1 allemandou b. "Histoire du handicap. Enjeux scientifiques, enjeux politiques, ", Les Etudes Hospitalières, Bordeaux, 2001





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1 ALLEMANDOU B. : "Histoire du handicap.Enjeux scientifiques, enjeux politiques, ", Les Etudes Hospitalières, Bordeaux, 2001.
2 EBERSOLD S. : "L'Invention du handicap. La normalisation de l'infirme", préface de Christian de Monlibert, deuxième édition, C.T.N.E.R.H.I, Paris, 1992.
3 DORRIGUZZI P. : "L'Histoire politique du handicap. De l'infirme au travailleur han­dicapé", L'Harmattan, Paris, 1994.


  1. Stiker (H.-J.), « Handicap et exclusion. La construction sociale du handicap », in l’Exclusion, l’état des savoirs, Paris, La Découverte, 1996, p.311.

  2. Triomphe (A.), Les Personnes handicapées en France : données sociales, Paris, C.T.H.E.R.H.I., 1991.

4 LANE H. : "The Wild Boy of Aveyron", Cambridge, Mass., Harvard Universiry Press, 1976 et pour la traduction française, "L'enfant sauvage de l'Aveyron. Évolution de la pédagogie d'Itard à Montessori", Payot, Paris, 1979 et "Quand l'esprit entend : histoire des sourds-muets", pour l'édition originale aux USA, New York, Random House, 1984, et pour la traduction française, O Jacob, Paris, 1994.
1 ALLEMANDOU B. : "Histoire du handicap.Enjeux scientifiques, enjeux politiques, ", Les Etudes Hospitalières, Bordeaux, 2001.
Contexte place dans ma thèse :

Dans une partie plus historique sur le handicap, avec les liaisons entre la sociologie, la politique et les enjeux qui font du handicap un analyseur de la société. Voir à ce sujet de livres de Georges Lapassade sur les micros sociologie en 1996.

Les enjeux scientifiques et politiques du handicap iront se heurter jusqu'aux enjeux anthropologiques au coeur des personnes.
Page 9 : " Aujourd’hui, sous le vocable de personnes handicapées sont regroupés plusieurs types de déficiences : intellectuelle, sensorielle, motrice, psychique. Aussi peut-on s’interroger sur la pertinence d’un terme générique qui recouvre des réalités cliniques totalement différentes tant dans l’expression d’une symptomatologie que d’un pronostic, tant dans les modalités existentielles d’un vécu que dans la diversité des modalités d’assistance. Handicap apparaît comme un mot fourre-tout qu’on ne peut utiliser qu’à condition d’en définir préalablement la fonction : une représentation de la société, une nouvelle conception de la santé, une nouvelle formulation des politiques sociales, la caractéristique de certaines personnes ou l’évaluation des performances des joueurs de golf ? "

Page 10 : « Couvert par ses parents jusqu’à vingt ans pour la Sécurité sociale, âge à partir duquel on peut bénéficier de l’allocation aux adultes handicapés. Jusqu’à vingt et un ans on peut faire l’objet de mesures d’aide sociale à l’enfance ou de protection judiciaire au titre de jeune majeur. »

Page 11 :« Mon projet est de présenter l’histoire des enjeux scientifiques et politiques qui ont concouru à dénommer handicapés des jeunes qui étaient jusqu’alors dénommées par des vocables divers.

Je situe comme une des moments déterminants de cette histoire la création de l’Académie de médecine en 1820 en tant qu’elle concrétise une nouvelle conception de la politique : désormais, l’art de gouverner fait appel au savoir scientifique. L’enquête en sera l’outil privilégié, comme le montre le rôle joué par les études de Parent-Duchâtelet et de Villermé qui inaugurent la démarche épidémiologique. Mais l’enquête est aussi à la base de la constitution de la science sociale : ampleur des informations, rigueur de la démarche. »

Page 14 : « Vouloir mettre en évidence la construction sociale du handicap, « la façon dont une société élabore et traite un domaine de vie, une population, un type de rapports sociaux en fonction de la représentation qu’elle s’en fait, des catégories qu’elle y applique », nécessite un maniement conceptuel qui, s’il constitue l’objet même de la sociologie, concerne également l’histoire, la science politique, la médecine , la psychologie, le droit ou l’économie qui « ont à voir dans la production historico politique du handicap ». Si je partage avec Henri-Jacques Stiker l’opinion que le handicap n’est pas une donnée mais un construit, et avec Pascal Dorriguzzi qu’il est une production culturelle, nous sommes amenés à nous interroger sur les conditions historiques de son apparition dans le champ social et donc sur son articulation avec l’histoire des politiques sociales. »

