Bulletin de liaison N° 35





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Association de la Famille SEYDOUX

20 rue Théodore de Banville - 75017 Paris – France

E-mail : famille.seydoux@laposte.net
Bulletin de liaison N° 35

Octobre 2016

Editorial. 

Carnet familial.

Des uns et des autres …

Histoires familiales : LeCateau, Robert Carmichael, Séridos …

Témoignage : Françoise Vin-Bernard.

Notice biographique : Roger, Bobby Coste.


Editorial

Merci à vous, chers cousins Linda, Patrick, Bernard, Anne, Jean, Catherine, Véronique, Florence et bien d’autres …, et à vous, chers amis catésiens, Madame Bouvart, Monsieur Caudron, Monsieur Lengrand …., qui nous envoyez des informations toujours intéressantes sur l’histoire et l’actualité de la famille Seydoux. C’est grâce à vous que notre notre bulletin est toujours riche d’informations.

Tous les membres de notre dynamique association vous remercient sincèrement de votre contribution et … vous encouragent vivement à poursuivre nos échanges.

Très cordialement,

Bruno Seydoux
VOIR L’ADRESSE DU SITE ET LE RAPPEL DU MOT DE PASSE, EN DERNIERE PAGE

Carnet familial

Naissances

Philippe, né le 08/05/16 chez Jérôme Lenoir (2141532) et Claudie Dumont

Edmond, né le 05/06/16, fils de Fleur Durand-Smet(1513131), et de Carmine Fiume

Cyprien, né le 07/06/16, chez Aude, née de Boisjolly (223645) et Marc Guillaume

Darran, né le 18/06/16, chez Charlotte Huguet (2281232) et Christian Deléris

Candice, née le 06/07/16, chez Stella Michaud (2281112) et Benoit Poulard

Léonard, né le 28/09/16 chez Capucine née Seydoux (225215) et Xavier Vincent.

Décès

Louisa Stoll, née Délu (22682) le 24/05/16

Michel Bonneville (22825) le 11/09/2016

Christian Délu (22681) le 13/08/ 2016

Christian Délu peint par sa femme, Francine

*****

  1. Des uns et des autres …


Fête de famille : A l’initiative de Dominique Seydoux (223742) et de Marie-Astrid- Ganzin (223731), une partie des 74 descendants –hors conjoints- de Henri Seydoux (2237) (1900-1965) et Marie, née Olivier, se sont retrouvés les 20 et 21 août au domaine des Mousseaux (Loiret), dans la propriété d’Henri et Marie-Astrid Ganzin.

Les vastes espaces, les chevaux, les poules, et surtout la qualité d’accueil des hôtes, ont ravi les participants. Grands et petits ont particulièrement apprécié la belle piscine chauffée qui désormais agrémente ce beau domaine de Mousseaux qui, rappelons-le, propose aussi un gite ouvert à tous, toute l’année. (http://www.gite-domaine-mousseaux.com/)

*****

Notre cousin Guy Lenoir (214153), médecin psychiatre de son état, a bien d’autres talents. Ainsi, pour sa nouvelle maison qui porte le joli nom d’« Arlequin et Colombine », il a conçu un tapis qu’il a fait réaliser par la manufacture de Moroges en Saône et Loire. Il a aussi dessiné un étonnant poisson dit « Le barbu de Sumatra » que Fabienne Roy, créatrice d’émaux sur cuivre à Sallertaines, en Vendée, a réalisé avec incrustations de paillons d’or et d’argent.

*****

Des nouvelles de la famille Morin.

Charline MORIN(2253211) qui avait déjà effectué de nombreux déplacements dans le cadre de ses études à l’école de Bocuse est partie travailler à  Bora Bora…. 

Vincent MORIN (225323), après avoir été formé, selon son expression « sur les tas de bois », à Lyon, Jouy en Josas, Genève, Bâles et Lugano, avait créé sa propre entreprise, « Soins aux vieux arbres d’ornement ». En ce mois d’octobre 2016, il fête les 30 ans de cette entreprise, basée à Dieulefit. Sa société ne s’occupe pas seulement des arbres d’ornement mais réalise aussi des abattages d’arbres, des soins aux arbustes …

Son activité a conduit Vincent et « son camion rouge » à de multiples déplacements en France (Varengeville, Montpellier, Saint-Emilion, Paris, Grasse, Niort, Ur en Cerdagne, Lyon Anduze …) et en Suisse. Aujourd’hui, ses chantiers sont plus proches de « mon pays », la Drôme, où vous aurez peut-être l’occasion de le voir … si vous levez bien la tête !

