Les sources et les limites de croissance économique





télécharger 208.84 Kb.
titreLes sources et les limites de croissance économique
page4/7
date de publication10.02.2017
taille208.84 Kb.
typeDocumentos
d.20-bal.com > économie > Documentos
1   2   3   4   5   6   7

Accumulation du capital, progrès technique et croissance.




    1. Les liens entre investissement et croissance.




  1. Rappels sur l’investissement et son financement.


Pour l’économiste, l’investissement est un « détour de production » : au lieu de consommer

directement tout ce qui est produit par l’économie nationale, une partie est consacrée à améliorer les capacités de production. On dépense aujourd’hui pour produire davantage demain. Investir peut consister en achat de moyens de production supplémentaire, en dépenses de formation du personnel, en dépenses de logiciels, en dépenses de recherche et développement…

L’économiste donne une vision plus restrictive de l’investissement en le limitant à l’achat de biens de production. Il s’agit donc des seules dépenses visant à acquérir des biens servant directement et pendant au moins un an à la production (en comptabilité générale, il s’agit des immobilisations corporelles). Ces biens forment le capital technique ou capital fixe. Ce capital ne doit pas être confondu avec le capital circulant qui représente les biens intermédiaires (consommations intermédiaires) utilisés au cours du processus de production et donc ne font pas partie de l’investissement. Le capital fixe comprend essentiellement les machines, les bâtiments et les terrains.

La comptabilité nationale donne également une vision restrictive de l’investissement. Il est mesuré par la FBCF (Formation Brute de Capital Fixe). Il s’agit de la somme des investissements réalisés par les unités résidentes : « La valeur des achats de biens durables utilisés pendant au moins un an dans le processus de production ». Elle comprend essentiellement les investissements matériels (machines, véhicules, bâtiments et équipements divers) et une partie des investissements immatériels (acquisition de logiciels, œuvres récréatives, littéraires ou artistiques originales et les dépenses de prospection pétrolière et minière). La FBCF n’inclut donc pas les dépenses de recherche et développement ou en formation du personnel.

La FBCF est dite brute car elle inclut les investissements de renouvellement (dépenses de remplacement des biens d’équipement ou amortissement) ; rappel : FNCF = FBCF – consommations de capital fixe (amortissement).

L’investissement productif prend en compte la FBCF des entreprises.

On mesure l’effort d’investissement d’une entreprise ou d’une branche par le ratio (taux d’investissement) et l’effort d’investissement de l’économie par le ratio (taux d’investissement global)

En définitive, les agents économiques disposent, à un moment donné, d’un stock de capital qui lui permet de produire des biens et des services. L’augmentation de ce stock s’appelle l’investissement et représente un flux.



  • Les différentes formes de l’investissement.


L’investissement productif peut être décomposé en deux grandes catégories : l’investissement ma-

tériel et l’investissement immatériel.


  • L’investissement matériel.


L’investissement matériel correspond à la création ou à l’acquisition de biens de production du-

rables. On peut distinguer trois formes d’investissement matériel en fonction de l’objectif de l’entreprise quand elle investit.

  • L’investissement de remplacement :

L’entreprise remplace son capital usé ou obsolète. Elle ne fera qu’acheter des biens de production

identiques à ceux qu’elle possédait déjà. Le capital fixe n’augmente donc pas et cet investissement correspond à l’amortissement.


  • L’investissement de productivité :

Afin d’améliorer sa productivité, l’entreprise achète de nouvelles machines plus performantes, in-

tégrant du progrès technique. Cet investissement, appelé aussi investissement de modernisation ou de rationalisation, doit permettre de rendre la combinaison productive plus efficace et viser à diminuer les coûts. Il ne s’agit pas de produire plus mais de produire mieux. Par ailleurs, cet investissement peut se révéler nuisible à l’emploi lorsqu’il s’agit d’une substitution du capital au travail.

  • L’investissement de capacité :

L’entreprise cherche à, augmenter son volume de production. Cet investissement ne transforme

donc pas les méthodes de production. Il se produit lorsque le taux d’utilisation des capacités productives est élevé et que l’équipement existant ne permet plus de satisfaire la demande supplémentaire. Par ailleurs, cet investissement peut se révéler favorable à l’emploi si l’achat de nouveaux biens de production induit l’embauche de nouveaux travailleurs.
S’il est facile théoriquement de distinguer ces trois formes d’investissement, c’est beaucoup plus difficile dans la réalité. Peut-on remplacer une machine obsolète à l’identique ? L’investissement de remplacement est aussi souvent un investissement de productivité.

Ces différentes formes nous permettent aussi de distinguer investissement brut et investissement net. L’investissement brut est composé de l’ensemble des biens de production acquis ou créés. L’investissement net correspond uniquement à l’accroissement du capital.


