Rapport du Conseil Exécutif





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2.4 - Recensement des principaux facteurs de risques sur le territoire à moyen et long terme

2.4.1- Renforcement de la pression humaine saisonnière.


La situation géographique de la Corse la place au cœur du premier bassin récepteur mondial du tourisme : le Nord-Ouest méditerranéen, qui concentre environ 80% de l’offre touristique méditerranéenne. Le modèle dominant de ce bassin est celui du tourisme de masse ; il s’est d’ailleurs aussi étendu aux pays de la rive Sud, notamment à la Tunisie et au Maroc.

Aussi, l’attractivité touristique de la Corse ne déroge pas à ce modèle, comme le montrent les chiffres de la fréquentation touristique de l’île : d’après l’observatoire du tourisme de l’Agence du Tourisme de la Corse, on dénombre en 2009, environ 2,7 millions de séjours dans les établissements touristiques marchands de l’île (les hôtels et campings). En équivalents habitant, en moyenne sur l’année, cela représenterait 83 000 habitants supplémentaires sur l’île, soit une augmentation de près d’un tiers de la population.

Cependant, en réalité, les séjours touristiques se concentrent à 85% entre les mois d’avril et d’octobre et de façon encore plus marquée, à 45% sur les seuls mois de juillet et d’août.

Considérant de plus, que 94% des lits marchands de l’île se situent dans les communes littorales, on s’aperçoit que ce phénomène de concentration n’est pas seulement temporel mais aussi spatial. D’ailleurs, la capacité d’accueil touristique du littoral, qui allie le tourisme marchand à l’offre non marchande s’élève à 308 722 lits, soit plus que sa propre population (239 907 habitants permanents au RP 2008).

La problématique de la pression anthropique saisonnière s’accroît avec les années, car non seulement le nombre de touristes augmente régulièrement (+6% en 2009), mais la pointe estivale est aussi plus marquée, comme le fait remarquer l’ATC. Ces effets de pointe ont des conséquences dans de très nombreux domaines :

  • Le nombre d’hébergements croit sans entrer en lien avec la logique d’une économie productive. Cette dérive immobilière du tourisme a été identifiée à de nombreuses reprises à travers la planète, on la qualifie parfois de « stratégie de devises-lits » puisqu’il s’agit de spéculer indéfiniment sur la création de lits sans grande utilité économique. S’ensuivent alors des dés-économies d’échelle pour les collectivités locales et pour les économies régionales face à cet afflux de « lits froids » et parfois même, comme ce fut le cas en Floride, un krach économique dont le détonateur fut l’immobilier touristique ;

  • Il en va de même du dimensionnement des équipements, des voiries et des réseaux d’assainissement, d’adduction d’eau, d’électricité, de télécommunication, de ramassage des déchets… ;

  • Tout comme des nuisances sonores et des pollutions de l’air, des eaux, des sols qui menacent l’environnement, la biodiversité et impactent considérablement la qualité de vie posant la question de l’acceptabilité sociale de la trop forte saisonnalité de l’activité touristique.

De plus, cette pression anthropique saisonnière amenuise une des ressources naturelles les plus précieuses et les plus précaires : l’eau douce.4

Elle entraine en outre la sur-fréquentation de certains sites avec des conséquences tant sur les écosystèmes naturels qu’en terme d’image négative vis-à-vis des visiteurs.

La poursuite, voire l’accroissement, des tendances constatées depuis de nombreuses années, à savoir, le nombre de touristes au km2 par an a doublé entre 2000 (190) et 2009 (370), le nombre de séjours multiplié par 2,3 entre 1997 et 2009, pose la question de la vulnérabilité et de la durabilité d’un tel développement touristique, d’autant plus lorsque l’enquête de satisfaction 2009 effectuée par l’ATC auprès des vacanciers fait état d’une détérioration de l’image renvoyée par notre île, désormais vue comme une destination « saturée par les vacanciers ».

Ainsi, si cette saisonnalité marquée était jusque-là envisagée comme un facteur potentiel de dégradation de la qualité de vie par les insulaires, elle est aujourd’hui aussi à considérer comme un facteur pouvant affecter l’attractivité touristique et toute l’économie qui en découle.