*****

La famille Big Mamma s’agrandit.

Après East Mamma et Ober Mamma, c’est dans le XVII ème, 71 rue des Dames que Tigrane Seydoux (151236) a ouvert son 3ème restaurant : Mamma primi.

*****

Linda Murgatroyd (226351) a organisé début octobre, avec l’église Quaker dont elle est membre, une exposition d’œuvres d’artistes de Quakers dont elle –même.

Linda Murgatroyd

Linda has been a Quaker for over 20 years and is a practising artist. She is particularly interested in how art can help nurture and develop spiritual life and community, and can cut across other boundaries to help us address life issues. In 2010 her essay which won the Friends Quarterly essay competition about the future of Quakers in Britain drew substantially on her work with visual arts. See http://www.thefriend.co.uk/fq

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Après la revue économique, « Challenge », en février dernier, c’est au tour de la revue « Point de Vue » de parler de notre famille. Dans le numéro du 31 août, ce journal évoque notre association et quelques jeunes cousins entrepreneurs. Parmi ceux-ci, Laetitia Schlumberger (photo), Tigrane Seydoux, Antonin Seydoux , dont nous avons parlé dans de récents bulletins…

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Un documentaire sur l’épopée industrielle des Seydoux dans le textile ?
Le groupe américain PRIME ENTERTAINMENT GROUP, nous a contactés en vue de la réalisation d’un documentaire sur l’histoire des entreprises textile Seydoux, en collaboration avec FR 3 Nord.

Ce projet semble tout à fait intéressant, les jeunes réalisateurs sont dynamiques, sympathiques et passionnés mais les budgets alloués leur permettront-ils de mener le projet jusqu’au bout ? Affaire à suivre.
*****

Marie Schlumberger (2263311),

Toujours pleine de peps, a « refait une beauté » au site de son entreprise, « Un été en automne ». Elle attend vos commentaires et espère vos ‘’likes’’. marie@uneteenautomne.com.

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Histoires familiales

Merci à Monsieur Jean-Marc Caudron, habitant du Cateau qui nous a transmis cette photo d’une  « vue panoramique de l’usine de Jacques Paturle, négociant lyonnais ».

Il s’agit d’une œuvre inachevée à l’encre de Chine de 35 X 20cm. Elle a été vendue sur Internet pour une somme minime, malheureusement, M. Caudron l’a manquée. Rappelons que la manufacture fondée par J. Paturle au Cateau est à l’origine des entreprises textiles Seydoux-Sieber.

Ci-après quelques détails où on voit l’arrivée des balles de laine en provenance d’Australie, d’Amérique du Sud etc, via Londres.


