Compte rendu des travaux du Séminaire pratique de formation aux nouvelles technologies de l'information et de la communication





télécharger 393.57 Kb.
titreCompte rendu des travaux du Séminaire pratique de formation aux nouvelles technologies de l'information et de la communication
page9/13
date de publication19.12.2019
taille393.57 Kb.
typeDocumentos
d.20-bal.com > économie > Documentos
1   ...   5   6   7   8   9   10   11   12   13

M. Jean-Jérôme BERTOLUS - Ce qui veut dire, par exemple, que pour 100 livres vendus sur Internet et 100 livres vendus à la Fnac on a à peu près le même nombre d'emplois induits ?

M. François-Henri PINAULT - Tout à fait. Mais des emplois très différents, les vendeurs ne sont plus les mêmes. Vous avez des emplois extrêmement importants, notamment dans les métiers logistiques. Les métiers technologiques, les métiers informatiques sont surdimensionnés à l'heure d'Internet. La gestion d'un site comme celui de la Fnac est plus proche de la gestion d'une société de services informatiques que de la gestion d'un magasin, par exemple. Des fonctions nouvelles apparaissent.

Globalement, si les emplois sont peut-être un peu plus qualifiés sur Internet que dans le format magasin, on ne constate pas de disparition d'emplois à cause d'Internet. Au contraire. Internet va augmenter globalement la taille des marchés, ne serait-ce que par la fluidification de l'accès à ces marchés, et l'on voit aujourd'hui que le développement d'Internet se fait de façon incrémentielle par rapport au marché traditionnel. Il y a donc bien création d'emplois nets de façon très importante grâce à Internet.

Pour ce qui concerne les sociétés traditionnelles impliquées dans les services, Internet plus qu'une évolution devient une révolution, dans la mesure où il y a des changements structurels forts dans les métiers tels que le voyage ou les métiers financiers. On voit bien ce qu'apportent aujourd'hui les sites Internet en termes de richesse d'informations, de comparaison, de rapidité de réservation. En revanche, il y a tout un pan du tourisme - notamment les tours opérators - pour lequel le format Internet est très peu adapté, car l'expertise humaine, le conseil au niveau d'une agence de voyage reste, à mon avis, incontournable. Et l'on va ainsi voir les agences se spécialiser sur ce type de voyages à valeur ajoutée.

Il en va de même pour les banques. Les banques se spécialisent non pas sur un type de produit, mais sur des segments de clients. L'exemple de la BNP-PARIBAS est assez intéressant. BNP Net vise un segment de clientèle qui a besoin d'une existence physique, d'agences physiques et veut pouvoir accéder à ses comptes via Internet ; c'est pourquoi BNP-Net joue sur les deux formats. Banque Directe - toujours proposée par BNP-PARIBAS - s'adresse, quant à elle, à des gens qui veulent complètement dématérialiser leur activité bancaire globale et qui peuvent se satisfaire d'une relation à distance en ce qui concerne la gestion de leur argent. On voit là une spécialisation selon les comportements de clientèle d'un format par rapport à un autre.

Je terminerai sur la dématérialisation, phénomène nouveau généré par Internet. On pourrait y voir, à première vue, la fin massive d'un certain nombre de réseaux de distribution traditionnels, comme les vendeurs de disques et pourquoi pas les vendeurs de livres. Au contraire, on se rend compte que la dématérialisation va avoir deux effets très positifs et devenir une véritable opportunité pour les distributeurs traditionnels.

Premièrement, elle va augmenter la possibilité de consommer ce type de produits. Aujourd'hui, le marché du disque est un marché extrêmement pauvre en termes de marketing produit. Vous consommez de la musique de trois façons : vous la possédez en achetant des formats courts, les fameux single, vous la possédez en achetant des albums de douze ou quatorze chansons, ou vous l'écoutez gratuitement sur un modèle imposé, à savoir la radio. Ca fait cinquante ans que c'est la même chose ça n'a absolument pas changé.

