Introduction; les sources militaires





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COHORS – ASTURIES


Gilbert Baudry

ancien FFI – I/10e R.A.C.


Introduction ; les sources militaires

Parmi les Français qui ont participé avec éclat à la seconde guerre mondiale, trois hommes, après avoir contribué au déroulement de l’Histoire, l’ont écrite ; leurs récits sont pris en compte dans cette étude, car ils furent aussi les chefs des résistants et des Forces françaises libres (F.F.L.).

Charles de Gaulle : général rebelle, condamné à mort le 2 août 1940 par un conseil de guerre inspiré par le gouvernement du maréchal Pétain, auteur des «Mémoires de guerre» et de nombreux ouvrages militaires.

Dès le tome I, "l’Appel", sa correspondance reproduite, les télégrammes échangés, les discours, montrent l’importance des pièces officielles liées à son action dirigeante, versées aux Archives Nationales. Une édition de 2005 y ajoute «Mémoires d’espoir», (commentaires et annexes, sans reproduction des pièces officielles).

André Dewavrin dit «Passy» : Capitaine revenu de Norvège en 1940, rejoint de Gaulle qui le nomme à Londres chef des 2ème et 3ème bureaux, les services secrets dont il ignore tout. Il sera déchu de la nationalité française et condamné à mort en octobre 1941.

Après la guerre, ses «Mémoires du chef des services secrets de la France libre» comportent quatre livres, dont seuls les deux premiers ont été publiés, selon sa volonté. Une réédition de 2001, enrichie d’annexes et d’annotations, présentée par Jean-Louis Crémieux-Brilhac en donne la raison et permet une meilleure compréhension des réticences des chefs de réseaux et de l’absence d’appui aux maquis attaqués en 1944. Les archives du Bureau central de renseignement et d’action (le B.C.R.A.) ont été ouvertes, mais pas celles des Services secrets anglais.

Edgar de Larminat : colonel de l’armée du Levant en 1940, il s’efforce de faire participer 10.000 hommes à la poursuite de la guerre avec pour objectif immédiat le canal de Suez. Le gouvernement de Vichy contrarie ce projet, Darlan intervient. Avec une minorité de volontaires, de Larminat passe en Egypte après avoir réglé un "prélèvement" de véhicules, canons anti-chars, armes automatiques, munitions en faveur des Polonais qui s’en servirent à Tobrouk. A son procès pour rébellion, la peine de mort sera prononcée.

Auteur d’ouvrages strictement militaires, le général de Larminat a aussi écrit des «Chroniques irrévérencieuses» où, dans la narration de ses aventures, des drames, lâchetés et intrigues, il adopte avec un humour vengeur un style particulièrement tonique.

En 1944, il deviendra chef des Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I.) sur la façade atlantique des poches allemandes.

Les militaires alliés
De nombreux chefs de nations variées ont écrit leurs «Mémoires».

«L’accord du 7 août 1940 eut pour la France libre une influence considérable … ce fut le cas en premier lieu pour les gouvernements réfugiés en Angleterre … En particulier Sikorski et Benès, tout ombrageux qu’ils fussent au milieu des intrigues et des susceptibilités qui compliquaient pour eux le malheur, établirent avec moi des rapports constants et suivis.» (Charles de Gaulle) (1)

Wladislav Sikorski, 1er ministre nommé par son président de la république polonaise installé à Paris, puis généralissime des forces polonaises le 7 novembre, n’a pu écrire ses mémoires. Sa disparition en avion à Gibraltar en juillet 1943, dans des conditions qui restent mystérieuses, l’en a empêché. Deux de ses généraux, Anders et Komorovski, ont fait œuvre d’historiens qui éclairent les péripéties du conflit. Leurs rapports adressés à Sikorski ont influencé le général de Gaulle, le colonel Passy et la France combattante.
Général Wladislav Anders «Mémoires 1939-1946» : Combattant en 1914-1918, puis en 1939 après l’invasion nazie. Fait prisonnier, gravement blessé, livré aux enquêteurs et bourreaux du N.K.V.D. de l’U.R.S.S. , il transmet à Sikorski des messages qui révèlent la triste situation de ses concitoyens. L’invasion allemande du 22 juin 1940, qui rompt le pacte germano-soviétique, met fin à 20 mois d’emprisonnement.