*****
Souvenirs du Mariage de Robert Carmichael (2281)

Hélène Roy (224) à Olga Seydoux (2221), 18 mai 1922, Paris, 24 place Malesherbes

Ma bonne Olga,

Je pense que vous voilà retirés à Nice après votre merveilleux voyage et comme je te sais curieuse de nouvelles et de détails, je prends la plume à ton intention. Savez-vous déjà les fiançailles de ce gamin de Robert ? Tu as dû sauter en l’air en les apprenant. Nous y étions préparés, mais nous ne les croyions pas aussi prochaines et tante Madeleine et surtout l’oncle James, ne peuvent pas se remettre de leur émotion. Oncle James en a passé plusieurs nuits blanches et ne sait que répéter « Il est trop jeune, il est si jeune ! » et puis « Je n’ai encore aperçu ma belle-fille qu’une fois et je n’ai même pas vu ses parents ! » Nous savions par Robert et par Mayence, qu’il avait fait très bonne connaissance, qu’ils étaient très camarades là-bas et se retrouvaient très librement et qu’ils étaient un peu restés en correspondance. Puis par les Schweisguth, déjà l’an dernier, nous avions entendu dire grand bien de la jeune personne : ils la connaissent beaucoup et quoique son aînée de trois ans, elle est l’amie d’Yvonne. Elle est en ce moment à Paris chez sa grand-mère Schneider tandis que sa mère finit de s’occuper d’un déménagement à Tours où ils étaient en garnison avant la guerre. Son père est officier, elle est fille unique et madame Schneider est la soeur de madame Barde : elle est donc cousine germaine d’Eric. Ces deux jeunes fiancés ont dîné chez nous hier soir avec Grand-maman et oncle James. Notre nouvelle nièce nous a beaucoup plu : elle est simple, naturelle et a un air gai et intelligent. Elle est de la taille d’Hélène Carmichael mais paraît beaucoup moins grande étant mieux proportionnée. Sans être jolie, elle a de jolis yeux, de beaux cheveux châtains et une physionomie agréable. Ils ont l’air enchantés l’un de l’autre. Je croyais que le mariage se ferait à la vapeur, mais le bruit court que non. D’ailleurs les parents ne se sont pas encore vu ; il serait convenable qu’ils se concertent. Madame Schneider n’arrive à Paris qu’aujourd’hui et l’oncle et la tante la verront demain.

Alice Seydoux (223) à sa sœur Hélène de Mallmann épouse François.

Grande agitation dans le jeune clan par suite des nouvelles fiançailles (non officielles encore) Robert Carmichael avec Mlle Schneider. C’est une jeune fille qu’il a connue à Mayence, fille de militaire et cousine des Barde, le fiancé de Denise. Elle a 6 mois de plus que Robert. Que dites-vous de cette précocité ? Naturellement, le fougueux Rico (Henri Seydoux) ne permet pas qu’on la critique ! Si seulement cette fiançomanie pouvait gagner un peu notre côté ! Là, le calme plat continue avec la dépression générale

Hélène Roy (224) à Olga Seydoux (2221) 9 octobre 1922 La Barbannerie, par Maurecourt (S & O)

Ma chère Olga,

Fidèle à ma promesse, à mon premier moment disponible, je saute sur ma plume pour te faire le récit des journées mémorables de la semaine dernière. Mercredi 4 : Départ à 10 H. du matin de la Barba avec toute la domesticité, y compris Françoise et son poupon qui n’y reviendront pas. Déjeuner chez Grand-maman qui a bien pris ses habitudes place Malesherbes avec Madame Durand, mais qui ne sait pas plus que moi à quelle heure aura lieu le déballage Carmichael. J’avais envoyé Marthe, la veille, faire les lits et les toilettes : Louise et Margot dans la chambre d’amis près de la lingerie, Hélène, Suzon et Claude dans les deux pièces près de la salle à manger, Nounou, Pouzet au sixième, les parents chez Grand-maman, Charlie et le pasteur Bruce chez tante Emma. Vers trois heures, je rangeais encore un peu chez moi (des fleurs, etc) avant d’aller essayer robe et chapeau, quand arrive à grand bruit l’invasion Carmichael, père, mère et sept enfants, y compris le fiancé, les plus jeunes filles surtout, fort excitées. Je les dirige vers leurs chambres et bientôt chacun se disperse pour diverses courses nécessaires. Je suis très contente de ma robe, sobre, cossue et de bon goût, je crois. On se retrouve à dîner ; je prends Charlie et les trois jeunes filles tandis qu’oncle James et tante madeleine, Robert, Hélène et Suzon dînent chez Grand-maman. Jeudi 5 : A 10 h. ¼, mariage civil à la mairie de Passy. Rien de sensationnel. Pas de discours, quelques mots et une poignée de main du maire-adjoint aux jeunes époux.

Personne n’est ému. De là, une partie de la famille, dont ton oncle et moi, se transporte 141 avenue Malakoff, au 106 futur domicile du jeune ménage qui veut nous montrer appartement et cadeaux. Très gentil petit appartement, au troisième sans ascenseur, une très petite entrée ouvrant sur la salle à manger ; sur l’avenue Malakoff, salon et chambre à coucher ; sur la cour plantée de deux grands arbres et ayant un peu de vue par-dessus les toits, un petit cabinet de toilette, salle de bains, deux chambres à coucher et une petite cuisine, une jolie chambre sera chambre d’amis et l’autre sera chambre de femme de chambre et lingerie. Les meubles de la salle à manger (cadeau de Mademoiselle Marguerite Carmichael) sont très jolis.

