[Du pib au rnb] en milliards d’euros et en %





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Document 8 : Le PIB n’est pas le BIB (Bonheur Intérieur Brut)

« Aujourd'hui, quelque chose d'extraordinaire est en train de se produire dans le monde développé. Pour la première fois dans l'Histoire, les sociétés sont confrontées à des problèmes non plus de pénurie, mais de surabondance. Nous vivons dans une économie d'excédents où presque tous les secteurs d'activité, anciens et nouveaux, souffrent de surcapacité. Il y a tant de voitures en circulation qu'il n'y a presque plus d'espace pour les conduire. Nous avons tant à manger que nous connaissons une épidémie d'obésité. Il y a tant de choses à acheter, à voir et à faire que nous ne trouvons pas le temps d'en profiter. Trop de tout ? (…) Si le récent boom économique a considérablement accru le niveau global de prospérité, il ne s'est pas accompagné d'un sentiment accru de bien-être. De fait, les "enquêtes sur le bonheur" menées aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Europe continentale montrent que le niveau de bonheur est resté au mieux stationnaire et qu'il a parfois décliné au cours des trente dernières années.

Cela tient sans doute au fait que les fruits de cette prospérité accrue ont été inégalement répartis. Même dans les riches pays occidentaux, un grand nombre de personnes vivent encore dans la pauvreté et beaucoup d'autres ont du mal à joindre les deux bouts. Mais ce sentiment de mal-être de la société peut également s'expliquer par la "pyramide des besoins", élaborée en 1943 par le psychologue béhavioriste Abraham Maslow. A la base de sa pyramide se trouve tout ce qui est essentiel à la vie, comme la nourriture, l'eau et le confort matériel. L'étage au-dessus représente le besoin de sécurité et de protection. Viennent ensuite le besoin d'amour et d'appartenance - et notamment le besoin de se sentir accepté par la famille, la collectivité et les collègues de travail -, puis le besoin d'estime de soi et des autres, et le besoin de reconnaissance. Enfin, au sommet de la pyramide, on trouve ce que Maslow appelait l'accomplissement personnel, c'est-à-dire le bonheur que procure à l'être humain le fait d'avoir réalisé son potentiel. A ce stade, l'individu cherche, par exemple, à développer ses connaissances ou à accumuler les expériences esthétiques pour son propre plaisir, et peut aider les autres à s'épanouir.

Maslow affirmait que le besoin d'accomplissement personnel est la motivation la plus élevée de l'être humain, mais qu'il fallait avoir satisfait le niveau de besoin inférieur avant de pouvoir passer au suivant. L'argent est bien entendu très important pour remplir les conditions préalables au bonheur. Sans argent, l'individu ne peut pas satisfaire ses besoins élémentaires et a peu de chances de dépasser le premier niveau de la pyramide. Le problème, c'est que les hommes, ayant passé presque toute leur histoire à lutter pour la survie, en sont venus à croire que la clé d'un bonheur accru réside dans une prospérité accrue, même lorsque les besoins élémentaires ont été satisfaits, alors que la pyramide de Maslow laisse entendre tout autre chose.

Il est intéressant de constater que les enquêtes sur le bonheur confirment la proposition de Maslow. Elles montrent en effet que les personnes ayant de très faibles revenus deviennent nettement plus heureuses lorsque leurs revenus s'accroissent, mais qu'au-delà d'un niveau de revenus relativement modeste (à partir de 10 000 dollars par an) les accroissements supplémentaires n'apportent que très peu de bonheur supplémentaire. Lorsqu'un pays atteint un certain niveau de développement économique - grosso modo, celui de la Grande-Bretagne des années 50 -, l'accroissement de la richesse nationale a un impact quasi nul et peut induire une diminution du bonheur.

