Bucco Dentaire «Addictologie et Santé Bucco Dentaire»





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8ème Colloque National de Santé Publique

de l’Union Française Pour La Santé Bucco Dentaire


« Addictologie et Santé Bucco Dentaire »

DOSSIER DE PRESSE
« Résumé des interventions »


Etat bucco-dentaire des adultes de 35 à 44 ans et précarité

Dr Edith ROLAND

CETAF
Cette présentation cible les personnes de 35 à 44 ans - population généralement étudiée dans les études épidémiologiques - afin d’avoir un aperçu synthétique de l’état de santé dentaire des adultes français.

Les résultats sont issus de l’analyse des examens de santé réalisés dans l’ensemble des 98CES français entre 1999 et 2003. Ils concernent 384 530 adultes avec pour objectif de montrer les relations entre certains indicateurs dentaires et 4 facteurs explicatifs.

Les indicateurs dentaires étudiés sont :

* l’indice CAO qui est la somme des dents cariées, Absentes et Obturées que possède un sujet ;

* la présence d’au moins une dent à traiter ;

* l’absence d’au moins 4 dents ;

* une surface masticatoire insuffisante définie par l’absence de plus de 5 couples de molaires ou prémolaires en antagonisme.
Les 4 facteurs explicatifs sont :

* le sexe ;

* la précarité définie par un score découpé en 5 modalités tenant compte du mode de vie et des aides sociales… ;

* la consommation de 30 cigarettes ou plus par jour ;

* la consommation de 50 g ou plus d’alcool par jour chez les hommes (30 g ou plus chez les femmes).

A 40 ans, la moyenne de l’indice CAO est de 14 dents chez les hommes et de 15,5 dents chez les femmes. Elle est plus faible chez les non fumeurs, non buveurs et non précaires tandis qu’elle est nettement augmentée dans tous les groupes opposés particulièrement chez les gros fumeurs. Avoir au moins une dent à traiter en bouche, plus de 4 dents absentes ou une surface masticatoire insuffisante sont nettement plus fréquents chez les gros buveurs et encore plus chez les gros fumeurs ou chez les sujets en situation de précarité. Si le risque relatif d’avoir au moins une dent cariée à traiter en bouche augmente avec le score de précarité (risque multiplié par 2), il est encore plus élevé chez les personnes cumulant précarité et tabac ou alcool.
En conclusion,

- A 40 ans en moyenne près de la moitié des dents a un passé pathologique traité ou non.

- Être gros fumeur ou gros buveur augmente fortement le risque d’avoir un état de santé dentaire dégradé.

- Plus le degré de précarité est élevé, plus le risque de pathologies dentaires est fort.

- Quel que soit l’indicateur dentaire, la précarité est un facteur de risque qui aggrave l’effet des autres facteurs.






Données épidémiologiques sur les addictions : tendances nationales et internationales

M. François BECK

INPES
L’épidémiologie des usages de drogues repose principalement sur les données issues des enquêtes déclaratives en population générale, mais aussi sur des statistiques institutionnelles. Quand les statistiques répressives illustrent, par le biais des données d’interpellation, une prédominance du cannabis, celles issues du système de recours au soin présentent une population majoritairement composée d’usagers d’héroïne et, désormais, de polytoxicomanes, tandis que les éthnologues évoquent de nouveaux usages de cocaïne ou de drogues de synthèses (amphétamines, ecstasy,…) dont les adeptes ne sont pas encore concernés par les institutions en charge des usagers de drogues.
Les données épidémiologiques soulignent le poids notable de l’alcool et du tabac dans l’ensemble des addictions, même si leurs niveaux de consommation sont à la baisse depuis plusieurs décennies en France. Le coût sanitaire et social de ces deux substances apparaît très nettement supérieur à celui des drogues illicites. La consommation du cannabis s’est quand à elle nettement étendue au cours des années 1990, particulièrement chez les jeunes. La position de la France en tête des pays européens pour la consommation de cannabis se retrouve pour les adolescents. Ce produit s’est diffusé de plus en plus massivement en Europe au cours des années 1990 et la France a rejoint le groupe de tête entre 1995 et 1999.