La dématérialisation va permettre de consommer la musique à l'unité; elle va permettre d'offrir à ceux qui le souhaitent d'acheter un morceau de musique à un certain prix pour le consommer pendant trente jours. Vous achèterez une chanson en nombre d'écoutes ; vous achèterez quinze écoutes d'une chanson ; vous achèterez des durées d'écoutes différentes ; vous achèterez des droits à dupliquer, à graver cette chanson. Cela va enrichir la palette de produits sur le marché de façon considérable.

De la même façon, l'écoute de la musique préformatée va s'enrichir, avec notamment une segmentation très fine des radios sur Internet. Nous avons lancé, il y a quinze jours, un bouquet de vingt radios segmentées sur le site de la Fnac, sur des segments de musique et des programmations de 200 à 300 heures. Tout cela va amener le consommateur à modifier sa consommation et à l'adapter à ses besoins. Le marché de la musique devrait donc augmenter grâce à la dématérialisation.

Enfin, nous faisons, sur le site de la Fnac, le constat suivant : quand nous suivons les consommateurs dans les magasins et sur le site, nous nous apercevons que non seulement il n'y a pas de cannibalisation de l'un vers l'autre, mais que la consommation en magasin augmente en même temps que celle sur le site pour un seul et même consommateur. Le taux de présence de la marque à l'esprit des clients augmente quand vous avez une politique qui vise à utiliser tous les canaux d'accès à vos produits.

La chaîne de valeur de la dématérialisation de la production, jusqu'à la distribution au détail, en passant par la gestion des droits, par le stockage, l'activité de grossiste numérique et la promotion musicale radiophonique, tous ces segments son libres aujourd'hui. Aux acteurs qui le décideront -et qui bougeront le plus vite- de "préempter" ces différents métiers qui, aujourd'hui, sont totalement disponibles.

M. Jean-Jérôme BERTOLUS - Voilà des propos rassurants concernant l'emploi !

Internet, ce n'est pas seulement une nouvelle façon d'acheter, c'est aussi une remodélisation des produits traditionnels que l'on consomme d'une manière très différente sur Internet. Si l'année dernière, - les chiffres sont toujours sujets à caution parce qu'ils varient d'un cabinet à un autre - il s'est vendu pour 31 millions d'euros de livres sur le Net, en matière de courtage, donc en matière d'achat d'actions, le chiffre atteint 100 millions d'euros ! Le courtage existe dans la vie traditionnelle mais l'on voit bien qu'Internet a pu proposer un service beaucoup plus large à beaucoup plus de consommateurs, et un service différent de ceux qui sont proposés par les banques.

Pierre Besnainou, vous êtes directement confronté à l'Internet en tant que premier fournisseur d'accès gratuit. Comment les internautes réagissent-ils ? Internet, c'est d'abord de l'e-mail gratuit, c'est surfer. A Liberty Surf, les internautes vont-ils dans la galerie commerciale et qu'achètent-ils ?

M. Pierre BESNAINOU, président-directeur général de Liberty Surf - Pour nous, Internet est un média, un nouveau média, un grand média. C'est l'une des raisons pour lesquelles Internet doit être gratuit. Nous sommes le premier fournisseur d'accès gratuit, et le deuxième fournisseur derrière France Telecom. Pour nous, l'accès à ce média doit être gratuit pour tout le monde, un peu à l'instar d'une chaîne de télévision hertzienne ou d'une radio. Personne ne s'est jamais posé la question de savoir comment ces médias pouvaient être gratuits. Liberty Surf étant gratuit, notre première source de revenus est la publicité. Parce que ce média est interactif, des revenus substantiels seront générés par le commerce électronique ; et cela représente pour nous un développement extrêmement important.

Quelle est la problématique de l'audience pour un média générant des revenus, et la problématique du trafic pour le commerce électronique, pour la galerie marchande Liberty Surf ? Personne ne s'est jamais posé la question de savoir pourquoi l'entrée dans un centre commercial était gratuite ! Ce n'est pas parce ce que cette entrée est gratuite que l'on ne doit pas y trouver tout un ensemble de services fournis gratuitement. C'est un peu dans cette logique que nous avons développé une galerie marchande relativement large avec tout un ensemble de partenaires.