Quelles en sont les implications ? Depuis un demi-siècle au moins, les Etats ont utilisé le produit intérieur brut (PIB) comme indicateur de bien-être. Mais, s'il n'y a plus de corrélation entre le PIB et le bonheur, cela remet en cause l'un des objectifs clés des politiques publiques, qui est de maintenir le PIB sur une trajectoire ascendante. Le problème de l'utilisation du PIB comme indicateur du bien-être, c'est qu'il ne mesure que des éléments auxquels on peut donner une valeur monétaire. En conséquence, il ne rend pas compte des choses qui prennent de l'importance pour les gens une fois que leurs besoins élémentaires ont été satisfaits. Ainsi, le temps est devenu si précieux pour beaucoup d'entre nous qu'on le surnomme "la nouvelle monnaie", et pourtant le PIB ne le prend pas en considération. Pis encore, le PIB compte souvent comme des gains des choses qui rendent en fait les gens plus malheureux. Prenons le deuxième niveau de la pyramide de Maslow, qui représente le besoin de sécurité. Lorsque la criminalité augmente, l'accroissement des dépenses en systèmes de surveillance, alarmes antivol, armes à feu et bombes antiagression contribue à la croissance du PIB. Mais les gens sont moins heureux parce qu'ils se sentent moins en sécurité. L'augmentation du taux de divorce fait aussi progresser le PIB parce qu'elle se traduit par des dépenses accrues en frais d'avocat, en aide psychologique, en logement. De même, le nombre croissant de dépressions, une maladie qui fait des ravages dans les sociétés occidentales, vient grossir le PIB en raison des sommes considérables dépensées en antidépresseurs et en psychothérapie. Or cela nuit énormément à l'estime de soi.

Nous pouvons faire des extrapolations à partir de la croissance du PIB et voir où nous en serons dans cent ans. Grâce aux miracles de la croissance composée, un accroissement annuel de 2 % nous rendrait sept fois plus riches d'ici à 2103, et pas moins de dix-neuf fois plus riches si cet accroissement était de 3 %. Que ferions-nous de notre immense richesse ? Aurions-nous dix-neuf fois plus de voitures, dix-neuf fois plus de maisons et chacun sa flotte d'avions et de yachts ? Et où mettrions-nous tout cela ? Aurions-nous dix-neuf fois plus de vacances ? (…)

Plutôt que d'attendre d'en arriver là, on peut imaginer de redéfinir le progrès en cessant de faire du PIB un synonyme de bien-être et en se donnant pour objectif d'accroître le bonheur, et pas seulement la richesse »

Richard Tomkins*’ « A quoi sert la croissance si elle ne rends pas heureux ? », Financial Times, 2003

  1. Expliquez la première phrase soulignée

  2. Présentez en quelques lignes la théorie de Maslow

  3. Pourquoi la théorie de Maslow prétend-elle que la croissance économique peut être un frein au bonheur ?

  4. Pourquoi le PIB est-il un mauvais indicateur du bonheur ?


Document 9 : L’importance du travail domestique

Faire le ménage, la vaisselle, le repassage, les courses, voilà tout un ensemble de tâches auxquelles la quasi-totalité des français sont obligés de se plier. Elles représentent le « travail domestique », qui est un travail au sens premier du terme, car elles correspondent bien à des activités productives : ainsi, il n’y a pas de différence de nature entre une chemise repassée par une mère –ou un père- de famille et la même chemise repassée par une femme de ménage rémunérée pour cela. Sauf que dans ce dernier cas, l’activité peut être objectivement mesurée et donc intégrée dans le calcul du PIB. C’est en un certain sens paradoxal ; comme le disait Samuelson, si un homme épouse sa femme de ménage, le PIB diminue !

Quelle est l’importance du travail domestique ?

L’Insee, dans une récente étude, a tenté de mesurer son l’importance. En termes quantitatif d’abord, en calculant le volume horaire global consacré à ces différentes tâches par l’ensemble de la population ; en termes monétaires ensuite, en leur donnant une valeur horaire, par exemple équivalente à ce qu’aurait été rémunéré un salarié réalisant le travail correspondant. Pour le premier aspect, il a fallu délimiter précisément les contours de ce qui ressort du travail domestique. L’Insee envisage ainsi plusieurs dimensions du travail domestique, du périmètre restreint, qui correspond au cœur des tâches domestiques (cuisine, ménage, prise en charge des enfants ou d’autres personnes, entretien du linge…)  au périmètre le plus large qui comprend d’autres activités telles que le jardinage, le bricolage, ou encore le fait de promener un animal. Au final, en 2010, une personne de 11 ans et plus résidant en France consacre en moyenne près de 15 heures par semaine au cœur des tâches domestiques; en prenant en référence le périmètre large, on obtient près de 27 heures par semaine. Au niveau global, cela donne donc entre 42 et 77 milliards d’heures de travail domestique, soit plus que le nombre d’heures de travail rémunéré, pour une valeur estimée à 33% du PIB pour une estimation intermédiaire.