Les autres drogues illicites apparaissent nettement moins expérimentées à l’échelle de la population, même si des produits tels que la cocaïne ou l’ecstasy apparaissent de plus en plus consommés. Pour ces produits, la France occupe au sein de l’Europe une position plutôt basse.
Dans le domaine des consommations de produits psychoactifs, trois catégories de comportement sont distinguées : l’usage, l’usage nocif et la dépendance. Contrairement à l’approche ethnographique, les données épidémiologiques ne permettent pas encore de distinguer clairement les usages récréatifs ou festifs des usages plus problématiques et ne considèrent que très sommairement la quantité consommée ou la qualité des produits. La complexité et la diversité des usages de drogues illicites rendent nécessaire de recourir à des outils d’observation de nature différente, qui s’avèrent complémentaires.

Consommation d’alcool, de tabac et d’autres drogues chez les jeunes de 17 ans à partir de l’enquête ESCAPAD 2005

M. Stéphane. LEGLEYE (conférencier) ;O. Le Nézet, S. Spilka

OFDT
L’enquête Escapad 2005 a pour but d’évaluer les niveaux d’usages de produits psychoactifs parmi les jeunes Français de 17 ans. Elle renseigne également sur la santé et notamment sur la santé buccodentaire.

En 2005, 26% des adolescents interrogés déclaraient avoir eu un problème dentaire et 67% avoir consulté un dentiste au cours des 12 derniers mois. Les résultats montrent qu’à la fin de l’adolescence la santé buccodentaire est fortement liée à la santé en général. Par ailleurs, elle apparaît comme un marqueur du milieu social, du parcours scolaire et de la situation familiale. Par exemple, les jeunes issus d’un milieu social modeste ou qui ont un parcours scolaire difficile ou dont les parents sont séparés déclarent moins souvent être allés chez le dentiste, alors qu’ils souffrent plus souvent de problèmes dentaires. Le constat est similaire pour les jeunes qui fument régulièrement du tabac ou du cannabis.

L’analyse multivariée, visant à mettre en évidence les facteurs liés à une absence de visite chez le dentiste, confirme l’impact des facteurs précédemment cités, auxquels il faut rajouter la consommation régulière d’alcool.

Santé et recours aux soins des étudiants

M. Nicolas DION

USEM
Nicolas DION est président de l’USEM depuis novembre 2006, il est cadre dans une organisation professionnelle et a exercé des fonctions mutualistes au sein de la SMEREP (mutuelle étudiante régionale d’Ile de France), dont il a été président de janvier 2004 à mars 2007.

Résumé de l’intervention de Nicolas Dion : « santé et recours aux soins des étudiants »
L’intervention du président de l’ USEM portera essentiellement sur les enseignements majeurs de l’enquête santé nationale réalisée au premier trimestre 2007, sur un public de 14000 étudiants en partenariat avec la fédération nationale des observatoires régionaux de santé (FNORS). Cette enquête réalisée, tous les deux ans, par les 6 mutuelles étudiantes régionales qui composent l’USEM (MEP, MGEL, SMEBA, SMENO, SMEREP et SMERAG) a pour objectif de mettre à jour les comportements des étudiants en matière de recours aux soins, vis-à-vis de certaines pratiques à risques pour leur santé et d’affiner leurs attentes dans le domaine des actions de prévention.
L’édition 2007 a montré que le public étudiant se considère en bonne santé (93,5%) mais des difficultés subsistent notamment vis-à-vis des étudiants qui éprouvent des pensées suicidaires ( 8,8%), et de ceux qui déclarent des périodes de mal-être de plus 15 jours consécutifs (31,3%).
Cette enquête a montré notamment que c’est parmi cette population étudiante confrontée au mal-être, que se retrouve le plus grand nombre d’étudiants qui adoptent des comportements à risques. En effet, si 10,9 % des étudiants avouent une consommation importante ou excessive de tabac, ils sont le double dans ce cas s’agissant des étudiants confrontés au mal-être. C’est le cas également pour la consommation de cannabis qui passe de 9,9% à 15%.
Le président de l’USEM évoquera également les autres problématiques santé rencontrées dans la population étudiante et en particulier les difficultés d’accès aux soins. En effet, 14% des étudiants qui n’ont pas consulté de professionnels de santé au cours des six derniers mois évoquent l’argument du coût financier. Par ailleurs, seuls 83,5% des étudiants interrogés répondent bénéficier d’une couverture complémentaire santé, contre 91% dans la population générale.

50 % des étudiants qui n’ont pas de complémentaire santé évoquent le motif du coût pour expliquer cette carence.

