I-maghnia une ville favorable a l’immigration clandestine





télécharger 71.41 Kb.
titreI-maghnia une ville favorable a l’immigration clandestine
date de publication18.05.2017
taille71.41 Kb.
typeDocumentos
d.20-bal.com > économie > Documentos
Maghnia, est elle la « petite Sangatte » algérienne ?
Par Salah Ferhi
Colloque international

"TERRAINS D’ASILE - CORPS, ESPACES, POLITIQUES"

les 18, 19 et 20 septembre 2008 à Paris


Le Maghreb connaît depuis le début des années 1990, un afflux massif et inégalable, de ressortissants africains (Bensaad, 2002 et Pliez, 2002). En s’installant sur la rive sud de la Méditerranée, les clandestins subsahariens n’ont qu’un seul objectif : rejoindre l’Europe où, ils espèrent trouver une vie meilleure. Avec 12 000 km de frontière avec ses voisins africains (Maroc, Mauritanie, Mali, Niger et Libye), l’Algérie est donc l’un des pays les plus convoités par les Immigrants Subsahariens (I.S.S.). Ils arrivent au nord par le grand désert. Un voyage long, coûteux et risqué.

Au lieu de se diriger vers le littoral algérien pour tenter une traversée vers les cotes européennes –itinéraire de nombreux « haragas » algériens- les clandestins subsahariens s’installent à Maghnia tout près de la frontière algéro-marocaine. Après avoir emprunté différents chemins, ils arrivent dans cette ville, où ils se regroupent tous avant de continuer vers le Maroc. Ils viennent à Maghnia par petit groupe. Cette ville est alors devenue le centre attractif pour l’immigration clandestine. Les clandestins sont installés là, le temps d’avoir l’occasion idéale pour passer au Maroc. Pourquoi cette localité suscite-t-elle tant d’intérêt chez les ISS ? Ils auraient pu par exemple aller jusqu’à Marsa Ben M’hidi (ex Port Say) sur la cote au nord et de là, tenter leur aventure vers le royaume chérifien ou encore directement vers l’enclave de Melilla.



Ces clandestins ont quitté leurs pays pour rejoindre l’Eldorado européen. En attendant ce jour, ils sont là, cantonnés à la périphérie de Maghnia, dans le lit d’oued sec mais devenu dépotoir. Rare sont les subsahariens clandestins qui se sont dirigés vers les autres villes côtières (Oran, Alger, Annaba…) pour les mes objectifs. Groupés par nationalité le long de deux petits oueds celui de Ouardefou et celui d’El Aounia. Ils sont livrés à eux même. Travail en noir, mendicité et vols pour certains d’entre eux sont leurs taches quotidiennes. Tel est le lot quotidien des ces immigrants en attendant un départ proche vers l’Espagne via le Maroc. Il serait intéressant de voir le mode de fonctionnement. Présent dans un milieu socio-spatial très différent, on est tenté de connaître leur mode d’organisation ainsi que leur stratégie.