Quoiqu’il en soit, afin que le tourisme serve de levier au développement local, il faut l’envisager comme un outil de production qui serve la création de valeur ajoutée et d’emplois maîtrisée localement. Juguler les dérives immobilières est un objectif essentiel pour que celles-ci ne viennent pas porter atteinte à un développement harmonieux de l’économie touristique. 

2.4.2- Démographie et disponibilité des classes jeunes comme ressources humaines motrices de développement.


En ce qui concerne la question du renouvellement des actifs, il apparaît que la croissance de la population, modérée (+ 4% entre 1990 et 1999), puis plus soutenue (plus 17% de 1999 à 2010) est principalement due aux migrations : le solde des naissances et des décès est pratiquement nul. La population de la Corse est sensiblement plus âgée que la moyenne France. En 2010, les plus de 60 ans (27%) sont plus nombreux que les moins de 20 ans (20%). Si les tendances démographiques récentes se maintiennent, la région connaîtra un vieillissement rapide de sa population qui deviendrait ainsi la plus âgée de France. En 2040, un insulaire sur trois sera âgé de plus de 65 ans.

Les personnes de plus de 50 ans, sont chaque année, plus nombreuses à partir à la retraite. Ce sont 32 000 actifs qui auront définitivement quitté le marché du travail d'ici 2020 soit 28 % des actifs occupés en 2007. Ce taux est supérieur à la moyenne nationale qui est de 24 %.

L'agriculture devrait être le secteur le plus fortement handicapé par les départs à la retraite, avec un taux de retrait encore plus élevé que celui de l'administration publique qui est de 33 %.

Un autre secteur sera confronté à d’importants départs, le secteur social avec un taux de retrait de 27% !

Les secteurs les plus jeunes ont tendance à être moins touchés par les départs à la retraite. Ainsi, le secteur de l'animation/sport/culture, les services divers, le transport, le commerce et le BTP partagent cette même caractéristique : ils possèdent une part de seniors plus faible que l'ensemble de l'économie.

Et l’INSEE de conclure que malgré le nombre de départs importants, la population active de la Corse devrait augmenter. L’arrivée d’actifs en provenance du continent et l’augmentation du taux d’emploi féminin devraient plus que compenser les départs à la retraite.

Pour ce qui est du modèle démographique, comme l’analyse l’économiste Guillaume Guidoni dans son article « Quelques réflexions sur la démographie corse » du Lundi 19 Janvier 2009 : la population croît quand même et fortement, ceci grâce à de puissants soldes migratoires qui expliquent la totalité de cette croissance.

Le problème de ce modèle démographique est qu’il n’est pas « bon » pour la croissance future de la Corse.

Les chiffres montrent de façon assez évidente qu’on ne s’implante pas en Corse pour faire des enfants mais plutôt vers 30-50 ans ou après, pour y travailler ou passer sa retraite.

Le vieillissement de la population n’est pas sans conséquence sur le dynamisme de l’économie à moyen et long terme.

Alors que le nombre de jeunes a atteint dans le monde un point culminant constituant pour nombre de pays un atout de développement, la Corse est parmi les régions françaises les moins jeunes et s’apprête, si rien n’est fait, à devenir à l’horizon 2040 la région la plus âgée.


Tache urbaine induite par le bâti

(Tampon de 20m autour de chaque bâti)
Il apparait clairement aux élus du Conseil exécutif, que bien avant la gestion démographique par le seul jeu des flux migratoires, c’est la mobilisation du potentiel jeune en Corse qui doit constituer l’enjeu stratégique crucial. La faible scolarisation notamment des 18-21 ans, (taux de 60% pour 68% au plan national), l’importance de l’échec scolaire, constituent des réalités à éradiquer car elles sont les premiers handicaps au développement de la Corse. Des outils capitaux tels que l’Université de Corse constituent un atout majeur pour conduire cette évolution indispensable.

2.4.3- Urbanisation du littoral




Corrélée à la répartition humaine sur le territoire, l’urbanisation se concentre, elle-aussi, à proximité du littoral.

