Changement social, mobilité sociale, pauvreté et inégalités





télécharger 173.19 Kb.
titreChangement social, mobilité sociale, pauvreté et inégalités
page2/6
date de publication21.05.2017
taille173.19 Kb.
typeDocumentos
d.20-bal.com > documents > Documentos
1   2   3   4   5   6

I. Changement social et mobilité sociale

1) Caractéristiques et facteurs du changement social


- rappel de la définition : « toute transformation observable dans le temps, qui affecte, d'une manière qui ne soit pas que provisoire ou éphémère, la structure ou le fonctionnement de l'organisation sociale d'une collectivité donnée et modifie le cours de son histoire » (Guy Rocher)

a) De la société industrielle à la société post-industrielle

Naissance de la société industrielle

- avec la révolution industrielle nait le capitalisme industriel mais aussi la société industrielle

- Emile Durkheim (1898), De la division du travail social, voit dans le passage de la société pré-industrielle à la société industrielle un changement caractérisé par la substitution d’une forme de cohésion sociale à une autre.

- c’est le passage de la société à solidarité mécanique à la société à solidarité organique

- dans la société à solidarité mécanique, c’est la ressemblance (mêmes activités, mêmes valeurs) qui lient les individus entre eux. Il n’y a pas de place pour l’individualisme qui est même un danger pour la cohésion sociale et la pérennité de la société.

- dans la société à solidarité organique, c’est la division du travail social qui, en créant une complémentarité des activités et des fonctions des individus, est à la source des liens sociaux. La division du travail social fait naître un système de « droits et de devoirs qui lient [les hommes] entre eux d’une manière durable ». L’individualisme est souhaitable, bien que l’action de corps intermédiaires soit nécessaire pour permettre l’émergence et la persistance d’un sentiment de solidarité entre les individus.

- Raymond Aron (1962), Dix-huit leçons sur la société industrielle définit la société industrielle comme «  la société où l’industrie, la grande industrie, serait la forme de production la plus caractéristique ». Il distingue 5 caractéristiques de la société industrielle :

  1. l’entreprise industrielle est radicalement séparée de la famille, alors que ce n’est pas le cas pour les entreprises artisanales ou paysannes. Les producteurs deviennent distincts des consommateurs, mais ces deux catégories d’agents économiques sont fortement interdépendantes

  2. un nouveau mode d’organisation du travail se met en place dans l’industrie, la division du travail ne se fait plus uniquement entre les grands groupes sociaux (artisans, commerçants, paysans), on la retrouve aussi au sein de l’entreprise.

  3. L’entreprise industrielle suppose l’accumulation du capital et la volonté de croissance

  4. Un calcul rationnel au sein de l’entreprise permet d’établir des prix de revient, de renouveler et d’augmenter le capital

  5. Les ouvriers sont concentrés sur le lieu de travail.

- on retrouve chez Aron certaines caractéristiques des mutations économiques et sociales décrites par

- Braudel, Civilisation matérielle, Economie et Capitalisme (1979)
Une société post-industrielle émerge à partir des années 1970-80

- certains y ont vu la source d’un changement social assimilable à un progrès social

- Jean Fourastié, Le Grand espoir du XXe siècle (1949) : après s’être libéré du travail de la terre dans le passage des sociétés rurales aux sociétés industrielles, l’homme pourrait se libérer du travail de la matière dans le passage des sociétés industrielles aux sociétés post-industrielles.

- David Bell, The Coming of the post-industrial society (1973) voyait dans la société postindustrielle une société de la connaissance

- Daniel Cohen, Trois leçons sur la société postindustrielle (2006)

- Parler de société post-industrielle c’est d’abord parler d’une société qui n’est plus (principalement) industrielle :

- C’est effectivement parler d’abord d’une société de services (même si « l’économie tertiarisée n’est nullement ‘débarrassée’ du monde des objets ») ⇒ la part des ouvriers d’usine ‘classiques’ (ceux qui fabriquent les objets) est faible (les ouvriers deviennent réparateurs ou manutentionnaires), les employés sont principalement des employés du commerce ou des services aux particuliers.

- C’est aussi parler d’une société de l’information ⇒ les tâches de conception (société de l’immatériel) et de promotion (commercialisation) surpassent celles de fabrication

- Mais les changements qui caractérisent ce passage vont bien au-delà de cette tertiarisation.

- 5 ruptures caractérisent le passage de la société industrielle à la société post-industrielle :

1) Une révolution technologique : La 3e révolution industrielle. Ordinateurs et Internet constituent des General Purpose Technologies : des technologies à usage multiple dont le potentiel échappe aux intentions et à l’imagination initiales de leurs inventeurs. (E.Helpman (1998) (Ed.) General Purpose Technolgy and Economic Growth)

2) Une révolution sociale : la nouvelle organisation du travail ⇒ polyvalence accrue (≠division horizontale), délégation de responsabilité aux échelons inférieurs de la hiérarchie (≠ division verticale) (cf Philippe Askenazy, La Croissance moderne (2001)), le penser à l’envers (B. Coriat, L’Atelier et le Chronomètre (1979)) et le client donneur d’ordres, chasse aux ‘temps morts’. D’après Cohen, reprenant le point de vue de Piore et Sabel, Les Chemins de la prospérité (1984), ce sont de nouveaux principes sociaux qui sont à l’origine de ces changements et non une conséquence de la révolution technologique : but = économiser le travail.