I-MAGHNIA UNE VILLE FAVORABLE A L’IMMIGRATION CLANDESTINE
Maghnia est une ville de l’extrême Ouest algérien. Elle n’est distante de la frontière algéro-marocaine que d’une dizaine de km et seulement une vingtaine de km la sépare de sa voisine marocaine, Oujda. Pour passer d’une ville à l’autre il faut six heures de marche ou une heure par camion, en prenant des chemins peu fréquentés. Du temps de la France, cette localité était un poste militaire pour surveiller la frontière marocaine. Maghnia doit sa réputation, à la frontière. Cette situation géographique lui donne un rôle important aux divers échelons : local, régional, national et même transnational. Elle se présente comme un grand « centre commercial » frontalier entre l’Algérie et le Maroc. Ainsi on vient pour se doter des produits de contrebande (produits alimentaires, vêtements, drogue, alcool..) en provenance du Maroc, vitrine du monde libéral, alors que le pays avait, jusqu’à la fin des années 1980, une économie dirigée. De nos jours, cette ville frontalière est une voie par où transitent, illégalement tous les produits algériens (essence, produits alimentaires, électroménagers, matériaux de construction, médicament…). Autrefois réservée aux habitants de la frontière, la contrebande intéresse des hommes venant de plusieurs wilayas. Ils viennent certes, essentiellement de l’Ouest algérien : Tlemcen, Sidi Bel Abbes, Ain Temouchent, Oran, mais aussi de l’Algérois et de l’Est du pays. Maghnia, dispose donc d’une situation stratégique. Ville frontalière, ville de « trabendo » (contrebande) par excellence, elle est le lieu idéal pour tout ce qui activités illégales. Les clandestins espèrent trouver dans cette ville le fil conducteur qui va leur permettre de rejoindre l’espace Schengen. Elle est, à leurs yeux, un endroit privilégié pour s’établir.
Maghnia est une ville frontalière. Sa croissance économique, sociale et spatiale elle la doit en grande partie à la présence de la frontière. Cette dernière est en effet à l’origine du développement de certaines activités et services légales (douanes, gardes frontières…) mais aussi illégales (commerces, passeurs, contrebandier, trafic...). L’ensemble de ces transgressions fait de Maghnia une ville dépendante de la frontière. On vient de toute l’Algérie occidentale pour s’adonner à la contrebande. De plus notons que la présence de Melilla, enclave espagnole, au nord du royaume chérifien, et qui n’est qu’à 150 km seulement lui attribue un autre avantage. Celui de circulation des clandestins qui veulent se rendre en Espagne via le Maroc. Maghnia devient donc un centre d’accueil très attractif. Ainsi donc la proximité géographique de l’Espagne, les activités illicites font de Maghnia un centre favorable pour toute personne désirant immigrer vers l’Europe. En effet beaucoup d’algériens ont traversé (et continuent encore à le faire) la frontière algéro-marocaine illégalement pour aller régler des affaires au Maroc, y s’installer ou encore pour rejoindre l’Espagne. Force est de constater que la circulation des hommes et des marchandises est une activité intense entre l’Algérie et le Maroc alors que la frontière est officiellement fermée depuis 1994. La transgression de la frontière est une tradition dans cette ville.
Durant les années 1990, Maghnia était un lieu de transit pour les terroristes qui prenaient refuge au Maroc avec la bénédiction du roi. Elle était aussi une voie de passage des armes, comme elle le fut du temps de la Guerre de Libération. D’ailleurs, cette ville est restée, comme toute la bande frontalière, à l’abri des évènements dramatiques des années 1990 que l’Algérie a connu. Tout cela fait le bonheur des contrebandiers. Avec tous ces atouts, il est évident que Maghnia devient un lieu stratégique pour tout ce qui est informel. C’est pourquoi les clandestins ont opté pour Maghnia comme ville de transit. Ils viennent alors renforcer l’aspect informel que revêt cette ville. Les deux villes accueillent des milliers de clandestins où ils s’installent provisoirement avant d’amorcer l’étape suivante.
La présence de la contrebande n’a fait que renforcer le développement d’autres pratiques informelles. La contrebande évolue grâce au géni de ces auteurs. L’immigration clandestine est devenue un nouveau créneau très lucratif. Pour quitter l’Algérie, les personnes concernées font appel aux contrebandiers qui ont une bonne connaissance du terrain mais aussi des réseaux algériens et marocains. Ces derniers deviennent également des passeurs. Moyennant une somme d’environ 2000 euros à 2500 euros que payent les clandestins aux passeurs pour être conduit de Maghnia jusqu’au littoral marocain1. Ensuite il faudra débourser entre 1000 et 1500 euros pour être pris à bord d’un zodiac ou d’un jet ski vers Melilla. Ces sommes sont le double de ce que paye un clandestin marocain ou algérien.
Maghnia est donc spécifique. Elle est une plaque tournante de toutes les activités informelles. Cette particularité fait de la ville un lieu privilégié où se côtoient tous les acteurs intéressés par le secteur informel (contrebandiers et passeurs / consommateurs et candidats à l’immigration illicite). C’est ainsi que cette ville est apparue comme la destination favorite pour bon nombre de clandestins africains. De plus la présence des activités illicites est encourageante pour les clandestins car en cas de problèmes financiers, ils peuvent y participer eux aussi.
L’afflux des clandestins vers cette ville devient indispensable. Elle est un passage obligé car les autres villes algériennes ne disposent pas autant de possibilités que Maghnia. Cette ville possède des ramifications profondes qui s’étendent à toute l’Algérie et au-delà même. Elles se trouvent au Maroc et en Europe. Dans une étude de 2002, Bensaad avait mentionné que sur les 65 000 migrants transitant par Agadez annuellement 20% ont comme destination l’Algérie. Ceux qui arrivent Maghnia, Lapize (2004) les a situés entre 3 000 et 4 000 subsahariens. Si au sud algérien, Tamanrasset est la principale porte d’entrée en Algérie pour  les subsahariens, Maghnia est la l’issue de sortie au nord.

II- Maghnia, une ville à forte concentration d’immigrants clandestins
Les clandestins de Maghnia viennent de deux zones géographiques différentes. Ils sont africains et asiatiques à vouloir passer au Maroc pour rejoindre l’Espagne. Les africains, se distinguent par le nombre élevé et aussi par une présence en marge de la ville. Les ISS sont originaires en grande partie de l’Afrique de l’Ouest. Ils viennent du Burkina Faso, du Cameroun, de la Cote d’Ivoire, des Guinées (Guinée Bissau, Guinée équatoriale), du Ghana, du Liberia, du Mali, du Niger du Nigeria, du Togo, etc. Les asiatiques quant à eux, ils se démarquent non seulement par leur nombre réduit mais aussi par leur insertion dans la ville. De l’Asie, il y a les Syriens, les Indiens, les Pakistanais, les Bengalais vivent dans la ville. Ils sont hébergés par des passeurs ou encore locataires dans des maisons en cours de construction. Toutefois, il existe aussi des africains qui sont logés dans des villas en construction pour assurer le gardiennage.