Page 15 : « Mon projet n’est pas ici de rendre compte d’une recherche fondamentale sur le thème du handicap, mais de montrer l’ouverture que peut apporter, dans le champ médical et médico-social, la sociologie de la santé par une pratique de l’interdisciplinarité en sciences humaines. »

Mon analyse : l'auteur se place dans le cadre des jeunes handicapés et souligne à travers les vocables toutes les facettes et les enjeux "dits et non dits".
Les sourds muets et aveugles : l’éducation spéciale
Page 20 : « A la suite de Locke, l’abbé Condillac, dans son Essai sur l’origine des connaissances humaines (1746), expose une théorie générale de la connaissance où il développe les trois thèmes essentiels de son œuvre : toute connaissance provient de la transformation de la sensation originaire, les facultés humaines ne sont pas innées, mais engendrées successivement, le développement des connaissances humaines est dû au développement du langage. Il défend la thèse que le langage est une méthode analytique. Condillac est considéré comme le seul grand philosophe français empiriste qui décrit les actes et opérations par lesquelles nous formons les idées. Comme Locke, il ouvre la question de l’étendue de nos connaissances et il soutient que nos connaissances ne s’étendent qu’autant que nos sensations. »

Page 22 : « Signes et moines : Ponce de Léon. Jean-René Presneau insiste tout particulièrement sur le rôle joué par la vie conventuelle dans l’élaboration d’une langue des signes gestuels. La loi du silence se retrouvait dans tous les règlements des ordres monastiques et aurait imposé le silence (la règle copte) aux cénobites du convent qu’il avait fondé en 328. Cette règle sera reprise par les ordres religieux de l’Occident, notamment par les Bénédictins. Il s’ensuivit que les moines, pour communiquer, inventèrent dans chaque monastère, une langue des signes gestuels qui était beaucoup plus qu’une simple pantomime, chacune possédant environ cinq cents mots. Mais ce langage resta restreint à l’usage de la vie monacale. »

Page24 : « Pourquoi à l’âge de dix-neuf ans Pereire se documente sur les méthodes d’éducation des sourds-muets ? Une première hypothèse est ; qu’habitant Berlanga, Pereire a sans doute eu connaissance que le moine dominicain Pedro Ponce de Léon y avait, au XVIème siècle, réussi à apprendre à des sourds-muets de naissance à lire, écrire et raisonner. Dans son Mémoire à L’Académie royale des sciences, de 1762, il dira avoir appris l’alphabet manuel en Espagne, et, en lisant le Theatro Critico de Feijoo, qu’il existait une possibilité d’instruire les sourds-muets. »

Page 25 : « Le rapport élogieux de l’Académie assure à Pereire une notoriété grandissante qui lui permet d’être introduit dans les milieux scientifiques. C’est ainsi que les esprits éclairés comme La Condamine, Buffon, Diderot et Jean-Jacques Rousseau lui témoignent leur estime. »

Mon analyse : on retrouve la cognition moderne dans le cadre de l'éducation des sourds muets. Aujourd'hui dans certains entretiens et films qui situent socialement la surdité, le gain historique est-il si important que cela ?
Pages 26 et 27 : " Malgré l’absence d’écrits de Pereire, Edouard Seguin réussit à recomposer les caractéristiques de sa méthode : il utilisait le sens du toucher en mettant la bouche en contact avec une partie sensible du corps (l’oreille, la main) qui percevait les vibrations émises par la parole.

La parole s’enseignait par l’imitation avec la vision comme guide des positions internes dans la bouche et des muscles externes de la face et du cou ; une fois les premières notions acquises, on avait recours au toucher comme conducteur et moniteur pour les positions les plus intérieures et les vibrations organiques qui concourent à l’émission d’une articulation sonore.

C’est donc en substituant l’audition au toucher, en interdisant le langage des gestes quand la prononciation devenait performante que Pereire fonde la première méthode oraliste. Mais cette méthode nécessitait un long et fastidieux travail de répétition faisant qu’un instituteur ne pouvait prendre en charge qu’un nombre limité d’enfants. Pereire fonctionnait sur le modèle des précepteurs, tirant ses revenus des émoluments que seule une clientèle fortunée pouvait lui offrir. »

