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L'ascension sociale : ses voies, ses jeux de concurrence, ses effets




Daniel Bertaux



Directeur de Recherche émérite en Sociologie, CNRS

Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

Comment se porte la mobilité sociale aujourd'hui, dans notre pays ? Pour être plus précis : quelles y sont, en fonction du milieu social dans lequel on a grandi, les chances de rester à peu près à son niveau (reproduction sociale), de monter (mobilité sociale ascendante : l'ascension sociale), ou de régresser (déclassement social) ? Ces chances évoluent-elles dans le bon sens ? Ou non ? Quel rôle y tiennent l'éducation et le diplôme par rapport à d'autres processus d'insertion dans la sphère de l'emploi ? En ces temps de mondialisation et de précarisation des statuts d'emploi, protègent-ils encore du chômage prolongé, ou de la déqualification ? On entend dire qu'il y a « inflation » des diplômes, qu'ils sont dévalorisés, voire qu'ils ne servent plus à rien : dans quelle mesure est-ce vrai ? Que signifie exactement la phrase lapidaire d'Eric Maurin : « aujourd'hui le diplôme n'a jamais été aussi nécessaire ; mais il n'a jamais été aussi peu suffisant » ? Quelle est la tendance à moyen et à long termes de l'égalité ou plutôt de l'inégalité des chances ?
Telles sont quelques-unes des questions posées par ce colloque. On n'essaiera pas ici d'y apporter des réponses définitives ; mais plutôt de rappeler quelques faits utiles à connaître, d'examiner des interprétations divergentes de ces faits—dans le but, surtout, de faire réfléchir—; et in fine, d'évoquer ce qui est en train de se passer en Grande-Bretagne, qui préfigure probablement le « modèle » que la version ultra-libérale de la mondialisation cherche à imposer partout.
La peur de déclassement
Alors même que les Français vivent dans l'un des plus riches pays du monde et l'un de ceux où la protection sanitaire et sociale est la plus développée, ils s'avèrent au vu des sondages beaucoup plus inquiets sur leur avenir que la plupart des autres peuples. Lorsque l’on est pessimiste envers l'avenir cela signifie en général qu’on l’est aussi envers l'avenir de ses enfants, voire de ses petits-enfants.
Eric Maurin a consacré un court ouvrage à cette peur du déclassement ; une peur qui semble beaucoup plus répandue en France que dans d'autres pays. Il cite deux enquêtes (dont il n'indique cependant ni la source, ni la formulation exacte des questions posées) : « D'après un sondage réalisé en 2006, 48% des Français pensent qu'ils pourraient un jour devenir SDF ; deux ans plus tard, avec la récession, cette peur s'est encore accrue, 60% s'estimant désormais menacés » (Maurin, 2009, 6).
Ces chiffres sont stupéfiants ; ils indiquent une très forte inquiétude qui paraît totalement déraisonnable, compte tenu du caractère maximaliste de ce que serait le déclassement : se retrouver à la rue (car il y d'autres formes, moins radicales, de « déclassement »). Il en donne l'interprétation suivante : « La peur du déclassement est la passion des sociétés à statut prises dans les vents de la démocratisation, lorsque rangs et dignités cessent d'être protégés par l'hérédité, mais doivent être remis en jeu à chaque génération. C'est la raison pour laquelle la diffusion extraordinaire de cette peur trouve son point d'origine dans les attitudes des nantis et des plus protégés » (Maurin, 2009, 10).
Cette interprétation nous paraît contestable. L'opinion que mesurent les sondages, Maurin le sait bien, c'est l'opinion de la masse des Français, et non celle des nantis qui ne représentent que moins de 5% de la population. Ceux-là, au demeurant, n'ont jamais senti leur avenir menacé, ni celui de leurs enfants ; dans le contexte actuel d'augmentation rapide des inégalités de revenu tout va bien pour eux et pour leurs enfants. Pourquoi se sentiraient-ils menacés ? Quant aux classes moyennes au sens sociologique du terme—25 à 30% de la population, pas plus—on ne voit guère pourquoi elles se sentiraient menacées de finir à la rue. Il y a eu effectivement, à partir des années 1970, une forte ouverture des études secondaires générales et même des études supérieures aux enfants des classes populaires ; c'est sans doute ce que Maurin veut dire en évoquant « les grands vents de la démocratisation ». Mais les classes moyennes ont suffisamment de ressources mobilisables pour assurer à leurs enfants un avenir de classe moyenne ; et avec la multiplication des services qui demandent de la main d'œuvre qualifiée, il y aura beaucoup de places à prendre.