Conséquences moins positives en termes de progrès social que celles espérées par Fourastié : néo-stakhanovisme (Philippe Askenazy, Les Désordres du travail (2004)) et désordres physiques et mentaux.

3) Une révolution culturelle : la montée de l’individualisme (sociologique), le rejet de d’une société industrielle « qui reste profondément holiste » (Cohen). Fait marquant : Mai 1968 (« qui n’est pas un événement franco-français » comme le souligne Henri Weber, Que reste-t-il de mai 1968 ?(1998)) et le rejet des institutions qui caractérise cette société holiste : famille, entreprise (usine : « L’équation salaire = obéissance » devient insupportable (Cohen)) ou école. Ce sont ces ‘rebelles’ de la fin des années 1960 qui deviendront les pionniers de la ‘révolution technologique’.

4) La révolution financière : prise de pouvoir de la bourse dans le management des entreprises. « les managers sont arrachés au salariat » (Cohen, p.38). « Dans un renversement copernicien des fondements mêmes du salariat, ce sont désormais les salariés qui subissent les risques, et les actionnaires qui s’en protègent [grâce à la diversification du portefeuille de titres] » (p.12)

- Parallèlement au rôle de la remise en cause interne de la société industrielle (les 4 premières ruptures), la société post-industrielle va aussi être façonnée par l’évolution des rapports entre les pays : c’est la mondialisation.

5) 5e rupture : la fin de l’affrontement Est-Ouest qui incarnait selon Raymond Aron 2 versants possibles de la société industrielle. «L'Europe, vue d'Asie, n'est pas composée de deux mondes (...) elle est faite d'une seule réalité: la civilisation industrielle.» (Aron (1962)). Autrement dit, si la libre concurrence domine à l’Ouest et la planification à l’Est, les 5 caractéristiques de la société industrielle se retrouvent cependant dans les 2 camps. La mondialisation implique des changements sociaux majeurs. Non seulement, la nouvelle division internationale du travail amène un bouleversement de la structure de la population active. Mais, de nouveaux rapports au monde extérieur émergent, rapports qui ne sont pas nécessairement pacifiques : tensions liées à la compétition entre pays émergents et pays avancés, tensions liées aux mouvements migratoires, tentations du repli culturel…

- ce passage pose, selon lui, la question de la solidarité qui pourrait se substituer à la solidarité organique de la société industrielle, ce qui le pousse même à mettre le terme société entre guillemets lorsqu’il parle de la « société » post-industrielle au début de son ouvrage. En effet, la société industrielle avait marqué, à partir de la fin du XIXe siècle, l’alliance de l’économique et du social (afin que l’accumulation du capital puisse se poursuivre) ; la société post-industrielle marque, elle, une nouvelle séparation de l’économique et du social.

b) Caractéristiques détaillées du changement social


Alain Touraine, Un nouveau paradigme (2005) donne un résumé des caractéristiques très générales de l’évolution de long terme des sociétés sur laquelle s’accordent de nombreux auteurs. Cette évolution est caractérisée par :

  1. Dans un premier temps (vers le XIe –XIIIe siècle) : une autonomisation du politique par rapport au religieux : c’est le temps de l’apparition des Etats-nations, de la naissance d’une nouvelle souveraineté différente de celle de l’Eglise. L’économie est alliée au politique : elle est au service du pouvoir des nations (mercantilisme)

  2. Avec la révolution industrielle, l’économique s’affranchit du politique : c’est le libéralisme du XIXe siècle et le processus de désencastrement décrit par Karl Polanyi, La Grande transformation (1944)

  3. Le XXe siècle est marqué par l’alliance du social et de l’économique. La misère ouvrière du XIXe siècle a amené à cette alliance, permettant la survie des économies de marché. L’Etat-providence est un aspect de cette alliance.

Remarque : Touraine voit la période actuelle comme ‘la mort du social’ et la substitution d’un paradigme culturel au paradigme économique et social du XXe siècle. "Ce que nous vivons est la destruction de la société, c'est-à-dire de la vision sociale de la vie sociale, de l'ensemble des catégories dans lesquelles nous vivons comme une armure depuis un siècle" (p. 128).

En deçà de ces évolutions très générales, les transformations sociales sont très nombreuses :

  1. Evolution de la place et du rôle des groupes d’âge

  2. Evolution de l’identification sociale

  3. Evolution de la famille

  4. Evolution des lieux d’habitation et de l’organisation sociale de l’espace

  5. Evolution des rôles des hommes et des femmes

  6. Evolution du travail

  7. Evolution de la place des différentes catégories socio-professionnelles

  8. Evolution de la place et du rôle des grandes institutions et corps intermédiaires : Etat, Eglise, Ecole, Armée, Syndicats, Partis politiques

  9. Evolution de la structure et des modes de consommations

c) Hiérarchiser les causes du changement social ?