Mon analyse : on remarque qu'historiquement que c'est bien Pereire qui est à l'origine de cette méthode avec les sourds. Pereire avec une grande notoriété au début de ce 18e siècle. Il s'appelait Jacob - Rodrigue Pereire ou Pereyra né en Espagne en 1715, il meurt en 1780 prés de Lisbonne. Bernard Allemandou ajoute que plus loin, « le rapport élogieux de l'académie assura à Pereire une notoriété grandissante qui lui permet d'être introduit dans les milieux scientifiques. C'est ainsi que des esprits éclairés comme la Contamine, Buffon, Diderot et Jean-Jacques Rousseau lui écrire témoignent leur estime.
Pages 28 et 29 : " Pour les sourds - muets l'éducation spéciale avait la vertu de la résurrection qui, jusqu'alors, était de l'ordre du mystère. Avec Pereire l'humanisation des sourds - muets échappait au divin pour s'enraciner dans la pratique pédagogique. Autant il militera avec fierté pour sa judéité, autant et restera sans réaction et peiné devant les calomnies de ses concurrents, instituteurs déloyaux. Et lorsque la réputation de l'abbé de l'Épée éclipsera la sienne, ce sera pour longtemps car, dans la France catholique, il était plus conforme, comme l'écrit Neher - BernStein, « de voir un prêtre plutôt qu'un juif s'occuper (avec succès) de handicapés »."

Page 30 : « Il défend donc l’idée que la langue naturelle du sourd et du muet est la langue des signes, langue des signes à laquelle il assigne le projet d’être une langue universelle ».

Page 31 : « Cette théorie remettait en cause l’idée que seul le langage parlé peut être le véhicule de la culture et l’idée défendue par Condillac que les sourds-muets dénués de toute mémoire sont donc incapables de raisonner. Condillac ira visiter l’école de l’abbé, révisera son jugement et rendre justice aux talents de ce citoyen généreux. Par contre, Pierre Desloges, devenu sourd, vers l’âge de sept ans, des suites d’une petite vérole, de modeste situation, relieur et colleur de papier pour meuble, minimise les mérites de l’abbé :

Cet habile instituteur ayant conçu le généreux projet de se consacrer à l’instruction des sourds et muets a sagement observé qu’ils avaient une langue naturelle…le langage des signes…Ce n’est donc pas M.l’abbé de l’Epée qui a créé et inventé ce langage : tout au contraire, il l’a appris des sourds et muets ; il a seulement rectifié ce qu’il a trouvé de défectueux dans ce langage ; il l’a étendu et lui a donné des règles méthodiques ».

Page 32 : « Pereire reconnaît que l’abbé peut être véritablement utile, du moins pour la classe indigente, confirmant que la distinction des méthodes s’articule sur la différenciation sociale des sourds-muets. Pour des enfants issus de la noblesse, la communication orale avec la communauté d’appartenance revêt une fonction d’intégration sociale essentielle alors que, dans le fond, il importe peu que les sourds-muets indigents se construisent une langue particulière à une époque où l’instruction des enfants du peuple n’est pas vécue comme nécessaire. En 1782, Samuel Heinicke, instituteur allemand de sourds-muets, engage une controverse avec l’abbé. Il prétend que le défaut de l’ouïe ne peut être suppléé par l’organe de la vue, les idées abstraites ne peuvent pas survenir à l’esprit des sourds par l’écriture et les signes méthodiques, les signes s’oubliant rapidement et, à travers eux, le sens des mots qu’ils sont censés reproduire. Il pose le problème crucial de l’accès au symbolique chez les sourds, qui restera a centre de la polémique entre les tenant de l’oralisme et ceux de la langue des signes. »

Page 50 : « Ainsi la méthode utilisée par Sicard est inventée par Massieu, validant la thèse de Desloges ; ce sont les sourds-muets eux-mêmes qui ont inventé la langue des signes. Jean Massieu, mais aussi Laurent Clerc qui, en 1816, suivit aux Etats-Unis Thomas Hopkins Gallaudet, pasteur américain envoyé en France, à la recherche d’un instituteur, par un médecin, Cogswell, dont la fille était devenue sourde à l’âge de deux ans et demi. Laurent Clerc participera à la création de l’American School for the Deaf, à Hartford (Connecticut), en 1817. En 1864 sera ouverte le National College for the Deaf, unique université dans le monde réservée aux sourds où les enseignements sont dispensés en American Signs Language (proche de la L.S.F) ».

