La Réunion des orsem 101





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L’intervention du Général, CEMAT



J'ai tenu à intervenir pendant cette journée d'ouverture malgré un emploi du temps chargé. C'est un plaisir de me retrouver parmi vous avant votre départ vers des horizons nouveaux. J'étais à votre place il y a un peu plus de vingt ans, avant de rejoindre l'INALCO pour suivre une scolarité d'arabe.
C'est aussi la première occasion que j'ai de m'exprimer devant le Collège de l'enseignement supérieur de l'armée de Terre (CESAT) depuis sa création. Je salue l'ensemble de l'encadrement présent, les représentants des différents cours et écoles qui le composent.
La présence parmi vous d'officiers issus d'horizons divers, d'active et de réserve, de stagiaires de l'EMSST et du CSEM, est bien à l'image de la cohérence et de la complémentarité des formations recherchées par le CESAT en regroupant sous une même autorité la totalité de l'enseignement militaire supérieur du deuxième degré.
Je m'adresserai aujourd'hui principalement aux stagiaires de l'EMSST qui vont partir dans des écoles, pour des durées plus ou moins longues.
Votre départ en scolarité est l'aboutissement d'un investissement personnel difficile dont je mesure l'ampleur, pour l'avoir moi-même vécu. Il marque aussi pour vous l'entrée dans un domaine nouveau où vous acquerrez des compétences nécessaires à l'armée de Terre. A un horizon un peu plus lointain, il ouvre à des fonctions et des responsabilités nouvelles dans ce que l'on nomme communément la seconde partie de carrière.
Avant de revenir sur votre avenir de breveté et sur les enjeux que représente l'enseignement supérieur pour l'armée de Terre, je ferai un point sur la situation présente de l'armée de Terre. Enfin, en guise de conclusion, je vous ferai part de ma conception de l'expertise et je vous délivrerai quelques messages sur ce que j'attends de vous.

* *
l- Point de situation sur l'armée de Terre.
La refondation de l'armée de Terre s'est achevée fin 2002 après six années marquées par la professionnalisation et une réorganisation sans précédent de ses structures.

Cette refondation vous l'avez vécue comme jeunes officiers. Vous en avez porté chacun à votre niveau de responsabilité la part d'effort et d'investissement personnel qui garantissait sa mise en œuvre et son succès.

Pour poursuivre l'action de mes prédécesseurs, j'ai souhaité à ma prise de fonction à l'automne 2002, inscrire mon action à la tête de l'armée de Terre dans le cadre d'un projet formalisé aux objectifs définis pour 2008.
Il s'agissait principalement, après la période de refondation, dans un souci de stabilisation et de consolidation :


  • d'améliorer le fonctionnement général de l'armée de Terre, principalement dans le domaine du commandement, dans la poursuite des choix faits en 1996.




  • II s'agissait aussi de consolider les acquis progressifs, culturels et techniques d'une armée professionnelle - passer d’une armée professionnalisée à une armée professionnelle. Etaient au premier rang concernés le domaine de la préparation opérationnelle mais aussi celui des relations humaines, tant dans ses aspects liés à la gestion des ressources humaines que dans celui de l'exercice du commandement.




  • Enfin, il s'agissait d'évaluer les évolutions possibles de l'environnement et de préparer l'avenir en conduisant une réflexion sur les capacités futures de l'armée de Terre.


Le projet Armée de Terre professionnelle 2008, qui est né de cette triple ambition, se veut mobilisateur, volontariste et ambitieux, mais aussi lucide car il repose sur une conscience réelle de la situation de l'armée de Terre et de ses difficultés présentes.
Je suis conscient et fier du chemin parcouru par l'armée de Terre. Il est le résultat d'une implication directe et sans faille de la chaîne de commandement. Il est aussi le résultat d'une prise en compte par l'ensemble du personnel militaire et civil des objectifs fixés.
Pour autant, des marges de progrès demeurent. L'évolution du contexte m'oblige à définir des modalités adaptées pour l'année 2004-2005 tout en conservant les priorités que j'avais fixées. Je présenterai dans quelques jours à l'ensemble de l'armée de Terre à Tours mes directives pour l'année 2004-2005.
Revenons quelques instants sur le chemin parcouru.
Mon principal motif de satisfaction demeure le haut niveau qualitatif de l'engagement opérationnel de l'armée de Terre (de l'ordre de 20 000 hommes en posture opérationnelle). Il correspond à la finalité opérationnelle de l'armée de Terre, à sa mission principale et prioritaire. La qualité des forces, les états-majors comme les formations, participant à ces opérations est reconnue en interarmées comme par nos alliés.

Je ne citerai que quelques exemples : la Côte d'Ivoire, l'Afghanistan, le Kosovo et la Bosnie. Il convient aussi d'évoquer la contribution de l'armée de Terre à la sécurité du territoire national où elle est l'acteur majeur du plan Vigipirate. C'est aussi le déploiement de plus de 5000 hommes et femmes pour le 60ème anniversaire du débarquement en Normandie.
La reconnaissance internationale de notre capacité opérationnelle s'est aussi traduite par le fait que deux officiers généraux français assurent la responsabilité de commandement d'opérations multinationales « OTAN » : le général PY, commandant le corps européen qui commande en Afghanistan la force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) et le général de KERMABON qui commande la force multinationale de paix de l'OTAN au Kosovo.
Le haut niveau de participation à la projection a contribué à développer une maturité professionnelle de mieux en mieux partagée au sein de l'armée de Terre. J'ai souhaité et insisté pour que toutes les brigades interarmes participent à l'opération Licorne. Le résultat de cette décision n'est pas seulement le développement d'expériences individuelles mais bien plus l'acquisition d'une expérience collective par l'armée de Terre. Expérience collective qui se transmet, s'entretient, au jour le jour dans les régiments et qui renforce notre capacité opérationnelle.
Je reviens à ce que j'ai évoqué précédemment et qui relève de la prise en compte des enjeux qui touchent directement à l’ « Homme ».
J'ai estimé à ma prise de fonction que le style de commandement développé dans de nombreuses formations n'était pas adapté à la nature professionnelle de notre armée et à notre époque. Ce premier volet, touchant à l'exercice du commandement, est indissociable d'un second portant sur l'enjeu permanent que représente le recrutement, la préservation des effectifs et la gestion du personnel pour une armée professionnelle.

