Rapport du Conseil Exécutif





télécharger 297.33 Kb.
titreRapport du Conseil Exécutif
page7/19
date de publication08.07.2017
taille297.33 Kb.
typeRapport
d.20-bal.com > économie > Rapport
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   ...   19

2.3- Identification des potentiels de l’île sur lesquels ancrer le développement


L’île bénéficie d’un certain nombre d’atouts sur lesquels doivent s’ancrer son modèle. Au premier rang de ces atouts, la qualité de son cadre de vie et son identité, à partir desquels, peut s’organiser un développement dynamique.

2.3.1-Espace disponible et faible pression humaine


Avec une superficie de 8680 km², la Corse est parmi les 158 îles de Méditerranée, la quatrième par sa taille, derrière la Sicile, la Sardaigne et Chypre.

Elle est aussi la plus grande des îles françaises.

L’insularité, sa géomorphologie et sa géologie lui confèrent un vaste linéaire côtier, évalué par le SHOM et l’IGN à 1520 km (au 25 000e), que l’on ramène, après déduction des îlots et estuaires, à 1090 km. Celui-ci représente 12 % du linéaire côtier total de France métropolitaine.

Ainsi, même s’il s’agit d’un petit territoire en comparaison des autres régions de France métropolitaine, en tant qu’île, l’espace disponible y est considérable et d’autant plus lorsque l’on considère sa faible population, sans obérer le fait que dans le contexte actuel, les problématiques du foncier n’en facilitent pas la mobilisation effective.

La population de Corse a considérablement augmenté de 1999 - 260 152 habitants, à 2008 - 302 966 habitants (+16,4 % - en comparaison le chiffre pour la France métropolitaine est de + 6.2 %).

Malgré le boom récent de sa démographie, elle reste un territoire faiblement peuplé mais où, la population est très inégalement répartie, contrairement au début du XXe siècle.

Désormais, les 97 communes littorales accueillent près de 80 % de la population insulaire alors qu’elles ne représentent que 42% de la superficie régionale. Et les communautés d’agglomérations d’Ajaccio et de Bastia concentrent près de la moitié de la population insulaire sur 4% du territoire régional.

Le développement de la périurbanisation a profité aux communes proches d’Ajaccio et de Bastia qui ont toutes poursuivi leur croissance à un rythme particulièrement soutenu.

L’espace rural bénéficie également d’une légère poussée démographique. En effet, selon l’INSEE, ce sont donc 282 communes de Corse qui ont gagné en population depuis 1999, et ce, essentiellement grâce aux mouvements migratoires.

Les couronnes périurbaines des pôles urbains (Ajaccio, Bastia, Propriano, Calvi, Ile-Rousse, Casinca, Corte, Ghisonaccia et Porto-Vecchio) ont une densité de 28 habitants au km²1.

Et enfin le territoire rural qui couvre près de 80 % de l’île, est avec 16 habitants au km²2, deux fois moins peuplé que le rural métropolitain.

La Corse reste ainsi la région de France métropolitaine la moins densément peuplée de France avec 34 habitants au km², disposant donc de vastes espaces inoccupés, et par conséquent disponibles.

Ces espaces contribuent à véhiculer l’image d’une île préservée et offrent de larges possibilités de valorisation.

Le rural, ou l’intérieur doivent être aujourd’hui regardés sous un regard neuf, tant les mutations qu’il subissent sont rapides.

Il existe ainsi plusieurs formes de rural auxquelles sont attachées des fonctions différentes.

La logique du périurbain, en Corse comme ailleurs, connait un développement exponentiel, qui s’appuie quasi exclusivement sur la fonction « résidentielle ».

La fonction « productive », à l’intérieur de laquelle les activités agricoles et sylvicoles occupent une place trop faible, bien que potentiellement importante, doit se renforcer pour servir d’ancrage à une croissance de l’activité et de l’emploi.

La diversité des paysages ruraux de Corse, ses grands espaces sur lesquels s’appuie l’essor de la fonction « récréative et touristique », doit également constituer, un atout majeur en termes d’attractivité démographique et économique, si tant est que l’on ne les considère pas comme de simples réserves.

Sur une planète souvent surpeuplée et à l’intérieur de laquelle la gestion des densités de population se pose de façon récurrente, la Corse bénéficie d’une situation atypique, globalement favorable.

2.3.2-Environnement et biodiversité


Nul ne saurait contester à la Corse, l’extrême beauté de ses paysages naturels et façonnés par l’homme, et la très grande richesse de son patrimoine naturel et bâti.

Le Corse, ce n’est pas comme l’on a souvent coutume de le dire une, mais deux montagnes dans la mer.

L’île est ainsi formée de deux régions naturelles très distinctes : l’une de caractère alpin, l’autre de caractère hercynien.