Mon analyse : on remarquera déjà les luttes sociologiques pour le champ du handicap. Les différentes églises, les différents champs laïques, puis la science et ses différents paradigmes seront au conflit pour dire le handicap et intégrer les personnes handicapés : c'est cela la situation de handicap ! Ils sont des handicapés du savoir, certains éducateurs sourds étaient des génies, de plus Marion et Raymond sont des exceptions !
Valentin Haüy, premier instituteur des aveugles
Page 52 : « La question posé par la vision dans le processus de connaissance va être l’objet d’un important débat philosophique dès le début du XVIII, l’observation des philosophes portant sur les aveugles de naissance qui recouvrent la vue grâce à la chirurgie. Molyneux pose à John Locke le problème suivant : un aveugle-né opéré saurait-il de suite distinguer par la vue une sphère d’un cube qu’il distinguait par le toucher ? Locke répondit que non, ainsi que Berkeley qui fait remarquer que pour le clairvoyant les grandeurs et les distances ne sont jamais données mais seulement suggérées par la vue. Plus connue est la position de Diderot dans sa Lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient, de 1749. Il ne s’intéresse à l’opération de la cataracte réalisée par Réaumur et à l’aveugle-né du Puiseaux, à qui il ira rendre visite, que dans la mesure où ils lui permettent d’étudier le rôle que jouent nos sens dans la formation de nos idées morales. De ses observations il déduit que la loi morale n’est pas une évidence spirituelle, mais qu’elle dépend de nos sens. »

Page 53 : « Valentin Haüy est né dans une famille de tisserands aisés, à Saint-Just, en Picardie, le 13 Novembre 1745. En 1751, sa famille s’installe à Paris où il fera ses études classiques avec son frère aîné René. Outre le latin, le grec et l’hébreu, il arrive à pratiquer une dizaine de langues vivantes. Il s’était fait une spécialité du déchiffrement des manuscrits anciens, français ou étrangers, ainsi que des graphies secrètes et des systèmes codés. Elu agrégé puis membre du Bureau académique des écritures, que venait de fonder Louis XVI, il gagne sa vie en traduisant des documents officiels, notariés commerciaux ou privés et peut se prévaloir, en 1786, du titre d’interprète du roi, de l’Amirauté et de l’Hôtel de ville. »

Page 54 : « Mais le nombre d’élèves augmentant, la Société philanthropique décide de réunir école et atelier en une même maison, rue Notre-Dame-des-Victoires : l’institution des enfants aveugles est ainsi née en 1786, ayant pour but d’instruire les élèves aveugles et leur apprendre un travail manuel : travaux de filature et d’impression typographique en relief et en noir. Cette même année, Haüy écrit son Essai sur l’éducation des aveugles et reçoit la consécration suprême, le 26 décembre 1786, en étant présenté au roi et à la cour avec les vingt-quatre pensionnaires de son institution. »

Page 55 : « Auparavant, les enfants aveugles des familles riches recevaient une éducation prodiguée par des précepteurs qui se cantonnait à un enseignement oral que l’élève répétait par cœur. Haüy, le premier instituteur des aveugles, promeut un enseignement collectif et gratuit. Et, surtout, il s’était donné comme objectif de « mettre sans cesse les aveugles en relation avec les clairvoyants ». La première école qu’il créa, comme ce fut le cas pour les sourds-muets, fut privée et financée par l’action caritative. Par la suite, elle devint royale, impériale et enfin, nationale de Paris avec, dès sa création, un triple caractère : école, atelier et académie de musique. »

Page 56 : « En fait, l’écriture Barbier, comme plus tard le braille, établit une rupture avec la conception défendue par Haüy qui tenait à ce que l’aveugle ne se singularise pas du voyant par son système alphabétique. On peut faire un parallèle avec le débat engagé entre les tenants de la langue des signes et de l’oralisme pour les sourds. Pour les partisans de l’écriture Barbier, ce qui rapprochait le plus l’aveugle du voyant n’était pas d’utiliser le même système alphabétique dont l’utilisation était terriblement handicapante, mais plutôt d’utiliser un système original qui permettait de rapprocher leurs performances de lecture et d’écriture de celles des voyants. Les aveugles durent attendre l’apparition du braille pour entrer en possession d’un alphabet réellement pratique, aussi facile à lire qu’à écrire. Louis Braille, qui était lui-même aveugle, s’inspira des travaux de Charles Barbier pour présenter, en 1829, son système d’écriture et de lecture en points saillants qui représentent les caractères alphabétiques, mathématiques et musicaux. Il réduit à six gros points répartis en deux colonnes de trois les douze points que le système Barbier exigeait pour chaque signe. L’énorme avantage de son procédé est que le signe ponctué forme une image sous le doigt qui lui permet à la lecture tactile de devenir synthétique.