Cette intervention permettra également d’évoquer les perspectives du partenariat entre les mutuelles étudiantes régionales de l’USEM et l’UFSBD dans le cadre d’une convention cadre visant à promouvoir la prévention bucco dentaire en milieu étudiant grâce au soutien et à l’appui des mutuelles étudiantes régionales de l’USEM.

LES CONSEQUENCES DE L’ABUS D’ALCOOL ET DE TABAC

SUR LE COMPORTEMENT ET SUR LA SANTE

Dr Benoît FLEURY

Vice Président de l’ANPAA

CHU de BORDEAUX
Il est d’abord rappelé les recommandations de l’OMS et de l’INPES concernant la consommation modérée d’alcool, à savoir : ≤ 2 verres/jour chez la femme, ≤ 3 verres/jour chez l’homme, ≤ 4 verres/occasion, un jour par semaine d’abstinence totale de consommation d’alcool. Au delà de ces chiffres, on parle de consommation à risque, et de consommation nocive lorsqu’elle s’accompagne de symptômes physiques, psychiques ou sociaux sans dépendance.

Ces consommations à risques et nocives, sans dépendance, sont beaucoup plus fréquentes dans la population française que les situations de dépendances à l’alcool. Tous les soignants, les médecins généralistes, mais également les dentistes, doivent pouvoir repérer ces consommations à risques : elles peuvent en effet faire l’objet d’interventions brèves pour aider les personnes à modifier leur comportement et, ainsi, éviter de développer des maladies chroniques (cirrhose, cancer, complications neurologiques, etc…).

L’abus d’alcool est responsable d’une morbidité importante (maladies, accidents), d’une mortalité globale de 45 000 décès par an. Cette mortalité est souvent prématurée, survenant avant 65 ans. L’abus d’alcool est problématique chez les jeunes, pouvant être responsable d’accidents, première cause de mortalité chez eux. Les phénomènes de « bindge drinking », observés chez les jeunes (consommation rapide de plus de cinq verres) sont particulièrement préoccupants. L’abus d’alcool est responsable de 15 à 20 % des accidents mortels du travail et de 20 % des accidents domestiques. Il est rappelé les recommandations de la SFA (Société Française d’Alcoologie) de ne pas consommer d’alcool pendant la grossesse : l’alcoolisation fœtale est la deuxième cause de retard mental, touche 7 000 naissances par an, dont 3 000 de formes sévères. Enfin, les personnes en situation de précarité sont souvent gravement dépendantes de l’alcool et du tabac, ce qui les expose à des complications chroniques de l’abus de ces substances.

Seront présentés des outils simples pour repérer la consommation à risque d’alcool et pour proposer aux consommateurs, avec des protocoles ayant fait la preuve de leur efficacité, de réduire leur consommation.
Concernant le tabac, à la différence de l’alcool, toute consommation est dangereuse pour la santé. La prévention est donc totalement différente et son objectif est d’abord de recommander de ne pas se mettre à fumer, puis d’arrêter dès que possible si elle a commencé. La consommation de tabac peut entraîner 23 maladies, elle est la principale cause de mortalité évitable en France avec 65 000 décès annuels.

Les bénéfices du sevrage sont rapides dans de nombreux domaines sur le plan physiologique mais plus longs sur la prévention de l’apparition de certaines pathologies.

Le conseil minimal peut être pratiqué par tous les soignants après une formation adaptée, pour conduire les fumeurs à décider d’arrêter leur consommation.
En conclusion, la collaboration entre les chirurgiens dentistes et les addictologues est tout à fait essentielle pour organiser des formations communes et travailler en réseau pour une prise en charge coordonnée optimale des patients, de leurs addictions et de leurs problèmes dentaires.

Drogues illicites, conséquences sur la santé des usagers

Dr Brigitte REILLER

ANIT
Les conséquences sanitaires et sociales de l’usage de drogues sont nombreuses. Les patients fréquentant les Centres de Soins Spécialisés pour Toxicomane sont pour la plupart des jeunes adultes, poly toxicomanes, socialement précaires, porteurs de souffrances psychiques. Ce profil psycho-social a des conséquences directes sur l’accès aux soins, ce qui est d’autant plus dommageable que les co-morbidités sont nombreuses dans cette population. Ces co-morbidités sont d’une part :

-psychiatriques, soit à l’origine, soit la conséquence de l’usage de produits ;

-somatiques, en particulier infectieuses favorisées par les conditions de vie, par les produits utilisés ainsi que par leurs modes d’administration (pratiques d’injections non stériles en particulier).