  • L’investissement immatériel.


Toute dépense destinée à produire des effets pendant plus d’un an et ne se concrétisant pas sous la

forme d’un bien physique constitue un investissement immatériel. Ces investissements comprennent des activités ou des outils technologiques, organisationnels ou commerciaux. On distingue cinq grands types de dépenses en investissement immatériel : la recherche-développement, l’achat de brevets, la formation, l’achat de logiciels et les actions commerciales.


  • Recherche-développement et innovation :

Selon l’OCDE, « la recherche et le développement représente l’ensemble des travaux entrepris

systématiquement dans le but d’accroître la somme des connaissances scientifiques et techniques dont dispose une organisation humaine donnée ainsi que l’utilisation des résultats de ces travaux pour amener au stade de l’exploitation des nouveaux produits, matériaux, dispositifs, systèmes et procédés ».

Cette définition met en avant trois types d’activité :

      • Les travaux de recherche fondamentale.

      • La recherche appliquée en entreprise.

      • Le développement expérimental.




  • Les dépenses de formation :

Ces dépenses sont en rapport avec la progrès technique et permettent aux salariés d’acquérir des

qualifications indispensables à l’utilisation de nouvelles technologies. Il s’agit de formation continue. C’est donc un accroissement du capital humain, un investissement en gestion des connaissances : le but recherché étant l’amélioration de la valeur du travail. Toutefois, les résultats de cet investissement restent incertains dans la mesure un salarié bénéficiant d’une formation peut quitter, sauf cas exceptionnel, l’entreprise ayant assuré cette formation.


  • Les achats de logiciels :

Les entreprises doivent faire un effort important d’investissement en matériel informatique (inves-

tissement matériel) mais aussi en logiciels (investissement immatériel) afin de faire face aux changements liés aux applications informatiques.


  • Les actions commerciales :

Il s’agit notamment des dépenses en publicité et en marketing. Elles permettent à l’entreprise de

renforcer son potentiel commercial grâce à des études de marché, l’anticipation des besoins, des actions de communication et de promotion, l’implantation commerciale.
Certaines entreprises réalisent également des investissements directs à l’étranger. Cette notion sera développée dans le chapitre sur la stratégie internationale des firmes.
On peut distinguer les investissements privés des investissements publics. Les investissements publics réalisés par l’Etat et les collectivités locales – routes, ponts, universités, casernes, hôpitaux, infrastructures – ont une logique en général non marchande, fondée sur la seule logique de la rentabilité, ce qui ne signifie pas qu’ils n’influencent pas la qualité des infrastructures qui conditionnent les performances des entreprises. Ils ne dépendent pas d’une demande solvable sur un marché, des taux d’intérêt ou des autres facteurs qui déterminent l’investissement privé, mais des ressources que la collectivité décide de mobiliser pour répondre à certains besoins.

Les investissements publics peuvent être utilisés pour soutenir une conjoncture économique défaillante. On parle alors de politique contra cyclique. La FBCF des APU représentait en 2002 3,5% du PIB, soit un sixième environ de l’investissement national.
On peut enfin opposer les investissements induits par la croissance économique c'est-à-dire l’augmentation du stock de capital nécessaire pour produire davantage et les investissements autonomes qui résultent de choix des agents en fonction de leur vision de l’avenir.


  • Les modes de financement de l’investissement.


Le comportement d’investissement des entreprises est très divers et cette diversité est liée à la

structure financière de l’entreprise. Ainsi, une entreprise en difficulté, déjà très endettée, sera moins incité à investir et préférera même se désendetter – si cela est possible – plutôt que d’investir. Par ailleurs, elle trouvera moins facilement des fonds pour investir, ou la banque lui proposera des taux d’intérêt très élevés si elle présente un risque trop important.

La structure financière est de plus elle-même influencée par la taille de l’entreprise. Les petites entreprises auront moins de facilité à obtenir un crédit pour investir car elles ont moins de garanties à offrir aux banques. Par conséquent, le taux de profit et le taux d’endettement sont des variables très importantes dans la décision d’investir pour ces entreprises. C’est moins le cas pour les grandes entreprises.

Ainsi, la contrainte d’accès au financement peut peser négativement sur l’investissement.
Sa décision d’investissement prise, ses objectifs fixés, l’entreprise se demande comment se procurer l’argent dont il a besoin pour réaliser son investissement. L’entreprise dispose de différents moyens substituables ou complémentaires pour financer son investissement. Schématiquement, elle peut choisir un financement interne ou un financement externe.


  • L’autofinancement ou financement interne.