Une géomorphologie, une topographie, une climatologie et une situation géographique particulière induisent une grande variabilité de sol, d’altitude, d’exposition et de degré d’humidité, qui engendrent une mosaïque de milieux naturels et permet ainsi à la Corse, l’île la plus verte (près de 50 % de la surface de l’île est couverte de formations boisées) et montagneuse de méditerranée, de proposer des paysages rares et variés, que, l’homme a contribué à façonner ou à sublimer, notamment au travers des activités agro-pastorales.

Cette grande richesse faunistique, floristique, paysagère et, de façon plus générale, environnementale, s’accompagne d’une certaine fragilité, soulignée, d’ailleurs par les multiples protections dont l’île fait l’objet afin de préserver et de mettre en valeur cet extraordinaire capital nature.
Ainsi, quasiment tous les moyens actuellement existants de protection de l’environnement sont déployés en Corse.

  • Une protection législative directe, par le biais des lois Littoral et Montagne qui couvre l’ensemble des communes de Corse.



  • Des protections réglementaires :

  • 6 réserves naturelles de Corse ;

  • 8 réserves biologiques gérées par l’ONF ;

  • 28 arrêtés de protections de biotopes ;

  • 23 sites classés dont 14 en tant que sites naturels ;

  • 28 sites inscrits parmi lesquels 13 sites naturels ;

  • De multiples espaces boisés classés ;



  • Des protections par la maîtrise foncière :

  • 13 Espaces Naturels Sensibles ;

  • Un peu plus de 18 000 ha de terrains littoraux acquis par le Conservatoire du littoral et des rivages lacustres (18253 ha - près de 20% du linéaire côtier de l’île ainsi protégé) ;

  • 20 sites protégés par le Conservatoire d'Espaces Naturels de Corse ;



  • Des protections conventionnelles :

  • Un Parc Naturel Régional de Corse ;

  • 5 « Opérations Grand Site » ;

  • 88 sites Natura 2000 ;



  • Des protections au titre d’un texte international ou Européen :

  • Une aire spécialement protégée d’intérêt méditerranéen, la réserve internationale des bouches de Bonifacio ;

  • Une réserve de biosphère dans la vallée du Fango ;

  • Le sanctuaire méditerranéen pour les mammifères ;

  • Quatre zones humides d’importance internationale.

A ces espaces dont le caractère précieux est souligné à travers les multiples protections citées, s’ajoutent ceux visés par les inventaires patrimoniaux ZNIEFF (zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique) qui recensent, dans chaque territoire, les secteurs particulièrement intéressants et sensibles sur le plan écologique, notamment en raison de l’équilibre ou de la richesse des écosystèmes qu’ils constituent, de la présences d’espèces rares ou menacées.

Bien que l’inventaire ZNIEFF ne soit pas un instrument de protection réglementaire, il peut constituer une preuve de la richesse écologique des espaces naturels et de l’opportunité de les protéger.





Inventaire ZNIEFF

Combinant une extrême richesse environnementale qui bénéficie de nombreux dispositifs de protection et une très faible densité de population, la Corse reste un territoire encore très préservé où les espaces naturels occupent une place particulièrement importante. Cependant, ce capital nature n’est pas infini et il tend à se réduire en certains espaces rares et disputés.

La réalité de la bonne santé de notre capital environnemental, malgré les risques (3) qui pèsent sur ce dernier, reste pour le moment établie.

Se pose alors, la question de savoir comment considérer et développer ce capital en tant qu’avantage  compétitif  pour la Corse.

Le Plan de développement de la Corse de 1993 y apportait déjà un début de réponse.

« …la Collectivité Territoriale de Corse considère que l’environnement constitue un des trois ou quatre atouts majeurs de l’île. Aussi ce même développement doit préserver la qualité des milieux et des richesses sur l’ensemble du territoire et éviter de la dégrader et de le détruire….d’ores et déjà l’économie de l’environnement peut-être créatrice d’emplois… ».

Le capital Nature de Corse doit être pensé comme essentiel et vu comme une évidente source de revenu.

La protection de notre patrimoine naturel et paysager de Corse doit permettre à l’île de maintenir une réelle attractivité et de générer ainsi une activité touristique, qu’il nous conviendra de maîtriser.

Nos ressources naturelles, en eau douce et salée, en forêts, en variété floristique, sont autant de potentialités qui doivent, par un usage raisonné produire de la richesse équitablement répartie sur tout le territoire.

2.3.3-Culture et identité préservées


Dans un contexte de globalisation et de mondialisation, la société insulaire a su trouver les voies d'une préservation de son histoire, de sa culture et de son patrimoine. Cette capacité à affirmer une dimension fortement identitaire est aujourd'hui reconnue de tous, aussi bien dans l'espace national, que vis à vis de l'extérieur, dans l'image même que renvoie la Corse.

  • Entre identité et projet :

La géographie et l’histoire ont façonné un ensemble de biens matériels et symboliques propres à notre île. Les Corses, en articulation entre la nature et la culture, ont ainsi constitué au cours des siècles un ensemble de savoirs, d’usages et de pratiques qui fondent une identité collective. Ce patrimoine en assurant le lien entre le passé et le présent est également considéré désormais comme une ressource à prendre en compte en tant que ciment de tout projet de territoire.

