Cse du 7 février 2013





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CSE du 7 février 2013

Débat avec la Mission consacrée à l'enseignement d'une morale laïque de l'école primaire au lycée.
Tout le monde s'accorde sur les finalités de l'école : former des citoyennes et des citoyens libres et éclairés, responsables et respectueux, les préparer à une vie personnelle, sociale et professionnelle épanouie. L'éducation morale et civique a toute sa place dans la réalisation de ces objectifs, une éducation de tous les instants qui ne saurait se limiter à l'étude de maximes au tableau noir ou à un enseignement formel, comme préconisé par les programmes 2008. Nous vous proposons de premières réponses, appuyées sur les écrits de chercheurs comme Benoît Falaize ou Erick Prairat, sur les pratiques à l'oeuvre dans les classes ou prônées par des mouvements pédagogiques. La réflexion doit être poursuivie sur cette question cruciale qui traverse la vie des écoles, et impacte la qualité de leur climat.


Questions de la Mission

Réponses du SNUipp et propositions

Quelle définition ?

Tout le monde convient de l’importance pour l’éducation nationale d’aider à la construction du

respect d’autrui et de soi-même, du vivre ensemble et de la liberté, conditions pour une adhésion aux valeurs de la République. L’éducation morale et l’éducation civique sont liées. Comment définir alors précisément la finalité d’une telle éducation, doit-on parler, comme Jules Ferry, dans sa lettre aux instituteurs, souvent citée, d’un enseignement laïque de la morale et d’une « morale sans

épithète » ? Ou la notion de morale laïque est-elle préférable en ce qu’elle identifierait mieux une morale commune ? Ou encore, faut-il privilégier le principe d’une « morale civique » comme certains de nos interlocuteurs nous l’ont suggéré ?

Pour le SNUipp, les réflexions que l'on peut avoir sur la définition de cette éducation permettent de dégager 3 axes :

  • Le premier tourne autour de la nécessité d'une éducation soucieuse du bien commun et d’une coexistence respectueuse entre personnes d’égale dignité, ce que l'on traduit souvent par le vivre ensemble. Cette éducation vise à la prise de conscience de la responsabilité de ses actes et de leurs effets.

  • Le deuxième axe cible les valeurs qui fondent ce commun, les valeurs de la République ainsi que celles qui les illustrent comme la solidarité, la générosité, le respect... Il permet d'aborder la nécessité de l'élaboration collective de règles par les individus, dans leur société.

  • Le troisième concerne le rôle et les modalités de cet enseignement dans la formation du citoyen, du sujet moral autonome. Comment et par quels dispositifs concilier ce qui précède avec l'apprendre à penser par soi-même ?



Quelles modalités ?

Un enseignement spécifique avec son propre horaire est-il envisageable ? Faut-il plutôt le lier aux programmes actuels de l’éducation civique, sous ses différentes appellations depuis l’école

primaire ? Comment lier l’objectif de formation d’un jugement moral et l’adhésion aux valeurs de la République et de la démocratie avec la « vie scolaire » ? Convient-il en ce sens de prendre appui sur l’existant (heures de vie de classe, etc…) ? Ou peut-on imaginer de nouveaux dispositifs ? Peut-on également penser et mettre en oeuvre des projets transversaux associant les différentes disciplines au collège et au lycée ?

Pour l'école primaire, la liaison avec l'« éducation » civique est pertinente (dans les programmes en vigueur le terme employé est instruction), sur l'horaire imparti comme lors des situations informelles. L'heure de débat - ou un temps de débat – doit réintégrer les programmes de l'école primaire.

Par ailleurs cette éducation ne saurait se limiter à des temps prédéfinis : dans aucun espace de l'école, à aucun moment de présence dans l'enceinte scolaire, les élèves ne devraient pouvoir s'affranchir des règles propres à ces espaces et à ces temps. Ils devraient d'ailleurs, sinon avoir participé à leur construction, au moins en avoir connaissance. Cela permettrait de combattre le sentiment d'injustice, si répandu chez les élèves.



Quel contenu ?

Il semble que les valeurs de la République et les grandes Déclarations des Droits de l’Homme

peuvent en constituer le socle. Les valeurs de liberté, d’égalité, de solidarité, de laïcité, d’esprit de justice, de respect, de dignité et de refus de toutes formes de discriminations sont-elles à même de constituer les principes d’une morale commune pour l’école d’aujourd’hui ?