J’aime beaucoup l’armoire de la chambre, donnée par tante Madeleine et oncle James ; le lit n’est pas encore arrivé. Dans le salon il y avait déjà un bureau secrétaire qu’avait Hélène, avec plusieurs petites tables guéridon et une très jolie coiffeuse ancienne (meuble de famille) quelques sièges et pas mal de cadeaux. Lampes, flambeaux, appliques, plateaux,, ouvrages, service de table, vase, potiche, un peu trop de bronzes et milieux de cheminée plus ou moins artistiques, etc. On attend encore un piano à demi-queue (cadeau) et un grand divan avec coussins.

Ce soir, dîner d’une trentaine de personnes, les oncles et tantes et comme cousins germains, les jeunes ménages.

J’étais entre le pasteur Bruce et l’oncle capitaine Georges Schneider, beau militaire, aimable et décidé que j’ai mis surtout sur le chapitre intéressant de ses voyages en Afrique, etc. Le côté des fiancés et de la jeunesse était fort gai et un peu bruyant. Un toast très bien et assez long de l’oncle James, très ému, s’adressant spécialement d’abord aux fiancés, puis avec un mot tout à fait gentil et affectueux pour chacun : les grand-mères,, son père, sa tante Marguerite Carmichael, le pasteur Bruce, l’ambassadeur de France Monsieur Paul Cambon (présent, oncle de James), tante Hélène et oncle Ferdinand ! André Dietz (présent et ayant quitté sa jeune femme pour 24 heures), les absents de Bénouville, de Nice etc, personne n’a été oublié. Le lieutenant-colonel Schneider, père d’Hélène, a répondu en quelques mots d’une brièveté et d’un ton militaires, les toasts en sont restés là. Il manquait un toast de jeune, Gérard ou Henri aurait bien pu le porter, il aurait fallu les y pousser. Très vite après dîner, sont venus les cousins Monod, Schloesing, Soubeyran, Biville, deux amies d’Hélène, etc. Un cercle d’intimes et toute la jeunesse s’est groupée et a fait pas mal de tapage. Elle aurait voulu terminer par un peu de danse, malheureusement on avait oublié la musique ! Georges Monod, Jeanne, Pierre Mussat, Hélène Schneider se sont mis successivement au piano et ont tapé quelques mesures ; on a fini pare une farandole mouvementée. Les Carmich étaient assez bien coiffées. Hélène et Suzon avaient leur robe bleue d’un précédent mariage, les autres filles en blanc. Vendredi 6 octobre : Les mariés viennent le matin, place Malesherbes, recevoir la bénédiction des parents. Puis chacun se prépare et l’on déjeune de bonne heure. Tante Madeleine, très mère de noce, en robe grise à traîne, chapeau du même ton ; Hélène et Suzon en taffetas gis clair leur allant bien et jolis chapeaux de velours bleu turquoise avec motifs gris autour de la coiffe ; Kiki et Margot, robes blanches de la veille, ceinture mandarine, chapeaux velours taupe avec roses couleur de leur ceinture et confectionnées adroitement par leur belle-soeur ; Claude, robe taffetas rose assez vif et chapeau taupe. Tout le monde est exact à la sacristie, cortège imposant, quatre officiers, la mariée très bien mais assez changée d’expression et émue, un peu pâle, comme Robert du reste. Grand-maman installée dans l’église d’avance par l’oncle Ferdinand, ne devait défiler au bras de Jean Poron qu’après la cérémonie, de l’église à la sacristie. On entre en cortège à deux heures dix, Claude et Renée Tellier, de même taille et en robes du même rose, précèdent la mariée.