L’anthropisation du littoral résulte de la conjonction de deux phénomènes :

  • La désertification de l’intérieur au profit du littoral tout au long du 20e siècle et notamment après la seconde guerre mondiale ;

  • Les flux migratoires quasi exclusivement dirigés vers le littoral (sur les 34 000 habitants qu’a gagné la région Corse entre 1999 et 2006, 81% ont été accueillis sur le littoral).

En ce qui concerne l’urbanisation littorale, un troisième facteur intervient de façon très marquée : le tourisme.

En effet, l'attractivité touristique de l’île reste très fortement liée au littoral, qui concentre la quasi-totalité des équipements touristiques marchands (Cf. 2.3.1) et une forte capacité d’accueil résidentielle (Cf. 2.3.1).

Ces trois facteurs réunis conduisent à une littoralisation de l’urbanisation, contrairement aux modes traditionnels de l’occupation du territoire en Corse.

Si l’on découpe l’île en bandes de superficies égales, plus ou moins éloignées des côtes, on s’aperçoit que leur implication dans la tache urbaine5 régionale décroît à mesure que l’on s’éloigne du rivage.

Ainsi, l’espace situé à moins de 1km du rivage concentre 32% de la tache urbaine régionale alors qu’il ne représente que 9.8% de la superficie de l’île.

Certes, en comparaison de l’urbanisation des littoraux continentaux, cela peut sembler peu.

Cependant, ce constat à première vue rassurant, doit être nuancé :

  • En moyenne, pour un ménage résidant dans une commune littorale insulaire, on urbanise 1923m², ce qui est considérable et très largement supérieur aux littoraux continentaux.

  • La rapidité de progression de l’urbanisation littorale pourrait impacter de façon irréversible certains espaces littoraux constituant l’atout principal de la Corse, notamment les espaces les plus proches du rivage déjà soumis à une plus forte pression urbaine.

  • L’étude de la planification urbaine dans les communes littorales6, si elle fait état d’une ouverture à l’urbanisation (U+AU), hors des grands pôles urbains, de seulement 9% du territoire, montre aussi qu’actuellement, à l’exception du Cap Corse, le remplissage effectif de ces zones n’atteint pas les 50% et laisse donc la possibilité à l’urbanisation d’être au moins multipliée par deux.

De plus, ce faible niveau de remplissage induit également un mode d’occupation des sols diffus.


  • Egroupe 21
    Part des territoires occupée par de la tache urbaine
    nfin, la topographie de notre île qui rend les plaines agricoles rares, pose avec d’autant plus d’acuité le problème de conflits d’usage des sols.

Par ailleurs, l’analyse du littoral corse dans son ensemble marque de fortes disparités.

De manière très schématique, on pourrait distinguer en Corse 4 grands types de littoraux en fonction de leur caractère urbanisé :

  • Les littoraux fortement urbanisés : il s’agit des pôles urbains du bord du mer ;

  • Les littoraux péri-urbains : souvent en auréole autour des premiers, ces littoraux sont fortement impactés par le développement de nos « périphéries urbaines » ;

  • Les littoraux ruraux et agricoles à forte pression touristique : ils se caractérisent par une pression urbaine faible, un maillage organisé autour de multiples noyaux villageois originels, généralement en retrait du littoral et sur les premières pentes. La pression touristique y a très souvent inversé les tendances et, avec le temps, créé des noyaux d’occupation en frange littorale devenus beaucoup plus importants, en capacité d’accueil, que les sites de peuplement originels.

  • Les littoraux protégés en raison de leur grande qualité paysagère et/ou écologique, que l’on pourrait qualifier de « sites majeurs », véritables joyaux patrimoniaux qui font la renommée de la Corse et sont l’un des principaux facteurs d’attractivité touristique de l’île.

De fait, l’état du « développement de l’urbanisation » des différents littoraux corses est très hétérogène ; on oscille entre désert et centre urbain extrêmement dense.

Or, en l’absence de projets de développement « alternatifs », l’urbanisation est souvent le seul vecteur de développement et de création de ressources. Elle engendre de cette façon de fortes inégalités entre les « territoires joyaux », qui ne peuvent être urbanisés et les autres territoires, moins protégés, qui profitent des retombées économiques puisées dans l’exploitation de cette richesse.