Les interrogatoires et les réflexions échappées à des officiers lui font comprendre la tactique de Staline : laisser les puissances occidentales s’épuiser dans une saignée sanglante après quoi «… facilement envahir l’Europe … y instaurer le régime soviétique.»

Devant le déferlement allemand, après avoir été libéré avec des marques d’égards, il obtient le 14 août 1941 la possibilité de lever une armée polonaise et par les entretiens entre le général Sikorski, Staline, Molotov, l’ambassadeur de la République polonaise, le 3 décembre, la possibilité de faire partir 40.000 soldats et leurs familles en Iran. A Téhéran, il met cette armée à la disposition du général britannique Alexander ; il participera à tous les combats décisifs contre Rommel, arrivé à Alexandrie près du Caire, menaçant le canal de Suez et toute la stratégie alliée dans la Méditerranée.

Puis il participera à la guerre en Italie. Son influence, par l’intermédiaire de Sikorski particulièrement apprécié de De Gaulle, s’exercera sur tous les chefs repliés à Londres. Il sera constamment préoccupé par le sort qui sera réservé à la Pologne après la guerre. Son corps repose avec ceux de ses soldats tombés au Mont Cassin en Italie.
Bor – Komorovski (Bor étant le nom de code de ce général) : son ouvrage «Histoire d’une armée secrète», décrit ses difficultés d’existence et, dans un premier temps, l’organisation générale de la Résistance en Pologne contre l’occupant allemand, le sort réservé à ses concitoyens en zone soviétique.

Contrairement à l’une des caractéristiques de la Résistance Française, à peu près toute l’armée fournit d’emblée ses cadres clandestins ; les savants, les mathématiciens, les intellectuels qui échappent à la déportation, prennent part à la lutte avec la même détermination. Les renseignements parviennent multiples à Londres, puis très tôt des sabotages bien préparés sont confirmés.

Le déclenchement de l’insurrection de Varsovie, laissée à son appréciation, critiquée par Anders, condamnée à l’échec par l’insuffisance de l’armement et par la mauvaise foi de Staline, aura une fin tragique et sanglante. Les leçons de cet échec seront tirées par les autres gouvernements et leurs chefs militaires, par de Gaulle, Koenig, Passy, mais l’Occupant aura accumulé tant de souffrances et de ressentiments que leurs instructions ne seront pas toujours suivies, l’aspiration à la libération est trop ardente pour attendre la présence des alliés.
Les Allemands : Œuvres traduites, consultables à la bibliothèque du Service Historique de la Défense – département Marine – à Lorient.
Général Heinz Gudérian «Souvenirs d’un soldat» : sa contribution à la compréhension des évènements porte sur les thèmes Stratégies – Incompétence d’Hitler – Poids des partisans.

La stratégie des adversaires

Côté français, la ligne Maginot est significative d’une conception ancienne, essentiellement défensive s’exerçant face à l’Est, négligeant le Luxembourg et la Belgique. Lecteur de toutes les publications de De Gaulle, dont il partage les vues, il réussit à convaincre le commandement allemand et Hitler de l’importance des tanks dans une stratégie offensive. Il développe leur puissance d’attaque en reliant par radio chaque char au commandant d’un combat, en associant l’aviation (les Stukas) à l’engagement sur terre ; l’expérience acquise en Espagne devient un atout précieux.

Gudérian deviendra Inspecteur général des troupes blindées.

L’entêtement d’Hitler

Dans la campagne contre l’U.R.S.S., Gudérian est parmi les officiers, dont les troupes sous-équipées dans le froid sont arrêtées devant Moscou, qui demandent le repli des armées sur des positions fortifiées. Hitler refuse.

«Depuis le 22 juin, l’ensemble des pertes sur le front de l’est se montait à 743.000 hommes soit 23% de notre force totale de 3 millions et demi d’hommes.»

Plus tard, il affrontera Hitler en pleine réunion de l’état-major, allant jusqu’à le contredire, ce qui lui vaudra d’être limogé deux fois.

Le poids des résistances grecques et yougoslaves

1941 - «La guerre des partisans se développait dans les Balkans et réclamait l’intervention de forces de plus en plus puissantes.» Développement aidé par les Britanniques et qui a conduit Churchill à proposer un plan d’intervention depuis l’Italie neutralisée plutôt qu’en France et à privilégier les parachutages en 1944.
Amiral Karl Dönitz : «Ma vie mouvementée» et «Dix ans, vingt jours», la durée de son commandement.