J’avais pour cavalier un vieux monsieur paroissien de Reims, grand-oncle d’Hélène, l’aimant beaucoup, considéré presque comme un grand-père, très brave homme, amusant et sympathique. Le discours de Monsieur Bruce, court, très bien préparé, très chaud, sans un mot de compliment, a été à l’unanimité déclaré parfait, peu banal et pas du tout discours de mariage. Ensuite le brave pasteur Nick de Lille, très ami des Carmichael et de Robert, qui devait, sans monter en chaire, dire une prière devant les mariés, n’a pas pu résister à leur dire quelques mots improvisés, vibrant de foi et d’affection que j’ai trouvés, tante Madeleine et les mariés aussi certainement , très émouvants mais qui ont été moins goûtés par l’auditoire en général qui regrettait de ne pas en rester sur le discours de Monsieur Bruce. Le pasteur Brick a eu un petit mot pour tante Madeleine qui m’afait plaisir ; il était bien mérité, disant qu’il n’oublierait jamais ce que pendant toute la guerre elle avait fait pour lui et pour nos soldats du Nord. La musique, très bien. Toute la famille est passée devant les parents et les mariés souriants et émus et le défilé a commencé : pas mal de militaires, des gens d’Amiens, nombreuses personnes de la famille Ponsin du Cateau, ce qui m’a un peu étonnée et le brave père Rossigneux qui a embrassé tante Madeleine avec entrain. A trois heures vingt-cinq on re-défilait dans l’église ; tu vois que cela a été rondement mené. Grand-maman n’est restée que dix minutes dans la sacristie, Jean Poron l’a amenée en voiture et elle est allée faire un petit tour au bois avec Madame Durand pour ne revenir au lunch qu’une fois le flot un peu écoulé. Elle paraissait très contente de sa journée et pas fatiguée le soir. Les noceurs intrépides : oncle James à la tête de seize ou dix-huit cousins sont allés dîner chez Weber et entendre « Raffles » à je ne sais quel théâtre où ils se sont beaucoup amusés. Nous sommes restés tranquillement avec tante Madeleine et Claude. Le lendemain il fallait remballer tout ce monde de bonne heure puisque nous reprenions le train à huit heures cinquante. Enfin cela s’est opéré sans trop de bousculades ni d’agitation. J’ai regarni la maison de fleurs et nous avons eu hier une belle journée ensoleillée pour recevoir les Emile Thurneyssen à déjeuner avec Jacques, Robert et Christiane ; c’est notre dernière réception sauf Miss Morice qui viendra peut-être passer la journée mercredi. Il faut pourtant que je fasse ranger la maison puisque nous partons vendredi chez les amis Daulnoy dans la Nièvre. Nous rentrerons à Paris le size ou le dix-sept. Tu vois que je n’ai guère le temps de flâner ! Les Marcel te remercient beaucoup de tes renseignements ; ils sont bien hésitants. Je t’embrasse ma bonne petite, bien tendrement ainsi que tes parents. Ton affectionnée,

Tante Hélène.

*****

Suite des correspondances de Georges Seydoux (226) à son fils Daniel. Extraits communiqués par Patrick Seydoux.

Lettre du 16 Septembre 1920. Bénouville

Mon cher garçon,

Nous nous réjouissons pour toi, ta mère et moi, à la pensée que tu as maintenant quitté New York et que tu as retrouvé tes amis américains et en particulier John Cox.

Ne pouvant accueillir le frère de ce dernier à son arrivée à Paris, je lui ai écrit au 69 de la rue Erlanger où j’ai su, par son agent Monsieur Lamoureux, qu’il s’était arrangé avec la demoiselle Cornaz amie d’ « Astouding ». J’espère qu’il sera, ainsi que Mrs Cox, satisfait de sa pension dont la mère de Reiss disait beaucoup de bien.

Içi nous sommes assez au calme pour le moment. En fait d’hôte nous n’avons que Mr. Robert Ledoux qui est venu passer trois jours avec nous. Il ne connaissait pas du tout la Normandie et il se montre enthousiasmé de nos falaises. Il est vrai de dire qu’il a pu les contempler sous la magnifique lumière de beaux jours de Septembre.

Robert a eu avec le fermier une nouvelle matinée de chasse. Ils ont tué cinq perdreaux un lièvre et un lapin.

Les Pierson ne sont pas encore arrivés. Peut-être les verrons- nous samedi 18. Hermine a été de nouveau assez fatiguée ce qui est bien ennuyeux. Charlie est à Paris jusqu’à nouvel ordre.