L’exemple ci-contre, de la répartition des lits marchands et des protections environnementales aux abords de la réserve de Scandola est, à cet égard, significatif.

Cette réalité se vérifie à l’échelle des communes, mais aussi, à l’échelle des particuliers.

Même si l’urbanisation du littoral corse est à « des années lumières » de celui de la côte d’azur, il n’en demeure pas moins que son développement devra être maîtrisé, au vu des enjeux qui pèsent sur le territoire.


2.4.4- Accroissement de la pauvreté et renchérissement du coût de la vie


Nous sommes dans une région où la population est particulièrement touchée par la pauvreté du fait de la structure de l’emploi et du coût important de la vie qui favorisent chaque jour un peu plus l’exclusion sociale et la précarité.

En effet, la participation au marché du travail est particulièrement faible en Corse. En 2006 seulement 58 % des individus en âge de travailler ont un emploi. Ce taux d'emploi est parmi les plus bas de France. Parmi les personnes ayant la chance de trouver un emploi, beaucoup sont confrontés à la précarité, il s’agit des salariés du secteur touristique et plus particulièrement des activités d’hébergement et de restauration, activités saisonnières par excellence nécessitant une main d’œuvre faiblement qualifiée.

Autre élément de la structure de l’emploi en Corse, la distribution inégalitaire des revenus qui est plus marquée qu’ailleurs. Entre les 10 % de ménages les plus pauvres et les 10 % les plus aisés, le niveau de vie est multiplié par 3,6 en Corse contre 3,2 en moyenne nationale pour la province. Ces chiffres nous rapprochent davantage des pays méditerranéens comme l’Espagne ou l’Italie.

En Corse comme ailleurs, les familles monoparentales, les jeunes et les personnes àgées sont les plus concernés par la précarité et l’on constate qu’ils ne sont plus, comme auparavant, soutenus par la famille élargie.
Sur le terrain, les associations qui interviennent dans le champ social constatent au quotidien l’étendue des dégâts. Ces trois dernières années elles ont été sollicitées comme jamais auparavant et se sont efforcées de répondre de leur mieux à la détresse des personnes en grande difficulté et vivant au quotidien dans la précarité et souvent l’exclusion, malgré des moyens de fonctionnement de plus en plus faibles.

Ainsi, en 2007, 20% de la population insulaire vit sous le seuil de pauvreté (contre 17.7 % en 2004), c'est-à-dire dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur à 60% du niveau de vie national médian. C’est le taux de pauvreté le plus élevé de France métropolitaine, la moyenne en province sur le continent, s'établissant à 14 %.

C’est ainsi que 60 000 insulaires vivent avec moins de 830€ de revenu mensuel.

Cette pauvreté liée aux insuffisances du marché du travail s’accentue davantage avec le coût de la vie élevée dans notre région et ce malgré les avantages fiscaux consentis, la dotation de continuité territoriale qui subventionne le transport et les dispositifs de réfaction de TVA.

Selon une enquête réalisée en mars 2010 par l’INSEE, en partenariat avec la Préfecture de Corse et la Collectivité Territoriale de Corse, les produits alimentaires et les boissons non alcoolisées, qui constituent un des plus importants poste de dépenses pour les ménages7, ont un coût supérieur de 8,6% au continent. De même le carburant, produit de consommation courante, est en moyenne plus cher, ainsi que l’habitation, non pas du fait des loyers, qui bien qu’élevés ne sont pas parmi les plus hauts, mais des coûts inhérents, à savoir, l’eau, l’électricité, le gaz….

Ajaccio est en outre considérée comme la ville la plus chère de France, les prix affichés par les supermarchés y sont 15 % plus élevés que la moyenne nationale.

L’observatoire de la vie chère créé par la nouvelle Assemblée se donne comme objectif de comprendre la formation des prix par la réalisation d’études socio-économiques avec deux modes d’observation, par des enquêtes de comparaison spatiale des prix corse-continent, et par la réalisation d’études sur les mécanismes de formation des prix d’un produit ou d’un service donné.