Que fait-on exactement en réalisant un travail domestique ?

De toutes ces tâches, lesquelles sont les plus chronophages ? Au premier rang, on trouve la cuisine (127 heures par an et par français), ce qui peut aussi expliquer l’intérêt réel des français pour cette activité. Viennent ensuite le ménage (199 heures), la prise en charge des enfants (148 heures), les courses (129 heures), le bricolage (74 heures), la lessive et le repassage (69 heures), la vaisselle (67 heures), le jardinage (63 heures), la « gestion du ménage » (30 heures), et enfin tout le reste, qui équivaut à 125 heures.

Qui réalise ce travail ?

Où en sommes-nous en termes de partage des tâches au sein des couples ? L’étude de l’Insee vient nous rappeler que, dans ce domaine comme dans d’autres, les inégalités hommes/femmes sont belles et biens toujours présentes. Les données sont à ce sujet éloquentes : en 2010, une femme vivant en couple et mère d’un ou plusieurs enfants de moins de 25 ans, réalise en moyenne entre 28 et 41 heures de travail domestique par semaine en fonction du périmètre retenu, contre entre 10 et 26 heures pour un homme dans la même situation familiale ! En fait, l’on s’aperçoit qu’il y a une sorte de compensation entre travail domestique et travail rémunéré : les hommes et les femmes connaissent globalement le même temps de travail global, mais ce que les hommes font en plus dans leur unité productive, les femmes le passent à réaliser les tâches domestiques. De plus, la structure des tâches est elle aussi sexuée : plus on se rapproche du cœur des tâches domestiques (ménages, lessive, repassage…), plus la part réalisée par les femmes est importante (72 % avec le périmètre restreint, contre 60 % avec le périmètre le plus large).

Renaud Chartoire, « La vraie valeur du travail domestique », Sciences Humaines, n°246, Mars 2013
Document 10 – Le poids de l’économie souterraine dans quelques pays (En % du PIB officiel)

Pays

2000

2010*

Union européenne

Allemagne

16.3

14.7

Autriche

10.2

8.67

Espagne

22.6

19.8

France

15.3

11.7

Grèce

28.6

25.2

Italie

27

22.2

Pays-Bas

13

10.3

Portugal

22.6

19.7

Hors Union Européenne

Bolivie

67.1

//

Etats-Unis

8.7

7.8

Japon

11.3

9.7

Maroc

36.4

//

Russie

46.1

//

Suisse

8.8

8.34



Sources : Friedrich Schneider, in ShadEcOECD2010.doc, 2010 (pour les données 2010) et OCDE, Competition Policy and the Informal Economy, 2009 (pour les données 2000)

Note : l’économie souterraine mesurée ici inclut des productions illégales de biens ou services (comme le trafic de drogue ou la contrebande) mais aussi des productions légales mais non déclarées (« travail au noir » par exemple)


Document 11– Des disparités de niveau de vie à l’intérieur d’un même pays.

PIB par habitant, en PPA, par région, 2007 (en % de la moyenne EU-27, EU-27 = 100)











Source : Annuaire régional d’Eurostat, 2010

  1. Rédigez une phrase présentant la signification des informations fournies pour la France, puis pour le Royaume-Uni.


Document 12 - Les quatre roues de la croissance

Quelle est la recette de la croissance ? D’abord, tous les pays n’ont pas suivi le même chemin. La Grande-Bretagne, par exemple, était devenue le leader mondial dans les années 1800 en frayant la Révolution industrielle, en inventant des machines à vapeur et le chemin de fer, et en développant le libre-échange. Le Japon, au contraire, vint plus tard à la course à la croissance économique. Il fit ses classes en commençant par imiter les technologies étrangères et en protégeant les industries locales des importations, puis en développant une formidable compétence en fabrication et en électronique.