Le travail de Daniel Cohen sur la société post-industrielle permet de mettre au jour les causes majeures du changement social (notamment celles qui conduisent à un changement majeur : le passage d’une forme de société à une autre) :

  1. Les évolutions techniques

  2. Les évolutions des rapports entre les groupes sociaux

  3. Les évolutions culturelles, c’est-à-dire les évolutions des valeurs, des croyances, des idéologies

  4. Les évolutions des rapports des pays ou groupes de pays entre eux.

  5. A ajouter : les évolutions démographiques

Cependant, Cohen se refuse à chercher une cause unique du changement social, cause qui déterminerait toutes les autres :

- à propos de la mondialisation : « Plutôt que de réfléchir à la question un peu vaine de savoir si elle est cause ou conséquence des autres ruptures, il est plus utile de la considérer comme une dimension de la société post-industrielle (…) » (p.60).

D’autres auteurs, au contraire, ont cherché à mettre en avant une cause surdéterminante. Nous traitons ici deux exemples : les mutations culturelles et les conflits sociaux.
Mutations culturelles

- changements de valeurs (matérialistes, non-matérialistes), d’idéologies (marxisme, libéralisme)

- Max Weber (Ethique protestante et esprit du capitalisme (1905) et Economie et société (1922)) : c’est une nouvelle éthique économique (issue de la religion protestante) qui va donner naissance au capitalisme à la fin du Moyen âge.

- cette nouvelle éthique économique est très liée à un processus de rationalisation du monde qui, en Occident, va prendre la forme d’une rationalisation orientée vers l’action pratique dans le monde.

- cette rationalisation relève avant tout de la sphère économique mais touche également tous les domaines de l’action sociale, lesquels vont devenir dominés par l’action rationnelle en finalité⇒ les relations sociales deviennent impersonnelles, instrumentales et utilitaires.

- cette rationalisation est très liée au phénomène de désenchantement du monde : disparition de la croyance en la magie et, plus généralement de la croyance en un monde gouverné par Dieu.

- Ronald Inglehart :

- professeur de science politique, américain, s’intéresse à la mesure du bien-être et à l’étude des valeurs dans le monde.

- notamment : Modernisation et Postmodernisation, 1997

- thèse générale développée dans les différents travaux de l’auteur : les sociétés occidentales ont connu depuis la 2GM une transformation socio-politique et culturelle majeure : les orientations et les valeurs caractéristiques du ‘matérialisme’ deviennent dominées par d’autres, caractéristiques d’un ‘post-matérialisme’.

- c’est donc la culture qui joue le rôle majeur dans le changement politique et social.

-2 changements culturels majeurs selon l’auteur :

1) l’élévation des niveaux d’instruction, les transformations urbaines et industrielles, l’expansion des moyens de communication, la capacité des populations à exprimer leurs opinions, à prendre part aux décisions (désir de participation)

2) la satisfaction des besoins matériels de base pour l’essentiel de la population dans les sociétés occidentales a déplacé les demandes vers un ‘post-matérialisme’ : davantage d’autonomie, affirmation de sa personnalité (s’épanouir au travail plutôt que d’augmenter ses revenus)

- conséquences :

- conflits de valeurs possibles entre pays émergents (matérialistes) et pays développés (moins matérialistes ?)

- l’intégration et la reconnaissance sociales deviennent des revendications majeures, elles ne passent plus seulement par la réussite matérielle.

Question : diversité dans l’espace ? Tendances qui marquent ces mutations culturelles sont-elles universelles ? La diversité dans l’espace des valeurs dominantes n’est-elle qu’une question de ‘stade de développement’ ?
Le rôle de l’action collective et des conflits sociaux

- Le conflit social se caractérise par :

- Le rapport de force qui s’instaure entre des groupes sociaux

- l’objet du conflit, qui est à la fois matériel (l’objet explicite du conflit, les intérêts), idéologique (les valeurs qui sous-tendent le conflit) et symbolique (le fait de s’imposer dans le rapport de force)

- la forme du conflit, ce que l’historien et sociologue américain, Charles Tilly (1929-2008), La France proteste de 1600 à nos jours (1986) les répertoires de l’action collective : ‘prises de grains’ (émeutes de la faim), charivari (ici le conflit est ritualisé)

- Le conflit social est donc une des formes de l’action collective (notion plus large)

- Les conflits sociaux peuvent être vus comme une résistance au changement : des actions contre les ‘réformes’ (anti-CPE en France au printemps 2006)

- Cependant, le conflit social est un moteur essentiel du changement social. Il est d’ailleurs très lié à ce qu’on appelle le ou les « mouvements sociaux » (çà bouge).

- depuis le XIXe siècle, les mutations des rapports sociaux et l’action de l’Etat ont souvent trouvé leur origine dans des conflits sociaux

- de plus, si le conflit social s’appuie sur des groupes constitués, il peut aussi contribuer à renforcer ces groupes (un des modes de socialisation au sein du monde ouvrier) et, au-delà, à structurer la société.

