Rapport phase 1





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Mouvements de terrain


Les mouvements de terrain peuvent se produire lors d’éboulement de falaises (cf. partie 6.1.2), à l’occasion de d’affaissements ou d’effondrement de cavités souterraines (marnières et bétoires), et enfin, en cas de sécheresse, dans les zones exposées au phénomène de retrait-gonflement des argiles.


      1. Le risque d’effondrement et affaissement de cavités souterraines



Explication du phénomène


On distingue les cavités souterraines d’origine humaine : marnières, carrières et celles d’origine naturelle : karst et bétoires.

Figure : Coupe schématique du sous-sol du Pays de Caux (Source : DDTM Seine-Maritime)

coupe schématique du sous-sol du plateau de caux

  • Marnière24

La craie y était exploitée pour l’amendement des terres sur l’ensemble du département, essentiellement au cours des XVIIIème et XIXème siècles. La profondeur du puits d’extraction variait le plus couramment de 20 m à 40 m, avec un volume de galerie de l’ordre de 200 à 400 m3. Ces cavités n’étaient pratiquement jamais comblées ; les puits étaient obstrués en entassant des fagots sur des poutres ancrées dans les parois et étaient colmatés avec de la craie et des matériaux divers, puis recouverts par de la terre végétale. Les puits refermés sont donc, généralement, invisibles et la mémoire s’en est souvent perdue. Les marnières se trouvent disséminées sur tout le plateau cauchois, pour une densité approchant les 13 cavités au km².

  • Carrière d’extraction de matériaux divers

Dans les carrières de sable, d’argile, de silex et de grès, l’exploitation se faisait à faible profondeur. Ces carrières pouvaient s’effondrer rapidement. Il est possible de trouver d’anciennes argilières sur tout le département, bien qu’on puisse noter leur prépondérance dans le Pays de Bray.

  • Karst  et bétoire25

Ces cavités naturelles résultent de la dissolution de la craie par les eaux d’infiltration. En effet, l’eau de pluie traversant l’atmosphère se charge en CO2, devenant légèrement acide. L’eau circulant dans les roches alcalines les dissout progressivement. Les petites fissures s’agrandissent, forment des vides ou se remplissent de particules fines. Les mouvements de nappe (variation du niveau piézométrique) et les phénomènes pluvieux intenses accélèrent ce processus de dégradation des roches. Cet ensemble de fissures et de boyaux forme le karst. Les bétoires sont des dépressions de terrain où s’engouffrent les eaux de ruissellement sur un axe de talweg (vallée sèche). Les bétoires peuvent aussi être issues d’effondrement de boyaux karstiques devenus trop instables. Les fonds de vallée, où l’eau s’écoule et s’infiltre, sont les plus affectés par ce type de cavités.

Quelques soient les cavités, on distingue les phénomènes26 d’affaissement de ceux d’effondrement. Les premiers sont des déformations souples sans rupture et progressives de la surface du sol ; elles impactent les constructions mais provoquent peu de victimes car la cinétique de l’évènement est assez lente. Pour les effondrements en revanche, il s’agit d’un abaissement à la fois violent et spontané de la surface parfois sur plusieurs hectares et plusieurs mètres de profondeur, tout le terrain au dessus de la cavité s'effondrant d'un coup ; Ce type de phénomène peut générer des dégâts considérables aux constructions (y compris aux plus importantes) et provoquer un risque important de victimes physiques en raison de la rapidité et de l'importance du phénomène.

Exposition du territoire de Dieppe-Maritime


Ces cavités sont parfois connues, et peuvent être identifiables, mais le plus souvent leur présence est insoupçonnable jusqu’à leur effondrement. En effet, les cavités souterraines se dégradent au fil du temps, principalement sous l’effet de l’eau, de la nature de la roche, de leur environnement géologique. Les effondrements sont également favorisés par une pluviométrie abondante, en particulier en hiver ou au printemps.

Un travail de recensement par le BRGM est en cours de réalisation pour la Haute-Normandie. Le BRGM évalue le nombre de marnières entre 60 000 et 80 000 sur le département de Seine-Maritime. Les cartes du BRGM, réalisées à l’échelle communales, indiquent pour l’agglomération de Dieppe-Maritime, un nombre important de cavités, principalement des carrières, de nombreuses cavités dont l’origine est encore indéterminée, et quelques carrières naturelles.

Figure : Carte des cavités recensés sur le territoire de Dieppe-Maritime (source: BRGM)



Pour les raisons expliquées ci-dessous, ce travail de recensement ne peut pas être réellement exhaustif, mais il permet en revanche de réduire les risques pour les cavités dont l’emplacement est connu. Le risque d’effondrement de cavités souterraines est donc diffus et permanent sur le territoire. Les impacts potentiels d’un phénomène d’effondrement sont aggravés par l’urbanisation en surface de ces cavités.

Evolution du risque avec le changement climatique


L’évolution des équilibres climatiques pourraient causer une augmentation des mouvements de terrain rapides et discontinus comme les effondrements de cavités souterraines, glissements de terrain, chutes de blocs et éboulements.

Les risques de dommages et de perturbations sur les ouvrages et infrastructures (réseaux de transports, ouvrages d’art, bâtiments) pourraient augmenter du fait de la perturbation du cycle de l’eau et des conditions de température ou de vent. Les modifications de la teneur en eau ou de la température des sols pourraient notamment être à l’origine d’une recrudescence des aléas gravitaires (glissements de terrain, chutes de blocs).