Bien que les chemins spécifiques puissent différer, tous les pays à croissance rapide partagent certains traits communs. Le même processus fondamental de croissance économique et de développement qui a permis de former la Grande-Bretagne et le Japon est à l’œuvre aujourd’hui dans des pays en cours de développement comme l’Inde et la Chine. Par conséquent, les économistes qui ont étudié la croissance ont trouvé que le moteur du progrès économique repose sur les quatre mêmes roues, quelle que soit la richesse ou la pauvreté du pays. Ces quatre roues, ou facteurs de croissance, sont

  • les ressources humaines (offre de travail, éducation, discipline, motivation)

  • les ressources naturelles (terre, ressources minières, pétrole, qualité de l’environnement)

  • la formation du capital (machines, usines, routes)

  • la technologie (science, technique de l’ingénieur, gestion, esprit d’entreprise).

Paul SAMUELSON, William NORDHAUS, Economie, Economica, 1998.
Document 13 : Un exemple de fonction de production


Quantité de facteurs de production utilisée

Quantité de production réalisée

0

0

1

1

2

4

3

9

4

16

5

25

La fonction de production f (K, L), qui est une relation indiquant le niveau maximal de production qui peut être obtenu par les différentes combinaisons de facteurs de production capital (K) et travail (L), la technologie étant donnée. Elle représente l’« horizon technologique » de la firme. A partir de la quantité de travail et de capital utilisé, on peut déduire de la fonction de production la quantité maximale que l’entreprise pourra produire.

On peut donc écrire : Q = f (x), avec Q = quantité maximale produite et x = quantité de facteurs de production utilisés.

  1. Ecrivez, à partir des données du tableau, la fonction f (x) sous forme mathématique

  2. Quand la quantité de facteurs de production augmente, quel est l’impact sur le niveau de la production ? Pourquoi ?


Document 14 – Fonction de production et croissance

L’estimation de la croissance d’une économie repose généralement sur une décomposition de la croissance en trois facteurs : la quantité de travail disponible, la quantité de capital qui peut être utilisée et un « résidu », qu’on appelle productivité globale des facteurs (PGF). Ce résidu est souvent assimilé au progrès technique même s’il représente plus largement toutes les sources de croissance non prises en compte par les deux premiers facteurs de production. Il est possible de réduire l’ampleur de ce résidu en mesurant la contribution à la croissance de la « qualité » du capital et du travail, c’est-à-dire en tenant compte des différences de productivité des différentes catégories de capital et de main-d’œuvre.




Croissance du PIB (en %)

Contribution du facteur travail

Contribution du facteur capital

Contribution de la productivité globale des facteurs







Heures travaillées

Qualité du travail

Stock de capital

Qualité du capital




Croissance annuelle moyenne sur la période 1994-2007

2.2

0.3

0.2

0.6

0.3

0.8

Pierre-Yves Cabannes, Alexis Montaut, Pierre-Alain Pionnier, « Évaluer la productivité globale des facteurs : l’apport d’une mesure de la qualité du capital et du travail », L'économie française - Insee Références - Édition 2013

Note de lecture : entre 1994 et 2007, l’accroissement de la quantité d’heures travaillées en France explique 0.3 point des 2.2% de croissance annuelle moyenne du PIB


  1. Donnez la signification de 0.6 et de 0.8

  2. Qu’est-ce que la « productivité globale des facteurs » ?

  3. A quoi correspond la « qualité » du travail et du capital ?

  4. Montrez, à partir de ce document, qu’il existe bien plusieurs déterminants à la croissance économique


Document 15

« Le succès de la petite Yaris III, surtout en version hybride (essence-électrique), permet au site Toyota de Valenciennes d'augmenter ses capacités de production. L'usine du Nord annonce ce mercredi qu'elle recrute plus de 500 opérateurs, portant les effectifs à plus de 4.000 personnes.
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