Un des gros évènements d’içi a été que la citerne de la grosse buanderie a été à sec pendant huit jours. Etant donné que l’été a été assez pluvieux et que cette année il sera indispensable d’arroser quelque peu le potager, je crois que suivant la demande de ta mère, je vais me décider à faire encore une troisième citerne qui sera alimentée par la toiture de la nouvelle grange Daussy. J’attends Monsieur Touzet pour examiner la chose avec lui et lui demander de m’établir un devis. Ceci en attendant la fameuse installation hydraulique dont nous rêvons toi et moi. Monsieur Ledoux, consulté préconise le système pneumatique. Il prétend qu’il serait beaucoup plus pratique et le plus économique à établir.

Le 2 Octobre on met en vente une des plus grosse fermes de Bénouville, la ferme « Bassieu » derrière l’Ecole. La mise à prix serait dit-on, de 65.000 francs. Il y aurait plusieurs acheteurs dont un serait décidé à pousser jusqu’à 80.000 francs. Les terres seraient d’un seul tenant.

Gigoton (Roland) est toujours aussi amusant. Hier je me promenai avec lui. Il aperçoit Didinne et lui envoie un joyeux bonjour auquel sa sœur lui répond non moins joyeusement. Le petit se tourne vers moi et dit textuellement : « Comme elle est gentille cette Diginne. Rolli a de la chance de l’avoir ». Il est très intrigué par Monsieur Robert Ledoux. Il le regarde avec attention et m’a demandé ce matin quel âge il avait en ajoutant : « Rolli voit bien que ce n’est pas un petit garçon ». Il parle souvent de toi et du bateau qui t’a emmené. Il voudrait le visiter et se demande si tu y avais un grand lit.

Je pense rentrer à Paris à la fin de la semaine prochaine, aller faire un tour au Cateau où nous devons relever les salaires à partir du 1er octobre, puis je songerai sérieusement à mon petit voyage en Espagne . Je compte emmener Monsieur Bordas et il faut que nous soyons revenus le 15 Oct. Pour permettre à mon compagnon d’entreprendre à temps son voyage en vue de l’été 1921. T’ai-je dit que, pendant la dernière semaine passée à Paris, j’avais révisé, en vue de cette même tournée, les prix de notre tarif. J’obtiens une baisse de 20% par rapport aux prix de mai dernier, ce qui est déjà très appréciable. Dis loi ce que l’on dit aux Etats-Unis de la situation industrielle, commerciale et financière de ce pays. Je pense que tout dépendra plus ou moins du résultat des élections de novembre.

Cette lettre va te trouver de nouveau installé à Sigma Phi et ayant repris tes cours à l’université. Elle t’apportera les souhaits et les encouragements de ton vieux papa qui pense sans cesse à toi et ne doute pas qu’avec la bonne volonté et la persévérance qu’il te connait et l’aide de Dieu, cette second année d’étude se passera à ta satisfaction et pour ton grand bien. Je t’embrasse de tout cœur mon chéri en te demandant de nous écrire hebdomadairement et longuement.

Ton vieux papa et ami

Geo Seydoux

Extraits Lettre du 22 Septembre 1920 à Benouville

Mon cher garçon,

Nous avons depuis 48h un temps comme j’en ai rarement vu à Bénouville : une pluie véritablement diluvienne et avec cela un très gros vent de tempête. Ces circonstances nous ont permis de constater que l’arrivée d’eau à la grande citerne de la buanderie se faisait mal. Le contremaître de Touzet arrive à la conclusion que les racines du marronnier à l’angle de la cuisine ont dû peu à peu modifier le niveau des tuyaux d’alimentation. Le travail à faire sera sans doute assez considérable.

La famille Johannes Pierson, père, mère et fille sont arrivés samedi. Hermine a bonne mine. Tous trois paraissent se plaire ici. Je regrette que jusqu’à présent leur séjour soit aussi peu favorisé par le temps. Hier après-midi, Yvonne Nicoletis, son fiancé (Henri Alby, élève de l’Ecole Polytechnique, ancien camarade d’Alec) un de ses futurs beaux-frères et trois de ses futures belles-sœurs ont débarqué pour le thé. Les spécimens de la famille d’Alby nous ont fait une excellente impression, aimables, simples, tout à fait « famille ». Le grand point noir pour Monsieur et Madame Nicoletis c’est qu’ils sont catholiques. La jeune fille a eu beaucoup de peine à se décider mais elle a fini par céder aux instances du jeune homme.