Cette éducation doit effectivement s'adosser sur ces textes fondateurs et ces valeurs et non pas sur un ordre moral figé. Il ne convient pas d'en exclure le mot fraternité (on voit bien qu'il recouvre mieux les actions contre le racisme que le mot solidarité par exemple). Dès la maternelle des notions complexes peuvent être abordées. On peut parler de la mort, de la tolérance ou de la religion, au cours d’une lecture ou pendant une leçon de science ou d’histoire.

La question du fil et de la progressivité de ces contenus au cours de la scolarité est complexe.


Quelle pédagogie ?

Les méthodes pédagogiques sont évidemment importantes. La formation morale ne peut pas passer par une pédagogie dogmatique. De ce point de vue, faut-il sans doute tirer un bilan critique de la circulaire de 2011 pour l’école primaire. La préconisation du débat argumenté par l’ECJS dans les lycées paraît plus judicieuse – à condition qu’il ait les moyens d’être effectivement pratiqué.

Comment, selon les niveaux des classes, penser une pédagogie du débat et de l’argumentation ?

La leçon de morale sur tableau noir n'est pas la solution. L'objectif de formation d'un jugement moral exclut -hors rappel à la loi – le jugement « ça c'est bien, ça c'est mal » de l'enseignant. Son rôle est de permettre le débat, l'expression, l'écoute et la prise en compte de points de vue différents. Il ne s’agit pas de s’immiscer dans les consciences personnelles mais de donner les moyens de penser en toute indépendance.

Pour le SNUipp il est nécessaire de s'inspirer des expériences et des études sur les « débats philo » ou le débat réglé par exemple, d'impulser les projets que peuvent mettre en place les équipes à l'occasion des dates qui jalonnent l'année (8 mars, semaine contre les racisme... ), de s'inspirer d'exemples étrangers (semaines contre les discriminations, établissements Vert Bruntland au Québec...). A l'école primaire, et particulièrement en maternelle, la littérature de jeunesse constitue un outil privilégié.


Il est également important de développer les pédagogies coopératives en définissant des rôles et des responsabilités à exercer dans les apprentissages avec des pairs. Il paraît en outre indispensable que l'école mette en œuvre à son échelle les valeurs qu'elle promeut.

Quelle évaluation ?

Il existe des formes d’évaluation dans le système éducatif pour l’éducation civique –de manière fort inégale il est vrai, selon les cas. C’est un sujet difficile pour une formation morale. Et, en même temps, c’est un moyen de lui donner une pleine légitimité. En distinguant les niveaux, quels moyens penser pour apprécier la participation et les formes d’engagement des élèves avec le double souci de les valoriser et de participer à la formation de la personne ?

Pour le SNUipp les propositions qui seront faites sur ce sujet complexe de l'évaluation doivent émaner de groupes de travail dans lesquels seront sollicités des enseignants et des formateurs du premier degré, des chercheurs. Elles ne peuvent être figées car les programmes, les pratiques, les outils sont amenés à évoluer au fil des appropriations et des mises en œuvre progressives. Autant les connaissances peuvent faire l'objet d'évaluations, autant les compétences sociales ne peuvent l'être.


Quelle formation ?

Il est évident que la préparation à ces finalités éducatives doit être assurée dans la formation initiale des enseignants et de tous les professionnels de l’éducation et poursuivie dans la formation continue. Plusieurs besoins doivent être pris en compte : une réflexion dans le champ de la philosophie morale, une explicitation des fondements de la psychologie morale, une formation aux pédagogies actives, l’examen des grands principes du droit, et, bien sûr, la connaissance et la compréhension de l’histoire et des principes de la laïcité. L’existence de modules obligatoires dans la formation initiale paraît s’imposer. Faut-il en tenir compte dans les concours de recrutement et

sous quelle forme ? Faut-il, au long de la carrière, rendre obligatoire un certain nombre de stages de formation ou faut-il, avant tout, privilégier la mise à la disposition d’outils pédagogiques pour les enseignants. Faut-il établir des liens entre le rôle des éducateurs dans une éducation civique et morale avec l’éthique professionnelle ?

Le SNUipp est d'accord avec les propositions sur le contenu de la formation, dans le cadre de modules obligatoires dans la formation initiale. Une bonne formation initiale est incontournable. Elle rejaillit inévitablement sur les pratiques.

La mise à disposition d'outils pédagogiques est nécessaire mais non suffisante. Le SNUipp rappelle que c'est la réflexion collective sur ces outils qui en facilite l’appropriation. Le rétablissement d'une formation continue effective – et « en présentiel » - est indispensable.

Enfin, si l'on veut des enseignants dignes, bienveillants et respectueux des valeurs de l’école républicaine et des opinions de chaque élève, une formation sur la déontologie apparaît totalement indispensable.

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