Les chiffres sur la pauvreté et le coût de la vie en Corse sont suffisamment alarmants pour que s’impose une réponse appropriée et urgente.

2.4.5- Des difficultés, notamment d’accès au foncier, qui affectent la production agricole


L’activité agricole a poursuivi en Corse, comme dans la plupart des pays européens, des transformations structurelles :

  • Diminution de la part de l’emploi agricole dans l’économie : la population agricole, soit 5 000 personnes - hors saisonniers- ce qui représente une force de travail de 4 040 UTA (unité de travail annuel) est en diminution de près de 14 % par rapport à 2000 (RGA 2010). Cette baisse d’actifs affecte surtout le cercle familial (dans cette catégorie, le nombre des conjoints travaillant sur l’exploitation diminue de près de 40 %. les salariés familiaux baissent de 33 %).

  • La baisse du nombre d’exploitations sur dix ans, certes moins élevée qu’à l’échelon national ou dans d’autres pays (21% en Corse, 24 % en Italie, 26 % en France, 29 % au Pays-Bas et 36 % en Allemagne sur les dix dernières années) demeure pour autant une réalité du territoire.






1979

1988

2000

2010

Nombre d'exploitations

7038

5116

3578

2810

Taux d'évolution

/

-27%

-30%

-21%

Source: Agreste: RGA

Dans le même temps, la part des exploitations professionnelles insulaires est passée de 54% à 67% ; cette tendance à la professionnalisation est corroborée par l’augmentation de la taille moyenne du foncier par exploitation.

Néanmoins, la diminution du nombre d’exploitants agricoles de moins de 40 ans, et plus largement de jeunes actifs agricoles, pose la question du devenir de l’agriculture corse.




1970

1979

1988

2000

2010p

Part des exploitants de moins de 40 ans

13%

22%

33%

26%

17%

En Corse, les surfaces agricoles qui se sont globalement maintenues depuis 10 ans (autour de 160 000ha suite à la réforme de l’ICHN de 2011), se caractérisent par la prépondérance des surfaces de pâturage et donc des élevages fortement utilisateurs d’espace. Dans cette catégorie les effectifs bovins, caprins et porcins ont progressé depuis 10 ans.

Toutes les spéculations restent cependant affectées à des degrés divers par des difficultés inhérentes à la problématique d’accès au foncier - Source SAFER 2012 :

  • (…Foncier très morcelé et souvent indivis

  • Augmentation du prix des terres sur 10 ans (+300% sur les terres agricoles à + 750% sur l’ensemble des terres)

  • Urbanisation diffuse et mal contrôlée, paysages abimés, terres agricoles gaspillées, environnement menacé

  • Foncier non rationnel en zone de montagne, difficilement exploitable…)

Outre l’impact sur les paysages ruraux, ces difficultés sont un frein à l’installation, à l’investissement et à l’aménagement agricole et nuisent globalement à la compétitivité de ce secteur économique.

Dans ce contexte le maintien du potentiel de production, de son développement et en particulier de l’installation agricole passe par une consolidation du foncier des exploitations et par une stratégie d’incitation à la mobilisation du foncier. Les assises du foncier tenues par la Collectivité Territoriales de Corse ont permis d’ores et déjà d’envisager plusieurs dispositions concourant à cet objectif : renforcement du rôle de la SAFER par la mise en place d’un fonds d’intervention, et l’élargissement de ces compétences réglementaires, mise en place d’associations foncières susceptibles de confier des terrains en location aux agriculteurs…etc.

Ces dispositions devront être renforcées et élargies dans le cadre du PADDUC pour conforter le secteur agricole.


2.4.6- Dégradation du système de santé


Compte tenu des caractéristiques particulières de l’île, notamment sa physionomie, île coupée en 2 par un massif montagneux avec des communications intérieures difficiles mais également sa démographie, caractérisée par un vieillissement notoire de sa population, la problématique santé en Corse est particulièrement aigüe notamment dans une période où les financements manquent pour assurer un service public de qualité.