Si l'opinion de la masse des Français est si exagérément pessimiste, ce serait plutôt du côté des classes populaires qu'il faudrait en chercher les raisons. Aucun des grands partis politiques ne s'intéresse à elles, aucun ne représente plus leurs intérêts. S'il n'y a qu'environ 300.000 SDF en France, ce sont plusieurs millions d'ouvriers et d'ouvrières qui, travaillant dans des usines manufacturières, ont compris que ce type d'usine s'envole en Chine—ou au mieux dans les pays du Centre-Est européen, en Tunisie ou en Turquie : de quoi s'inquiéter pour leur emploi. La démocratisation des études a certes profité à nombre de leurs enfants (les 65% des jeunes d'une cohorte qui obtiennent le baccalauréat sont au moins pour moitié d'origine populaire). Mais leurs parents, d'abord si fiers, ont fini par douter que le baccalauréat suffise pour l'accès à un statut sécurisé, et encore moins un statut de cadre. Le baccalauréat n'est plus ce qu'il était une génération plus tôt. Le sociologue François Dubet l'a illustré de manière graphique : ce diplôme ne sert plus en soi qu'à accéder à un emploi d'ouvrier qualifié, plutôt qu'à un emploi de manœuvre. Cela signifie que la concurrence entre les désormais nombreux jeunes diplômés (titulaires d'un BAC, d'un DUT, d'un BTS, d'une licence voire d'un Master) va se jouer de plus en plus, à diplôme égal, sur d'autres critères : les « relations » des parents, une certaine aisance et confiance dans la présentation de soi... Les « grands vents » que mentionne Maurin soufflent effectivement de plus en plus fort. Mais ce ne sont pas les grands vents de la démocratisation ; ce sont ceux de la libéralisation à outrance, de la concurrence généralisée dans laquelle toutes les ressources familiales, voire tous les moyens sont bons pour passer du côté des winners. Or à ce jeu-là, l'origine sociale joue à plein...
Cependant Maurin rappelle, en s'appuyant sur des données statistiques fiables (notamment des enquêtes longitudinales du CEREQ) que les diplômes protègent encore du chômage de longue durée, des CDD prolongés et qu'ils aident fortement celles et ceux qui sont enfin entrés dans l'emploi à progresser vers un statut de cadre, y compris les jeunes issus de milieux populaires. D'où sa conclusion : les Français sont exagérément pessimistes. La raison en est que trop d'entre eux ont trop longtemps vécu dans des emplois à statut protégé. Alors ils paniquent quand, tout d'un coup, leurs statuts se précarisent ; que leurs savoir-faire et savoirs s'avèrent obsolescents ; quand il s'avère qu'il va falloir bouger pour rester dans le coup. Ils se voient déjà à la rue et se mobilisent pour protéger leurs statuts au lieu de chercher à se reconvertir. Du coup la société française se bloque encore plus...
Il y a beaucoup de vrai dans son interprétation, même si certains constats sont facilement récupérables par les milieux d'affaires qui ne cessent de plaider et de faire pression pour la fin des statuts protégés et la mise en concurrence de tous contre tous ; et de mettre en œuvre cette concurrence là où ils le peuvent déjà. Mais n'y a-t-il pas un grain de vérité dans cette peur « irraisonnée » du déclassement ?