De janvier à juin 2006, la police de Maghnia n’a comptabilisé qu’une centaine d’étrangers d’origine asiatique en situation irrégulière (35 bengalais, 25 indiens entre autres). Toutefois, en Algérie, les autorités voient le nombre de cette nouvelle catégorie d’immigrants en hausse. Si tel est le cas, s’agit-il d’une filière d’immigration nouvelle qui vient de découvrir  l’Algérie ? En tout les cas, les autorités algériennes craignent que se soit des signaux d’un nouveau réseau qui est en train de se mettre en place. Cela fera aussi de l’Algérie un carrefour migratoire de grande importance par lequel transitent des immigrants de diverses origines. Son aire d’influence est de plus en plus vaste.
Les immigrants africains arrivent à Maghnia par différents chemins : Ils débarquent en provenance de Bechar via Tlemcen, après un long parcours dans le Sahara algérien. Toutefois une grande majorité arrive en bus ou par taxi après une halte à Oran. Tout le long de leur trajet, ils n’ont que deux mots dans la tête, le nom de la ville de Maghnia et celui de l’oued où ils vont s’installer. Ces noms, les ont eu par leurs prédécesseurs mais aussi par les passeurs. Leur arrivée est connue bien à l’avance par leurs compatriotes ou les passeurs. Ils sont accueillis par leurs pairs à la station de taxi ou des bus et puis, ils sont conduits vers leur lieu de campement à la sortie de la ville. Ils arrivent individuellement ou par petit groupe de deux ou trois maximum. Il ne se passe pas un jour où il n’y a pas un arrivage. Selon les statistiques de la gendarmerie algérienne sur les 100 personnes contrôlées une dizaine sont des clandestins2. Cependant, il est très difficile d’évaluer le nombre réel de ces clandestins vivants à Maghnia en raison des mouvements des va et vient avec le Maroc. Mais leur nombre le plus élevé a été enregistré durant la période 2000 -2005.
Dans son étude, Bernard Lapize (2004) parle de 3000 à 4000 clandestins présents dans à la frontière avec le Maroc. Toutefois, après les incidents survenus en 2005 et 2006 aux portes de Ceuta et Melilla et les mesures de lutte de plus en plus répressives, tout le monde s’accorde à dire que leur nombre est en baisse. Ils seraient entre 400 et 600 africains. Les observations sur le terrain et les entretiens que nous avons eu cet été avec certains responsables locaux et des clandestins confirment cette tendance. A cela s’ajoutent les chances minimes de pouvoir atteindre Ceuta et Melilla de plus en plus surveillées et protégés. D’autres candidats ne passent plus par l’Algérie mais plutôt par la Mauritanie et le Sénégal pour rejoindre les îles canaries.
De par sa position géographique, cette ville est une voie de passage pour ces africains. Certains sont là depuis quelques jours, voire quelques mois. D’autres sont déjà des anciens à attendre la meilleure occasion pour passer la frontière ou encore des revenants du Maroc. Tout clandestin qui rate son passage vers l’Espagne retourne à Maghnia. Ceux qui se font arrêter dans la province d’Oujda ainsi que les autres régions du royaume sont refoulés vers l’Algérie, enfin vers Maghnia (Lapize, 2004). Maghnia est aussi une base arrière de cette immigration africaine à destination de l’Europe via le Maroc.
On se souvient tous du passage forcé à travers le grillage séparent le Maroc de Melilla, l’enclave espagnole. Ils étaient en ce début de juillet 2006 environ 600 clandestins africains. Leur tentative s’est soldée par le drame que tout le monde connaît. Durant cette tentative des renforts sont partis de Maghnia même pour appuyer « leurs frères » de Melilla. Cette démonstration de force s’est faite aussi pour attirer l’attention de l’opinion internationale qui a eu lieu la veille de la rencontre du 10 et 11 juillet 2006 au Maroc entre des représentants de l’Afrique et de l’Europe sur le thème de la sécurité et l’immigration. Avant de partir, disent certains d’entre eux, nous avons appris qu’en Espagne les papiers sont faciles à obtenir. « On nous a parlé du CETI dans les journaux et sur Internet. On nous a dit qu'à Ceuta, il y avait un centre qui faisait les papiers… »3.

III- LE GHETTO, COMME MODELE DE REPARTITION ETHNIQUE ET SPATIALE
En arrivant à Maghnia, les ISS ont décidé de s’installer en marge de la ville tout en gardant un contact avec la société. Etant frères de galères, les ISS ont choisi de vivre ensemble car, il va de leur sécurité et de leur survie. Cette solidarité leur procure la force pour pouvoir continuer leur périple mais aussi pour ne pas trop penser à leur souffrance. Toutefois, ils ne sont pas groupés tous au même endroit. Afin d’éviter tout conflit entre les différentes nationalités ou les groupes ethniques et pour éviter d’être « trop visible », Les subsahariens ont établi leur quartier général le long de deux oueds : Ouerdefou et Aounia (jorji), deux affluents de la Tafna, situés entre la ville de Maghnia et la frontière. Chaque groupe appelé ghetto par les clandestins eux même est distant de l’autre d’environ 200 à 400 mètres. Cette Répartition discontinue des groupes se fait pour deux raisons majeures:


  • Eviter les fortes concentrations en faisant en sorte qu’ils ne sont qu’un groupe réduit pour ne pas attirer l’attention des autorités. Le cas contraire poussera la gendarmerie ou la police à une chasse aux clandestins ;




