Changement social, mobilité sociale, pauvreté et inégalités





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II. Les inégalités, la pauvreté et la redistribution

1) La pauvreté : tendances et facteurs

a) Les tendances de long terme

Dans les sociétés paysannes traditionnelles

- pauvreté = celle qui apparaît brutalement lors des crises de subsistance + celle qui touche les handicapés (physiques ou mentaux) ou les orphelins.

- exclusion assez rare cependant du fait des liens de solidarité qui caractérisent les relations au sein du village. Exception = vagabons.
Au XIXème siècle

- pauvreté s’accroît à la campagne du fait d’une surpopulation agricole

- pauvreté importante également au sein de la classe ouvrière naissante dans la première moitié du XIXème siècle.

- les salaires des ouvriers semblent pouvoir être assimilés à un salaire de subsistance. Autrement dit la loi d’airain (loi qui apparaît déjà chez William Petty en 1672 mais que formule Ferdinand Lassalle (1825-1864), socialiste allemand qui prît part à la révolution au sein de la confédération germanique en 1848-1849 et qui est à l’origine de la création du SPD en 1875) semble se vérifier, selon les mécanismes décrits par Ricardo ou par Marx (reproduction de la force de travail)

- de plus, d’après Marx, le mode de production capitaliste génère une armée industrielle de réserve qui à la fois constitue une part importante de la population pauvre et contribue à faire pression à la baisse sur les salaires des prolétaires.

- enfin, Marx souligne également la présence d’un lumpenprolétariat (prolétaires en haillons), un sous-prolétariat qui n’appartient pas à la classe ouvrière, qui ressemble fortement dans ses conditions et mode de vie aux vagabonds des sociétés paysannes anciennes mais qui, après la révolution industrielle peuple désormais les villes. Ce lumpenprolétariat serait issu de la dissolution des liens communautaires existant dans les sociétés féodales.

- enfin, les conditions de vie déplorables des ouvriers (L.R. de Villermé (1840), Tableau de l’état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie ou F. Engels (1845), La situation de la classe laborieuse en Angleterre) sont synonymes, au-delà de la question du niveau de vie, de ce qu’on appellerait aujourd'hui une pauvreté en condition de vie.
A partir de la fin du XIXème siècle jusque dans les trente glorieuses

- l’émergence de la société salariale à partir de la fin du XIXe siècle (Robert Castel, Les Métamorphoses de la question sociale : une chronique du salariat, 1995) : la société salariale n’est pas le salariat, au contraire. Le salariat dans la première moitié du XIXe siècle est la caractéristique de l’ouvrier d’industrie : on fuit le salariat, cette situation de pauvreté ou de quasi-pauvreté. La société salariale est celle qui va progressivement se construire pour aboutir, dans les trente glorieuses, à une société où le salariat, statut majoritaire, n’est pas réduit à la catégorie ouvrière, est synonyme de plein-emploi, de protection sociale et d’accès au mode de vie dominant (consommation de masse).

- la pauvreté et l’exclusion reculent donc, lentement jusqu’à la 2GM puis rapidement ensuite pendant les trente glorieuses

- Seules 2 catégories de population restent touchées par la pauvreté (ce sont les ‘oubliés de la croissance’) :

- la population âgée

- les populations souffrant de handicaps physiques sociaux et culturels (illettrisme) qui souvent travaillent mais ne peuvent accéder à la société de consommation (l’Abbé Pierre en 1954…)
La crise des années 1970 marque une rupture

- comme le souligne André Gueslin, ce n’est pas un hasard si l’ouvrage de René Lenoir " Les exclus. Un Français sur dix " paraît en 1974 et va contribuer à introduire le concept d’exclusion dans le débat politique et dans la théorie sociologique.

- le sous-emploi va devenir la première cause de pauvreté et d’exclusion au travers du chômage et de la précarisation du marché du travail.

- aux Etats-Unis, les salaires et le taux de chômage sont faibles. La pauvreté touche donc aussi bien des personnes en emploi que des personnes sans emploi.

- en Europe (continentale), c’est principalement le chômage de masse qui va être facteur de pauvreté (en particulier pour les chômeurs de longue durée qui arrivent en fin de droits)

- toutefois, le phénomène des travailleurs pauvres, qui est apparu dans les années 1980, a eu tendance à se développer. En France, il touche 1.7 millions de travailleurs en France en 2005 (7% des travailleurs) selon la définition française (un travailleur est un individu en activité pendant au moins 6 mois dont au moins 1 mois en emploi).

- toutefois, la rupture de 1974 n’est pas seulement une rupture économique. De nombreuses mutations institutionnelles et sociales l’accompagnent.