- Marx : « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours, c’est l’histoire de la lutte des classes », Marx et Engels, Manifeste du Parti communiste (1848)

- le conflit est le moteur du changement social (et de l’histoire)

- Chaque société est fondée sur un mode de production particulier, donc des classes particulières, donc des luttes particulières.

- Le changement social est brutal : la prise de pouvoir par les prolétaires dans le mode de production capitaliste.

- toutefois, cette rupture passe par une évolution caractérisée par la prise de conscience par les prolétaires de la nécessité de prendre le pouvoir pour mettre fin à l’exploitation.

- certains des changements caractéristiques du passage à une société post-industrielle peuvent être interprétés comme un épisode de la lutte de la classe, épisode qui marquerait un renversement de l’évolution du rapport de force entre capital et travail :

- depuis la fin du XIXe siècle jusqu’au triomphe de l’Etat-providence : tendance à l’affirmation du pouvoir de la classe ouvrière.

- les mutations dans l’organisation des firmes et du travail depuis les années 1970 :

- ont débuté avec les restructurations des firmes les plus syndiquées aux Etats-Unis et en Angleterre (fermeté de la Dame de fer face à la grève des mineurs et aux conflits avec les imprimeurs entre 1983 et 1985)

- ont annihilé de nombreux conflits en substituant le face-à-face entre salariés et clients au face-à-face entre salariés et patrons

- l’objet et la manière d’exprimer un mécontentement semblent moins faciles à enfermer dans la vision marxiste aujourd'hui :

- l’objet n’est pas nécessairement lié aux inégalités et au travail

- le mécontentement ne débouche pas nécessairement sur le conflit.

- Hirschman : l’action collective est nécessaire car elle sert à révéler les dysfonctionnements de la société (dire les choses qui ne vont pas)

- Défection et prise de parole. Théorie et applications, Paris, Fayard, 1995 (1970)

⇒ facteur de changement social

- 3 attitudes face à un mécontentement :

- la fidélité : supporter les choses sans rien dire

- la défection (‘exit’) : abandonner sans rien dire

- la prise de parole (‘voice’) : prendre la parole pour dire ce qui ne va pas, exposer les doléances pour provoquer une correction de la situation.

- Olson

- le paradoxe de l’action collective (La Logique de l’action collective (1965))

- solutions :

- donner davantage à ceux qui participent à l’action

- faire pression sur les free riders, les mettre à l’écart du groupe.

- Les changements dans la nature des conflits sociaux

- jusqu’aux 1970’s : conflits liés au monde du travail

- à partir des années 1980 : nouveaux mouvements sociaux

2) La mobilité sociale

Introduction


- rappel de la définition : « La mobilité sociale est la circulation des individus entre différentes positions de la structure sociale. »

- c’est une question qui émerge spontanément lorsque l’on traite du changement social : est-ce que le changement social s’accompagne d’une mobilité sociale accrue ?

- en retour, quels sont les changements sociaux favorisés par la mobilité sociale ?

- La question de la mobilité sociale est posée dès que l’on s’intéresse à des sociétés démocratiques (expression mobilité sociale due à Pitirim Sorokin (1889-1968), sociologue américain d’origine russe)

- dans les sociétés dont la hiérarchie est ancrée dans la tradition : la question ne se pose pas

- sociétés de castes basées sur la pureté religieuse : basses castes (Intouchables) contre hautes castes (brahmanes,…) en Inde, qui existent toujours malgré les mesures de discrimination compensatoire prises depuis plus d’un ½ siècle. Cas aussi de certaines sociétés africaines. Par extension : groupe social ou corps de métier fermé.

Louis Dumont, Homo hierarchicus. Le système des castes et ses implications, 1966 (pendant de Homo Aequalis, genèse et épanouissement de l’idéologie économique, 1977)

- société d’ordre basées sur la hiérarchie de la dignité et de l’honneur : sociétés féodales et d’Ancien Régime (clergé, noblesse, tiers état)

- dans les sociétés démocratiques, qui donnent des droits aux individus (aux citoyens) en revanche, se pose la question de la concordance ou non entre l’égalité de droit et la distribution des positions réelles.

- nombreux enjeux de l’étude de la mobilité :

- pour la théorie sociologique : opposition déterminisme / fluidité sociale

- enjeu idéologique et politique ainsi qu’en termes de cohésion sociale : la mobilité sociale peut réaffirmer la légitimité des valeurs et des normes de la société (self made man, success stories) ou au contraire révéler certains dysfonctionnements (parvenus, ascensions fulgurantes et douteuses). Autrement dit, dans les sociétés démocratiques et libérales : l’égalité des chances se vérifie-t-elle ?

a) La mesure de la mobilité


Quelques remarques et problèmes méthodologiques concernant les tables de mobilité

- enquêtes FQP (formation qualification professionnelle) de l’INSEE depuis 1964 (une enquête de 1953 permet cependant d’avoir des données similaires pour cette date).

- on prend les personnes de 40 ans et plus (position professionnelle stabilisée)

- on prend la profession du père au moment de la fin de scolarité de l’enquêté.