En comptabilité, l’autofinancement se calcule en ajoutant les bénéfices (après impôts) aux dota-

tions aux amortissements et en soustrayant les dividendes distribués aux actionnaires. Ainsi, plus les bénéfices de l’entreprise et ses amortissements sont élevés, plus les dividendes distribués sont faibles et plus l’entreprise pourra s’autofinancer.

L’autofinancement dépend donc des capitaux propres existants de l’entreprise, de sa rentabilité, de son épargne et de ses amortissements.

Le taux d’autofinancement est égal au rapport entre l’épargne brute et la FBCF, multiplié par 100.

Si ce taux est inférieur à 100% alors l’entreprise (le secteur institutionnel, l’Etat) a un besoin de financement (l’épargne est insuffisante pour financer l’investissement).

Si ce taux est égal à 100% alors l’épargne couvre intégralement l’investissement.

Si ce taux est supérieur à 100% alors l’entreprise (le secteur institutionnel, l’Etat) dispose d’une capacité de financement (l’épargne est suffisante pour autofinancer l’investissement).

Depuis la fin des années 1990, les capacités d’autofinancement des entreprises ne cessent de se dégrader : leur taux d’autofinancement supérieur à 100% en 1998, se situe en 2006 autour de 60%. Les conditions de financement interne des entreprises se sont donc détériorées, notamment en raison de la baisse du taux de marge. Néanmoins, on a observé que le taux d’investissement a continué de progresser. On peut donc en déduire que la diminution de leurs possibilités d’autofinancement n’a pas découragé les entreprises d’investir, mais que, pour financer leurs investissements, elles se sont tournées vers des capitaux extérieurs.
Remarque : L’interprétation du taux d’autofinancement doit se faire avec prudence. En effet, un taux d’autofinancement supérieur à 100% peut signifier une bonne santé financière de l’entreprise et / ou la faiblesse de leurs investissements.


  • Le financement externe direct ou indirect.


Les entreprises peuvent emprunter ou bien émettre des titres financiers (actions, obligations,…).

Ce financement externe peut être soit indirect ce qui signifie que les entreprises passent par des intermédiaires financiers, les banques par exemple, pour emprunter les capitaux nécessaires, soit direct ce qui signifie que les entreprises s’adressent directement aux marchés financiers.


  • Le financement indirect ou intermédié : les emprunts bancaires.


L’emprunt bancaire est la solution la plus couramment utilisée par les PME. Les banques peuvent

proposer à l’entreprise plusieurs solutions de financement de leurs investissements, dont les crédits à moyen terme (de 2 à 7 ans) et les crédits à long terme (de 7 à 20 ans et distribués par les institutions financières spécialisées comme la Banque de développement des PME et le Crédit foncier).

Dans tous les cas, la banque étudie le risque lié à la durée de l’emprunt et à l’importance de la somme empruntée, les prévisions de rentabilité de l’investissement, de la situation de l’entreprise,des garanties qui peuvent lui être apportées. Plus le risque est grand et plus le taux d’intérêt sera élevé.

Ce mode de financement possède toutefois quelques inconvénients :

      • L’entreprise est sous la dépendance des décisions des banquiers (demande de ga-

ranties, prime de risques, choix des risques…) et des modes d’attribution des crédits (montant, délais d’acceptation,…)

      • Il peut être à l’origine d’un coût élevé de l’investissement en raison d’un taux

d’intérêt élevé, ce qui pèse sur la rentabilité de l’investissement.

      • Il peut même s’avérer dangereux pour l’entreprise s’il est mal maîtrisé en raison

du surendettement ou de l’effet boomerang (cf. l’effet de levier)
Si l’emprunt bancaire risque de mettre en danger la rentabilité de l’investissement, l’entreprise peut se diriger vers un autre type de financement externe : le financement direct sur les marchés financiers.


  • Le financement direct : le recours aux marchés financiers.


Le financement direct de l’investissement peut s’effectuer de deux manières principales : soit par

augmentation de capital (émission d’actions), soit par emprunt (émission d’obligations).


  • L’émission d’actions : l’augmentation de capital.


Pour financer son investissement, l’entreprise peut accroître son capital en émettant de nouvelles

actions ou en augmentant le nombre de parts sociales. Cette augmentation de capital peut concerner les actionnaires déjà présents ou de nouveaux actionnaires.

La valeur de l’entreprise, qui influe sur la valeur des actions nouvelles à émettre, est calculée sur la base de sa capitalisation boursière (prix d’une action * nombre d’actions en circulation).