Actuellement, l’épidémie d’hépatite C touchant cette population représente un problème de santé publique.

Les demandes de soins chez l’usager se situent aux différents stades de son parcours :

Réduction des risques sanitaires et sociaux dus à l’usage de produits, demandes de soins motivées par une urgence somato- psychiatrique, par l’addiction ou par ses conséquences médico-psycho-sociales à long terme.

Les traitements de substitution aux opiacés prescrits dans le cadre d’un suivi global ont permis d’améliorer la prise en charge des usagers (baisse de la mortalité, meilleure situation sociale). Malgré ces améliorations majeures, ils ont des limites (accès inégal sur le territoire, mésusage).

Tabac et cancer buccal

Dr Anne-Laure EJEIL

MCU Paris Descartes & PH Hôpital Bretonneau
Il est maintenant bien établi que le tabac constitue un facteur de risque majeur dans l’apparition des lésions précancéreuses de la cavité buccale, des cancers buccaux mais également des parodontites.
Les études épidémiologiques confirment la relation cancer buccal et tabac. Ces cancers représentent 25 à 30% des cancers des Voies Aéro-Digestives Supérieures.

Dans environ 30 à 40% des cas, les cancers buccaux sont précédés de lésions dites « précancéreuses » ou à risque. La kératose tabagique est la plus fréquente de ces lésions. Il s’agit d’une plaque blanche, d’abord homogène et plane mais qui peut se transformer. A son début, cette lésion est réversible à l’arrêt de l’intoxication.
De façon plus générale, au niveau buccal, le tabac altère le goût et l’odorat, colore les dents et est responsable d’une mauvaise haleine et d’une plus grande susceptibilité aux mycoses buccales.

La nicotine contenue dans les cigarettes est responsable de la dépendance au tabac, d’effets cardiovasculaires comme l’augmentation du risque cardiaque, de la tension artérielle et du débit cardiaque.

Au niveau de la muqueuse buccale, la nicotine altère la circulation du sang dans la gencive et dans l’os alvéolaire et diminue la concentration d’oxygène dans les tissus (gencive et os). A plus long terme, ces effets entraînent une altération physiologique de l'os alvéolaire aboutissant à la création de poches parodontales.

On observe également chez les fumeurs une diminution de l’efficacité de la réaction inflammatoire par altération du système de défense et une diminution de la synthèse matricielle qui explique l’altération de la cicatrisation.
Le chirurgien dentiste est un partenaire à part entière dans la lutte contre le tabagisme et sa consultation est un moment idéal pour faire passer un message.

Parodontites et tabac, un lien scientifiquement établi

Dr. Sophie-Myriam Dridi

MCU Paris Descartes & PH Hôpital A. Chenevier
Les parodontites sont définies comme des maladies inflammatoires, d’origine bactérienne, localisées au parodonte qui représente l’ensemble des tissus de soutien de la dent. Très répandues en France, elles affectent surtout les adultes. Leurs conséquences cliniques sont nombreuses, esthétique et fonctionnelle (douleur et saignement de la gencive, mobilité dentaire, altération de la mastication, perte des dents pour les cas extrêmes) sans compter les éventuelles répercussions sur la santé générale.

Si l’origine infectieuse des parodontites n’est plus à démontrer, leur évolution et leur développement dépendent en revanche de nombreux facteurs de risque endogènes ou exogènes. Parmi ces derniers, le tabagisme est reconnu par l’ensemble de la communauté scientifique comme étant particulièrement délétère pour les tissus parodontaux. Les effets biochimiques du tabac sont multiples, directs et indirects. Statistiquement, les fumeurs ont 3 à 6 fois plus de risque de présenter des pertes du support parodontal (gencive et os) sévères et évolutives par rapport aux non fumeurs ou aux ex-fumeurs. Par ailleurs, la sévérité de la parodontite augmente avec la quantité de tabac consommé par jour et la durée de l’exposition. Le tabagisme passif serait également très néfaste même si ses effets sont moindres. De même, la réponse à la thérapeutique est profondément modifiée chez les fumeurs, avec des retards de cicatrisation fréquemment observés. Par contre, l’arrêt du tabagisme permet d’améliorer et de maintenir la santé du parodonte. L’odontologiste doit donc participer activement à la lutte contre le tabagisme, dans le cadre de la prévention et de la gestion des parodontites qui représentent un réel problème de santé publique dans notre pays.