- la mobilité est généralement mesurée au niveau des PCS c'est-à-dire pour 6 catégories, lesquelles peuvent masquer une mobilité professionnelle à l’intérieur d’une même catégorie.

Tables de destinée : ce que deviennent les fils d’un groupe socio-professionnel donné (22% des fils d’agriculteurs en 2003 sont eux-mêmes agriculteurs).

Tables de recrutement : quelle était la position sociale des pères des individus d’une PCS donnée (88% des agriculteurs en 2003 sont fils d’agriculteurs).

b) Les principaux résultats concernant la mobilité sociale


- stabilité sociale (immobilité, ‘hérédité’ sociale : diagonale) est relativement importante bien que variable selon les catégories et les époques.

- les cas de mobilité ascendante sont plus nombreux que l’inverse.

- les trajets de mobilité sont plutôt courts que longs

- la mobilité telle que mesurée dans les tables s’explique en grande partie par la mobilité structurelle (différences entre les marges des deux tables).

- Exemple : en 2003, 4% des individus âgés de 40 à 59 ans étaient agriculteurs. Mais, au total, 16% des individus âgés de 40 à 59 ans en 2003 avaient un père agriculteur. Autrement dit, la probabilité d’être agriculteur pour la génération des pères était 4 fois supérieure à la probabilité d’être agriculteur pour la génération des fils.

- C’est en très grande partie ce qui explique l’évolution dans la destinée des fils d’agriculteurs : en 2003, 22% des fils d’agriculteurs étaient agriculteurs eux-mêmes, en 1977 ils étaient 38% et en 1953 ils étaient 60%

- Aspects de la mobilité structurelle :

- la structure des emplois (question de l’évolution structurelle de l'économie : tertiarisation…)

- les différences de fécondité selon les groupes sociaux

- les mouvements migratoires

- par exemple, le recrutement d’ouvriers parmi les travailleurs immigrés a pu permettre à des enfants d’ouvriers de devenir employés

c) Où sont les femmes ?


- compte tenu de la récente féminisation du marché du travail (en France, après avoir baissé à 33% entre 1962 et 1965, la part des femmes dans la population active occupée s’établit à 36% en 1975, même part qu’en 1906, et ne cesse d’augmenter depuis pour atteindre 47% aujourd’hui), comparer la PCS d’une femme à celle de sa mère, ou même à celle de son père, n’a pas beaucoup de sens.

- les études statistiques préfèrent donc mesurer la mobilité sociale au travers de l’emploi du conjoint.

- Les travaux de Michel Bozon et François Héran, La Formation du couple, 2006 : (recueil d’articles, notamment ceux des années 1980 montrant que lorsqu’on croise les origines sociales des conjoints, la diagonale est très chargée) appréhendent par exemple la mobilité sociale des femmes au travers de l’hétérogamie (l’homogamie étant au contraire signe d’immobilité).

- Par exemple, une comparaison de la profession de l’homme à celle du père de la femme permet de mesurer une mobilité intergénérationnelle ‘par le mariage’. A noter (Bozon et Héran) que l’hypergamie (la propension des femmes à épouser des hommes d’un statut social plus élevé) n’est pas forcément le résultat d’une stratégie de mobilité sociale ascendante : l’hétérogamie structurelle joue un rôle important (compte tenu de la structure des emplois, il est plus probable qu’un homme cadre se marie avec une employée que l’inverse).

- L’interprétation des résultats est évidemment très difficile. Cependant, d’après Dominique Merllié, la destinée sociale des femmes semble plus ouverte que celle des hommes (« les hommes ressemblent un peu moins à leurs beaux-pères qu’à leurs pères »).

d) La fluidité sociale


- appelée également mobilité de circulation, elle mesure l’ouverture des destinées, indépendamment des évolutions structurelles.

- repose sur le calcul des odd ratios, rapportant par exemple :

,

C’est donc le rapport des chances des deux catégories d’accéder aux ‘bonnes situations’ plutôt qu’aux ‘mauvaises’. Une fluidité parfaite correspond à un ratio égal à 1. Lorsque que le rapport diminue, la ‘distance’ entre les deux catégories se réduit, marquant une plus grande fluidité sociale.

- elle pose plusieurs difficultés statistiques.

- Néanmoins, les résultats qui se dégagent sont les suivants :

1) La fluidité en France a augmenté faiblement mais régulièrement entre 1953 et 1993, autrement dit l’inégalité des chances a diminué (faiblement mais régulièrement)

- c’est ce que constate Louis-André Vallet (1999) (Revue Française de Sociologie). Il montre notamment que « Parmi les 12 millions de Français, hommes et femmes, de 35 à 59 ans qui ont un emploi en 1993, près d’un demi-million occupent (…) des positions sociales qui n’auraient pas été les leurs en l’absence de cette augmentation de la fluidité sociale en quarante ans. ».

- Comme le précise Louis Chauvel ‘Le retour des classes sociales’ (2001, Revue de l’OFCE), un enfant de cadre né entre 1920 et 1925 avait 53.5% de chances de devenir cadre et 6.6% de chances de devenir ouvrier. Un enfant d’ouvrier avait 5.6% de chances de devenir cadre et 53% de chances de devenir ouvrier. Soit un odd ratio de 76.5 : le fils de cadre avait 76 fois plus de chances de devenir cadre que le fils d’ouvrier.

