Note n°2 2013





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Observatoire des Grands Lacs en Afrique

Observatoire de l’Afrique des Grands Lacs




Note n°2 - 2013


l’INFLUENCE DES CORRIDORS dans le DÉVELOPPEMENT RÉGIONAL :

LE CAS DE L’EAC

RONAN PORHEL – ALAIN LEON
Juin 2013

Avec le soutien :


Sommaire


1 –Les corridors d’Afrique de l’Est : un outil d’intégration régionale indispensable mais qui reste imparfait 5

1.1 –La création d’un espace commun basé sur des corridors 6

1.2 –Un système de corridors toujours faillible 9

2 –Quelles perspectives ? 13

1.3 –Les projets kenyans confortent sa place de leader logistique 14

1.4 –La voie tanzanienne pour compenser le pouvoir kenyan 16

1.5 –Un impératif d’approfondir l’EAC 17


Résumé


  • Dans le cadre de son intégration régionale, l’objectif de la Communauté Est-Africaine (East African Community – EAC) est de pouvoir construire un espace commun mais également d’offrir un véritable débouché maritime aux pays enclavés. Pour y parvenir l’EAC a réactivé ses trois principaux corridors. Le corridor nord de Mombasa à Kampala via Malaba ; le corridor central de Dar es Salaam à Kigoma via Tabora et en Ouganda via Masaka et le corridor sud de Dar es Salaam à Lusaka via Mbeya. Cet ensemble structuré entre le hub aéroportuaire de Nairobi, les deux grands ports de l’Océan indien (Mombasa et Dar es Salaam) et des villes intermédiaires servant de lieux de liaison, est ainsi devenu une seule et même unité tarifaire. En complément des avancées institutionnelles, comme l’union douanière, cette structure logistique a contribué à une forte hausse du commerce et au développement de nouvelles activités entre 2005 et 2010.

  • Mais la concentration du trafic et de l’activité, autour de l’axe kenyan, a marginalisé les zones périphériques et engorgé le corridor nord. Les dysfonctionnements des deux portes océanes de l’EAC, ainsi que la présence de barrières non tarifaires, sont en grande partie responsables de la détérioration du réseau de transport. Les pays enclavés, les plus lourdement pénalisés, en subissent les conséquences sans pouvoir réagir. En l’état, la structure logistique n’est plus suffisamment compétitive pour affronter un développement prévisible des échanges de l’ordre de 8% par an.

  • Les réponses à ces problèmes se trouvent pour l’essentiel dans le renforcement et l’amélioration des infrastructures de transport. Le Kenya, dans son souci d’affirmer sa position de hub régional, a décidé de consolider le corridor nord et de construire une nouvelle voie multimodale à partir de Lamu. Devant relier ce port aux nouveaux partenaires que sont l’Éthiopie et le Sud Soudan, ce nouveau corridor pourrait participer au développement des régions arides qu’il traverse. Toutefois les problèmes sécuritaires (proximité de la frontière somalienne) et environnementaux (régions désertiques) mais surtout de financement pourraient fragiliser un projet porté essentiellement par le pôle dominant de la région, le Kenya. En effet, face à ces divers risques, les pays enclavés préfèrent miser sur une autre alternative, le développement des corridors tanzaniens plus au Sud.

  • Si la construction d’une infrastructure de transport est certes nécessaire au développement d’une région, elle est rarement suffisante. Il serait d’ailleurs étonnant que la seule présence du corridor de Lamu attire de nouvelles activités dans les régions désertiques du nord Kenya. Un potentiel d’économies d’agglomération doit pouvoir exister. Il serait donc plus pertinent d’orienter dans un premier temps les efforts sur les zones côtières qui sont mieux dotés en la matière. À l’instar du modèle asiatique, des effets de diffusion pourraient profiter dans un second temps à la périphérie. Si les investissements en cours peuvent favoriser l’application de ce modèle, cela permettrait à la zone de se rapprocher des marchés mondiaux. Cependant une plus forte implication de l’organisation régionale semble pour cela indispensable. Elle pourrait imposer plus facilement la mobilité des facteurs de production et faire appliquer une législation en faveur de la fluidité des corridors. En outre cela permettrait aux pays enclavés de participer aux décisions et au financement de l’infrastructure régionale.

Introduction

La crise mondiale de la fin des années 2000 a enjoint les pays à adapter leurs structures productives aux nouveaux courants d’échanges. Face à une Europe au ralenti et des pays émergents toujours performants, les pays d’Afrique Orientale se sont davantage rapprochés du continent asiatique. Ils espèrent ainsi attirer les décideurs asiatiques dans le cadre des marchés de travaux publics mais également diversifier leurs lieux d’exportation. Regroupés au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC)1, les États membres ont compris que leur stratégie d’intégration régionale restait l’un des meilleurs moyens pour intégrer au mieux ces nouveaux marchés et devenir compétitifs sur le plan mondial.

Bien que l’EAC suive fidèlement les grandes étapes de l’intégration institutionnelle (de l’union douanière à l’union politique), cette organisation aspire également à développer et à améliorer la coopération sectorielle de la région et ce à l’image la Communauté de développement de l’Afrique Australe (SADC). La volonté de se doter de structures institutionnelles indispensables à la création d’un environnement commun s’accompagne donc incontestablement par la mise en place de projets sectoriels régionaux tels que la gestion de cet espace commun que représente le lac Victoria ou bien la réhabilitation des corridors de transport : le corridor nord de Mombasa à Kampala via Malaba ; le corridor central de Dar es Salaam à Kigoma via Tabora et en Ouganda via Masaka et le corridor sud de Dar es Salaam à Lusaka via Mbeya.

Le commerce des pays de l’EAC avec le reste du monde étant nettement plus important que le commerce intra-régional, la dépendance des États enclavés2 vis-à-vis des ports de l’Océan indien, et donc des corridors, est devenue un enjeu crucial. Ces infrastructures de transports permettent par ailleurs de développer la complémentarité des activités au sein du processus d’intégration régionale. Pourtant, malgré l’existence d’importants corridors, force est de constater que ces derniers perdent de plus en plus de leur compétitivité par la hausse régulière des coûts. Le risque est que les entreprises de la région perdent des marchés et ne s’adaptent plus à la concurrence mondiale. Quelles solutions vont alors être apportées par les États membres de l’EAC et quel rôle peut jouer l’institution régionale ?

Si le système de corridors est-africain a effectivement participé au développement de la région, il montre aujourd’hui de nombreuses limites (1). Dans une perspective d’avenir, afin de pallier ces difficultés, les États membres prévoient des investissements d’ampleur lesquels seraient plus efficaces avec un approfondissement de l’accord régional (2).


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