Les conséquences cliniques des drogues sur la santé bucco-dentaire

Pr Isabelle MADINIER

PU Nice & PH CHU Nice
 Les drogues injectables provoquent des caries à progression rapide qui détruisent les dents en quelques années, malgré les tentatives de soins. Les toxicomanes souffrent de pulpites (rages de dent), souvent sur plusieurs dents en même temps. L’usage de drogues illicites est associé d’autres paramètres péjoratifs pour la santé bucco-dentaire :

- Tabac, alcool, dépendance aux médicaments psychotropes ;

- Hépatites virales (VHB, VHC) et sida (VIH) pour les toxicomanes par voie i.v ;

- Usage des drogues illicites, puis de la méthadone ou du Subutex*, comme antalgiques dentaires ;

- Dépression, anorexie, dénutrition.
 Une étude clinique a été réalisée pour chiffrer les besoins en soins dentaires de cette population précaire : les toxicomanes i.v. (14 F, 38 H, âge moyen 35 ans) ont en moyenne 10 dents absentes, 10 dents cariées dont 6 à extraire et besoin de deux prothèses amovibles de 8 dents chacune. Leur fonction masticatoire et l’esthétique de leur sourire sont incompatibles avec une alimentation et une vie sociale normales. 52% des usagers d’héroïne et 21% des usagers d’autres drogues reconnaissent avoir utilisé des drogues illicites contres des douleurs dentaires. Fumer du haschisch peut déclencher des pulpites s’il y a des caries profondes. (Presse méd. 2003).
 Une consultation dentaire spécialisée VHC, VIH et toxicomanie a été créée depuis 10 ans au CHU de Nice, avec un protocole de soins très simplifié, en 5-6 séances :

- Extractions multiples sous anesthésie générale ;

- Prothèses amovibles en résine ;

- Puis, éventuellement, motivation à l’hygiène bucco-dentaire et soins conservateurs.
 Ce protocole de soins dentaires simplifié répond bien aux attentes des patients précaires, malgré 30% d’absentéisme aux rendez-vous.

Quelles sont les ressources disponibles à l’Inpes

pour les dentistes en matière d’addiction ?

Dr Emmanuelle LE LAY

INPES
L’Inpes ne dispose pas de document spécifique sur les addictions à destination du chirurgien dentiste. En revanche, le chirurgien-dentiste peut disposer de l’ensemble des documents mis à disposition par l’Inpes pour tout professionnel de santé, et ce, gratuitement. Il existe ainsi plusieurs types de documents :


  • les documents pour les professionnels

    • les documents d’information, avec la collection « Repères pour votre pratique », qui répond, en 4 pages à des questions simples de pratique et qui donne les ressources pour aller plus loin.

    • les documents de démarche éducative : « Alcool, ouvrons le dialogue » et « Tabac, ouvrons le dialogue ». Prévue pour le médecin généralistes, cette collection peut donner des pistes de dialogue pour les dentistes qui souhaiteraient aller plus loin.

    • Les publications thématiques bimestrielles « « Alcool actualités » et « Tabac actualités »

    • L’actualité des campagnes se fait par ailleurs dans la presse dentaire, par le biais de publirédactionnels « Inpes et votre pratique »

    • Les baromètres santé




  • les documents d’information destinés au grand public :

    • affiches, dépliants, brochures, pour la salle d’attente

    • brochures à remettre en consultation


Tous les documents sont accessibles par le site Internet de l’Inpes : www.inpes.sante.fr


  • les dispositifs de téléphonie santé : Tabac Info Service 0 825 309 310

    • avec un accès pour le grand public, à recommander au patient qui souhaite arrêter de fumer

    • et un accès professionnel de santé, pour trouver des réponses à toute interrogation







  • Le professionnel peut également s’abonner à la lettre d’actualité électronique« Equilibres », et suivre ainsi les publications de l’Inpes.



Politique de prévention des conduites addictives à l’Education nationale

Dr Jeanne-Marie URCUN

DGESCO
Depuis longtemps, la santé de la population, et des enfants en particulier, est un souci dont se sont emparés avec plus ou moins de bonheur ceux qui se sentaient concernés.

