L'évolution de la société de 1850 à 1939





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L'évolution de la société de 1850 à 1939
Il peut sembler présomptueux de prétendre brièvement étudier l'évolution de la société occidentale sur près d'une centaine d'année.

Cependant, l'application de quelques règles simples permettra toujours de s'y retrouver et d'esquisser des raisonnements sains.

Ainsi ne faut-il jamais manquer d'étudier :

  • L'opposition ville/campagne (décalage culturel et technique)

  • L'opposition entre l'Europe du Nord-Ouest (Grande-Bretagne, « Benelux », France, Allemagne Rhénane, Suisse) et l'Europe des périphéries, en retard (Irlande, Europe Centrale et Orientale, Europe méditerranéenne des trois péninsules).

  • L'existence, toujours et partout, de subdivisions dans toutes les catégories sociales, subdivisions allant croissant avec le développement des techniques.

  • Le recul régulier du rôle de la noblesse à l'Ouest de l'Europe.

  • L'essor du rôle de la bourgeoisie, avec décalage temporel d'Ouest en Est, et son entrée en politique.

  • Le développement des classes moyennes en Europe du Nord-Ouest, autour de la dorsale européenne d'abord.

  • La paupérisation progressive de la petite bourgeoisie, se fondant dans le « gratin » montant du prolétariat.

  • L'importance de l'instruction pour l'ascension sociale, en deux/trois générations (paysan/instituteur/médecin).

  • L'importance du rôle des fonctionnaires, mais dans certains pays seulement : France, Allemagne, Double-Monarchie, Russie...

  • L'importance de la société militaire dans ces mêmes pays, alors que le soldat ne vote pas (cadres et « service long »)

  • L'envol du rôle des techniciens (cheminots, ingénieurs...)

Par ailleurs on tiendra compte de certains particularismes :

  • La position française, toujours :

    • en retard sur l'Angleterre

    • en avance sur la Russie (1917 = 1789)

    • inférieure à l’Allemagne

    • difficilement comparable avec les Etats Unis

    • servant toutefois de modèle (Belgique, Espagne, Italie du Nord)

  • Le cas des pays scandinaves, voire des Pays Bas, toujours à mi-chemin entre l’Angleterre et l’Allemagne : c’est le monde anglo-saxon, le cercle des riverains des mers du Nord et Baltique.

  • Le retard structurel, technique et « mental » des trois péninsules méditerranéennes : Portugal/Espagne, Italie du Sud, pays des Balkans…

  • La fascination qu’exerce le « modèle allemand » sur l’Europe Danubienne, la Russie (cadres) et l’Empire Ottoman…

  • Les performances américaines, qui tiennent de l’Angleterre (avant 1880) et surtout de l’Allemagne (après 1900), dopées par un marché intérieur en expansion et des ressources naturelles « colossales » (pour l’époque).

  • Le « splendide isolement » britannique, où le recours à l’Empire est systématique, la bonne conscience plus (cf. Kipling).

Enfin, les données chiffrées globales n’étant pas toujours disponibles, on ne s’étonnera pas ici de voir l’exemple français souvent évoqué.

Ceci, cependant, ne saurait être gênant, la connaissance de l’Histoire nationale restant un atout, étant bien entendu que les règles posées ci-dessus seront toujours présente à l’esprit, et qu’il faut savoir encore que la France, par sa localisation, son Histoire et ses performances économiques, est à égale distance des thalassocraties mercantiles des rives de l’Amérique comme des Puissances continentales, longtemps assises sur la rente foncière, petite « Grande Puissance » ou grande « Puissance Secondaire », mais culturellement incontournable, « le cher et vieux pays »1 est au total, très représentatif de la trajectoire du Vieux Continent de 1850 à 1939.


  1. Population et société

La croissance économique observée entre 1850 et 1939, en dépit des crises, dans les pays industrialisés entraîne de profondes mutations démographiques, politiques et sociales : les hommes sont plus nombreux, plus libres et de plus en plus citadins.


    1. La transition démographique

      1. Les faits

Au second XIXème siècle, les pays occidentaux connaissent une « transition démographique » se traduisant par un très fort accroissement naturel, avec les décalages chronologiques et l'intensité variable déjà indiqués.





Millions d’habitants en 1800

Millions d’habitants en 1850

Millions d’habitants en 1900

France

28

15 %

36

13 %

41

10 %

Grande-Bretagne

16

9 %

28

10 %

42

10 %

Allemagne

23

12 %

35

13 %

56

14 %

Total

67

36 %

99

36 %

139

37 %

Sur Europe

186




275




375





Ainsi en 100 ans, alors que la population européenne a doublé (18 × 2 = 36), la part relative de la France s'est réduite, passant de 15 % à 10 % du total, malgré une augmentation de près du tiers de sa population2.


      1. Explications

Les raisons de cette transition sont à rechercher :

  • Dans un net recul de la mortalité, favorisée par :

    • une généralisation de l’instruction

    • les progrès de l'alimentation (diversification : lait/fruits/viande, cf. rendements et voie ferrée)

    • les progrès de l'hygiène et de la médecine (Pasteur, vaccins).

C'est ainsi que :

    • les grandes épidémies disparaissent (choléra, Provence, 1832 cf. Giono, Le Hussard sur le toit)

    • la mortalité infantile recule (divisée par deux)

    • l’espérance de vie s'allonge, tout en restant autour de 55/57 ans.

  • Dans un second temps, on enregistrera la conséquence logique du recul de la mortalité : le recul de la natalité.