Nous considérons aussi que nous n'avons pas la légitimité de tout un ensemble de métiers. Etre marchand sur Internet implique tout un ensemble de considérations telles que l'achat des produits, la logistique, la livraison, l'encaissement ; Liberty Surf a un rôle d'intermédiaire par rapport à tout un ensemble de marchands, mais avec la capacité, grâce à notre position de fournisseur d'accès, de connaître non seulement le profil de nos visiteurs, mais également leur comportement.

A partir de cette base d'informations, nous avons la possibilité non seulement de répondre aux besoins d'un visiteur, d'un client, mais aussi de lui susciter des envies. C'est tout un ensemble de services que nous sommes à même d'apporter, aussi bien à nos internautes qu'à nos partenaires commerciaux. Nous avons la capacité, par exemple, lorsque nous savons qu'un de nos internautes a été visité le Musée de Guggenheim à New York, et qu'il est en train de chercher des chambres d'hôtels à Manhattan, de lui proposer, avec un agent de voyage, un package qui pourrait lui correspondre.

On parle beaucoup de nouvelle économie, mais nous sommes un peu réservés sur ce terme et préférons parler de nouvelles technologies qui, aujourd'hui, vont conduire à un développement important des réseaux traditionnels de distribution. Naturellement, la problématique de la fidélisation, de la sécurisation des paiements, représente un ensemble de barrières : il existe une forte réticence des internautes pour donner leur numéro de carte de crédit sur Internet, alors qu'ils le font naturellement dans les commerces traditionnels. Fait tout à fait surprenant, ils ont même plus de facilité à communiquer leur numéro de carte de crédit par téléphone pour réserver un hôtel ou un billet de théâtre!

Le commerce électronique est, selon nous, une évolution du commerce traditionnel. Ce sont de nouvelles technologies qui permettent, après le commerce à distance, le commerce par Internet qui devrait amener de nouveaux modes de consommation.

Pour conclure, je dirai que si l'on a mis vingt-cinq ou trente ans pour obtenir la concentration que l'on connaît dans l'aéronautique, et quinze ou vingt ans pour la distribution, sur Internet c'est une question de quelques mois. Je rejoins les propos de M. Lorentz : ce seront bien les plus rapides qui gagneront. Par ailleurs, la problématique de la visibilité sur Internet va être un élément extrêmement important. Tout se jouera dans les prochains mois.

M. Jean-Jérôme BERTOLUS - Vous parlez de gratuité. Aujourd'hui, nous pouvons être connectés au Web par les lignes Numéris, c'est-à-dire les lignes d'accès rapide. Demain, l'ADSL sera plus répandu. En France, on a aussi le téléphone mobile avec l'UMTS. Tout cela est apporté au consommateur, mais coûte cher.

Liberty Surf va proposer aux consommateurs un accès rapide avec l'ADSL, le câble, et toujours d'une manière gratuite. Cette gratuité est importante car le coût - 300 francs par mois pour aller sur le Net - peut constituer un frein pour les ménages modestes.

M. Yves COCHET - Une connexion ADSL coûte 400 francs chez France Telecom.

M. Jean-Jérôme BERTOLUS : Sans compter les frais d'installation.

M. Pierre BESNAINOU - Nous fournissons l'accès, nous sommes un média de l'audience. Lorsque nos internautes accèdent à notre galerie marchande pour consommer chez les différents marchands, nous nous rémunérons à ce moment-là, comme intermédiaire entre les marchands et nos clients - grâce à la publicité et à l'intermédiation sur le commerce.

Chaque fois que nous pourrons fournir un produit ou un service gratuitement permettant de générer plus d'audience ou plus de trafic, nous le ferons. L'accès à Internet via l'ADSL est gratuit - nous lançons l'accès à l'ADSL ce matin. Les frais de raccordement de France Telecom sont payés à France Telecom, mais Liberty Surf fournit gratuitement, à partir d'aujourd'hui, l'accès à Internet via l'ADSL.