Au demeurant, quiconque lit la presse internationale ou s'intéresse quelque peu à ce qui se passe dans les pays voisins ne peut être que parfaitement conscient de ce qui se passe autour de nous à l'échelle de l'Europe. Partout ailleurs, c'est effectivement le règne ultra-libéral de la mise en compétition de tous contre tous. C'est la fin des protections et le mot d'ordre : « retroussez vos manches si vous voulez survivre. »
Le problème n'est pas tant que s'en vient ce lourd nuage ultra-libéral qui risque fort de crever sur nos têtes. Le problème c'est qu'en France, nous y sommes très mal préparés. Mme Thatcher est arrivée au pouvoir en 1979, Ronald Reagan en 1980, et Silvio Berlusconi en 1994 : aussi les Britanniques, les Américains et les Italiens ont-ils été déjà socialisés depuis longtemps, bien malgré eux pour beaucoup d'entre eux, à la culture ultra-libérale. Ils ont intériorisé l'idée que la vie est un combat permanent (un combat individuel entièrement orienté vers le gain monétaire). Ils ont ainsi acquis certains réflexes encore inconnus en France. Même en Suède, un pays qui a poussé très loin les dispositifs de protection collective contre les risques de la vie, on a commencé il y a déjà une vingtaine d'années à introduire des principes de concurrence, y compris dans le secteur éducatif.
Croissance économique et développement éducatif : le miracle français
À une époque pas si éloignée, celle des dites Trente Glorieuses, le sentiment qui prévalait c'était l'optimisme, la confiance en l'avenir. Les salaires, encore très bas dans les années 50, augmentaient régulièrement (pour les ouvriers les moins qualifiés ils ont été multipliés par un facteur quatre en trente ans). Le pouvoir d'achat ainsi distribué était aussitôt réinjecté dans l'achat de biens d'équipement domestiques tels que machines à laver, téléviseurs ou automobiles ; biens qui étaient produits en France même par des ouvriers français ou—de plus en plus souvent—récemment immigrés. Ainsi la consommation soutenait l'emploi, et l'emploi à son tour favorisait le développement de la « société de consommation ». Le chômage tendait à se réduire à du « chômage frictionnel » (4%). C'est d'ailleurs pour cette raison que, comme le dénonçait alors Pierre Mendès-France, le patronat avait dans les années soixante convaincu les gouvernements gaullistes successifs de favoriser l'immigration : pour réintroduire un « volant de chômeurs » et ainsi peser sur les salaires qui, sinon, « risqueraient de s'envoler ». Alors qu'on parlait en France du « miracle japonais », on parlait à l'étranger d'un French miracle. La croissance économique était alimentée partiellement par un afflux de capitaux français rapatriés de « colonies » enfin devenues indépendantes ; ils s'étaient réinvestis en France. Une politique keynésienne couronnait le tout : construction de cités HLM, d'autoroutes, de ports, d'aciéries, d'armements...
Dans le contexte général de croissance économique et d'un feel-good factor généralisé, la demande d'éducation augmentait de façon explosive. Il faut dire que jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale le pourcentage d'enfants qui entraient au lycée et parvenaient jusqu'au Baccalauréat était resté bloqué à un niveau très bas. En 1880 c'était 1% d'une « classe d'âge » ou cohorte, et encore en 1901 ; en 1920, un misérable 2% ; en 1936, 2,7% seulement ; en 1945, 3%. Ceci alors même qu'aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Japon le pourcentage équivalent (diplôme de fin des études secondaires) s'accroissait sans cesse depuis au moins vingt-cinq ans.
Contrairement à ce que certains documents officiels du Ministère de l'Education Nationale affirment, ce n'est pas à l'initiative de l'Etat que l'explosion scolaire a démarré. Deux facteurs se sont conjugués : la natalité et l'aspiration aux études.
A partir de 1945, la France a connu un très fort baby boom : le nombre d'enfants nés en 1946 monte à 850.000, contre 550.000 deux années plus tôt. Ce n'est pas seulement un rattrapage car pendant vingt ans (de 1945 à 1965) le nombre d'enfants nés chaque année reste élevé à environ 850.000. C'est donc une sorte de vague démographique continue d'une profondeur temporelle de vingt années qui s'engouffre dans un système scolaire—des bâtiments, un corps enseignant—n'ayant guère évolué depuis le début du siècle.