Les médecins tout d’abord, qui avaient « la connaissance » celle des méfaits apportés par la maladie, en particulier les comportements de consommation liés à « l’inconduite », consommation d’alcool, de tabac, etc.., s’empressaient d’informer des dangers tous plus terrifiants les uns que les autres des conséquences de ces comportements. Bien naturellement, ils étaient relayés par les détenteurs du savoir qu’étaient les instituteurs, qui « évangélisaient » les troupes attentives et passives des écoliers, qui, devenus grands, adoptaient bien souvent les habitudes valorisées dans la société…

Les années soixante-dix ont vu une évolution de cette démarche d’information vers une proposition de réflexion pour l’adoption de comportements plus favorables à la santé. La société évolue, ses méthodes de communication aussi, et la prévention utilise la communication de masse pour diffuser ses messages de prévention ; la prise en charge de ces campagnes se fait en grande partie par les pouvoirs publics et l’Ecole y participe avec bonne volonté, essentiellement avec le concours des personnels de santé et des enseignants dont la matière les désignaient, semble-t-il, tout naturellement vers la prévention,- sciences naturelles, sport-.

Mais c’est la Charte d’Ottawa, en 1986, qui a posé les fondements de la prévention en posant le concept de « promotion de la santé » et en soulignant l’importance fondamentale de l’environnement dans la mise en place de l’éducation à la santé. C’est en rendant acteur le sujet destinataire des messages de prévention de sa propre santé que la prévention peut penser pouvoir agir. C’est en partant des compétences que l’on a appelé « compétences psycho-sociales » que l’on peut penser avoir une certaine efficacité.
Cette démarche de promotion de la santé exige une véritable réflexion, une rigoureuse démarche de mise en place de projet.

Au sein de l’Education nationale, c’est le travail avec les différents membres de la communauté éducative que se mettront en place les actions de prévention. C’est au sein du comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté, structure spécifique à chaque établissement du second degré, structure en lien avec les écoles, structure qui permet une approche communautaire des actions d’éducation à la santé que pourra se développer la collaboration avec les partenaires extérieurs pour la construction d’une prévention « logique », respectueuse des besoins et des demandes des élèves .

Ceci s’applique particulièrement dans la démarche de prévention des conduites addictives, démarche développée dans le guide de la collection « repères », accessible sur le site du Ministère de l’Education nationale.

Accompagnement vers les soins dentaires pour les polytoxicomanes marginalisés

M. Olivier ROMAIN

CMSEA
Inscrit depuis bientôt dix ans dans une action de prévention bucco-dentaire auprès des toxicomanes les plus marginalisés et exclus, le CSST « Les Wads » intervient sur l’ensemble des paramètres qui rendent problématique leur accès aux soins. Dans le cadre d’une approche globale, une éducatrice spécialisée particulièrement motivée conduit une approche originale et adaptée au cas par cas.

Une approche éducative, un diagnostic des besoins, une confiance à établir, un accès aux droits, quelques dentistes à trouver, adaptation et souplesse, voire des stratégies à imaginer… sont autant d’ingrédients pour permettre aux accueillis d’avancer de façon notable vers une meilleure santé, pour leur permettre une restauration corporelle voire une réhabilitation sociale.

Cependant l’accès aux droits ne signifie pas l’accès aux soins. Il faut combattre l’inquiétude des praticiens, l’abandon que ces exclus font de leur corps, leur peur de souffrir, les innombrables obstacles inconnus par l’assuré social lambda…

Depuis un an, un partenariat avec la clinique dentaire de l’Assurance Maladie de Metz a donné un élan pour ouvrir des perspectives nouvelles et innovantes dans la prise en charge des marginaux. L’aide d’un chirurgien dentiste, qui croit au travail en binôme avec une éducatrice, associe aux soins l’indispensable accompagnement et ouvre de nouvelles possibilités pour une soixantaine d’accueillis.
Une aventure qui n’est peut-être pas modélisable en l’état, mais qui permet d’identifier quelques pré requis, quelques recommandations, quelques ingrédients découverts dans ce processus de recherche-action.

En tout cas, une histoire d’hommes qui se réfèrent à des valeurs et à une posture professionnelle humaniste

Précarité réseaux Ville-Hôpital

Dr Anne Marie GRIMOUD

MCU/PU Toulouse, PASS CHU Toulouse
Nous aborderons la relation addiction - état bucco-dentaire sous l’angle de la précarité et des difficultés d’accès aux soins ; dans ce contexte de personnes en grande difficulté, une action coordonnée et pluridisciplinaire au sein d’un réseau « ville-hôpital », peut améliorer la prise en charge des soins bucco-dentaires.