Page 57 : « L’éducation spéciale des aveugles montrera que la perte de la vision n’empêche pas l’aveugle d’accéder aux autres sentir, à la pensée, au langage, mais ampute son champ existentiel dans sa capacité à appréhender l’espace, les relations et l’agir. Sa dépendance aux autres en est terriblement accrue ainsi que son repli dans l’imaginaire ».

Page 58 : « Itard est né le 24 Avril 1774, à Oraison, en Provence. Il refuse d’admettre que cet enfant est un idiot inéducable. Il propose une éducation médicale, qu’il dénomme « médecine morale », qui vise à adapter l’enseignement à la personnalité de son élève en le plaçant dans un milieu sain et rassurant. Puis, en fonction du comportement de son élève, il adapte les séances d’apprentissage et l’ordre dans lequel elles se déroulent. S’inspirant de la théorie sensualiste de Condillac, il met sur pied un programme d’éducation sensorielle qui rompt avec l’enseignement traditionnel par matières. Il est le premier à exiger une pédagogie scientifique fondée sur la philosophie et la médecine, et qui utilise les techniques de l’observation. Il est à l’origine d’une conception de l’éducation où l’enfant est considéré comme un individu qui réagit à un environnement soigneusement préparé, inaugurant une nouvelle tendance en pédagogie qui aura par la suite comme élèves Seguin en France, Montessori en Italie et Decroly en Belgique, et qui, au début du XXème siècle, donnera naissance à l’Education nouvelle ».

Page 62 : « En fait, dès 1818, Esquirol, médecin à la Salpêtrière, avait défini le terme d’idiotie : état de non développement des facultés intellectuelles, constatable dès le plus jeune âge et que rien ne peut améliorer, distinct de la démence, qui elle, est une régression à partir d’un développement intellectuel antérieur normal. Esquirol marque la notion de déficience mentale de deux aspects fondamentaux : l’origine essentielle du déficit intellectuel et l’irrécupérabilité. Dans les causes de l’idiotie, Esquirol ne décrit que des agents physiques agissant sur le développement des organes du corps. Les caractéristiques physiologiques de l’idiotie découlent de sa spécification organique : l’arrêt du développement des organes entraîne un arrêt du développement de l’intelligence. L’absence de cohérence de ses descriptions cliniques traduites le manque d’unité de ses présupposés théoriques et philosophiques. Au regard de sa conception des causes morales et physiques des différentes espèces d’aliénation que l’on retrouve chez Pinel, l’idiotie apparaît comme une maladie de la pauvreté ».
L’ère des pionniers

Page 65 : « D’un autre côté, l’intérêt des médecins pour l’éducation des enfants trouve sa source dans la révolution pédagogique inaugurée par l’Emile, de Jean-Jacques Rousseau, en 1762, qui demande que soient respectées les étapes naturelles du développement de l’enfant ».

Mon analyse : ces pionniers ont permis à certains enfants devenus hommes de redevenir des humains. Leur vie imaginaire, leurs éducations, leurs souhaits vont faire émerger une figure de l'aveugle entre la magie, leur langage et leur écoute et les dons plus ou moins véritables qu'ils sont susceptibles de posséder. Les témoignages directs et indirects confirment ces conceptions, ils sont un analyseur en ce qui concerne la guérison et le respect …

Les enfants anormaux : La politique sociale de la IIIème République
Page 72 : « Le positivisme vise à formuler une théorie du système social qui ait la rigueur de la science et dont le peuple puisse être instruit afin qu’elle serve à la nécessaire réorganisation de la Cité. Il s’agit de découvrir par le raisonnement et l’observation les lois effectives des phénomènes et de ce qui régit l’évolution sociale. Il affirme que « le progrès est le développement de l’ordre » et pose comme devise : « L’Amour pour principe, l’Ordre pour base et le Progrès pour but. » Le positivisme ne reconnaît à personne d’autre droit que de toujours faire son devoir. Il admet la légitimité naturelle d’une hiérarchie sociale à la tête de laquelle se trouve un patriarcat formé des détenteurs de capitaux et des industriels. A cette élite appartient le pouvoir dont l’exercice ne saurait être démocratique. La politique organique instaure une république dictatoriale, la sociocratie ».
Page 74 : "Le Parlement n’intervenait que pour entériner une décision administrative issue du consentement consultatif et non du consentement politique. Henri Monod, nommé en 1887 à la direction de l’Assistance publique, défend une approche scientifique des questions d’assistance. On ne peut en rester aux élans du cœur, aux impulsions aléatoires pour guider l’action qui doit relever d’une approche méthodologique, d’études sociologiques, de comptabilités statistiques et d’exigence d’objectivité que seule la compétence de techniciens du lien social peut garantir. C’est ainsi que sera crée le Conseil supérieur de l’assistance publique, le 14 Avril 1888, instance qui réunit la légitimité de l’élu et la technicité du savant où les médecins sont surreprésentés et où s’élaborent les projets. Téophile Roussel en occupe la présidence, de 1888 à sa mort en 1903, où il sera remplacé par Paul Strauss.