M. Jean-Jérôme BERTOLUS - Monsieur Lemoine, vous avez la redoutable charge de conclure. On a surfé très vite sur le problème de la régulation d'Internet, à la fois la régulation pour les entreprises - dérégulation peut-être ou libération - et pour les consommateurs, que l'on a l'impression de terroriser avec le Net. On a également parlé de la sécurisation des paiements et de culture de services en livrant les produits achetés chez le consommateur. Il s'agit là de débats cruciaux qui sont d'ailleurs menés au niveau international.

M. Philippe LEMOINE, président de LaSer, co-président du directoire du Groupe Galeries Lafayette - Je ne vais pas conclure mais, au contraire, essayer d'introduire un certain nombre de thèmes. Ce qui m'intéresse depuis longtemps, c'est de voir à quel point les questions technologiques sont de plus en plus importantes dans tout ce qui touche à l'économie, à la société, et aux questions politiques ; or il est très difficile d'établir des liens entre la technologie et l'évolution de paramètres généraux.

La technologie se déplace au fur et à mesure qu'elle progresse. Avant-hier, les technologies d'information avaient leur centre de gravité sur l'univers de l'usine - c'était une problématique de production -, hier, sur les bureaux - avec les micro-ordinateurs - et aujourd'hui, ces technologies concernent le monde de l'échange, ce qui est beaucoup plus compliqué encore à analyser. Les transformations méritent d'être analysées avec des éclairages un peu théoriques, un peu construits, sinon l'on est encombré par tout un ensemble d'a priori concernant l'emploi, la productivité, les rapports humains. Il convient d'y voir clair par rapport à ces changements extrêmement importants.

Pour être un peu léger, tout en apportant des éclairages théoriques, je m'exprimerai en métaphores, d'ailleurs un peu ferroviaires ! Trois idées: un train peut en cacher un autre ; la France et l'Europe ont-elles un train de retard et lequel ? ; et, enfin, e pericoloso sporgersi (il est dangereux de se pencher), c'est le débat sur la régulation que vous vouliez aborder.

Tout d'abord, un train peut en cacher un autre. Nous avons l'impression d'être d'un seul coup, en quelques mois, dans un univers dans lequel on ne parle que de nouvelle économie, d'Internet, de commerce électronique. Et on en parle d'ailleurs de façon relativement différente. S'agissant d'Internet et des valeurs boursières, j'ai lu ce matin dans le Figaro un article intéressant qui faisait la comparaison entre ce que sont les valorisations des sociétés Internet aux Etats-Unis et ce que sont les valorisations de tout ce qui est téléphonie, médias et nouvelles technologies en Europe. Il ne s'agit pas du tout du même panier de composition, même si l'on veut parler de nouvelle économie dans tous les cas.

De la même façon, si l'on analyse bien le commerce électronique, ce n'est pas forcément ce qui saute aux yeux qui est le plus juste. Nous sommes entourés de tas de choses clinquantes, nous assistons à un débordement d'énergie très sympathique, d'initiatives et de nouveaux concepts qui apparaissent un peu partout. On ne peut pas être pris dans un embouteillage sans voir à l'arrière d'un autobus ou sur le flanc d'un taxi une publicité pour une marque nouvelle dans le domaine du commerce électronique. Tout cela est sympathique, brille, on sent que l'argent n'est pas loin et que les introductions en bourse sont systématiquement présentes.

Mais tout cela peut retomber terriblement vite, comme un soufflé trop vite monté. Regardez le nombre de projets qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux dont on entendait parler il y a une dizaine d’années. A cette époque, la mode, dans le milieu des jeunes consultants, était de faire des guides : un guide pour élever ses enfants, un guide destiné aux personnes âgées, etc. C'est exactement la même démarche qui préside aujourd'hui à des tas d'initiatives avec, à la clé, la possibilité de gagner des millions de francs.

Nous devons faire la part des choses entre le côté positif de ce regain de vigueur des démarches d'entreprises et les déconvenues qui ne manqueront pas d'exister d'ici à quelques années, car ces initiatives ne tiendront pas toutes la route. Mais faut-il juger tous ces problèmes de commerce électronique uniquement à partir de ce raisonnement ? Je ne le crois pas, car il est important ne pas rater un train et de repérer les choses vraiment importantes.