  • Une telle répartition leur permet d’avoir une paix entre les différents ghettos. Un regroupement important de personnes de différents groupes ethniques ou de multiples nationalités entraînera souvent des incidents entre les clandestins ce qui va leur attirer des problèmes. D’ailleurs en juillet dernier un incident s’est éclaté entre les membres de deux ghettos (camerounais et ivoiriens). Les premiers avaient accusaient les seconds d’avoir volé du bois. La dispute verbale entre les deux personnes, s’est transformée en bagarre sanglante entre les membres des deux communautés. Ceci s’est terminé par l’intervention de la gendarmerie qui procédé à des dizaines d’arrestations. Du coup les campements de fortune de tous les ISS de Oued Ouerdefou ont été détruits et brûlés4. Les autres ISS ont pris la fuite pour se réfugier dans la forêt avoisinante Après une disparition deux jours, les clandestins se sont reparus et ont repris possession des lieux. Cette distance a aussi un avantage. En cas d’urgence (agressions) ils peuvent compter sur le soutien des uns et des autres.


Le ghetto regroupe des clandestins de même nationalité. Ainsi, on parle du ghetto des Maliens, le ghetto des nigérians, ghettos des sénégalais, etc. Certains ISS en nombre très réduit se regroupent avec d’autres immigrants peu nombreux eux aussi pour former un seul ghetto. Ils forment ainsi des groupes ethniques et communautaires bien distincts les uns des autres. Cependant, la grande distinction entre ces immigrants reste la langue. Bien qu’ils soient répartis en fonction du pays, les clandestins se divisent en deux grandes divisions linguistiques. Il y a les anglophones et les francophones. Ils sont aussi très distincts les uns des autres par la religion : les musulmans d’un coté et les non-musulmans. En dépit des conditions de vie difficiles, la communication n’est pas toujours facile et se termine souvent par des échauffourées.
Toutefois, leurs ghettos sont séparés les uns des autres, mais non éloignés. Leur campement est un ensemble de tentes ou des baraques faites à partir des matériaux de fortune récupérés sur place (couverture, bois, ferrailles, roseaux, plastique…).

L’espace occupé par ses ghettos est « leur territoire ». C’est chez eux et aucune personne autre que les clandestins ne peuvent s’aventurer en essayant d’y pénétrer. Toutefois, leur présence dans cette ville ne passe pas inaperçu. Au contraire, tout le monde est courant de leur présence y compris les dirigeants au niveau régional et central.
Après avoir épuisé toutes leurs économies lors de la traversée du désert, ces grands rêveurs de l'Occident deviennent des véritables «misérables. En effet, une fois arrivés à Maghnia, ils se retrouvent avec peu ou sans argent. Cela concerne entre autres ceux qui reviennent du Maroc : ceux qui échouent dans leurs tentatives de passage vers les cotes espagnoles et aussi ceux qui se font refouler par les autorités de ce pays ou ils ont été agressé et tout leurs biens (argent, téléphone portable…) ont été confisqués.
Depuis, les clandestins déclarent ne pas vouloir rester longtemps dans le royaume chérifien pour des raisons diverses (agressions, risque élevé de refoulement, misère, agression…). D’ailleurs, ils ont du mal à comprendre le comportement de leur « frères marocains », nous disent certains d’entre eux. Ceci les poussent à établir leur quartier général ailleurs et faire du Maroc qu’une voie de passage. Le Maroc par sa proximité géographique  (le détroit de Gibraltar, les enclaves de Ceuta et Melilla) un itinéraire obligé et sollicité par les clandestins qui veulent s’installer en Europe.
Sans ressources financières, ils sont coincés dans cette ville frontalière, dans l’impossibilité de poursuivre leur voyage ou de faire demi-tour vers le pays d’origine. Ainsi ils voient leur séjour se prolonger. Le passage vers l’Espagne lui aussi se complique. Ils sont livrés à eux même et errants dans la nature.

IV- DES IMMIGRANTS VIVANTS EN COMUNAUTE
A Maghnia, le nouveau clandestin qui arrive est accueilli par ses compatriotes. Il est rapidement intégré pris en charge par le groupe. En contrepartie, il doit respecter les règles de fonctionnement du ghetto. A Maghnia, chaque ghetto a son chef. Souvent, ce dernier est un ancien dans le ghetto. Il s’impose et c’est lui qu’on craint le plus.

Il est l’arbitre en cas de conflit entre les membres du groupe, mais aussi, avec les clandestins des autres ghettos. C’est à lui qu’on doit rendre les comptes. Son rôle est de veiller à ce que chaque membre du groupe participe aux taches quotidiennes.