Je pars à 4 heures pour Paris avec Denise, Bernard et Marie. Denise va commencer à suivre ses cours du service sociale et Bernard sera opéré vendredi par le Docteur Laurens (végétations). Il sera ainsi tout à fait remis pour la rentrée du lycée où j’espère qu’il pourra suivre la classe de cinquième. Je trouve cependant qu’ il est bien faible en latin.

Ton petit Gigoton nous a encore bien diverti ces jours-ci. Hier matin il venait de cueillir une fraise et de la mettre dans sa bouche quand éclate un coup de tonnerre. Aussitôt il rejette le fruit de sa bouche en disant : « Rolli croit que c’est le bon Dieu qui gronde ».Il fait avec les Daussy et Madame Bredel d’interminables conversations où son rôle est de questionner inlassablement. Ginette, qui l’avait un peu perdu de vue depuis quelques mois, s’occupe beaucoup de lui en ce moment et le trouve étonnant. Ce qui la frappe surtout chez ce petit, c’est un sens pratique des plus développés. (…)

J’ai interrompu ma lettre pour lire celle que Tom Cox m’a écrite en réponse à la mienne. Il est installé au 69 rue Erlanger. Il me dit que, pendant la traversée, sa femme a été très éprouvée par le mal de mer. Il paraît vraiment se réjouir à la pensée de faire connaissance de ta famille. Je m’arrangerais pour le voir dès la semaine prochaine.

J’ai toujours l’intention d’aller prochainement en Espagne. Je ne sais pas encore si je partirai le vendredi 1er ou le vendredi 8 Octobre. C’est samedi prochain que Hélène s’embarque pour l’Angleterre. Elle ira vendredi à Rouen, y retrouvera Melle Merle, partira le lendemain pour le Havre.

*****
Véronique Redaud (152142) nous a envoyé cette photo ancienne de Séridos, la propriété de ses ancêtres. Souhaitons qu’elle ou l’un de ses proches (Irène, Henriette … ?) nous envoie pour un prochain bulletin l’histoire de cette propriété.

Témoignage
Françoise Vin Bernard (15232) : « Grâce à Charlot », 75 ans après, deux petites filles de la guerre se retrouvent à l’inauguration du musée Chaplin à Vevey.

Sur les pages suivantes, nous reproduisons un article émouvant écrit par notre cousin journaliste, Jean Bernard (152323), publié dans Paris-Match (Belgique) d’avril 2016

Françoise Bernard née Vin (15232) et son amie Edita au musée Chaplin

Françoise (avec un béret), à la fenêtre du train de la Croix-Rouge (1941)

Jean Bernard
*****

Roger, Bobby, Coste (15132) 28 septembre 1930-18 juin 2015

Bobby, qui avait choisi d’être appelé ainsi, nous a quittés le 18 juin 2015 dans sa quatre-vingt-cinquième année. Quatorze ans plus tôt il avait eu un très grave accident vasculaire cérébral qui changea sa vie. Son médecin, après sa mort, m’écrivit : « N'exprimant jamais aucune plainte, il suscitait l'admiration de qui comprenait sa situation. »

Bobby était le deuxième fils d’une fratrie de six enfants dont les parents étaient Philippe et Georgette Coste, née Seydoux. Lorsque je suis entrée dans la famille, où j’ai été très bien accueillie, j’ai découvert leurs grandes tablées vivantes et gaies.

C’est au début de sa vie professionnelle que nous nous sommes mariés. Ingénieur civil des Mines de Paris, Bobby choisit d’entrer chez Péchiney, dans la chimie, en plein essor après la guerre. Nous sommes partis pour l’usine de Saint-Auban dans les Alpes de Haute Provence où Bobby travailla plusieurs années comme ingénieur de fabrication dans l’atelier du chlore. Il aimait cette vie d’usine.