En ce qui concerne LaSer, nous avons eu une démarche de diversification ; nous avons commencé par monter un centre de veille, de recherche, de démonstration, qui s'appelle l'Echangeur, et qui montre les technologies appliquées dans le monde de l'échange. Dans le monde du commerce électronique, les échelles de grandeur sont extrêmement importantes : aujourd'hui, on peut voir au microscope des choses très intéressantes et vraiment toutes petites. Mais on peut aussi voir des choses qui ont un très gros volume et qui représentent déjà plusieurs milliards de dollars de chiffre d'affaires. Or souvent l'on conseille aux gens de ne regarder que les choses qui ont un très gros volume.

Ce qui est intéressant dans le monde d'Internet, c'est que les pionniers du commerce électronique et d'Internet aux Etats-Unis, sont des gens qui ont été incroyablement audacieux et innovateurs ; ils font aujourd'hui des volumes importants et gagnent beaucoup d'argent. Car il ne faut absolument pas croire que dans le domaine électronique on est condamné à perdre de l’argent, et les chiffres de M. Dufaux sont édifiants : il parlait de 7 milliards de francs environ sur le marché français pour le commerce électronique interentreprises, et de 19 milliards de francs au total - avec les particuliers. Il y a donc une grande masse d'argent, à laquelle s'ajoutent les dépenses en communication.

Mais quand on s'intéresse à des exemples concernant de gros volumes, on trouve des démarches très intéressantes. Dell est vraiment l'exemple qui impressionne tout le monde en termes de réussite dans le domaine électronique. Il s'agit d'une entreprise qui a complètement changé la chaîne de valeurs sur le marché de la micro-informatique. Elle a été créée par Michael Dell, âgé de 35 ans, qui a songé à vendre des micro-ordinateurs comme le fait La Redoute pour d'autres produits, des micro-ordinateurs fabriqués sous sa marque et vendus par catalogue. Il avait déjà atteint un certain niveau quand le phénomène Internet a pris plus d'importance. Il a donc procédé à des enquêtes de consommateurs et le résultat a montré que les clients - particuliers ou entreprises - souhaitaient acheter un micro-ordinateur personnalisé, c'est-à-dire un micro-ordinateur configuré selon leur idée, chargé des logiciels qu'ils auraient choisis ; en d'autres termes, une fabrication adaptée à la demande, sur mesure.

Pour cela, au lieu d'ouvrir tout de suite un site Internet, il a travaillé de près avec ses fournisseurs pendant deux ans pour mettre sur pied un système dans lequel le consommateur américain pourrait définir son micro-ordinateur personnalisé. Cette commande arrive alors sur l'ordinateur de l'entreprise Dell qui la répercute à ses sous-traitants qui s'engagent à fabriquer et à livrer en huit jours un micro-ordinateur personnalisé, configuré à la demande. Dell est ainsi devenu le premier vendeur de micro-ordinateurs aux Etats-Unis, et le deuxième mondial. Ses commandes par Internet représentent aujourd'hui près de 50 % de la totalité de ses ventes, soit 40 millions de dollars par jour. Autre chiffre impressionnant : Dell a sept jours de stock - tous moyens de vente confondus.

Avant cette fabuleuse réussite, le numéro Un, dans le métier de la micro-informatique, était Compaq, entreprise magnifique dirigée par un ingénieur allemand exceptionnel. Or il s'attendait à tout sauf à être dépassé par cette approche de la personnalisation. Il a été pas mal déstabilisé et les analystes financiers n'avaient qu'une question à la bouche : "combien de jours de stock avez-vous à votre bilan ?" "Soixante-dix jours". Soit dix fois plus que Dell ! "Alors quand allez-vous vous organiser comme Dell ?" Lorsqu'ils ont lancé un programme de micro-ordinateurs personnalisés en huit jours, ils n'ont pas pu tenir leurs engagements et il y a eu pas mal de changements dans l'entreprise, dont le départ de M. Pfeiffer de la tête de Compaq.