- pour la génération née entre 1950 et 1955, le même ratio vaut 51, soit une diminution d’un tiers en 30 ans.

- Mais, cette diminution qui peut sembler importante correspond en fait à des variations assez faibles dans les probabilités. Un enfant de cadre né entre 1950 et 1955 a 51.3% de chances d’être cadre et 7.1% de chances d’être ouvrier. L’enfant d’ouvrier a 7.3% de chances d’être cadre et 51.9% d’être ouvrier. C’est donc essentiellement à une augmentation assez faible de l’ascension sociale des ouvriers que l’on doit la forte baisse du odd ratio (lequel est donc fortement sensible à de petites variations lorsque la fluidité sociale ‘de départ’ est faible).

- d’après Louis Chauvel, « malgré le passage de 76 à 51, on ne peut dire que la mobilité est totale ; il est plus juste d’affirmer que la porosité des frontières sociales demeure faible, quoique atténuée par rapport à ce qui prévalait voilà 30 ans. »

- les résultats de Louis-André Vallet (1999) nuancent donc, plus qu’ils ne remettent en cause, les constats plus anciens : Claude Thélot, Tel père, tel fils ? Position sociale et origine familiale (1982), (fluidité sociale considérée comme négligeable en France).

2) Les différences de fluidité sont assez faibles (au moins sur la période récente) lorsque l’on compare les différentes sociétés industrielles.

- John H. Goldthorpe (1995) (Revue Française de sociologie) aboutit à la conclusion que la fluidité sociale est restée relativement stable tant en France qu’en Angleterre dans les années 1970 et 1980, alors même que la période est une période de changements structurels importants.

3) Un phénomène récent remarqué par Dominique Merllié est à souligner. En comparant les enquête FQP de 1993 et de 2003, on s’aperçoit que la fluidité continue à augmenter mais plus seulement du fait de la mobilité ascendante mais également du fait de la mobilité descendante qui tend à se développer. Plus qu’une panne de l’ascenseur social, ce serait donc à la multiplication des déclassements que l’on assisterait.

- ceci est confirmé par une étude de mobilité intra générationnelle d’Olivier Monso (2006). Il montre qu’entre 1998 et 2003, la mobilité descendante touche 8% des hommes de PCS 3 (cadres et professions intellectuelles supérieures), contre 2% entre 1980 et 1985. Cette proportion de 8% est 3 plus élevée (26%) chez les hommes de PCS3 ayant connu une période de chômage entre 1998 et 2003. Les déclassements qui touchent les cadres concernent en général le passage de la PCS3 à la PCS4 (professions intermédiaires) : on ne peut donc tout de même pas parler d’un toboggan social !

e) Les facteurs d’immobilité ou de mobilité sociale (nette)


- Au-delà des évolutions économiques et démographiques qui influencent la mobilité sociale structurelle, il est intéressant d’étudier les facteurs de mobilité (ou d’immobilité) sociale nette, c'est-à-dire de fluidité (ou de viscosité) sociale.

- C’est sans doute sur cette question que l’opposition entre les théories sociologiques est la plus marquée :

- les structures sociales et leurs évolutions déterminent-elles la mobilité ou l’immobilité sociale ?

- ou, au contraire, le jeu des acteurs explique-t-il, dans un contexte économique, social et culturel donné, les trajectoires individuelles ?
La famille

- avant tout un facteur de reproduction sociale.

- comme l’a montré Pierre Bourdieu (1930-2002), ce que transmet la famille et ce qui est source d'inégalités, ce n'est pas seulement un patrimoine (le capital économique, c'est-à -dire ce qui rapporte un revenu), mais aussi un capital culturel (un ensemble de connaissances, de références culturelles, d'habitudes comme visiter les musées, de compétences valorisées par le système scolaire comme la lecture ou la capacité d'écriture) et un capital social (schématiquement l'ensemble des relations sociales et donc la capacité, plus ou moins grande selon le capital social détenu, de pouvoir faire intervenir ces "relations" pour bénéficier d'avantages divers).

- néanmoins, les stratégies des parents pour favoriser l’ascension sociale de leurs enfants peuvent compenser en partie certains handicaps économiques, sociaux et culturels (volonté forte de s'intégrer à la société française pour les familles d'origine étrangère, volonté forte que les enfants ne connaissent pas des conditions aussi difficiles que leurs parents, etc…)
L’école
Bourdon contre Boudieu ?

- c’est sur le rôle de cette institution que le débat s’est le plus focalisé.

- dans les sociétés démocratiques, l’école est l’institution centrale au sein de laquelle les dons et les mérites sont censés pouvoir s’exprimer et se révéler. Les titres scolaires apparaissent alors comme la reconnaissance institutionnalisée de ces dons et mérites et permettent l’ascension sociale des plus doués et des plus méritants.

- Les travaux de Pierre Bourdieu et de Jean-Claude Passeron ont cherché à montrer que cet idéal démocratique est en grande partie une illusion.

- Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, Les Héritiers. Les étudiants et la culture, (1964) et La Reproduction. Eléments pour une théorie du système d’enseignement, (1970)

- la culture que l’Ecole diffuse et à partir de laquelle elle forme ses jugements est très proche de la culture des milieux favorisés.

- l’école ne substitue alors pas un mode de classement (scolaire, fondé sur le mérite) à un autre (social, fondé sur la naissance) mais légitime le classement social en le retraduisant selon d’autres modalités.

- l’école est d’autant plus un facteur de reproduction sociale qu’elle est présentée comme traitant tous les élèves de la même manière, conduisant l’élève ou l’étudiant de classes défavorisées à intérioriser son échec scolaire comme étant la conséquence d’inaptitudes et de faiblesses individuelles et non comme celle d’handicaps sociaux et culturels.

- Selon ces analyses, on comprend pourquoi l’ouverture croissante de l’accès à l’école en France peut ne pas avoir contribué à la mobilité sociale et à la réduction des inégalités sociales.

- concernant l’ouverture croissante, rappelons que l’instruction est devenue obligatoire jusqu’à 13 ans (loi Ferry de 1882), puis jusqu’à 14 en 1936 (loi Jean Zay) et 16 ans en 1959 (loi Berthoin), puis que la massification du collège s’est faite à partir de 1975 (loi Haby, collège unique), la massification du lycée à partir de 1989 (loi Jospin, objectif de 80% d’une classe d’âge au bac), et que l’enseignement supérieur de masse a était favorisé : en 2000, la durée moyenne de scolarisation (y compris préélémentaire) est de 19 ans

- Paradoxalement, les études qui adoptent un individualisme méthodologique, donc qui mettent l’accent sur les stratégies individuelles et non sur le déterminisme social et culturel, aboutissent à des conclusions similaires.

- Raymond Boudon, L’inégalité des chances. La mobilité sociale dans les sociétés industrielles, (1973)

- La réduction des inégalités d’accès aux études du fait de la démocratisation de l’institution ne réduit pas forcément ni les inégalités scolaires ni les inégalités sociales.

- d’une part, compte tenu des contraintes économiques, sociales et culturelles qui s’imposent aux individus des classes défavorisées, il peut être stratégiquement optimal de favoriser les parcours scolaires courts aux parcours scolaires longs (coûteux et aux résultats incertains).

- Il y a donc bien inégalités scolaires, comme dans les analyses bourdieusiennes. La différence, de taille, est cependant que ces inégalités ne sont pas forcément injustes puisqu’elles trouvent leur source dans des stratégies individuelles.

- d’autre part, le fait que la démocratisation de l’école ne contribue pas à une réduction des inégalités sociales est dû à un effet d’agrégation : l’accès aux emplois les plus élevés étant nécessairement limité, la démocratisation scolaire aboutit à une dévalorisation des diplômes.

- c’est notamment ce qui explique le paradoxe d’Anderson : le diplôme des enfants peut être très supérieur à celui de leurs parents sans que cela permette aux enfants d’avoir un statut social plus élevé que celui de leurs parents.

- En effet : augmentation de la durée de scolarisation pour tous, croissance de l’emploi plus ralentie que dans les 30 glorieuses.

- là encore, l’absence de réduction des inégalités sociale n’est pas due à la main cachée et malveillante de la reproduction sociale mais aux effets pervers de l’agrégation des comportements individuels.
Les inégalités scolaires dans les faits

- Les études statistiques confirment l’existence de fortes inégalités scolaires :

- les enfants issus des classes défavorisées réussissent moins bien à l’école

- au sein de la génération qui a aujourd’hui de 30 à 34 ans, un enfant de cadre a 23,3 % de risques de finir son parcours sans baccalauréat et un enfant d’ouvrier 82,7 %.

- lorsqu’ils accèdent à des études supérieures, c’est plus souvent pour faire des filières courtes ou pour s’engager dans des cursus universitaires débouchant vers l’enseignement ou la fonction publique plutôt que vers les grandes écoles ou les filières débouchant sur des professions libérales.

- au sein de la génération qui a aujourd’hui de 30 à 34 ans, un enfant de cadre a eu 21,0 % de chances d’accéder à une grande école contre moins de 1,1 % pour l’enfant d’ouvrier.

- même en cas de réussite scolaire, y compris dans les écoles les plus prestigieuses, le rendement social des diplômes (profession, salaires) dépend lui aussi de l’origine sociale.

- un premier cycle universitaire obtenu par un enfant de cadre donne moitié plus de chances de devenir cadre à son tour que le même titre détenu par un enfant d’ouvrier.

- la démocratisation a-t-elle néanmoins permis une diminution des inégalités sociales face à l’école ?

- il s’agit précisément de mesurer ce qu’Antoine Prost (1986) a appelé « la démocratisation qualitative », c'est-à-dire l’accès plus large aux diplômes les plus élevés qui ne soit pas dû à un simple effet de translation lié à la massification scolaire. Autrement dit, il s’agit de pas s’arrêter à une mesure de démocratisation quantitative qui amènerait à considérerait que l’école s’est démocratisée parce que les taux d’accès ont augmenté, comme on dit que la voiture s’est démocratisée parce que la part de la population ayant accès à ce bien a augmenté (L'enseignement s'est-il démocratisé ?, Les élèves des lycées et collèges de l'agglomération d'Orléans de 1945 à 1980).