Ajouté à cela les perspectives inquiétantes sur les tendances démographiques à l’horizon 2040. Une personne sur trois aura plus de 65 ans, (contre une sur cinq actuellement) et une sur huit aura plus de 80 ans. Ceci se combinera avec un recul de la natalité. La Corse n’a pas d’autre choix que d’anticiper, si elle ne veut pas voir s’accentuer davantage la dégradation de son système de santé.

L’offre de santé est donc sous la contrainte des réalités insulaires :

  • L’isolement et la dispersion de la population: un grand nombre de communes sont éloignées de plus d’une heure et de plus d’une demi-heure d’un hôpital et /ou d’un médecin. La question de l’offre de soins de premier recours est donc essentielle.

  • Une pénurie de médecins en Corse. Malgré les mesures prises par la CTC comme le dispositif d’aides aux étudiants en médecine qui souhaitent s’installer dans une zone rurale « fragile », il sera difficile d’inverser la tendance, compte tenu de l’inquiétante pyramide des âges dans la profession des médecins généralistes et du nombre d’années d’étude nécessaires pour former des médecins ou des spécialistes

On notera toutefois que la situation actuelle, c’est-à-dire le déficit de médecins est le résultat d’une politique catastrophique, qui visait, par le numerus clausus, à former moins de médecins en pensant ainsi réduire les dépenses de santé des patients. Nous payons donc en Corse très durement, les effets de ces choix politiques que nous ne partageons pas, puisque notre priorité est avant tout l’épanouissement des individus et le progrès humain.

  • L’activité touristique et son flux de touristes évalué à plus de 3 millions de personnes ramenant la population à une valeur annuelle moyenne corrigée de 600 000 habitants. Face à de telles variations entre la saison estivale et le reste de l’année, le système de santé est confronté à un effort permanent d’adaptation. L’impact se traduit par une augmentation de la consommation en médecine ambulatoire et un accroissement du recours aux consultations non programmées dans les établissements de santé.

  • Un sous équipement notoire en matière d’équipements, notamment pour l’IRM.

  • Des infrastructures hospitalières qui ne répondent pas à la demande et qui nécessitent des restructurations que ce soit en investissement ou en fonctionnement.

  • La nécessité, pour certaines pathologies, de se rendre sur le Continent, faute de spécialistes sur l’île.

Il est important de souligner que le domaine de la santé publique relève des missions pleines et entières de l’Etat, donc de la solidarité nationale. La Collectivité, consciente des problèmes du secteur de la santé en Corse, a souhaité être un partenaire privilégié.

En effet, face à l’aggravation très préoccupante des inégalités et en raison de l’imbrication des problématiques sociales avec celle de l’aménagement du territoire, (compétence légale de notre Collectivité), la politique de la santé devra être prise en compte dans le PADDUC et répondre aux spécificités de nos différents territoires.

2.4.7- Crise énergétique


L’énergie et plus précisément les énergies fossiles comme le pétrole deviennent rares et coûteuses. Or, notre société de production et de consommation est basée entièrement sur l’utilisation du pétrole, qui est présent dans tous les secteurs, agriculture, chimie, pharmacie, bâtiment, transport… Ainsi, nous utilisons actuellement 6 barils de pétrole pour chaque baril découvert (ce même ratio était de 4 pour 1 il y a 5 ans). Notre consommation va sans cesse croissant, aussi, en 2050, les réserves de pétrole ne suffiront plus à répondre aux besoins de la moitié de la population mondiale, si notre mode de vie actuel perdure

Nous ne pouvons continuer à baser notre économie sur une ressource qui doit disparaître !

S’il est effectivement impératif de changer nos modes de vie, alors il est évident que le débat énergétique ne peut être seulement un débat technique d’experts, et la vraie question est, en fait, celle de notre vision sociale du problème. En effet, quelle est la base de notre civilisation sinon répondre aux besoins essentiels des hommes (manger, boire, se loger, se cultiver, avoir chaud, froid…), tout en poursuivant un objectif de durabilité.