Des exemples de ce type-là, on en trouve dans tous les secteurs majeurs de l'économie américaine dans lesquels il y a eu des transformations fondamentales. La démarche de Charles Schwab, dans le domaine de l'achat d'actions, est une démarche impressionnante : il est parti de l'idée qu'Internet permettait de faire baisser les coûts d'intermédiation, mais surtout de vendre des actions conformes à la logique du marché américain, un marché dans lequel les épargnants importants ne sont pas uniquement les personnes qui ont de l'argent à placer, mais également celles qui s'intéressent à une aventure industrielle.

Les actionnaires ont une idée très précise du type d'actions qu'ils veulent acheter. Et ils vont, grâce à Internet, jusqu'à changer de portefeuille d'actions plusieurs fois par jour. Partant de là, le problème du marché des actions et celui des produits d'épargne devient complètement différent de celui que l'on connaît encore de façon majoritaire sur les marchés européens. Songez à la manière dont on parle du marché d'actions ou du marché des produits financiers ; l'image mentale de la cible marketing n'est pas du tout celle de l'épargnant cultivé, lisant la presse économique que vise Charles Schwab. C'est encore La veuve de Carpentras. Les produits définis par l'appareil bancaire sont des produits spécialement opaques, avec des noms incroyables, Sicav X., FCP Y., etc. Ces produits n'ont aucune capacité appelante sont commercialisés avec des programmes assez simples, des programmes de promotion de quinzaine ou de dizaine. Les agences ont pour rôle de pousser tel ou tel produit vers tel ou tel consommateur.

De même que l'on a assisté au match Dell-Compaq, il serait intéressant de suivre le match Schwab-Merrill Lynch, qui était le numéro Un dans ce domaine et qui a un mal fou à résister à la montée du "système Schwab" malgré sa puissance. On pourrait trouver d'autres exemples dans de nombreux domaines.

On parlait tout à l'heure de l'importance de ce que sont les consultations sur le marché automobile Internet, avant les achats...
1   ...   5   6   7   8   9   10   11   12   13

similaire:

Compte rendu des travaux du Séminaire pratique de formation aux nouvelles technologies de l\Résumé L'application des Nouvelles Technologies de l'Information...

Compte rendu des travaux du Séminaire pratique de formation aux nouvelles technologies de l\Des nouvelles technologies d’information, de communication et des moyens informatiques

Compte rendu des travaux du Séminaire pratique de formation aux nouvelles technologies de l\Bpr (Business Process Reengeneering). Ce qui se traduit par un écrasement...
«les technologies de l’information et de la communication». (que l’on qualifie volontiers de «nouvelles»)

Compte rendu des travaux du Séminaire pratique de formation aux nouvelles technologies de l\Ia-ipr evs académie de Grenoble
«La formation scolaire comprend un enseignement progressif et une pratique raisonnée des outils d’information et de communication...

Compte rendu des travaux du Séminaire pratique de formation aux nouvelles technologies de l\Rapport annexé à la loi du 8 juillet 2013, p65. Les contenus epi...
«La formation scolaire comprend un enseignement progressif et une pratique raisonnée des outils d’information et de communication...

Compte rendu des travaux du Séminaire pratique de formation aux nouvelles technologies de l\Charte d’usage des technologies d’information et de la communication (tic) dans l’ecole

Compte rendu des travaux du Séminaire pratique de formation aux nouvelles technologies de l\A. cda: nouvelles technologies a et handicaps physiques et sensoriels
«Nouvelles Technologies et Handicaps Physiques et Sensoriels». Ce diplôme à forte composante scientifique et technique devrait ouvrir...

Compte rendu des travaux du Séminaire pratique de formation aux nouvelles technologies de l\Note d’information aah allocation aux adultes handicapés La gratification...
«indemnités de stages de formation professionnelle» prises en compte pour le calcul de l’aah ?

Compte rendu des travaux du Séminaire pratique de formation aux nouvelles technologies de l\Compte rendu municipal Séance du 23/10/2012 
«les Griottes» : les travaux sont terminés et donnent entière satisfaction aux usagers et au personnel

Compte rendu des travaux du Séminaire pratique de formation aux nouvelles technologies de l\Problématique : Comment les successeurs du président de Gaulle poursuivent...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
d.20-bal.com