"Il est complété par la loi du 14 Juillet 1905 relative à l’assistance obligatoire aux vieillards, aux infirmes et aux incurables privés de ressources. Il suscite des réactions ambiguës dans le corps médical : soulagement d’être déchargé d’une pratique charitable pouvant être écrasante, nostalgie ou rancœur dues à la perte d’un rôle social qui confortait la société ".

Mon analyse : science et politique sociale déjà en 1905 les lignes de partage étaient complexes, on retrouve encore ces lignes dans l'institution médicale dans le monde dit ou dans le champ au sens de P.Bourdieu "médicosocial".

La situation des sourds et des aveugles
Page 78 : « Il occupera une position hégémonique à partir du congrès de Milan en 1880 :

Considérant l’incontestable supériorité de la parole sur les signes pour rendre le sourd-muet à la société et lui donner une parfaite connaissance de la langue, le congrès déclare que la méthode orale doit être préférée à celle de la mimique pour l’éducation et l’instruction des sourds-muets.

A la clôture du congrès, le délégué de la France cria depuis la tribune : « Vive la parole ! » Le reproche fait à la langue des signes est qu’elle ne permet pas de communiquer avec les personnes qui ne sont pas initiées. L’apprentissage de la langue parlée devient le but fondamental de l’éducation des sourds profonds. Vingt ans plus tard, au congrès de Paris, l’oralisme est devenu la méthode d’enseignement quasi-exclusive, congrès où l’on constatait que l’oralisme était défendu par les enseignants entendants et la langue des signes par les enseignants non entendants et par les sourds-muets. La controverse est toujours d’actualité ».

Mon analyse : nous avons eu un entretien sur ce sujet avec Raymond et effectivement la situation reste tendue

La commission bourgeois, le solidarisme et les arrières
Page 99 : « Pour Bourgeois (Léon Bourgeois 1851-1925. Douze fois ministre de 1888-1917), l’assistance est un pis-aller, un symptôme de l’échec de l’organisation sociale. Uniquement réparatrice, n’instaurant aucune réciprocité, elle inscrit l’assisté dans un statut de dépendance et entraîne une augmentation périlleuse des charges de l’Etat. Assister, c’est attendre que le mal se soit produit pour essayer de réparer. Assister, c’est attendre que la misère soit survenue pour donner l’aumône au misérable. Or l’aumône, si elle reste toujours un geste méritant, n’est pas un acte social. L’acte social est donc nécessairement un acte de mutualité et un acte de prévoyance et d’assurance.  La logique assistantielle est sans doute capable de soulager les misères et les souffrances, mais certainement pas de réparer les inégalités sociales ou d’établir des contre-pouvoirs. Elle reste étrangère au monde du travail. Et, comme le souligne Catherine Bec, durant la IIIème République, on passe du couple assistance-charité défendu par les républicains opportunistes, au couple assistance-assurance, institution de prévoyance, de préservation de la misère et d’hygiène, défendu par les républicains radicaux. Ainsi, pour Bourgeois, il n’est pas question d’assister les enfants arriérés, mais de rétablir l’injustice qui les exclut du bénéfice des lois scolaires :

"De plus en plus pressante apparaissait l’obligation pour l’Etat de remplir tout son devoir à l’égard de ces déshérités de la nature : aveugles, sourds-muets, dégénérés, arriérés, instables. Quelle tristesse de penser, par exemple, que les enfants à qui une infirmité originelle ou acquise rendait l’instruction plus précieuse et nécessaire, étaient précisément ceux qui se voyaient exclus du bénéfice des lois scolaires. "
Page 118 : « Pour Zazzo, l’entrave dont Binet n’a pas réussi à se libérer, pas plus que les aliénistes, c’est d’avoir défini l’arriéré par son terme adulte, en amalgamant la notion d’insuffisance telle qu’elle est constatée chez l’enfant avec la notion d’inadaptation sociale de l’adulte. L’intelligence définie par les tests intervient plus en milieu scolaire que dans les capacités d’adaptation de l’adulte. »