Ce phénomène, qui frappe la France dès la fin du XVIIIème siècle, ne touchera les autres pays européens qu'à la fin du XIXème siècle (Grande-Bretagne, Belgique), voire au milieu du XXème siècle (Allemagne, Italie)3

NB : Perceptible dès la crise des années 30, retardé par la Guerre et le Baby-boom, le ralentissement de l'accroissement naturel touchera tous les pays industrialisés après 19704

Son analyse fait découvrir des raisons complexes, qui se combinent et peuvent se résumer ainsi :

    • souci d'ascension sociale (logement décent, études payantes)

    • désir d'éviter le morcellement du patrimoine (France 1789, agriculteurs : fin du droit d'aînesse champs en lanières...)

    • déchristianisation (« croissez & multipliez » HS)

    • difficultés ponctuelles : guerres, crises économique qui entrainent de naissances différées.

NB : Précoce en France, encore accentué par les mesures de la Révolution & les pertes de l'Empire (1 million de mort en 20 ans) ceci explique le recul plus rapide de son poids démographique en Europe, dès avant & surtout après 14-185

Cette restriction volontaire des naissances est connue sous le nom de malthusianisme depuis le XIXe siècle, en raison des travaux de l'Anglais Malthus (Essai sur le principe de la Population).


      1. Conséquences

Les chiffres bruts témoignent cependant d'une croissance démographique considérable : de 1800 à 1900 la Grande-Bretagne passe de 16 millions à 42 millions d’habitants, de 1800 à 1914 elle fait plus que tripler sa population (de 16 millions à 48 millions d’habitants), tout comme l'Allemagne (1800-1914 : de 23 millions à 60 millions d’habitants).

Ceci suffit d'ailleurs à expliquer l'attitude conquérante (Grande-Bretagne) ou agressive (Allemagne) de ces deux pays dans la période considérée.

Cette croissance démographique entraine encore d'autres effets :

  • Doublement/triplement du nombre d'actifs

  • Doublement/triplement du nombre de consommateurs (marché intérieur, export…)

  • Départ de migrants vers les pays neufs :

    • colonies (Australie, Canada)

    • Amérique du Sud (Argentine)

    • Etats-Unis surtout, où les européens arrivent par vagues (Anglo-Saxons, Germano-Scandinaves, Européens du Sud ou de l’Est…) de 23 millions d’habitants en 1850, les Etats-Unis passent à 95 millions d’habitants en 1912 (1 million d’entrées par an en 1910, 1911 et 1912).




    1. L’émancipation des personnes

C’est un aspect important, lié aux Droits de l’Homme mais qui touche surtout les « périphéries » du monde occidental.


      1. A l’Ouest

Autour de l’Atlantique, après l’épisode napoléonien (Waterloo : 1815) les « abolitionnistes » religieux (Protestants) ou laïques (DDHC, Amis des Noirs) reprennent, en Amérique et en Europe, leur lutte contre l’esclavage, au nom de la charité chrétienne ou des valeurs humanistes.

Par ailleurs, des révoltes serviles ont toujours menacé l’ordre ancien (Antilles, Haïti).

  • L’abolition de l’esclavage est prononcée par :

    • la Grande-Bretagne (1833)

    • la France (1848 : Victor Schœlcher)

    • les Etats-Unis (1862-1865, Lincoln, Guerre de Sécession)

  • La traite des Noirs, interdite, par ailleurs, dès le Congrès de Vienne (1815), est en recul constant :

    • Croisières anglaises ou américaines, puis création du Libéria

    • Contrebande

    • Naissances chez les esclaves, seule source officielle




      1. A l’Est

A l’autre extrémité du monde occidental, en Russie, la dépendance personnelle (servage) pose encore problème.

Assez lâche jusqu’au XVIIIe siècle, elle s’est considérablement aggravée depuis que la « Grande Catherine » a hissé la Russie sur la scène internationale.

A la différence de la France (1789) ou de la Double Monarchie (Joséphisme), la Russie tsariste du premier XIXe siècle tarde à abolir le servage : cela sera chose faite en 1861 par Alexandre II, le « tsar libérateur ».


      1. Limites de l’émancipation.

Esclaves ou serfs émancipes ne jouissent toujours pas de la plénitude des droits que peut espérer avoir un citoyen de plein exercice.

  • Aux Etats Unis, les Noirs, libres, n’ont pas obtenu l’égalité des droits, et souffrent de la ségrégation.

Ils quittent souvent le « vieux Sud » (Deep South) où sévit le K.K.K., pour aller travailler dans le Nord-Est (industries ou services : domesticité) 2 « villes noires » : Washington et Chicago.

  • En Russie, les moujiks doivent en fait « payer » leur émancipation. L’accès à la terre en fait donc les victimes des banquiers/usuriers (pogroms).

Là aussi, le mécontentement persiste donc, que des révolutionnaires habiles sauront exploiter (1917).


    1. Déclin des campagnes et urbanisation

Quelques chiffres :




1851

1911

1931

France

75%

60%

50%

GB

52%

27%

15%

Allemagne

64%

40%

25%




      1. Le constat

Le déclin des campagnes touche les uns après les autres tous les pays industrialisés : Angleterre, Allemagne, Etats-Unis (1920), France (1931/32), se traduisant par un exode rural.

Les causes en sont nombreuses :

  • Gains de productivité dans l’agriculture (mécanisation et engrais entrainent le recul des domestiques agricoles).

  • Difficultés des petits exploitants (5-10 hectares) et des artisans de village (production industrielle).

  • Révolution des transports (importation de blé américain, vins du Midi, primeurs, abattoirs).

  • Industrialisation et développement des services (Fonction publique) attirant d’ex-ruraux.

  • Emigration facile (Irlande, GB, Allemagne, Sicile)

  • Après 1900 et surtout après 1920 : fascination exercée par la ville (service militaire, guerre) qui propose « fortune » et « confort »…




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