Combien iront jusqu'au bac ? Combien poursuivront des études supérieures ? Ce sont là des questions à plusieurs milliards de francs. En effet, si la demande d'éducation augmente aussi fortement que la démographie, alors le nombre d'enfants, d'adolescents, de jeunes étudiants qu'il va falloir accueillir va non seulement doubler mais quadrupler, quintupler. Le « parc » d'établissements scolaires va devoir être multiplié par deux pour les écoles primaires, mais par beaucoup plus de deux pour les lycées et les universités. D'autant que les jeunes générations quittent en masse les villages pour émigrer en ville et il faut donc reconstruire des écoles pour leurs enfants, ce qui représente un coût certain.
Dès 1958, on trouve des pourcentages de bacheliers de 9% (9,9% pour les garçons, 8,6% pour les filles) : il s'agit de la cohorte née vers 1939-1940, dont les parents ont manifestement investi dans l'éducation de leurs enfants. Quinze ans plus tard, en 1973, le pourcentage de bacheliers a fait un grand bond : il est déjà de 23% (26% pour les filles, 20% pour les garçons). Un démographe de l'INED, Jean-Claude Chesnais, s'efforce alors de prévoir les taux de bacheliers pour les vingt prochaines années (1975). Pour cela il fait deux hypothèses : une hypothèse « basse » et une « haute ». Dans l'hypothèse haute, les taux de bacheliers en 1995 serait de 45% pour les filles, et de 36% pour les garçons : soit une moyenne de 40% ! Voilà qui paraît certes, en 1973, absolument extravagant. La prévision de Chesnais, pourtant audacieuse, sera largement dépassée par la réalité : en 1985 on est encore à 30%, quelque part entre l'hypothèse basse et l'hypothèse haute de Chesnais ; mais dix ans plus tard, en 1995, le taux de bacheliers est passé à 63% ! Que s'est-il passé ?
Pour le Ministère de l'Education Nationale, c'est le résultat d’une série de décisions prises par les ministres successifs à partir de Savary et Chevènement, et confortées par Monory et Bayrou, qui ont considérablement élargi l'éventail des avenues menant jusqu'au bac. Citons le document : « Lorsqu'en 1975 René Haby instaure le « collège unique », cette décision n'intervient pas comme un coup de tonnerre dans un ciel serein : elle s'inscrit dans un long programme engagé dès le début du XX siècle (et même avant) et qui n'est pas encore achevé. (...). Ainsi en 1982, près des trois quarts de la population active française (les 25-64 ans) sont sortis du système éducatif sans qualification, et moins de 20% de cette population possède un niveau supérieur ou égal au baccalauréat (sans en posséder nécessairement le diplôme) : la France est alors en retard sur ses principaux partenaires. Fort de ce constat, Alain Savary d'abord, Jean-Pierre Chevènement ensuite, vont prendre une série de décisions confortées ultérieurement par René Monory (...) [et] créer en 1985 le baccalauréat professionnel (...). C'est l'ensemble cumulé de ces décisions, soutenues par un discours politique fort et sans fausses notes de Jean-Pierre Chevènement à François Bayrou, en passant par Lionel Jospin et Jack Lang, qui explique la croissance spectaculaire du taux d'accès au baccalauréat de la décennie 1985-1995, les « dix glorieuses » (en gras dans l'original). (...) Durant cette décennie, le pourcentage de jeunes quittant le système éducatif sans qualification va être divisé par deux pour se stabiliser autour de 7% (contre près de 25% en 1975). (...) Le pourcentage d'adultes sortis de l'école sans qualification a été lui, divisé par deux (de 70% à 35%) »10.
Et plus loin : « en 1995, pour la première fois, le niveau de certification scolaire des 25-34 ans apparaît supérieur à la moyenne de l'OCDE, alors que pour les générations plus âgées il est inférieur ». Le texte qui précède fait de l'histoire officielle, de l'histoire top-down : les changements observés dans la société seraient les effets de décisions sages prises en haut lieu.