Page 119 : « En fait, Binet bénéficie des progrès spectaculaires que la médecine réalise dans la seconde moitié du XIXème siècle qui distingue le mongolisme, l’idiotie myxoedémateuse, l’idiotie symptomatique d’une malformation congénitale du cerveau. L’idiotie a éclaté en une pluralité de syndromes que réunifie la notion d’anormalité, leur syndrome commun. Ce qui permet à Binet de défendre un dualisme méthodologique en distinguant sur le plan médical, qui détermine l’étiologie, et la méthode psychologique, qui définit l’intelligence comme une fonction génétiquement graduée, en comparant le développement normal et retardé, et détermine le degré d’intelligence. Binet encarte l’anormalité dans le champ de la psychologie expérimentale tout en ne concevant la psychométrie que comme un outil diagnostique permettant l’orientation vers une éducation spéciale. »

Page 126 : «A partir de 1920, c’est l’école maternelle qui devient le lieu de prédilection d’une psychopédagogie expérimentale, influencée d’abord par Montessori puis par Decroly, en développant une pédagogie de la libre activité fondée sur la connaissance de la psychologie de l’enfant. La psychopédagogie fera son entrée officielle dans l’enseignement primaire avec la réforme qui se voulait démocratique, de Jean Zay, du 5 mars 1937, par le liais de l’orientation scolaire. Pour Jean Zay :

"Démocratiser l’enseignement ce n’est pas l’encombrer, ce n’est pas précipiter vers la culture secondaire ou supérieure des milliers d’enfants et de jeunes à qui ne seront pas, plus tard, garanties les situations qu’ils croyaient pouvoir saisir à l’aide de parchemins devenus vains ; ce n’est pas augmenter le nombre de jeunes sans emploi et sans situation qui fourniraient des déclassés et des aigris et qui feraient courir aux institutions de liberté le grave péril auquel, ailleurs, elles n’ont pas survécu. "

Mon analyse : belle citation sur l'assurance, l'aumône et la compensation sociale. Pages 118 et 119 pour yann, c'est le cerveau qui départage soi et les autres ; oui, mais tu crées un nouveau "ghetto" avec le handicap mental ! Oui, tu as raison c'est délicat !

Le pouvoir des savoirs :

L’enfance anormale et la IIIème République
Page 132 et 133 : « Concernant la IIIème République, Monique Vial décrit bien la problématique en jeu : les clivages se dessinent selon un jeu plus complexe que la simple opposition entre aliénistes, d’une part, et psychologues ou psychopédagogues, d’autre part. Les enjeux de la psychométrie intéressent la médecine autant que la psychologie et la pédagogie, l’asile autant que l’école. Le projet de création d’un enseignement spécial est un projet multiple et contradictoire. Les divergences dans les conceptions et dans les choix, avec leur dimension idéologique et leurs enjeux de pouvoir, ne se superposent pas aux rivalités professionnelles. Ils divisent aussi bien médecins et maîtres d’enfants anormaux qu’enseignants de l’école ordinaire. Mais aussi conservateurs et républicains et chez les républicains radicaux et opportunistes.

Les enjeux scientifiques
Page 133 : « Peut-on voir dans cette période de l’enfance anormale, en se référant à Pierre Bourdieu et à l’analyse des modes de domination, une lutte entre les psychiatres, les psychologues et les enseignants pour acquérir le monopole de la compétence définie comme capacité technique et comme pouvoir social ? Peut-on alors considérer le champ de l’enfance anormale comme espace objectif d’un jeu où se trouvent engagés des enjeux scientifiques, qu’il est vain de distinguer entre des déterminations purement sociales de pratiques essentiellement surdéterminées ? »