- Notamment, les mutations de la famille influencent aussi le phénomène de pauvreté. On peut devenir pauvre, pas seulement suite à la perte de son emploi mais aussi du fait des ruptures familiales.

- rupture familiale : 2e facteur individuel de pauvreté en France, comme dans les autres pays développés, aujourd'hui, après le chômage.

- en particulier, le taux de pauvreté des familles monoparentales en France s’élève à 31.7% en 2008 (seuil à 60%) contre 13% pour l’ensemble de la population.

- Au total, les causes nouvelles de la pauvreté font que la pauvreté ‘traditionnelle’, celle des taudis et des bidonvilles, qui se transmet de générations en générations, semble de plus en plus laisser place à ce qu’on a appelé dans les années 1980 des nouvelles formes de pauvreté, parce qu’elles touchaient des individus qui étaient traditionnellement à l’écart de ce phénomène mais qui devenaient pauvres suite à un ‘accident’ de la vie (chômage, rupture familiale, maladie…)

b) Evolutions de la pauvreté dans les pays de l’OCDE depuis le milieu des années 1980


- références :

- Rapport de l’OCDE, Croissances et inégalités, 2008

- Serge Paugam, La disqualification sociale. Essai sur la nouvelle pauvreté, 1991

- Robert Castel, Les métamorphoses de la question sociale. Une chronique du salariat, 1995

- Serge Paugam (dir.), Repenser la solidarité. L’apport des sciences sociales. 2007

- Pour l’ensemble des pays de l’OCDE, le taux de pauvreté entre le milieu des années 1980 et le milieu des années 2000 a augmenté de 1.3 points (pauvreté relative, seuil à 50%) : il passe de 9.3% à 10.6%

- Néanmoins, les évolutions ne sont pas homogènes selon les pays :

- Aux Etats-Unis, l’un des pays ayant les taux de pauvreté les plus élevés (17.1% en 2005), le taux de pauvreté a augmenté assez régulièrement sur l’ensemble de la période.

- On retrouve la même tendance dans des pays comme l’Allemagne (11% en 2005)

- Dans d’autres pays, la forte augmentation de la pauvreté a surtout concerné la période des années 1980

- C’est le cas du R-U, dont le taux de pauvreté dépasse les 10% au début des années 1990. (mais connaît une baisse au début des années 2000 : 8.3% en 2005)

- D’autres, qui font exception, on t connu une baisse de la pauvreté sur l’ensemble de la période. C’est le cas de la Grèce (12.6% en 2005) ou de la France.

- Concernant la France, la pauvreté a surtout baissé dans les années 1970 passant de 12% en 1970 à 8.6% en 1979. La baisse s’est poursuivie par la suite, bien qu’à un rythme ralenti (7.1% en 2008)

- Autres phénomènes à noter

- la baisse de la pauvreté chez les personnes âgées

- la baisse la plus importante concerne les + de 75 ans. Ils continuent cependant à constituer la classe d’âge la plus touchée par la pauvreté (taux de pauvreté 1.5 fois supérieur à la moyenne pour les pays de l’OCDE en 2005, contre le double au milieu des années 1980), à quelques exceptions près comme la France.

- les 66-74 ans ont désormais un taux de pauvreté proche de la moyenne, et même nettement inférieur dans le cas de la France (2.8% en 2008)

- montée de la pauvreté chez les enfants et les jeunes adultes (moins de 25 ans) : 25% au-dessus de la moyenne (OCDE) en 2005 alors qu’ils étaient au-dessous de la moyenne au milieu des années 1980. La pauvreté des jeunes touche évidemment particulièrement ceux qui appartiennent à des familles monoparentales et, dans une moindre mesure des familles nombreuses (rappelons qu’une personne pauvre est une personne qui appartient à un ménage pauvre).

- la montée de l’intensité de la pauvreté (mesurée par l’écart relatif du revenu médian des pauvres au seuil de pauvreté)

- Remarque : si 100% des pauvres avaient un revenu égal au seuil de pauvreté, cette intensité serait nulle.

- ce phénomène est moins général que celui concernant le taux de pauvreté mais concerne néanmoins plusieurs pays comme les Etats-Unis et même la France (depuis le début des années 2000)

- la persistance de la pauvreté, c’est-à-dire le fait que les individus connaissent une situation de pauvreté persistante voire permanente. Ce phénomène touche différemment les pays :

- les pays les moins touchés sont les pays d’Europe du nord

- les pays les plus touchés sont l’Australie, la Grèce, l’Irlande, le Portugal et les Etats-Unis (environ 7% de la population est dans une situation de pauvreté persistante.
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