Impacts du risque sur le territoire


Cf. tableau de synthèse en partie 6.3.3
      1. Le risque de retrait-gonflement des argiles 



Explication du phénomène


Le retrait-gonflement, en réalité un phénomène en deux temps, est provoqué par deux types de facteurs : des facteurs de prédisposition et des facteurs de déclenchement :

Les facteurs de prédisposition induisent l’aléa mais ne suffisent pas à le déclencher. Ils sont fixes ou évoluent très lentement. On distingue les facteurs internes (liés à la nature du sol) des facteurs d’environnement (qui caractérisent plutôt le site). Les facteurs de prédisposition sont la nature du sol (composition minéralogique), le contexte hydrogéologique (teneur en eau et degré de saturation), le contexte géomorphologique (topographie de surface), la végétation (présence de racines profondes qui soutiennent l’eau du sol) et des défauts de construction des bâtiments.

Les facteurs de déclenchement sont ceux dont la présence provoque le phénomène de retrait-gonflement des argiles mais qui n’ont d’effet significatif que s’il existe des facteurs de prédisposition. La connaissance des facteurs de déclenchement permet de déterminer l’occurrence du phénomène (l’aléa retrait-gonflement et non plus la susceptibilité à cet aléa). Les facteurs de déclenchement sont les phénomènes climatiques (précipitations et évapotranspiration (transfert d’eau du sol vers l’atmosphère par évaporation des eaux de surface et transpiration des plantes)) et les facteurs anthropiques (du type modification des écoulements superficiels dans le cadre de travaux de drainage qui modifient les teneurs en eau de la tranche superficielle des sols).

Figure : Le phénomène de retrait-gonflement des argiles illustré (Source : BRGM)



Le retrait-gonflement de sols argileux engendre chaque année des dégâts particulièrement coûteux, principalement dans le bâti individuel.

Exposition du territoire de Dieppe-Maritime27


La Seine-Maritime est peu touchée par le phénomène de retrait-gonflement des argiles, sauf deux zones très localisées, correspondant à des formations du sol bien particulières, qui se situent sur le territoire de Dieppe-Maritime.

  • La formation de « Varengeville, Yprésien supérieur » : elle se situe entre les communes de Sainte Marguerite-sur-Mer et Dieppe ;

  • Les « argiles du Sparnacien, Yprésien inférieur » se situant au niveau des communes de Dieppe et Saint-Saëns.

Ces deux formations argileuses ont été caractérisées en aléa fort. 14 sinistres recensés sur la ville de Dieppe (bien que non qualifié de catastrophe naturelle).

Figure : Carte du risque de Retrait Gonflement des Argiles pour Dieppe-Maritime (source: BRGM)

Evolution du risque avec le changement climatique


Les dérèglements climatiques (notamment les aléas température, pluviométrie et vent) auront des impacts sur les facteurs déclenchant du phénomène de retrait-gonflement des argiles. Les sécheresses estivales risquent de devenir plus fréquentes et d’entraîner une augmentation du nombre des années présentant une sinistralité importante.

Par ailleurs, la profondeur de terrain affectée par les variations saisonnières de teneur en eau ne dépasse guère 1 à 2 m sous les climats tempérés, mais peut atteindre 3 à 5 m lors d’une sécheresse exceptionnelle. L’augmentation prévisible de la durée et de l’intensité des épisodes de sécheresse risque d’entraîner un accroissement de la profondeur du sol affectée par le phénomène du retrait-gonflement des argiles.
      1. Impacts du risque de mouvements de terrain sur le territoire


Le tableau de synthèse traite les impacts des différents mouvements de terrain existant sur le territoire de Dieppe-Maritime.




Exposition

Facteurs de sensibilité

Impacts potentiels

Agriculture

L’exposition des terrains agricoles au risque de retrait-gonflement des argiles est forte

Facteur technique :

De nombreuses marnières sont présentes sur les terrains agricoles car elles servaient à amender les terres ; l’existence de ces marnières n’est pas connue la plupart du temps

Impact direct

  • Perte de valeur des espaces agricoles du fait de l’existence d’un risque d’effondrement ou affaissement qui est rarement probabilisé

Pêche

Activités portuaires

L’exposition des infrastructures portuaires aux mouvements de terrain est a priori très faible









Infrastructures/Cadre bâti

L’exposition au risque de mouvement de terrain concerne principalement des infrastructures de l’agglomération ; cette exposition est forte, que cela soit pour les cavités souterraines ou le retrait-gonflement des argiles.

Facteur technique :

Sensibilité des maisons individuelles

  • la structure de ces bâtiments, légers, peu rigides et fondés de manière relativement superficielle par rapport à des immeubles collectifs, les rend très vulnérables à des mouvements du sol d’assise ;

  • la plupart de ces constructions sont réalisées sans études géotechniques préalables qui permettraient notamment d’identifier la présence éventuelle d’argile gonflante et de concevoir le bâtiment en prenant en compte le risque associé.

Impact direct

  • Endommagement ou destruction d’habitations

  • Rupture de canalisations

  • Coûts d’intervention longs et importants de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers d’euros




Tourisme

L’exposition des infrastructures touristiques est forte

Facteur socio-économique :

Concentration des résidences secondaires dans les communes littorales qui sont particulièrement exposées au risque de retrait-gonflement des argiles

Impact direct

  • Impact sur les résidences secondaires préexistantes : endommagement, destruction, travaux de réhabilitation conséquents à un mouvement de terrain

  • Impact sur de futures résidences secondaires : prise en compte du risque, augmentation des coûts pour la conception des bâtiments

Santé

L’exposition des populations est forte en cas d’effondrement brutal des cavités dans des zones d’habitation ou d’activité




Impact direct

  • Accidents, décès en cas d’effondrement

Biodiversité

L’exposition de la biodiversité au risque de mouvement de terrain est faible. Le phénomène de retrait-gonflement des argiles n’impacte pas les végétaux ou animaux, et les effondrements de cavités représentent des aléas ponctuels, tant dans le temps que dans l’espace.










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