Lui non plus ne persuada pas aisément ses supérieurs de la Kriegsmarine, ni les dirigeants nazis. Au déclenchement des hostilités, il disposait de 57 sous-marins. Malgré les pertes élevées, leurs succès entraînèrent l’adhésion générale aux conceptions de Dönitz et 1113 sous-marins furent construits au rythme moyen de 26 unités par mois. Qu’en pensaient les Anglais ? Dönitz les cite dans «Ma vie mouvementée».

«La guerre sous-marine fut notre plus grand fléau. Il eut été sage de la part des Allemands de jouer leur va-tout sur cette carte». (Winston Churchill)

«… Karl Dönitz fut probablement le plus dangereux adversaire de l’Angleterre depuis de Ruyter. Notre chance a été que son gouvernement n’ait pas suivi ses conseils.» notamment le conseil de ne pas disperser la puissance de 400 sous-marins dans la Méditerranée et les mers polaires. «Et il fut très clairvoyant en proclamant que l’Atlantique était le seul théâtre d’opération susceptible de donner la victoire à l’Allemagne.» (Amiral Cunningham, 1er lord de l’Amirauté, Admiral of the Fleet).

Les bombardements tardifs et peu précis des bases de l’Atlantique ne modifièrent pas la situation et c’est à une avancée technique sur de nouveaux radars équipant les vaisseaux et les avions que la détection l’emporta sur l’invisibilité des U-boote et en 1943 l’avantage bascula en faveur des alliés. «… à partir de juillet 1943, soit après 45 mois de guerre, les Anglo-américains étaient en mesure de construire davantage de bateaux de commerce que nous n’en pouvions couler.» (Dönitz). Jusqu’à cette date, 2882 bateaux de commerce avaient été coulés, soit 70% en tonnage des pertes totales subies par les alliés.


1939-1945 - La guerre en mer
Les statistiques de Karl Dönitz Extrait de "Dix ans et vingt jours"
Au 1er septembre 1939 : 57 bâtiments.

Du 1er septembre 1939 au 8 mai 1945 entrèrent en service : 1113 sous-marins.

630 furent perdus : 603 par action de l’ennemi, 20 pour des causes demeurées inconnues,

7 par accidents.
Lors de l’évacuation des bases ou à la fin des hostilités, 215 furent détruits ou coulés par leurs équipages.
Les succès obtenus contre les navires de guerre ennemis (y compris par les mines) furent d’après les renseignements publiés par nos adversaires : 148 coulés, 45 endommagés.
Les sous-marins coulèrent à la torpille, au canon ou par des mines.

2779 bateaux soit 14.119.413 tonnes de jauge brute.
(tous chiffres confirmés par les Alliés et les Neutres)
Général W. Fahrmbacher et Amiral W. Matthiae co-auteurs de «Lorient 1940-1945».

dans la traduction du Capitaine de frégate Aubertin.
Nommé à la tête des armées allemandes alors qu’il se trouve à Pontivy, le général d’artillerie Fahrmbacher rejoint Lorient le 3 août 1944. Il règle aussitôt un problème de hiérarchie militaire avec l’Amiral qu’il associera à son ouvrage, sans doute par courtoisie.

La partie la plus objective et critique de son récit traite de la situation dont il héritait, causée par la décision d’Hitler à l’automne 1942, de créer un «Mur de l’Atlantique» face à d’éventuels débarquements. Le plan proposé est modifié par Hitler qui considère qu’il faut tenir 56 jours avec 16.000 hommes sur 24 km, et non 20.000 sur 50 km. Mais surtout le Führer fait abandonner le pont et les hauteurs de Pont-Scorff, il exige que toute l’artillerie moyenne et lourde soit abritée sous blockhaus avec des angles de tir de 60° seulement et dirigés vers la mer.

Seule la batterie du Grognon dans l’île de Groix peut tirer dans des directions opposées. Quand Rommel inspectera le «mur» de Dunkerque à Bayonne, il reconnaîtra en mai 1944 l’importance du travail accompli, mais «émettra des réserves, déjà exprimées par le commandement supérieur de Lorient en ce qui concernait la valeur d’une place que rien ne défendait du côté de la terre.»

Fahrmbacher s’efforcera d’utiliser au «mieux» tous les moyens défensifs. «L’approvisionnement en eau causa aussi de grands soucis». Sept citernes de 300m3 furent construites à l’intérieur de la base des sous-marins.