- les résultats sont assez contrastés mais dans l’ensemble la démocratisation qualitative semble avoir été au mieux très modeste

- Duru-Bellat et Kieffer (1999, Revue française de pédagogie) : réelle quoique limitée.

- Goux et Maurin (1995, 1997) : inexistante ou trop faible pour être significative

- Thélot et Vallet (2000) : un peu plus optimistes que Duru-Bellat et Kieffer

- L.Chauvel (2001) : pessimiste

- accès au bac (cadres/ouvriers) : le odds ratio vaut 103,3 à la fin des années 1990 contre 69 au début des années 1980 : entre la génération née autour de 1950 et celle née vers 1965, les écarts relatifs semblent se creuser) (source : Louis Chauvel (2001))

- accès aux grandes écoles : là encore, les inégalités semblent s’accentuer : les enfants des catégories populaires (employés et ouvriers) passant ainsi de 26,9 % à 16,2 % de l’ensemble des écoles les plus sélectives entre le début des années 1980 et la fin des années 1990.

- Conclusion : certes, l’école n’est pas une condition suffisante mais c’est souvent condition nécessaire de l’ascension sociale.

- les autres voies de l’ascension sociale (promotion et formation internes à l’entreprise, syndicat, parti politique, sport, crime…), bien qu’elles soient souvent très médiatisées, concernent une part très faible de la population.

- en particulier, sans parler de success stories, Stéphane Beaud et Michel Pialoux, Retour sur la condition ouvrière (1999) ont montré qu’une carrière (interne) était encore possible pour les ouvriers dans les années 1950, en offrant aux plus méritants une promotion vers les fonctions d’encadrement. Or, ces fonctions de contremaîtres ou de cadres moyens ont largement disparu aujourd’hui. « Il existe désormais un risque considérable de rester toujours au bas de l’échelle salariale. On est de plus en plus souvent smicard à vie. » (Cohen, p.26).

Complément : Dubet, Duru-Bellat, Vérétout (2010), Les Sociétés et leurs écoles.

- Comparaison d’une trentaine de pays

- Rejettent à la fois la thèse de la reproduction sociale et l’idée que l’école est capable (à elle seule) de changer le monde

- étudient « l’emprise du diplôme » sur l’emploi et la position sociale

- semblent défendre l’idée que l’incapacité de l’école à réduire les inégalités est due à l’inflation scolaire qui se développe dans des sociétés qui accordent à l’école le rôle central voire unique dans l’accès à certaines positions sociales. Dans ce cas, la lutte pour l’obtention des diplômes devient âpre et « pèse lourdement sur le système scolaire, au détriment de sa dimension éducative et culturelle » (« Trop d’école tue l’école »).

- au contraire, « quand un pays croît moins à l’école, il développe d’autres systèmes d’accès à l’emploi, le jeu scolaire y est plus détendu, mais la société crée d’autres inégalités »
1   2   3   4   5   6

similaire:

Changement social, mobilité sociale, pauvreté et inégalités iconChapitre 12 : La conflictualité sociale : pathologie, facteur de...
«Happening» de Greenpeace qui déploie une banderole contre Marine Le Pen sur la tour Eiffel

Changement social, mobilité sociale, pauvreté et inégalités iconJustice sociale et inégalités

Changement social, mobilité sociale, pauvreté et inégalités iconContre la pauvreté et l’exclusion sociale

Changement social, mobilité sociale, pauvreté et inégalités iconConseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale

Changement social, mobilité sociale, pauvreté et inégalités iconArticle 3 Dénomination sociale La société a pour dénomination sociale...
«Réserve Spéciale» constituée en application de l’article 219 1 f du Code Général des Impôts

Changement social, mobilité sociale, pauvreté et inégalités iconArticle 3 Dénomination sociale La société a pour dénomination sociale...
«Réserve Spéciale» constituée en application de l’article 219 1 f du Code Général des Impôts

Changement social, mobilité sociale, pauvreté et inégalités iconNote sur l’auteur
«Pauvreté invalidante et citoyenneté habilitante». IL est membre du Groupe d’économie solidaire du Québec (gesq) et du Collectif...

Changement social, mobilité sociale, pauvreté et inégalités iconSociologie Thème 2 – Intégration, conflit, changement social Questionnement...

Changement social, mobilité sociale, pauvreté et inégalités iconCommission Solidarité Interquartiers – Xème arrondissement
«Famille, vulnérabilité, pauvreté», présidée par Martin Hirsch, qui proposait 15 résolutions pour engager des politiques volontaristes...

Changement social, mobilité sociale, pauvreté et inégalités iconContre la pauvreté et l’exclusion sociale
«Emploi, chômage, précarité. Mieux mesurer pour mieux débattre et mieux agir»






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
d.20-bal.com