Femmes françaises, … Femmes japonaises. Les femmes qui créent l’avenir de la France





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date de publication30.10.2017
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Femmes françaises, … Femmes japonaises.

- Les femmes qui créent l’avenir de la France –
Akiko Nagasawa
UE, Économie européenne

En Europe, de nombreuses femmes attirées par le « Rêve européen » et les idéologies de l’Union européenne sur le maintien de la paix, la protection des droits de l’Homme ainsi que sur la promotion de l’éducation et du développement durable ont choisi une carrière politique en lien avec les affaires européennes.
Tirant les leçons de la crise économique et financière de ces dernières années, l’Union européenne envisage de compléter les lacunes du système économique européen existant et de renforcer la coordination des politiques économiques, financières et budgétaires des États membres pour se transformer en une entité plus proche des « États-Unis d’Europe » d’ici dix ans. Pour notre quatrième article, nous avons rencontré madame Pervenche Berès, députée européenne engagée dans les affaires économiques et sociales de l’Union européenne depuis plus de vingt ans et travaillant activement dans la mise en œuvre d’un cadre de la nouvelle gouvernance économique, actuellement examiné par l’Union européenne.

La force de conviction dans le rêve européen

Madame Pervenche Berès (Femme politique, députée européenne)


Née au sein d’une famille d’intellectuels à Neuilly-sur-Seine, Pervenche Berès est la fille de Pierre Berès, libraire et éditeur d’art parisien de renommée. Au terme de son adolescence marquée par les affaires internationales mouvementées des années soixante-dix, telles que le coup d’État au Chili ou la guerre du Vietnam, elle entame des études de sciences politiques à Science Po Paris. Dès l’obtention de son diplôme, elle entre à l’Assemblée nationale et, un an plus tard, adhère au Parti socialiste. Elle devient conseillère technique de Laurent Fabius, alors le président de l’Assemblée nationale, et est promue successivement au sein du Parti.
Gagnante lors des élections européennes de 1994, Pervenche Berès, dont la carrière politique est en pleine ascension, est victime d’un grave accident de la route à Paris l’année suivante ; elle est percutée à scooter par une voiture ayant grillé un feu rouge. Le traumatisme crânien dont elle souffre la plonge trois jours dans le coma et lui fait perdre l’odorat et le goût pendant plusieurs semaines. Elle subit plusieurs opérations pour soigner les blessures sur son visage.

Mais cette épreuve ne l’empêche pas de poursuivre son chemin et de réaffirmer sa conviction politique. Trois mois après le drame, elle se rend à un meeting du Parti lors duquel elle déclare publiquement : « Il n’y a pas de raison que je me terre dans mon coin. »
Pendant les vingt années suivantes, Pervenche Berès, passionnée, experte en affaires européennes et animée d’une volonté de surmonter le traumatisme psychologique subi lors de son accident en travaillant dur, s’établit comme un leader au sein du Parlement européen. Présidente de la Délégation socialiste française depuis 1997, de la Commission des affaires économiques et monétaires depuis 2004 ainsi que de la Commission de l’emploi et des affaires sociales depuis 2009, elle s’engage dans la résolution des crises économiques et sociales après celles des subprimes et grecque. Elle est l’auteure d’une proposition de résolution sur le cadre de gouvernance économique du Parlement européen, formulée l’année dernière. Elle est mère de deux fils âgés de 26 ans et de 28 ans.