Des efforts importants ont été réalisés. Le combat dans ce domaine n'est jamais gagné. Il s'agit de promouvoir encore dans nos rangs la généralisation de relations humaines fondées sur l'attention portée et le dialogue, sans remettre en question l'impératif d'exigence qui s'impose à des combattants.

A cet égard, je me réjouis de voir rappeler la mission éducative du CESAT qui doit comme les autres écoles, et au-delà de sa stricte fonction « enseignante », continuer de développer les références de comportement et d'éthique indispensables à un corps d'officiers.

* *
L'armée de Terre est néanmoins confrontée à des difficultés. Ces difficultés restent pour nous des défis à surmonter au quotidien et dans la durée. Je ne développerai pas plus longuement ce dernier point. Vous le savez pour l'avoir vécu, la disponibilité technique remonte péniblement malgré un effort prononcé et une énergie déployée considérable. La conjonction de l'ancienneté de certains matériels, de leur sur-emploi et de la réduction des budgets dédiés à l'entretien des équipements conduit à faire perdurer une situation désastreuse pour une armée de Terre professionnelle, dont les missions principales résident dans son engagement opérationnel et sa préparation.
J'ai dû par ailleurs, au cours de l'année 2004, réaliser des arbitrages consécutifs à la réduction en gestion du budget de fonctionnement de l'armée de Terre. Cela s'est traduit par la réduction des budgets des forces consacrés à l'instruction et à l'entraînement. L'armée de Terre connaît des difficultés de gestion réelles, qui sont le résultat d'une rigueur budgétaire et financière qui s'impose à l'ensemble de la Nation. Je cherche cependant à limiter les conséquences pour les forces mais ma liberté d'action est très réduite au regard du pourcentage que représentent les rémunérations et les charges sociales dans l'ensemble du titre III.
Pour terminer ce rapide tour d'horizon, je demeure convaincu que les choix faits et annoncés en 2003 restent pertinents : la priorité accordée à la préparation opérationnelle, le positionnement de l'armée de Terre sur le territoire national, l'amélioration de l'exercice du commandement, la création et la montée en puissance du PC HRF « français ». II s'agit pour nous de poursuivre l'effort en préservant l'échelon régimentaire dans son rôle et dans son organisation. Les régiments représentent le « noyau dur » de l'armée de Terre. Ils sont la structure de référence dans laquelle le soldat s'identifie à son armée. Il est par excellence l'échelon opérationnel, garant de la capacité opérationnelle de l'armée de Terre.

* *

Il - Les enjeux d'une formation supérieure pour l'Armée de Terre
II serait vain d'évoquer votre scolarité future et votre avenir sans les situer, l'un et l'autre, dans la perspective des besoins de l'armée de Terre. Ces besoins sont bien sûr liés à la situation présente mais aussi aux évolutions envisagées ou possibles de l'environnement. La question qui est au cœur de cette problématique est bien la qualité et le rôle de l'officier breveté.
Un officier breveté, vous le savez pour le vivre actuellement, est au cœur d'une triple problématique : orientation, sélection et formation. Ces trois étapes consécutives permettent à l'armée de Terre d'adapter les compétences et les potentialités d'une partie de ses officiers supérieurs à ses attentes et ses besoins. La formation que vous allez recevoir au cours de votre scolarité représente donc un véritable enjeu pour l'armée de Terre. Elle conditionne en effet l'adéquation aux besoins actuels en officiers supérieurs formés dans certaines spécialités nécessaires et plus généralement d'officiers disposant de qualités intellectuelles reconnues, aptes à remplir des fonctions de conception. En outre, cette étape constitue pour l’armée de terre la phase initiale de sélection de ses futurs hauts responsables.
Sur le plan personnel, en particulier dans le domaine de la formation intellectuelle, votre scolarité doit vous permettre de développer, au delà des compétences techniques, les qualités qui s'avèrent indispensables à tout individu assumant des responsabilités : capacité à appréhender les problèmes complexes, aptitude à gérer l'imprévu et à décider, efficacité dans le travail en groupe.
Elles s'acquièrent par la formation et par l'expérience. Elles ne peuvent cependant se développer librement que grâce à la prise de conscience de ce qu'attend de vous l'armée de Terre.
En termes d'emploi futurs, le choix que vous avez fait de suivre l'enseignement militaire supérieur vous conduira tout naturellement vers le monde des officiers dont la mission principale est la réflexion pour prévoir, organiser et conduire les destinées de l'armée de Terre, à différents niveaux de responsabilité et de commandement.
Cette période de formation constitue une étape indispensable, à laquelle l'armée de Terre reste très attachée dans le déroulement de carrière, malgré son coût, financier mais aussi en temps qui y est consacré. C'est pour cela qu'un souci de cohérence doit animer la formation supérieure au sein de l'armée de Terre. Cette cohérence d'activité, «par une articulation plus rationnelle entre les différentes étapes de la formation des officiers ». C'est en partie pour cette raison que le CESAT a été intégré au commandement de la formation de l'armée de Terre.


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