Les actionnaires perçoivent des dividendes en fonction des résultats de l’entreprise, ou des plus-values s’ils revendent leurs actions à un cours supérieur (cours du marché) à celui auquel les entreprises les ont émises (cours d’émission). Les mouvements de vente et de revente d’actions sur le marché secondaire n’affectent pas le financement de l’investissement dans la mesure où l’argent initialement obtenu par l’entreprise lors de l’émission d’actions n’a pas à être remboursé à qui que soit .


  • L’émission d’obligations : l’accroissement de l’endettement.


L’émission d’obligations correspond pour une entreprise au recours à l’emprunt obligataire. Il

s’agit d’un emprunt à long terme (de huit à dix ans) divisé en parts d’un certain montant qui vont être souscrites par un grand nombre d’épargnants. L’émission d’obligations correspond donc à un endettement à long terme. Une obligation est un titre de créance alors que l’action est un titre de propriété.

Les détenteurs de ces obligations deviennent donc des créanciers de l’entreprise et les obligations sont accompagnées de coupons qui représentent le taux d’intérêt de l’emprunt obligataire émis par l’entreprise. Tous les ans, les obligataires perçoivent des intérêts fixes et définis à l’avance. De plus, à l’échéance de l’emprunt – déterminée au départ – l’entreprise rembourse les prêteurs d’un montant égal à la valeur de l’obligation acquise. Enfin, l’obligataire peut revendre ses obligations afin de réaliser des plus-values.

Les obligations sont de plusieurs natures :

  • Les obligations convertibles en actions : l’obligation pourra être remboursée en actions et pas seulement en numéraire (en monnaie).

  • Les obligations remboursables en actions : l’obligation est remboursée obligatoirement en actions.

  • Les obligations à fenêtre : le remboursement de l’obligation peut être réalisé pendant plusieurs périodes appelées fenêtres et non en totalité à la fin de l’échéance.

  • Les obligations à coupon zéro : aucun coupon n’est versé durant la vie de l’obligation, mais ils sont capitalisés et versés en intégralité à la fin de l’échéance.

Le marché des obligations est le deuxième en termes de volume, après celui des actions. Sur ce

marché interviennent les notions de risque de crédit et de solvabilité, déterminées par les agences de notation de crédit. Plus le risque est grand, plus le rendement devrait être important. Les obligations à rendement très élevé étaient autrefois appelées des « obligations pourries » et sont connues maintenant sous le nom de d’ « obligations de qualité inférieure ». Les acheter représente un gros risque pour l’épargnant.


  • Les éléments du choix :


L’augmentation de capital évite les remboursements ; les dividendes dépendent des résultats et

des choix de l’entreprise. Mais elle conduit à ouvrir le capital social (de nouveaux actionnaires) ou à en modifier la répartition (poids des différents actionnaires déjà présents).

Si l’endettement évite ces problèmes, il implique le versement d’intérêts et / ou des remboursements fixes qui, eux, ne dépendent pas des résultats. Un investissement n’étant pas nécessairement immédiatement rentable, cette contrainte peut être lourde.


1   2   3   4   5   6   7

similaire:

Les sources et les limites de croissance économique iconA- les sources primaires de la croissance; la croissance dépend du...
«La croissance des années 60 fut une sorte de miracle économique; la véritable question n’est pas de savoir pourquoi les choses vont-elles...

Les sources et les limites de croissance économique iconLes limites de l’âge et les limites de la vie
«limites»: qui traiter? jusqu’à quel âge? combien de fois? sans quelles conditions?

Les sources et les limites de croissance économique iconNote préliminaire
«A son échelle, le scot ne fixera pas les limites des espaces dédiés au développement économique»

Les sources et les limites de croissance économique iconLa croissance economique le Modèle Keynésien harrod-domar introduction...

Les sources et les limites de croissance économique iconI. Comment définir la croissance économique ?
«l’augmentation soutenue d’un indicateur économique exprimé en prix constants sur une longue période» (définition académique)

Les sources et les limites de croissance économique iconQuand les inégalités torpillent la croissance
«la redistribution semble généralement exercer des effets bénins sur la croissance» sauf dans les cas extrêmes. Et, surtout, qu'«une...

Les sources et les limites de croissance économique iconPb quelles sont les phases et les caractéristiques de la croissance...

Les sources et les limites de croissance économique iconPb quelles sont les phases et les caractéristiques de la croissance...

Les sources et les limites de croissance économique iconExtrait du B. O. n°7 du 3 octobre 2002 Croissance, capital et progrès technique
«Productivité, Croissance, Emploi, la France dans la compétition mondiale» Arnaud parienty coll. Circa 2005 Armand Colin sur les...

Les sources et les limites de croissance économique iconPeut-on dire que la concurrence represente le veritable moteur de la croissance ?
Commission pour libérer la croissance française – 2007), principe des réformes structurelles (pays développés comme pays émergents),...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
d.20-bal.com