Que ce soit l’énergie que nous utilisons ou l’eau que nous buvons, nous avons besoin des ressources de la planète, nécessaires à notre survie, nous sommes donc interconnectés à cette terre. Il convient donc de gérer ces ressources naturelles, et d’utiliser les plus performantes. Ceci nécessite de nouveaux modèles de production basés sur la préservation, la sécurité et l’efficience. Le développement durable humain et environnemental ne peut s’effectuer qu’avec un système de gestion global de la ressource, accompagné d’un nouveau système de production et de distribution, qui favorise la proximité et l’accès.

Si le problème est global, les solutions sont locales et d’autant plus pour les insulaires. La Corse, très dépendante du pétrole (83% de la consommation totale d’énergie dépend d’approvisionnements pétroliers en provenance de l’extérieur), dispose néanmoins de nombreux atouts pour s’en affranchir. Nous devons, notamment, développer les énergies directes et donc décentralisées, qui, pour être rentables, ne peuvent s’inscrire que dans des modes de vie et de productions locaux et autonomes. Nous devons donc certes mieux produire mais aussi mieux consommer.

La problématique énergétique impacte de multiples secteurs comme celui des transports, du bâtiment, ou encore de l’agriculture. C’est donc une véritable politique intégrée qu’il convient de mettre en place et qui nécessite un travail partenarial et transversal avec tous les acteurs locaux (collectivités publiques, associations, citoyens, entreprises…), si l’on veut réellement changer notre modèle de développement.

Surtout pour notre île, plus carbonée que la moyenne française, et qui doit donc diminuer considérablement sa dépendance au pétrole et autres ressources fossiles pour assurer la sécurisation de son approvisionnement en énergie, tout en réduisant fortement ses émissions de GES.

La question des transports sur un territoire donné est structurée autour de deux problématiques : les besoins de déplacements de personnes et de marchandises d’une part, les moyens d’y répondre d’autre part.

Les besoins de mobilité sont avant tout la conséquence de choix d’aménagement du territoire, eux-mêmes influencés par les questions de densité et de répartition des activités.

Les solutions relatives aux types d’infrastructures et à l’organisation constituent des solutions structurantes, car ce sont elles qui permettent la transition vers des modes de transports plus durables, qu’il s’agisse des transports en commun ou des modes de déplacements doux (vélos, marche à pied, etc.).

Pour éclairer ces questions, la CTC a choisi d’élaborer une réflexion en vue de l’élaboration d’un plan d’action (prospective, modélisation, concertation).

Cette réflexion viendra nourrir en tant que de besoin les travaux du PADDUC.

Production d’énergie en Corse : La production thermique et l’interconnexion assure 83 % de la production électrique totale. La production ENR est majoritairement constituée par la grande hydraulique.

PRODUCTION ENERGIE ELECTRIQUE EN 2011 EN MW



Consommation énergie en Corse : On constate que les produits pétroliers représentent 83 % de la consommation totale d’énergie primaire (non transformée). Dans la consommation d’énergie finale (sans consommation producteurs, transformateurs et distributeurs d’énergie) les produits pétroliers représentent 60 % de la consommation.



Il convient de souligner sur la période 1990 2008 une augmentation de la consommation d’électricité de 100 % et une prévision d’augmentation de 68 % à l’horizon 2020.

A noter que la Corse a un usage thermique de l’électricité (chauffage, eau chaude et cuisson) important. Le taux de chauffage électrique dans les logements, représente 50 % en moyenne de l’ensemble des logements et 85 % dans le neuf. Une récente étude estime à plus de 60 % le potentiel de maîtrise d’énergie possible dans le cadre de ces usages.

En ce qui concerne les énergies renouvelables dites intermittentes, le potentiel « équipable » en production électrique intermittente, c’est-à-dire l’éolien et le photovoltaïque a été fixé en Corse à 90 MW. Aujourd’hui, les projets (réalisés et en cours), avec une prédominance du photovoltaïque, atteignent cette puissance. Ce plafond avait été fixé au regard du décret du 23.04.2008 qui limite à 30% de la puissance active totale transitant sur le réseau, (limite quasiment atteinte), les puissances injectées par les installations d’électricité intermittente comme le photovoltaïque et l’éolien. Au-delà de ce plafond, les installations peuvent être déconnectées du réseau public de distribution d’électricité.