C’est en raison de ses particularités, mais aussi de son organisation sociale, que l’île a vu naître et s’épanouir une culture originale, dont la langue corse est le vecteur majeur. La langue Corse se doit d’être identifiée comme une valeur spécifique permettant de restaurer une société bilingue, garante d’intégration, de cohésion sociale et de développement. Ceci est fondamental car il est ici question d’éviter tout risque de perte irréversible des fondements même de la culture et de l’identité insulaires.

Sur la longue durée, cette culture originale réunit les monuments du passé et les créations du présent, et confronte nos productions les plus originales aux œuvres de la culture universelle. C’est pourquoi patrimoine et création, culture corse et culture universelle en Corse, labels nationaux et échanges internationaux, ne s’opposent pas, mais concourent d’égale façon au développement de l’île.

Pareillement, la reconnaissance de la contribution de l’agriculture à l’environnement et à l’identité fait partie intégrante de la construction d’un destin commun. La contribution de l’activité agro-sylvo pastorale à la qualité des paysages et à l’identité est historiquement importante.

Les externalités positives (maintien de l’ouverture et de la mosaïque des paysages, pratiques favorisant la biodiversité, occupation équilibrée des territoires de l’intérieur, offre œnogastronomique…) constituent pour une part importante, le socle de l’identité corse.

La prise en compte des dimensions sociales, culturelles et historiques sont essentielles si l’on veut bâtir et faire partager la même vision d’avenir sur un espace susceptible de se fédérer autour d’un projet commun.


  • La culture et l’identité comme marqueurs du territoire

La culture, le patrimoine et l’identité deviennent pour la Corse un enjeu économique majeur, dans la mesure où ils accroissent très fortement l’attractivité de notre territoire, où ils développent des industries innovantes (comme l’audiovisuel, en plein essor), qui induisent la formation de jeunes professionnels. Ces nouveaux vecteurs contribuent au rayonnement positif des productions agricoles et agroalimentaires insulaires.

Dans le même temps, à l’intérieur de l’île, culture et patrimoine donnent des valeurs communes aux insulaires, créent des espaces d’échange, de discussion, de questionnement et contribuent ainsi à la cohésion sociale des Corses.

L’affirmation d’une culture originale, les moyens mis à la disposition de ses créateurs, la valorisation d’un patrimoine jusqu’alors méconnu mais répondant du fait de sa nature propre à la forte attente d’authenticité réclamée par le public (allant des polyphonies jusqu’aux collections de ses musées) ont permis la reconnaissance partagée de notre différence, qu’elle se manifeste, par exemple, dans le théâtre contemporain, la musique, le livre ou les expositions.

L’île dispose d’atouts indéniables tels qu’une production artistique porteuse d’une identité spécifique autour des richesses de la langue et des traditions ; un dynamisme de la créativité artistique avec une génération de créateurs dans toutes les formes d’art et une implication très forte des animateurs de structures culturelles, des citoyens conscients de ces enjeux et ouverts à ces changements ; des institutions patrimoniales reconnues, un emplacement privilégié au cœur de la Méditerranée.

La construction d’une société bilingue, créatrice de lien social, devra permettre tout à la fois : d’enrayer un processus de disparition d’une langue plus que menacée (rapport UNESCO), d’identifier sur le plan économique pour mieux les valoriser, la destination touristique et les productions spécifiques, qu’elles soient traditionnelles ou nouvelles.

L’héritage agricole et pastoral est un vecteur essentiel de l’identité de la Corse, la population est attentive aux traditions villageoises, les produits typiques liés aux saisons sont recherchés et chacun souhaite le maintien et le développement de l’agriculture.

Sur un plan général le futur PADDUC en intégrant de manière transversale les relations des hommes avec leur territoire veillera à conforter le sentiment d’appartenance tout en valorisant les atouts économiques de notre spécificité.
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   ...   19

similaire:

Rapport du Conseil Exécutif iconRapport du Conseil Exécutif

Rapport du Conseil Exécutif iconRapport de la vpe de l’uedn sur la réunion du conseil exécutif d'avril 2013

Rapport du Conseil Exécutif iconRapport moral du comite executif

Rapport du Conseil Exécutif iconHistoire d'un projet longtemps caché par l'executif du conseil géNÉral du loiret

Rapport du Conseil Exécutif iconL'Assemblée nationale et le Sénat ont délibéré
Art. L. 4424 L'Assemblée règle par ses délibérations les affaires de la Corse. Elle contrôle le conseil exécutif

Rapport du Conseil Exécutif iconRésumé exécutif

Rapport du Conseil Exécutif iconChapitre 1 : L’amenagement du pouvoir executif

Rapport du Conseil Exécutif iconComité exécutif national du 17 novembre 2008

Rapport du Conseil Exécutif iconRéponse au Comité Exécutif de l’Association des Etudiants

Rapport du Conseil Exécutif iconRéforme de l’Etat : tentative d‘instaurer un exécutif fort






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
d.20-bal.com