Chapitre ier





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CHAPITRE VI.


Quelques semaines après son arrivée, Maudave envoya M. de la Marche et quinze hommes explorer les provinces situées au nord de Fort-Dauphin. Ce détachement rencontra partout un accueil favorable et franchit plus de cinquante lieues dans la direction de Tananarive. Mais aux fatigues de l’expédition vint s’ajouter une chaleur accablante. Les voyageurs eurent l’imprudence de ne prendre aucune précaution hygiénique, et bientôt la fièvre fit au milieu d’eux sa première apparition. M. de la Marche et cinq hommes furent atteints ; il fallut les ramener en litière à Fort-Dauphin, où ils rapportèrent la maladie à leurs compagnons. Jusqu’alors l’état sanitaire de la colonie avait été parfait60, mais l’épidémie se propagea rapidement ; M. de la Marche et plusieurs soldats moururent successivement. Les tristes résultats de cette expédition effrayèrent le gouvernement et contribuèrent à faire ajourner le départ des colons pour Madagascar.

Mais les habitants de Fort-Dauphin ne s’inquiétèrent nullement ; il fut reconnu en effet que les seuls hommes atteints par le fléau étaient ceux qui se livraient à des excès de toute sorte61, et ceux qui consentirent à se soigner sérieusement furent bientôt hors de danger.

Maudave garda auprès de lui sa femme, sa belle-mère et ses jeunes enfants, dont la santé ne fut pas un instant éprouvée. D’ailleurs, vers le milieu de décembre, l’épidémie disparut ; elle n’avait duré que trois semaines.

À défaut de colons, le duc de Praslin aurait pu, au moins, expédier les marchandises de traite et les renforts promis à Maudave. On ne s’explique pas pourquoi l’on ne fit jamais ces envois, que le gouverneur de Fort-Dauphin ne cessait de réclamer. Lorsque les noirs venaient offrir aux Français les produits du pays, la petite colonie n’avait rien à leur donner en échange. Maudave ne recevait aucune réponse à ses demandes, bien que le duc de Praslin lui eût plusieurs fois envoyé ses compliments et ses félicitations.

La prise de possession de Fort-Dauphin eut peut-être plus de retentissement en Angleterre qu’en France. Nous avons trouvé dans les archives coloniales le document suivant, sur lequel nous ne saurions trop appeler l’attention du lecteur :

Extrait des papiers anglais du 9 juin 1769.

« Les Français viennent de faire un établissement dans l’île de Madagascar, que l’on compte être la plus grande île du monde connu. On sait qu’elle a un nombre infini de ports imprenables par leur nature, et qu’elle abonde en excellent bois de construction.

« Les Français sont déjà occupés à y construire des vaisseaux de guerre ; et une frégate de trente canons, bâtie dans cette île, a fait voile pour l’Europe62.

« On prétend qu’on fera partir, au commencement d’octobre prochain, une flotte d’observation pour l’Inde, et qu’on donnera aux amiraux des instructions particulières pour demander aux Français la raison positive pour laquelle ils font, pendant la paix et contre le dernier traité, des acquisitions dans l’île de Madagascar. Une visite de cette nature ouvrira certainement les yeux de cette nation et la convaincra, à ses dépens, du tort qu’elle a de s’obstiner à faire des conquêtes et des acquisitions de territoire, puisqu’elle doit savoir par une expérience fatale et réitérée qu’il est impossible de défendre ses possessions autrement qu’avec de nombreuses flottes. »

On voit que la rivalité de la France et de l’Angleterre à Madagascar ne date pas d’hier, et que Maudave n’avait pas tort de prévoir des complications entre les deux nations. Mais, ainsi que cet officier l’avait également prédit, le mécontentement de l’Angleterre ne fut suivi d’aucun effet.

D’ailleurs, les Anglais, qui luttent depuis un siècle pour nous empêcher d’occuper Madagascar, ont manqué plusieurs occasions de s’y établir. Ainsi lorsque Beniowski, dix ans après le départ de Maudave, fit à Londres des offres de service63, on ne les accepta pas. En 1830, lorsque le gouvernement de Louis-Philippe fit évacuer purement et simplement Madagascar, l’Angleterre n’osa pas y envoyer une expédition. Il est peu probable qu’elle trouve à l’avenir des circonstances aussi favorables ; il est heureux pour nous qu’elle n’en ait pas profité.
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