La raréfaction des ressources énergétiques fossiles, le réchauffement climatique, la remise en question de l’énergie nucléaire, l’évolution croisée de l’offre et de la demande mondiale de produits pétroliers, vont rendre l’approvisionnement énergétique de plus en plus difficile dans notre société. On peut raisonnablement craindre une crise énergétique dans les 10 ou 15 prochaines années qui se traduirait par une pénurie des approvisionnements pétroliers, et une forte et rapide augmentation de leurs prix.

Cette problématique prend en Corse une dimension particulière, car l’insularité accentue le risque permanent d’une rupture d’alimentation en combustible et nous rend davantage sensible à l’évolution des prix. Ceci constitue un facteur de vulnérabilité de notre économie.

Parmi les risques encourus, le changement climatique constitue sans doute la menace la plus importante pour l’espèce humaine et les écosystèmes. Puisque les Etats n’ont pas réussi à s’entendre à Copenhague, ne s’entendront pas lors du prochain sommet de Rio, les Régions doivent agir. Le changement climatique et la sécurité énergétique font ainsi partie des plus grands défis auxquels l'humanité se trouve confrontée.

2.4.8- Réchauffement climatique


Le Réchauffement climatique est aujourd’hui indiscutable et l’augmentation des températures de plus de 2 degrés est inéluctable. Depuis 1972, sommet de Stokolm, première conférence des Nations Unies sur l’environnement, la situation s’est nettement dégradée malgré les multiples conférences, Rio, Copenhague et à nouveau Rio. Selon un responsable de l’ONU, l’objectif de limiter le réchauffement à 2 degrés est hors d’atteinte. Il ne s’agit donc plus de savoir si notre planète se réchauffe mais plutôt de savoir si nous saurons nous mobiliser pour faire face aux conséquences du changement climatique.

En effet, une hausse des températures va entraîner des conséquences graves dont une baisse des précipitations notamment sur le bassin méditerranéen pour lequel, le réchauffement est évalué à l’horizon 2030 entre 1.2 et 1.4 degrés. La fonte des glaciers, l’augmentation du niveau des mers, une perte de la biodiversité avec l’extinction d’espèces végétales et animales sont aussi prévisibles…

En ce qui concerne la Corse, les conséquences vont porter sur la ressource en eau, d’un point de vue quantitatif et qualitatif. Les activités agricoles fortement consommatrices d’eau (plus de la moitié des prélèvements totaux et plus de 70% des prélèvements en eau superficielle- Cf. SDAGE) vont devoir adapter leur pratique (choix de variété et recherches de nouveaux itinéraires de production) et rendre plus efficiente leur utilisation de l’eau. La localisation des productions pourra également en être affectée.

Les conséquences de la modification du régime hydrique auront également un impact sur les activités touristiques, sur la santé des populations, sur l’état du littoral avec l’érosion marine, sur les milieux aquatiques et les espèces…

Pour atténuer le changement climatique nous devons réduire fortement nos émissions de gaz à effet de serre. Un inventaire des émissions de gaz à effet de serre réalisé en 2009 à l’initiative de l’O.E.C et de l’ADEME a montré que les produits pétroliers, qui représentent 83% de la consommation totale d’énergie en Corse, participent à l’émission de GES à hauteur de 8,5 tonnes d’équivalent CO2 par habitant, contre 6,5 pour la moyenne française. Ces émissions sont à 82% d’origine énergétique (contre 65% au niveau national) sachant que les secteurs des transports et de la production d’électricité apparaissent comme les premiers contributeurs.



Il est donc évident que ces GES peuvent être largement diminués, d’une part, en mettant en place une politique de transports qui privilégie les transports en commun et le rail et d’autre part, une politique énergétique faisant la part belle au gaz et aux énergies renouvelables.

Néanmoins les limites pour la planète étant d’ores et déjà largement dépassées, la Corse doit mettre en place au plus vite des mesures d’adaptation pour nous permettre d’anticiper et de limiter les dégâts que ne manquera pas de poser le réchauffement climatique sur notre territoire.
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