AN : Comment vous êtes-vous remise du traumatisme psychologique que vous avez subi lors de votre accident il y a vingt ans ?
PB : Par la résilience. Je pense que les épreuves que nous rencontrons dans notre vie doivent être surmontées. Ce type d’événement que j’ai vécu révèle les êtres, oblige à mobiliser leur capacité de résilience. Je m’en suis sortie en puisant dans ma capacité, mon énergie et mon engagement.
Cet accident ne m’a jamais fait dévier de la trajectoire que j’avais choisie. Mes convictions sont toujours restées intactes. En effet, les événements qui sont intervenus durant mon adolescence m’ont beaucoup marquée. Je suis, depuis cette période, fortement engagée à la fois à gauche et sur le plan international.
Ce n’est pas votre entourage, mais vous-même qui décidez si tel événement de la vie vous condamne ou non. Tant que vous vous mobiliserez pour vaincre votre traumatisme, les autres seront à vos côtés dans cet effort.
Il est vrai qu’en 1999, alors que j’étais numéro 2 sur la liste du Parti socialiste pour les élections européennes, face à mon visage abîmé par l’accident, les membres du Parti ont hésité à m’inscrire à la deuxième place sur la liste nationale. Mais, luttant contre la discrimination, qui peut notamment être fondée sur l’apparence physique de l’autre, je les ai finalement convaincus par mes arguments (sourire).

AN : L’égalité entre hommes et femmes est un des principes fondamentaux de l’Union européenne. Pouvez-vous nous parler de la mixité au sein de l’Union ?
Au Parlement européen, les femmes représentent 37 % des députés.
En France, depuis la loi sur la parité votée en 2000, le système du quota a été introduit dans les élections au scrutin proportionnel et la mixité est désormais un principe constitutionnel. Actuellement, les femmes représentent 46 % des députés français au Parlement européen ; la parité est donc presque complète.
Dans l’Union européenne, le projet d’une directive imposant 40 % de femmes dans les conseils d’administration des grandes sociétés a été adopté en 2013 par une large majorité des membres du Parlement, mais refusé par le Conseil l’année suivante, en raison notamment de l’opposition du Royaume-Uni ; sa décision est pour le moment immuable.
Je pense que l’accès des femmes au conseil d’administration peut apporter une contribution et une approche plus raisonnables dans le fonctionnement de l’entreprise, caractérisé par des opérations spéculatives et risquées qui ont été à l’origine de la crise économique mondiale. C’est tout l’enjeu de la gouvernance d’entreprises.


AN : Avez-vous rencontré des difficultés dans votre carrière politique de par votre statut de femme ?
PB : J’ai eu la chance de commencer ma carrière politique au moment où, justement, la question de la place des femmes devenait importante. Sous la présidence de Mitterrand, de nombreuses dames ont été nommées aux plus hautes fonctions. Le fait d’être une femme n’a jamais constitué un obstacle dans mon ascension.
Le Parti socialiste est le seul parti en France ayant appliqué volontairement le quota dans les listes électorales avant la loi de 2000. En ce qui concerne les élections européennes de 1994, Michel Rocard a déclaré : « Je veux bien être votre tête de liste pour les élections européennes, mais je le fais s’il y a des hommes et femmes en alternance sur la liste. » La première fois que je suis intervenue lors d’un conseil national du Parti, j’étais parfaitement consciente que ce dernier me présenterait pour que je devienne députée européenne : il cherchait des femmes.
La principale difficulté rencontrée par la gent féminine est la conciliation vie professionnelle/vie familiale. En ce qui me concerne, je n’ai jamais imaginé ma vie sans une complète autonomie, sous la dépendance d’un homme. C’est avec cette perception que j’ai construit ma carrière.
Pendant mon exercice professionnel, j’ai fait comme toutes les femmes ; j’ai jonglé et parfois culpabilisé. Mais je pense que, pour mes enfants, voir leur mère engagée et épanouie dans son travail était préférable à la sentir frustrée de s’occuper uniquement de la sphère domestique.
Ils ont grandi sans difficulté particulière. Ils sont tous deux devenus des adultes très respectueux de l’autonomie de leur compagne, et j’espère que je leur ai inculqué une certaine image de la place de la femme dans la société.