Entre les courses, la préparation des repas, l’entretien du ghetto, le ramassage du bois, l’approvisionnement en eau. Chaque clandestin a une activité selon un calendrier rotatif. Tout les deux ou trois jours en fonction du contexte, vers 18h les membres du ghetto se réunissent autour de leur chef pour faire le bilan de la journée et discuter des mesures à prendre. C’est lors de cette réunion que sont réparties les taches de l’ensemble des membres du ghetto.
Face à cette situation de détresse, la solidarité entre les clandestins devient indispensable voire nécessaire entre les différents membres du ghetto (ceux qui travaillent, ceux qui reçoivent de l’argent de l’étranger et ceux qui ne travaillent pas). Elle est même imposée par le responsable du ghetto. Celle-ci fait partie de toute une série de règles adoptées par les membres du ghetto, mais aussi acceptée par l’ensemble des clandestins. Chaque clandestin verse, selon ses moyens financiers son obole qui sera destiné à la prise en charge des plus démunis. Ceux qui ont la chance d’avoir de la famille ou des amis en Europe reçoivent de l’argent par le biais de la « Western Union ». Cet argent est échangé dans le marché parallèle5 de la devise. Ce canal leur procure un bon pécule puisqu'un Euro leur rapporte entre 100 et 120 dinars algériens au lieu de 90 dinars au cours officiel. Les ISS sont en contact avec des personnes évoluant dans l’informel qui vont servir d’intermédiaires avec les passeurs. Cependant la recherche d’un emploi reste la principale issue de secours pour l’ensemble des immigrants subsahariens.
Les ISS s’adonnent à toutes les activités qu’ils peuvent trouver dans cette région. Ils sont dans les champs travaillant avec les fellahs, dans le bâtiment, manutentionnaires pour charger ou décharger des marchandises et aussi dans les garages de réparation des voitures. Ce travail leur procure un pécule quotidien allant de 400 à 600 dinars par jour et en fonction des employeurs et des taches accomplies. Avec de telles pratiques, les ISS règlent, provisoirement, quelques problèmes financiers mais leur situation s’aggrave vis-à-vis des lois algériennes. Ils sont en situation irrégulière et exercent des activités d’une façon illégale. D’autres clandestins se mettent à mendier. « Ils circulent en groupe (de deux ou trois personnes, mais surtout individuellement) à travers les quartiers et rues de Maghnia tout au long de la journée. Cette errance obligée a pour but d'attirer l'attention de quelques âmes charitables qui leur donneront une baguette de pain, un sachet de lait ou quelques cigarettes » (Layadi E. A., 2000) La balade citadine, leur coûte parfois des insultes ou moqueries racistes de la part des jeunes qui les appellent « Abids » ou « nagraouas » (esclaves). Les clandestins font les poubelles des restaurants à la recherche des restes de nourriture. Ils vivent « à la fortune du pot – et c’est un euphémisme6». « Si Dieu nourrit les oiseaux du ciel, il ne nous oubliera pas » disait un clandestin camerounais à un journaliste algérien7. Par ailleurs, la présence de certains clandestins d’origine nigériane8 essentiellement qui cherchent le gain facile en s’impliquant dans des affaires de drogues, fraudes… Ce comportement est à l’origine de désaccord avec d’autres communautés qui veulent rester en paix.