À cette interprétation on peut préférer l'interprétation bottom-up. Elle est plus intéressante. Dans les années de l'après-guerre, les Français, stimulés et gonflés d'espoir par le programme du Conseil National de la Résistance, auraient massivement investi dans la réussite scolaire de leurs enfants. Du moins dans la mesure où ils pouvaient réalistement continuer à les entretenir après l'âge de 16 ans. L'éducation secondaire étant gratuite—ce qui n'était pas le cas dans tous les pays—la demande de ce type d'éducation n'a cessé de grandir au fur et à mesure qu'augmentait le pouvoir d'achat. La poussée qui s'exerçait sur les établissements scolaires devenant de plus en plus forte, il a bien fallu que les ministres en tiennent compte et cèdent, d'abord sur le collège unique, puis sur les lycées (il a fallu en construire beaucoup, avec de gros moyens financiers; notamment en Ile-de-France...) et enfin sur les universités en passant de l'Université réservée aux élites à l'Université de masse (que préfiguraient Nanterre, lieu de l'éruption du 22 mars 1968 puis Vincennes-Paris 8). Autrement dit, les ministres n'ont fait que tenter d'ajuster avec retard l'offre de scolarisation (bâtiments et enseignants) à une demande qui ne cessait de croître, stimulée par la gratuité de tous les niveaux de notre système... républicain.
Le document officiel souligne triomphalement qu'après cet énorme effort de la France, étendu sur trois décennies (1965-1995) pour rattraper son retard sur d'autres pays : les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne..., le niveau de bacheliers atteint en 1995 plaçait enfin la France au niveau de la moyenne (!) des pays de l'OCDE. Le texte, qui date de 2004, continue ainsi : « en 1995, grâce aux performances atteintes la France a rattrapé son retard et s'apprêtait à s'installer dans une position de leader ». Hélas... « À partir de 1992, le taux de passage de 3me en 2nde va baisser pendant quatre années consécutives, faiblement certes, mais suffisamment pour enrayer cette remarquable progression. (...) tout semble se dérégler (...) stagnation et retour en arrière concentrés sur la seule voie générale : en 2002, 32,6% des jeunes Français ont obtenu un baccalauréat général, le même pourcentage que dix ans plus tôt. Tandis que la voie technologique est restée constante et que la voie professionnelle a poursuivi sa progression, la voie générale va s'engager dans une récession ». Dans l'enseignement supérieur, les nouveaux bacheliers s'engagent de plus en plus dans l'enseignement supérieur court (les STS, deux ans pour faire un BTS réputé mener vers des embauches) au détriment de l'enseignement long, pour lequel la France se retrouve à nouveau nettement distancée, 25% contre 30%, par la moyenne—la moyenne !—des pays de l'OCDE. Quant au taux de bacheliers, qui était monté très régulièrement depuis 1985, où il était à 35%, il a atteint 71%, nous dit ce document, en 1994 ; mais il s'est arrêté là, et en 2004, il y était encore, ayant même redescendu d'un point. « La courbe connaît une très forte croissance de 1984 à 1994 qui culmine à 71,2% en 1994, c'est-à-dire à moins de dix points de l'objectif » (80% au bac). Il y a eu un « retournement de tendance », constate l'auteur anonyme sans en proposer aucune explication.
Ce retournement de tendance s'est-il confirmé dans les années qui ont suivi le grand Débat sur l'Education de 2004°? En 2009, le Ministère a célébré les résultats du baccalauréat ; sous le titre « Le Bac 2009 bat tous les records ». Le mensuel Sciences Humaines écrit : « Pour la première fois plus des deux tiers d'une génération ont un bac en poche. Depuis 1995, le pourcentage de titulaires de ce premier grade de l'enseignement supérieur oscillait entre 61,3% et 64,3%. Il fait cette année un bond de trois points par rapport à 2008 pour s'inscrire à 66,4% ». On avait cru comprendre, à la lecture de la Note de 2004, que ce taux était déjà de 70% en 1994. En cherchant à se rapporter à une source sûre, on trouve sur le site du Ministère de l'Education Nationale la Conférence de presse du 11 juin 2010 du Directeur général de l'enseignement scolaire, Mr Jean-Michel Blanquer. Il y déclare notamment : « vers 1880, moins de 1% des jeunes obtiennent le baccalauréat ; et ce chiffre restera très faible jusqu'aux années 1960. En 1987 cette proportion atteint 32%, puis 62% en 1995, chiffre qui ne sera que très peu modifié en 15 ans puisque ce sont 65,8% d'une génération qui ont obtenu leur bac en 2009, malgré des taux de réussite croissants »11.
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