A coté d’initiatives et réalisations positives, la seconde partie du récit est entachée de silences sur les charniers, les désertions, l’insuffisance de l’armement des F.F.I., voire de contre-vérités, telle la neutralisation du Pont Lorois sur la rivière d’Etel qu’il attribue aux Américains, sans parler du sabotage initial opéré par les F.F.I. du commandant Le Garrec.

Dans l’un des tout premiers exemplaires de la traduction d’Aubertin on peut lire : «Fahrmbacher a écrit son récit à la demande du Service historique de l’État-major général des Etats-Unis» … alors qu’il était en Allemagne en 1946.

I. Charles de GAULLE : «une guerre de Trente ans»

«A mon avis, la France ne peut être la France sans la grandeur».

Une aussi noble conviction ne peut se traduire dans le comportement que par la force du caractère et une lucidité aiguë. La chronologie établie par J.L. Barré dans la réédition des Mémoires … en 2005 est un guide utile qui permet de suivre la constance des qualités de Charles de Gaulle, le développement de ses conceptions militaires.

A Saint-Cyr, sous-lieutenant en 1912, il rejoint le 33ème Régiment d’Infanterie d’Arras, où il avait déjà passé une année de service, sur les conseils de son père Henri de Gaulle, ancien engagé volontaire en 1870. Le lieutenant-colonel Pétain est à la tête du régiment et de Gaulle, promu lieutenant le 1er octobre 1913, a déjà des conceptions distinctes de celles de son supérieur en faisant prévaloir l’esprit d’offensive et la souplesse des mouvements.

Pendant la guerre de 1914-1918, après une blessure en Belgique, opéré à Paris, de retour au 33ème régiment, il connaît la guerre des tranchées. Croix de guerre en 1915, promu capitaine, blessé et évacué, après des soins au Mont-Dore il revient dans l’Aisne.

En février 1916, son régiment est dirigé sur Douaumont, le général Pétain défend Verdun. Blessé par baïonnette, de Gaulle est fait prisonnier, soigné à Mayence puis interné en Westphalie. Après quelques tentatives, il réussit à s’évader en compagnie d’un autre officier mais les deux hommes sont repris près d’Ulm en novembre.

Le capitaine de Gaulle expose à ses compagnons les erreurs du haut-commandement au cours de conférences. De 1917 à 1918 il s’évadera 5 fois, sera repris et sanctionné de plus en plus sévèrement. L’Armistice du 11 novembre, s’il le remplit de joie, lui fait éprouver le «regret indescriptible de n’avoir pas pris [à la guerre] la meilleure part». 1919 est pour de Gaulle une année riche d’enseignements, de réflexion, d’expériences nouvelles.
En avril il est détaché en Pologne, instructeur des troupes aux prises avec l’Armée rouge, il est aussi à l’État-major des opérations et encadrement. Rattaché en 1920 au cabinet du Ministre de la guerre, sa conduite en Pologne lui vaut en 1921 une citation élogieuse. C’est aussi l’année de son mariage avec Yvonne Vaudroux, alors qu’il est professeur d’histoire à l’école St-Cyr.

Admis à l’École Supérieure de guerre en 1922, il en sortira en 1924 avec la mention minimale «Bien» à laquelle n’est pas étrangère l’affirmation de son indépendance d’esprit à l’égard des doctrines traditionnelles. Les années suivantes il publie, d’abord dans la "Revue militaire française", une contestation de l’enseignement de l’école de guerre, suivie de 3 leçons données dans cette école qui dressent contre lui la majeure partie de sa hiérarchie. On lui refuse un poste de professeur à cette école et il est mis à la disposition du général des troupes du Levant. Il sera chef des 2ème et 3ème bureaux de l’État-major à Beyrouth.

De retour en France en 1931, il sera plongé dans l’activité politique, administrative et technique du Secrétariat général de la Défense nationale, et en retirera le bénéfice de l’expérience vécue d’un haut niveau de décision. Outre des revues, il présente dans des ouvrages comme "Le Fil de l’épée" l’essentiel de sa pensée militaire ; son avancement n’est pas affecté, de commandant il passe au grade de lieutenant-colonel en 1933, année de la publication dans la Revue politique et parlementaire de "Vers une armée de métier" reproduite dans l’ouvrage paru en 1934, sans demander l’autorisation de ses supérieurs. Il lui vaut l’opposition du Haut-État-major, de Pétain, de Weygand, de Blum qui évoluera, mais l’adhésion de Paul Reynaud, Léo Lagrange …, l’intérêt approbateur de quelques chefs qui ne s’expriment pas, tel le général Delestraint.