La création au CHU de Toulouse du réseau d’odontologie sociale et humanitaire « ROSH », organisé autour de la permanence d’accès aux soins de santé « PASS », permet d’aller vers des personnes en situation de précarité afin de prévenir l’urgence, apporter des éléments d’éducation, dépister et orienter dans le secteur de droit commun pour les soins bucco-dentaires. L’intervention d’étudiants en odontologie aux côtés de praticiens hospitaliers et de travailleurs sociaux assure une formation dans ce domaine.

La population examinée présente différents facteurs de risques d’addiction ; parmi les 488 patients venus à la PASS au cours de l’année 2006, 80% ont entre 16 et 45 ans et sont majoritairement des hommes ; 58% fument, 16% cumulent la consommation de tabac et de drogues illicites, 16% associent tabac et alcool et 7% consomment tabac, drogues illicites et alcool ; socialement 83% des patients n’ont pas de logement stable, 80% sont sans emploi, 13% sont des étudiants, et 60% n’ont pas de couverture sociale.

Au plan bucco-dentaire, 86% des patients examinés présentent des caries, 86% ont une denture incomplète, 62% présentent des traitements dentaires, 27% portent une prothèse et le dernier recours aux soins bucco-dentaires est >10 ans pour 20%.

Par convention avec les cliniques dentaires de la Mutualité Française Haute-Garonne, environ 20% de ces patients accèdent aux soins en intégrant ou en réintégrant le secteur de droit commun, après avoir reçu une éducation à la santé bucco-dentaire, les premiers soins et bénéficié d’une ouverture ou réouverture de droits sociaux.

Les missions de l’OFT en prévention du tabagisme

Dr Joëlle VISIER

OFT
L’OFT est une association loi 1901 qui a pour but la recherche, le développement et la mise en œuvre des moyens nécessaires à la lutte contre le tabagisme. L’OFT travaille en étroite collaboration avec les acteurs institutionnels publics mais aussi avec le monde de l’entreprise dans une approche globale du tabagisme. L’association se préoccupe à la fois des individus en organisant des actions de prévention et d’aide à l’arrêt du tabac mais aussi de la collectivité par le bais d’études scientifiques comme la mesure de la pollution de l’air afin d’améliorer le niveau de repérage de certains risques sanitaires et de faire évoluer la réglementation en alertant si besoin les pouvoirs publics.

L’OFT développe des actions de prévention et d’éducation auprès de différents publics ;

Son programme d’aide à l’arrêt du tabac au sein des entreprises l’a fait intervenir en liaison étroite avec les salariés, le service médical santé au travail et la direction. Grâce aux subventions qu’elle reçoit de la DGS, de l’INPES, de la CRAMIF, de la CNAMTS…, l’OFT élabore des programmes de formation pour les professionnels de santé ou des documents comme l’annuaire des consultations de tabacologie. Sous la tutelle de l’INPES, l’OFT est responsable de la ligne téléphonique d’aide à l’arrêt : Tabac info service qui offre au grand public et aux professionnels de santé l’écoute et les conseils de tabacologues.

Pistes de réflexion proposées par le groupe de travail

Dr Anne-Marie LE RAY

AHU Sce Parodontologie, faculté d’Odontologie, Rennes

Dr Christian AUGER

Vice-Président de l’UFSBD

Dr Bénédicte MAIGNAN

Présidente UFSBD 35
Au-delà du colloque, notre démarche est de multiplier les actions afin de faire prendre conscience à tous les acteurs de santé publique de l’importance à accorder au thème « Addictologie et Santé bucco-dentaire ». Quels sont les axes de réflexion proposés par notre groupe de travail ?
La première piste d’actions est la formation, en participant à des congrès de médecine et en y insérant un item bucco-dentaire, en organisant des journées d’information, en renforçant la formation initiale en santé publique.
Ensuite des supports écrits pourraient aider à communiquer sur le thème : compte rendu du colloque, articles de presse, guide à l’attention des chirurgiens-dentistes et des médecins généralistes ou addictologues, coffret brochure qui comporterait une affiche salle d’attente, un guide pratique à l’attention du chirurgien-dentiste, des brochures patients à décliner suivant le public.
De plus, il nous paraît important de développer le domaine de prescription.
Enfin, il serait souhaitable d’exploiter le domaine de la recherche clinique et épidémiologique, afin d’alimenter notre discours et de sensibiliser praticiens et patients aux enjeux de santé publique encourus.

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