V- MAGHNIA : UNE BASE ARRIERE POUR L’IMMIGRATION CLANDESTINE LIEU SEDENTARISATION 
Jamais l’Europe n’a connu une vague d’immigration africaine aussi importante comme celle de ces dernières décennies. Pour faire face à cette menace, les Européens tentent de verrouiller leurs frontières. Arriveront-ils à le faire ? Pas sur. L’Europe en grande période de dénatalité à plus que jamais besoin de cette immigration. De nos jours, cette dernière divise les pays européens. Déjà certains responsables européens évoquent les bien faits et le rôle de cette immigration clandestine dans la croissance économique. L’Espagne en est le bon exemple et les aveux de son Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero sont une preuve irréfutable. Ce pays a lancé une campagne de régularisation de tout les clandestins. En France, par contre, on parle de l’immigration choisie. Son ministre de l’intérieur de l’époque qui n’est autre que l’actuel président de la république, Nicolas Sarkozy a longuement critiqué la régularisation massive des clandestins faite par l’Espagne et l’Italie.
Certes, l’immigration est un phénomène ancien, mais elle semble de nos jour, prendre une ampleur de plus en plus inquiétante. La mondialisation y est pour beaucoup. Une richesse qui s’accumule dans les pays riches mais a comme origine les pays du sud. A contrario, dans ces derniers pays, c’est l’appauvrissement et la précarité qui s’installe. Celle-ci est la conséquence de l’échec des programmes d’ajustements structurels qui a désarticulé les économies nationales. Ajoutez à cela les politiques économiques et financières dictées par les pays développés et leurs institutions financières (FMI, Banque mondiale OMC) qui ont imposé des licenciements et des privatisations. Cette situation à donner naissance chez les milliers de jeunes l’idée de fuir leur pays à la recherche d’une vie meilleure. Le rêve de ces africains n’est autre que l’Eldorado européen ou l’Amérique du Nord. Or beaucoup ne sont jamais arrivés. Certains sont morts dans le grand Sahara ou noyés en mer. D’autres sont toujours en errance quelque part dans le Maghreb, devant une frontière en attendant de pouvoir la traverser pour rejoindre l’Europe.
Maintenant que ce phénomène migratoire a pris des proportions considérables tant par la forme que par le nombre, le contexte régional et international a changé. L’Europe est en train de durcir le contrôle le long de ses frontières. Les moyens humains et matériels déployés pour la lutte contre l’immigration clandestine sont énormes. Ainsi ces clandestins qui ne pensaient que transiter par Maghnia se trouvent coincé à mi-chemin. Revenir au pays, ils n’ont plus les moyens et surtout, ils ont du mal à accepter l’échec. Ils auront honte face à leurs proches. Mais certains y pensent déjà à rentrer au pays et tenter l’aventure à nouveau. Continuer, c’est de plus en plus difficile d’autant plus que l’Europe est devenue une véritable forteresse inaccessible. Finalement, ces immigrants subsahariens ne sont « ni sédentaires, ni oiseaux de passage9 ». C’est le « Wait and see » total qui règnent
Avec Agadez et Tamanrasset, Maghnia, est l’un des endroits où se cantonnent certains des ces africains clandestins. Ils sont venus dans cette ville avec l’espoir de passer vers l’Europe. Or ce projet devient de plus en plus difficile à concrétiser. Il l’est car d’un coté l’Europe renforce les contrôles tout le long de ses frontières. Elle a même « délocalisé ses frontières sud » vers les pays voisins de la rive sud. Elle a tendance surveiller les frontières de certains pays africains (Mauritanie) d’où partent les clandestins pour lutter contre toutes les tentatives de départs. L’Europe veut faire des pays du Maghreb une zone tampon entre son espace et l’Afrique subsaharienne. L’Europe essaye de faire en sorte que la lutte contre l’immigration clandestine se fasse loin de son territoire. Ce n’est plus les européens qui mènent cette lutte mais, les Maghrébins. Des millions d’Euros sont débloqués pour le compte de ces pays pour les aider dans leur lutte contre l’immigration saharienne. Au Maroc, que se soit la traversée ou le séjour des clandestins sont difficiles. La présence de ces ISS est indésirable par la population et les autorités. Ils ne peuvent pas travailler car ils seront dénoncés mais aussi par manque de travail. Le Maroc sous la pression européenne mène une chasse aux clandestins parfois même d’une façon inhumaine.
Du coup Maghnia devient une base arrière pour tout ceux qui n’arrivent pas à passer vers les enclaves espagnoles. Ils reviennent à leur point de départ. « Au moins ici (Maghnia), on est tranquille, on peut trouver du travail. » nous dit Ibrahim, un clandestin malien de 27 ans. A ceux la s’ajoutent les nouveaux arrivants.
Cette présence qui devient durable suscite un certain nombre de réactions et accompagné de certaines mesures. En Algérie la lutte contre l’immigration clandestine est ancienne. Elle remonte au temps des sècheresse des années 1980 et aussi durant les conflits régionaux au Mali et au Niger en 1991 et 1993 marqué par l’insurrection des touaregs (les Azawads) contre le pouvoir central ( Pliez, 2002). A cette époque là, les touaregs quittaient leur pays pour venir s’installer à Tamanrasset dans le sud algérien. Bien que l’Algérie mène une lutte sévère contre les clandestins subsahariens dans le sud, au Nord, cette lutte reste en déca de ce qu’elle devrait être. Dans le Sahara elle continue et se fait au niveau des frontières mais aussi dans les villes et le long des routes sahariennes. Cette lutte a tendance à prendre la forme d’une campagne ponctuelle. A Maghnia, la police a mené deux grandes opérations. La première en 2004 qui permis aux autorités algériennes d’expulser clandestins. En 2005, lors d’une opération similaire mais financée par le MEDAII10, immigrants sahariens ont été conduit vers leur pays d’origines. Au niveau national, l’Algérie reconduit quelques 35 000 clandestins vers les frontières pour la période 2002-premier semestre 2006. La plus part de ses refoulements s’effectuent dans le sud. A titre d’exemple durant le premier semestre 2005, plus de 3000 personnes on été refoulés, rien que sur la bande frontalière. En moyenne, l’Algérie expulse chaque année quelques 8 000 clandestins subsahariens.
Toutefois, l’Algérie par sa situation géographique s’est trouvée prise au piège. D’un coté le Maroc avec l’aide de l’UE est moins indulgent, que son voisin de l’est, envers cette immigration clandestine. Les pays de la rive méditerranéenne nord sont de plus en plus inaccessibles car la lutte contre ce phénomène se fait désormais en dehors de leur territoire. De l’autre coté les ISS sont de plus en plus nombreux à pénétrer dans le sol algérien. L’Algérie est mise devant le fait accompli. Elle est en train de devenir la nouvelle destination des ces candidats qui en profitent de la souplesse et l’ancienneté de la politique anti-immigration clandestine qui datte des années 1960.
Face à ce constat et surtout sous la pression européenne, l’Algérie est en train de durcir sa lutte contre l’immigration clandestine. Sur le terrain cela se traduit par la création, dans le cadre de la coopération avec la France, d’un office central de lutte contre toutes les filières et réseaux liés à l’immigration clandestine, avec des offices régionaux. Cet office dispose de plusieurs centres régionaux. Maghnia va avoir sa propre brigade sur 11 brigades régionales créée le long des frontières. Elle sera constituée de 80 agents. De plus le long de la frontière avec le Maroc (entre Maghnia est Marsa Ben M’hidi), une vingtaine de poste de surveillance sont en cours de constructions. L’ensemble de ses structures va voir leurs moyens humains, techniques et matériels se renforcer. L’Algérie rejette l’idée faite par l’Europe et qui consiste à avoir sur le territoire d’un pays du Maghreb un camp où seront parqués des milliers d’immigrants clandestins en attendant que leurs dossiers soient régularisés. Pour l’Algérie cela équivaut à jouer le rôle de gendarme au profit des Européens. C’est dans ce sens que le gouvernement algérien avait boycotté la conférence de Rabat le 10 et 11 juillet 2006 entre l’UE et les pays africains. D’ailleurs cette rencontre n’a abouti à rien sur la question migratoire. Toutefois, l’Algérie est devenue plus que jamais concernée par cette immigration clandestine qui jusque là ne faisait que transiter par le sol algérien. De nos jours, cette immigration tend de faire de l’Algérie une terre d’accueil. Du coup l’Algérie a, à l’instar des autres pays voisins, adopté cet été, un projet de loi qui criminalise l’immigration clandestine.