AN : Selon vous, quelle est la cause de la situation économique actuelle de la zone euro ?
PB : La carence dans le système économique de l’Union européenne. Avant la crise, les politiques économiques et budgétaires de l’Union étaient planifiées essentiellement au niveau national. Les États membres n’étaient guère tenus de débattre d’une stratégie collective pour l’économie de l’Union. Quant aux membres de l’Union économique et monétaire, on leur imposait une obligation de maintenir l’équilibre des finances publiques.
La crise économique mondiale, et notamment celle financière grecque, a démontré la faiblesse de l’Union économique et monétaire qui, en même temps d’introduire une monnaie unique, a permis aux États membres de fixer leur propre politique économique. Un seul pays qui gère mal ses finances peut placer l’ensemble de l’économie de la zone euro dans une situation de crise.
Depuis 2011, l’Union a introduit plusieurs mécanismes de surveillance des politiques économiques et budgétaires des États membres. Mais, afin de résoudre les problèmes fondamentaux et d’éviter que l’Union européenne soit encore fragilisée par la prochaine crise économique, il est nécessaire de réformer le système économique de celle-ci et de compléter l’Union économique et monétaire.

AN : Pouvez-vous nous expliquer le projet de réforme de la gouvernance économique européenne actuellement débattu au sein de l’Union européenne ?
PB : Par exemple, dans la zone euro, chaque État membre adopte ses propres pratiques en ce qui concerne la formation des salaires. Dans certains d’entre eux, les problèmes afférents à ce domaine ralentissent la croissance.

Afin de résoudre ces derniers, il est envisagé d’instaurer une autorité indépendante au sein de chaque État membre, dont la mission sera de surveiller la situation économique et le niveau des salaires. Des mesures visant à réduire les déséquilibres économiques seront prises au niveau de l’Union en fonction des rapports remis par ces autorités indépendantes.
Un autre exemple : l’argent que nous déposons à la banque est investi par celle-ci dans un État ou prêté aux entreprises. La crise financière grecque était marquée par le risque de défaillance de la Grèce et, par la suite, par celui des banques des États membres ayant investi dans le pays, comme la France ou l’Allemagne. Il est envisagé d’introduire une surveillance unitaire des banques nationales par la Banque centrale européenne afin d’éviter des opérations à risque, ou un système unique de garantie des dépôts pour prévenir de tels problèmes lors de la prochaine crise économique.
AN : En France, l’extrême droite est arrivée en tête lors des dernières élections européennes et, en Allemagne, le parti Alternative pour l’Allemagne a obtenu de nombreux sièges à l’Assemblée. L’Union européenne, quant à elle, doit faire face à une éventuelle sortie du Royaume-Uni. Pensez-vous que l’approfondissement de l’Union tel qu’il est proposé actuellement soit possible ?
PB : Il faut bien sûr combattre le populisme. Mais s’interdire de penser la réforme de l’Union économique et monétaire parce qu’il existe des voix populistes, c’est donner raison à ces dernières avant même de les avoir combattues.
Je pense que l’une des raisons de leur progression est justement que l’on s’est mal occupé de l’Union économique et monétaire. On l’a laissée inachevée, et le système mis en place n’a pas été capable de gérer la crise économique et financière mondiale.

Il est donc urgent de la corriger et de la redresser pour lui permettre de produire les effets que l’on est en droit d’attendre d’elle.
La sortie des Britanniques de l’Union aurait des conséquences bien plus graves qu’une hypothétique sortie de la Grèce de la zone euro, la valeur ajoutée du Royaume-Uni dans les domaines diplomatique et militaire de l’Union étant importante.
L’Union ne peut pas accéder à toutes les demandes de Monsieur Cameron, mais je souhaite que les négociations avec Londres portent leurs fruits, car le maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union est primordial pour la prospérité et la sécurité de celle-ci.

AN : Enfin, quels sont vos morceaux de musique et livres préférés ?
PB : J’aime beaucoup Janis Joplin, notamment sa chanson I Need a Man to Love.



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