Devant la menace renouvelée de la puissance militaire allemande, par l’accession d’Hitler au pouvoir, il préconise «un instrument de manœuvre préventif et répressif» qu’est le char d’assaut, employé dans un corps d’action autonome au service d’une stratégie offensive, essentiellement mobile afin d’exploiter en profondeur les percées réalisées. Cette thèse induit une professionnalisation d’une partie de l’armée. Une proposition de loi en mars 1935, dont il est l’auteur, défendue par Reynaud et Serre à la Chambre des députés, n’obtient pas le succès espéré.

En 1936, l’occupation de la zone démilitarisée de la Rhénanie sur décision d’Hitler, conduit le lieutenant-colonel de Gaulle à tenter de convaincre Léon Blum de créer d’urgence une armée blindée. Le Président du conseil peu convaincu développera la production des blindés mais sans l’autonomie d’un corps cuirassé, sans modifier les plans défensifs de l’État-major. En 1937, de Gaulle affecté au 507ème régiment de chars à Metz, en prend le commandement par intérim et est promu colonel.
Après l’invasion de la Pologne, à la veille de la déclaration de guerre de la Grande Bretagne et de la France à l’Allemagne, il est nommé commandant des chars de la 5ème armée, région d’Alsace-Lorraine, le général Delestraint est alors Inspecteur des chars. En janvier 1940, il est l’auteur d’une ultime tentative pour amener à ses vues 80 personnalités militaires et politiques, par un mémorandum intitulé "L’Avènement de la force mécanique" qui dénonce la passivité de l’État-major, l’engourdissement des troupes dans cette «drôle de guerre» où il ne se passe rien, prévoit l’offensive allemande et le désastre qui s’ensuivra.

En mars, Reynaud devient Président du Conseil, en mai, Churchill est 1er ministre et le 21 mai de Gaulle deviendra général de brigade à titre temporaire.

Entre temps, le 10 mai, l’ennemi après avoir envahi le Danemark et presque toute la Norvège a déclenché son offensive générale. Le 16 mai, témoin consterné du triste cortège des réfugiés, éprouvé par le spectacle des soldats qui ont jeté leurs fusils et marchent vers le sud, obéissant lui apprend-on à l’ordre lancé du haut des Panzers «Nous n’avons pas le temps de vous faire prisonniers», furieux de constater que c’est l’ennemi qui a adopté sa stratégie, de Gaulle écrira «Ce que j’ai pu faire par la suite, c’est ce jour-là que je l’ai résolu» (2).

Et, homme d’action et de devoir, il contre-attaque au nœud routier de Moncornet, remporte deux succès à Laon et jusqu’aux abords d’Abbeville, où il reçoit l’ordre de rejoindre Paris ; en remaniant son gouvernement, Reynaud l’a nommé Sous-secrétaire à la Défense … et le maréchal Pétain Vice-président du Conseil.

A Paris il constate que devant la perspective de la défaite, la scission se développe entre ceux qui veulent terminer la guerre en demandant l’armistice à l’ennemi et ceux qui s’y opposent ; parmi ces derniers, de Gaulle propose que le gouvernement et les services ministériels rejoignent l’Afrique du Nord. Reynaud qui entame le repli à Bordeaux semble l’accepter. De Gaulle part à Londres et s’emploie à convaincre Churchill de ne pas renoncer à l’accord franco-britannique du 28 mars au prix de garanties que la flotte française ne soit pas livrée. A Londres, il appuie un projet d’union franco-britannique que Churchill fait approuver par son gouvernement.
Le 10 juin, l’Italie entre en guerre, le 11 Paris se déclare "ville ouverte", le 14 les Allemands y entrent. A son retour, de Gaulle a appris la démission de Reynaud mis en minorité par l’intervention de Weygand, chef des armées appuyé par Pétain ; il fait partir sa famille en Angleterre par le dernier bateau à quitter Brest.

Nouveau chef du gouvernement, le maréchal Pétain demande l’Armistice le 17 juin 1940, de Gaulle s’envole pour Londres.

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