CONCLUSION
L’immigration des subsahariens fait la une de tout les medias. Au nord comme au sud, elle est au menu de plusieurs réunions des responsables politiques. Dialogue Euro-méditerranéen, 5+5, conférence Europe- Afrique…L’Algérie a connu l’immigration subsaharienne illicite dès les années 1980. Les clandestins n’arrivaient au Nord que rarement. Ils restaient dans le grand sud ou encore se dirigeaient vers la Libye. La wilaya de Tamanrasset a été le lieu de refuge des milliers de personnes. Des familles entières se sont installées dans cette ville. Dès cette époque l’Algérie s’est investi dans le refoulement des clandestins. Ceci lui a valu des critiques européennes entre autres.
Plus tard, d’autres immigrants -parfois venant de loin- ont emprunté ce chemin. Ils sont ghanéens, Nigériens, Camerounais, Sénégalais, Ivoiriens, Burkinabais à entreprendre les routes menant vers l’Algérie. Ces départs se sont fait en direction du nord algérien, la Tunisie, et la Libye. Nombreux cette fois-ci mais, ils ne font que traverser ces pays car ils veulent aller vers l’Eden européen. La traversée du Maghreb est longue, périlleuse. Souvent le voyage dure plus que prévu initialement, alors ces immigrants font des haltes pour travailler avant de reprendre la route. Tamanrasset, Djanet, Adrar au sud et, Alger, Oran et Maghnia au nord sont leurs principales destinations. Sur place et moyennant d’importantes sommes d’argent, ils vont trouver auprès des trafiquants toute l’aide nécessaire. En Algérie, à certains moment donné, ce phénomène était considéré comme « oiseaux de passage » (Piore M.J., 1979).

Toutefois, la présence des clandestins prend des formes phénoménales et les flux deviennent ingérables. A Tamanrasset comme à Maghnia, les deux villes sont les points de concentrations de ces immigrants. La première est leur principale porte d’entrée. La seconde est l’exutoire de cette déferlante marée humaine. Entre ces deux villes, ils sont des centaines à circuler, travailler… Face cela l’Algérie mène des opérations inopinées dans sa lutte contre cette immigration. Mais face aux chances réduites d’arriver en Europe, les clandestins ont tendance à se sédentariser en Algérie. Maghnia et un bel exemple pour ces immigrants. Ils ont occupé un espace qui est devenu le leur et où, ils font leurs propres lois. Vivants en marge de la société ses « sous humains » qui se font appeler aussi « Les damnés de Oued Jorgi 11», les africains connaissent le fonctionnement du milieu informel. Face à cette situation de plus en plus difficile, les ISS ont tendance à prendre un nouvel itinéraire pour l’Europe. Mais l’Algérie qui depuis la fin de la crise sanglante des années 1990, est devenue un immense chantier. L’embellie financière liée à la hausse des prix du pétrole le permet également. Ces éléments vont peut être faire de l’Algérie la destination finale de nombreux africains.
Ceci a conduit le pays à changer sa vision sur la question de lutte contre l’immigration illicite. Depuis peu d’importants moyens sont déployés et les mesures sont répressives. Aux moyens humains et matériels, cette lutte contre l’immigration clandestine s’est renforcée par un arsenal juridique qui fait de ce phénomène un délit. En effet, le gouvernement a, dès cet été promulgué une série de lois qui criminalisent l’immigration clandestine. Sont concernés par cette loi, les immigrants clandestins et aussi toute autre personne qui leur apporte aide et soutien.

Bibliographie
Bensaad A., (2001), Voyage avec les clandestins du Sahel, Le Monde diplomatique, sept., p.16-17.

Bensaad A., (2002), La grande migration africaine à travers le Sahara, in Revue Méditerranée, n 3.4, p. 41-52.

Benfodil M. (2005), L’immigration clandestine vue par la presse algérienne : L’Algérie, pays passeur, pays purgatoire… communication donnée lors du Séminaire des Médias et criminalisation de l’immigration : regards croisés, à Almunécar (Espagne), 10-12 juin 2005.

Pliez O., (2002), Vieux réseaux et nouvelles circulations entre les deux rives du Sahara, in Revue Méditerranée, n 3.4, p. 31-40.

PIORE Michael J. (1979), Birds of Passage : Migrant Labor and Industrial Societies, Cambridge University Press, Cambridge

SCHMOLL Camille, (2002), « Ni sédentaires, ni oiseaux de passage : les Algériens à Naples » in Nouvelles migrations, nouvelles formes des migrations, Ed revue VEI-Enjeux du Centre national de documentation pédagogique (CNDP)  no 131, Paris, pp. 64-78.