Quelques années plus tard, Bobby fut nommé, avec plusieurs de ses collègues, au siège de Péchiney à Paris pour faire le lien entre la direction et les usines. De ces années passées dans l’industrie chimique, il a conservé des amitiés qui ont perduré jusqu’à sa mort. Trois amis de cette époque se retrouvaient autour de lui au cours des derniers mois de sa vie.

En 1970, Bobby quitta Péchiney avec le rang de directeur pour rejoindre mon père, Eric Boissonnas, qui venait de créer la station de ski de Flaine en Haute Savoie. C’était le moment où de nouvelles stations comme Courchevel, La Plagne et Avoriaz étaient en cours de construction. Pendant vingt ans Bobby travailla au développement de Flaine avec mon père et mon frère, Nicolas Boissonnas.

Trois enfants nous étaient nés, Bertrand, Stéphane et Mathilde. Nos vacances se passaient, bien sûr, à Flaine où ils retrouvaient, en hiver, des cousins sur les pistes pendant que leur père gérait la vie de la station sous ses multiples aspects. En été, Flaine était un grand chantier de construction d’immeubles et de remontées mécaniques. Bobby préparait la saison d’hiver alors que sa famille découvrait la montagne.

Bien des années après son départ de Flaine, Bobby demanda aux anciens, qui avaient participé à la construction et à la vie de la station pendant ses premières années, d’écrire leurs souvenirs pour les éditer dans un ouvrage qu’il intitula,  Les pionniers racontent . « Dans son livre émouvant sur Flaine, il a permis à chacun d'apporter son témoignage. Cette attention chaleureuse aux autres est pour moi très caractéristique de Bobby », m’écrivit une de mes nièces.

Dans les années 1970, une nouvelle activité sportive se développait en France, le tennis. Bobby et mon frère, Nicolas, organisaient à Flaine des stages intensifs de tennis, très en vogue à cette époque, comme sport d’été complémentaire du ski. Puis ils ouvrirent des stages dans le Midi. A la fin des années 1970, le golf compléta le dispositif. L’étape suivante fut la construction de nouveaux golfs dans différentes régions de France dans les années 1980. Depuis, le nombre de golfeurs a été multiplié par dix et c’est Stéphane qui a repris les golfs de son père.

Quand Bobby prit sa retraite, il fut élu juge au Tribunal de Commerce de Bobigny. Cette activité convenait bien à son esprit précis et exigeant. Il n’hésitait pas à aller sur le terrain pour mieux comprendre les causes d’un litige. Et il contribua, avec d’autres juges, à assouplir le régime des sanctions en vigueur dans ce tribunal.

Lorsqu’il quitta le tribunal de commerce, Bobby entreprit des recherches historiques sur son environnement à Paris et en Normandie. C’est ainsi qu’il baptisa une de ses recherches sur notre quartier « Une chambre avec vue » d’après un film qu’il avait particulièrement aimé.

Après son accident vasculaire cérébral qui limita ses possibilités de travail, Bobby continua à se passionner pour de nombreux sujets historiques, géopolitiques ou techniques concernant notre monde. Il lisait beaucoup.

Nous avons eu dix petits enfants que Bobby a vu grandir avec joie. Ce sont maintenant des adultes qui auront été très présents auprès de leur grand-père pendant toute leur jeunesse.

Après sa mort, un de ses neveux m’écrivit :

« J’ai toujours eu un réel plaisir à discuter avec mon oncle au cours des réunions familiales. J’aimais sa curiosité d’esprit et la modération pleine de sagesse de ses avis… [et] aussi un état d’esprit sur le monde, une honnêteté, une curiosité, une culture immense et modeste, un détachement distingué. »

Catherine Coste
Site Internet de l’association

Adresse : www.seydoux.fr

Nom d’utilisateur : FAMILLE

Mot de passe : DEUX1015
Forum :
les-seydoux@googlegroups.com 

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«contrats d’intégration, nouveaux enjeux, nouvelles pratiques». La conclusion a été faite par Jean-Marie gilardeau

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«Les Difficultés des entreprises agricoles : intérêt des procédures collectives»

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«les difficultés des entreprises agricoles : intérêt des procédures collectives»






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