurs,

- Constatant l’engagement de l’état à jouer un rôle central dans le contrôle de la qualité des pesticides mis à la disposition des producteurs à travers le Comité National de Contrôle des Pesticides,

Nous recommandons :

  • Un renforcement du contrôle des pesticides distribués dans la zone d’étude en particulier et à travers le pays tout entier,

  • L’organisation des séances de formation sur la connaissance des dangers des pesticides, les techniques d’utilisation et les mécanismes de gestion des restes et des emballages vides des pesticides.




  • Considérant les nombreux problèmes de santé engendrés par l’utilisation des pesticides chez les producteurs,

- Vu le faible niveau d’instruction des populations,

- Vu la méconnaissance des produits et leur dangers par les populations,

- Vu l’absence totale de formation au sein de cette population,

- Vu l’absence de plan de suivi sanitaire,

- Vu le faible niveau de maîtrise des pesticides par le personnel de santé,

- Vu les difficultés de prise en charge des cas d’intoxication,

Nous recommandons :

  • L’organisation de sessions de formation au bénéfice à l’intention des producteurs utilisateurs des pesticides,

  • La mise en place d’un plan de suivi sanitaire des producteurs,

  • L’organisation de sessions de formation au profit des agents de santé.




  • Considérant la mission de la Convention PIC,

- Vu les faiblesses des ressources humaines et matérielles de la DPV,

- Vu les difficultés auxquelles les structures de recherche en science de la santé et les services de santé sont confrontées,

Nous recommandons à la FAO/PIC d’appuyer et d’aider au renforcement des capacités de la DPV, des structures de recherche en sciences de la santé et des services de santé.

CONCLUSION
L’objectif général de cette étude était de contribuer à l’amélioration de la santé des populations et à la préservation de l’environnement. Elle a permis de répertorier les pesticides vendus dans la zone d’étude, d’identifier et de décrire les problèmes de santé liés à l’utilisation des pesticides par les producteurs avec les facteurs de risque connexes.

Un total de 153 formulations différentes de pesticides a été recensé dans 97 structures de distribution et de commercialisation des pesticides. Cette extrême diversité des produits commercialisés contraste avec la modestie des moyens mis en œuvre pour minimiser les conséquences sanitaires et environnementaux de leur utilisation.

En faisant ressortir les effets potentiels des pesticides sur l’homme, les différentes catégories d’animaux, les végétaux, l’eau et le sol, les producteurs dans leur majorité ont montré qu’ils étaient conscients des risques sanitaires et environnementaux des pesticides. Cette situation ne les amène cependant pas à adopter des comportements responsables quant à une gestion sécurisée des pesticides. En effet, par négligence ou par manque de moyen, les EPI adaptés ne sont portés que par une infime minorité des producteurs. De même, les comportements à risques sanitaires et environnementaux comme conserver les pesticides dans la chambre à la portée des membres non avertis de la famille, l’utilisation domestique, l’abandon dans la nature et l’enterrement dans le sol des emballages vides restent fréquents.

Les données collectées pour le compte des effets sanitaires des pesticides sur les producteurs attestent que les problèmes de santé liés à l’utilisation des pesticides étaient récurrents. Sur 42 centres de santé enquêtés, 922 cas d’intoxication aux pesticides depuis 2002 ont été recensés. Pour 22 des cas d’intoxication, les formulations responsables ont été identifiées et la circonstance déterminée. Cinq des 22 cas étaient liés à l’application des pesticides au champ. Chez les producteurs, 296 cas d’intoxications survenus au de traitements pesticides par les producteurs ont été rapportés. Le paraquat, incriminés dans 59 cas d’intoxication, a été identifié comme la matière active dont les formulations correspondantes ont provoqué le plus d’intoxications. Le paraquat est suivi dans ce triste registre par le mélange endosulfan/cypermethrine dont la formulation a été responsable de 35 cas d’intoxication. La manifestation d’effets indésirables pendant ou après l’application des pesticides chez 82,66% des producteurs, évoque l’existence une menace permanente que l’utilisation des pesticides fait peser sur la santé des producteurs avec la possibilité de développement d’une toxicité chronique.

Compte tenu de leur forte implication dans les cas d’intoxication des producteurs, et dans le but de préserver la santé des populations et de protéger l’environnement, une attention particulière méritait d’être portée sur certaines matières actives comme le paraquat ou l’endosulfan, dans le sens de rendre effectif leur interdiction et d’envisagerleur inscription dans l’annexe III de la Convention de Rotterdam. A cette fin, des investigations plus poussées avec des études approfondies et étendues dans le temps gagneraient à d’être initiées, d’autant plus que ce présent travail est une étude pilote. Elle mérite d’être reconduite en instituant un partenariat entre services de santé et services de l’agriculture pour une meilleure prise en compte des différents cas d’intoxication.

Des recommandations sont faites dans le sens d’un renforcement des capacités de la DPV, des structures de recherche en sciences de la santé, des formations sanitaires.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Acta, 2008. L’index phytosanitaire ACTA. 44è édition. 844p. Tours. France

Amdour M.O, Doull J. & Klaassen C.D. Casarett and Doull's Toxicology. The basic science of poisons. fourth edition. Pergamon press New York 10523, USA. 1991; 1033 pp.
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