Lapize B., (2004), « Les migrants subsahariens » in Le Débat Stratégique Nº75 -- Juillet 2004, Ed. CIRPES, Paris.

Presse algérienne et étrangère :

RFI Actualité du 20/10/2005, Clandestins, piégés par les filières d’émigration, par 1/2 Correau L.

RFI Actualité du 23/10/2005, Cette frontière, c’est une vraie passoire, par Correau L.,

RFI actualité du 09/10/2005, Des centaines d’Africains livrés au désert, par Mas c.

Le jeune indépendant du 27/09/2000.

Le figaro du 22/08/2006, Les gros profits du trafic de clandestins africains, par Picard M.

Le quotidien Liberté du 18 juin 2006

Le journal Hebdo, du 20 juillet 2006.

El khabar du 29 août 2006


 Centre de Recherche sur l’Immigration, l’Ethnicité et la Citoyenneté (CRIEC),

Université du Québec à Montréal (UQAM).


1 En 2002 cette somme se situaient entre 1000 et 1500 euros mais face à cette marée humaine les passeurs ont revu leurs tarifs à la hausse.

2  Voir El khabar quotidien national du 29 août 2006.

3 Voir l’article de Marine Veith, dans le journal Hebdo, du 20 juillet 2006. Le Centre d’Accueil Temporaire des immigrés (CETI) n’est autre qu’un établissement est financé par le ministère du travail humanitaire et qui tente de venir en aide aux immigrants clandestins. Ils leur fournissent un toit, des repas, des vêtements et des soins.

4 A chaque intervention des forces de sécurités dans les lieux où se trouvent les campements des ISS, ils brûlent tous les équipements de l’ensemble des ghettos qui se trouvent dans l’oued. Seul les autres ghettos se trouvant dont le second oued seront épargnés. Les clandestins chassés vont disparaître pour trouver refuge dans la forêt, ou chez les amis dans les autres ghettos pour revenir vers leurs lieux quelques temps après.

5 Le marché parallèle des devises est très florissant en Algérie. Un Euro coûte environ 100 dinars algériens.

6 L’IMMIGRATION CLANDESTINE VUE PAR LA PRESSE ALGERIENNE : L’Algérie, pays passeur, pays purgatoire… Par Mustapha Benfodil, communication donnée lors du Séminaire des Médias et criminalisation de l’immigration : regards croisés, à Almunécar (Espagne), 10-12 juin 1005.

7 Idem.

8 Voir données de l’Organisation des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) publiées dans le figaro du 22 août 2006.

9 SCHMOLL C., (2002), « Ni sédentaires, ni oiseaux de passage : les Algériens à Naples » in Nouvelles migrations, nouvelles formes des migrations, Ed revue VEI-Enjeux du Centre national de documentation pédagogique (CNDP)  no 131, Paris, pp. 64-78 

10 Ce programme européen avait attribué 10 millions d’euros pour la lutte contre l’immigration en Algérie.

11 Titre d’un reportage sur les subsahariens à Maghnia fait par le du journalise Mustapha Benfodil en1999.

similaire:

I-maghnia une ville favorable a l’immigration clandestine iconSur la loi du 24 juillet 2006 relative a l’immigration et l’integration
«immigration subie» (notamment familiale) pour favoriser une «immigration choisie», plus en phase avec les besoins économiques de...

I-maghnia une ville favorable a l’immigration clandestine icon20 000 € pour une expo de photo sur l’immigration …
«Prolos» dont une importante partie concerne l’histoire de l’immigration à Paris. Cette exposition sera l’occasion de présenter des...

I-maghnia une ville favorable a l’immigration clandestine icon22 Textes législatifs et règlementaires autres sources d’information
«aucune observation de nature à remettre en cause les orientations retenues» «considère le bilan favorable et décide de poursuivre...

I-maghnia une ville favorable a l’immigration clandestine iconI- contexte contexte général Un engagement de la Ville
«une ville pour tous», accompagnée d’un programme d’actions, avec 31 partenaires (janvier 2006)

I-maghnia une ville favorable a l’immigration clandestine iconCollectivite territoriale de corse
...

I-maghnia une ville favorable a l’immigration clandestine iconInformations du Comité Louis Braille
«Point de Vue sur la Ville» spécialisée pour l’amélioration de l’accessibilité des personnes déficients visuelles organisent une...

I-maghnia une ville favorable a l’immigration clandestine iconCréation du Conseil Consultatif Ville et Handicap
«Conseil consultatif ville et handicap» (ccvh). Ce conseil aura un rôle consultatif et non décisionnel, et est une instance de participation...

I-maghnia une ville favorable a l’immigration clandestine iconUn budget favorable aux collectivités locales

I-maghnia une ville favorable a l’immigration clandestine iconBiographie de René quinton
«les trente glorieuses» de nos grands-parents, comme furent les années après 1945, pendant lesquels la France connaît une aire de...

I-maghnia une ville favorable a l’immigration clandestine iconRapport de sejour
«Sa Majesté britannique, en toute propriété, le Canada avec toutes ses dépendances». Cette cession entraîne vers le Nouveau Monde...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
d.20-bal.com