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4.1 Impasse de la co-construction au Mexique15


La co-construction démocratique est difficile à pratiquer, sinon impraticable, dans des pays dirigés par des gouvernements néolibéraux, comme c’est le cas présentement au Mexique, en Colombie, au Panama, au Honduras, au Guatemala, en République dominicaine, au Paraguay, etc.16
Le cas du Mexique, un pays fédéraliste très centralisé gouverné par des néolibéraux depuis quelques décennies, est intéressant à examiner à cet égard. C’est ce que fait John Ackerman, un politologue mexicain de gauche. Tout en véhiculant une position de principe favorable à la « co-gouvernance », qui s’harmonise bien avec notre problématique de co-construction démocratique, dans les articles engagés qu’il publie régulièrement dans La Jornada, Ackerman (2012) revient constamment à la charge, à partir de nouveaux cas concrets illustrant des atteintes aux droits humains, pour dénoncer les politiques gouvernementales ultralibérales et célébrer les résistances populaires (2014a, 2014b et 2014c). « Un gouvernement sourd, un peuple indigné », voilà le titre accrocheur choisi par Ackerman dans un article récent (2014c) pour témoigner de l’impasse actuelle de la participation populaire, dans la co-construction démocratique au Mexique. Le nouveau président, Enrique Peña Nieto du PRI (Parti révolutionnaire institutionnel), a été élu pour six ans (pour la période 2012-2018) avec seulement 38% des voix dans un système électoral à un tour. En outre, il est minoritaire à l’intérieur des deux chambres. Néanmoins, il parvient à concentrer les pouvoirs autour de la présidence (l’exécutif) et à déjouer les prérogatives du législatif. Selon Ackerman : « Le principal objectif d’Enrique Peña Nieto, avec toutes ses réformes, consiste à centraliser dans le pouvoir exécutif (…) toutes les décisions clés dans le domaine des télécommunications, de l’énergie et du système électoral » (2014b)17. C’est ce qui s’est passé au cours des deux dernières années au Mexique pendant lesquelles le Président Peña Nieto s’est employé efficacement, dans le domaine des hydrocarbures, à dé-construire les politiques de nationalisation instaurées par Lázaro Cárdenas à la fin des années 1930 (Ackerman, 2014a et 2014d; Saxe-Fernández, 2014).
Si nous tenons compte de nos balises théoriques sur la co-construction démocratique, le cas mexicain ressort comme étant intéressant. Les réformes néolibérales dans le domaine des politiques de développement des ressources naturelles ont été rendues possibles d’une part parce qu’il n’y a pas eu de co-construction au sein de la société politique; au contraire, la branche exécutive du gouvernement central (la Présidence) a été capable d’instrumentaliser à la fois le législatif (le sénat et l’assemblée des députés), les partis politiques d’opposition et les entités politiques fédérales incluant les gouvernements des 32 États territoriaux (peu autonomes dans le système politique fédéral mexicain)18. D’autre part, les mouvements et organisations de la société civiles ont également été instrumentalisés ou neutralisés. En somme, si les politiques néolibérales du Président ont été co-construites, elles l’ont été seulement avec les compagnies transnationales étrangères et nationales avantagées par la re-privatisation de l’économie pétrolière et gazière au Mexique. On est ici aux antipodes de la co-construction démocratique des politiques publiques.
Dans les pays où dominent les orientations néolibérales comme c’est le cas au Mexique, en Colombie et au Pérou, même si la co-construction des politiques publiques est bloquée au plan national, il arrive qu’elle puisse demeurer possible dans des territoires locaux ou régionaux, ou encore dans certains secteurs d’activités. Les choses ne semblent pas se passer facilement de cette manière au Mexique19. La situation est autre en Colombie et au Pérou, même si, dans ces deux pays, les politiques nationales de l’État central s’inscrivent nettement en cohérence avec le modèle néolibéral. Néanmoins, les possibilités de co-construction démocratique existent dans ces deux pays et cela pour deux raisons. D’une part, parce que, dans certains territoires locaux ou dans certains secteurs, on retrouve dans la société civile des acteurs sociaux et des mouvements sociaux engagés dans des actions de démocratisation de l’économie et de la société20. D’autre part, parce que ces acteurs sociaux peuvent faire des alliances avec des élus pour définir et promouvoir des politiques avantageuses pour l’amélioration de la qualité de vie de la population locale. La rencontre de ces deux conditions fonde la possibilité de développer des politiques publiques co-construites démocratiquement, du moins dans certaines communautés locales ou dans certains domaines de vie collective. C’est ce qui a rendu possible des expériences novatrices de démocratie locale comme celle de Villa el Salvador au Pérou (Panfichi et Dammert, 2006). On peut penser aussi à des expériences de gouvernance municipale originale comme celle de la mairie de Bogota en Colombie avec Gustavo Petro, un maire progressiste au passé de guérillero qui dérange beaucoup les oligarchies locales et nationales avec ses politiques de démocratisation des services collectifs municipaux (Wallace, 2014; Lipietz, 2011). Toujours en Colombie, il faut mentionner aussi le cas de la Ville de Medellin devenue célèbre pour ses politiques urbaines et environnementales novatrices des deux dernières décennies et son « Accord » adopté en 2001 pour conférer une place importante à l’ESS dans son plan de développement (Carle Marsan et Champagne, 2014; Martínez C., 2011).
Dans un contexte à la fois semblable et différent, l’expérience brésilienne des budgets municipaux participatifs mérite aussi d’être examinée. Nous parlons d’un contexte semblable et différent pour suggérer que le courant néolibéral, certes, influence fortement certaines politiques macroéconomiques du gouvernement central et national au Brésil, mais sans pour autant contrôler aussi fortement l’ensemble des politiques publiques —dont certaines politiques sociales telle la Bolsa Familia— comme c’est le cas au Mexique, en Colombie et au Pérou.
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