Page 136 : « Les sociologues, avec Durkheim, pensent que la cause des pathologies sociales modernes : vices, criminalité, déviance, marginalité, se trouverait dans l’affaiblissement des convictions morales des individus ou des groupes. Ils considèrent l’anormalité de l’enfant, décrite en termes pédagogiques par Seguin, psychiatriques par Régis ou psychologiques par Binet, comme la traduction possible, sur le plan individuel, des conséquences de l’anomie. En fait, les choses ne sont pas si simples. Pour les libéraux, les droits de la famille, à qui il appartient de diriger comme elle l’entend le développement intellectuel et moral de l’enfant ou l’éducation, sont conçus comme essentiellement privés et domestiques. Ces droits peuvent entrer en contradiction avec les droits et les devoirs de l’Etat d’adapter l’enfant au milieu social où il est destiné à vivre, conférant à l’éducation une fonction sociale. Pour les républicains, le rôle de l’Etat est de faire enseigner les principes qui sont à la base de la morale démocratique : respect de la raison et de la science. Durkheim considère « que l’éducation est chose éminemment sociale par ses origines et ses fonctions, et que, par suite, la pédagogie dépend de la sociologie plus étroitement que toute autre science », tout en reconnaissant que « si l’idéal pédagogique exprime avant tout des nécessités sociales, il ne peut, cependant, se réaliser que dans et par des individus ». Ainsi en vient-il à distinguer l’être individuel et l’être social fait d’un système d’idées, de sentiments et d’habitudes qui expriment en lui, non pas sa personnalité, mais le groupe ou les groupes différents dont il fait partie, avec leurs croyances religieuses, croyances et pratiques morales, traditions nationales ou professionnelles, opinions collectives de toute sortes. Constituer cet être social, la socialisation, est la finalité de l’éducation tout en considérant qu’il est possible d’individualiser en socialisant ».

Durkheim (E.), Education et Sociologie, Paris PUF, 1993 [1922] p.92

Mon analyse : les pouvoirs se disputent le handicap qui n'habite plus la société, on retrouve des traces dans les témoignages, on y trouve des indices au sens des sciences indiciaires qui permettent de dire que cela existe toujours : notre plongée ethnographique au SACEH confirme cela de façon éclatante comme une démonstration sociologique "avoir le beurre, l'argent du beurre et la ferme " oui, la ferme car des leviers seraient données à des "exclus compétents " , par exemple le directorat de Bruno et Raymond !

L'école elle aussi résiste à la "normalité différente "des situations de handicap.
Infirmes et invalides : Les réponses sociales à l’infirmité
Page 141 : « Dans son abord anthropologique, Henri-Jacques Stiker rattache au culte de Dieu les attitudes que la société entretient avec les infirmes. Avec l’Evangile, les malades, les infirmes et les marginaux sont les premiers dans le Royaume de Dieu. Il montre que dans l’Antiquité classique, la notion d’infirmité couvre la naissance à laquelle manque l’intégrité reconnue à la race humaine ».

Page 142 : « Au Moyen Age, le malade, l’infirme sont pris dans l’engrenage de la paupérisation. On retrouve les infirmes ou bien à la cour des Miracles, au milieu des gueux et des gens sans aveu, ou bien diabolisés de par leur monstruosité, à moins que ce ne soit sous les traits du Christ auquel on doit la charité. Les infirmes, faibles de constitution ou au corps difforme, attiraient la compassion, mais obligés de mendier pour subsister, ils faisaient alors l’objet de mesures répressives.

Au XVIIème siècle, infirmité et invalidité se confondent : le pouvoir prend des mesures en faveur des invalides de guerre avec la création, par Louis XIV, en 1670, de l’Institution nationale des invalides (l’hôtel des Invalides) pour loger les militaires invalides. La compensation de l’invalidité des mutilés de guerre sera à l’ordre du jour avec la période napoléonienne. Mais ces mesures ne font pas l’objet d’une véritable politique publique. Du moins signalent-elles que les stigmates corporels de la guerre engagent la responsabilité morale de la société qui se sent redevable d’une compensation.

Progressivement, l’infirmité devient une notion qui traduit l’incapacité au travail (« in-validité »), quelle qu’en soit l’origine. Du moins distingue-t-on les pauvres valides de ceux qui sont dans l’incapacité de travailler : infirmes, enfants, vieillards. Ce qui fait rupture avec l’Ancien Régime, c’est lorsque la représentation nationale révolutionnaire formule l’idée que l’assistance n’est pas une charité, mais une obligation nationale. La politique d’action sociale va s’organiser autour d’une idée force qui recueillera l’assentiment de tous : la société doit restreindre la masse des indigents en les mettant au travail. Ainsi sera-t-il dans la Constitution du 3 septembre 1791 : «  Il sera crée et organisé un établissement général de secours publics pour élever les enfants abandonnés, soulager les pauvres infirmes et fournir du travail aux pauvres valides qui n’auraient pu s’en procurer ».

Page 143 : « Le premier recensement général des infirmités apparentes date de 1851. Sur le territoire de l’époque (sans le comté de Nice et la Savoie) on comptait 37 662 aveugles, 75 063 borgnes, 29 512 sourds-muets, 44 970 aliénés, 42 382 goitreux, 44 619 bossus, 11 301 ayant perdu une ou deux jambes.

A la fin du XIXème siècle, avec la salariat qui se généralise, la notion d’infirmité ne désigne plus un état, mais le processus par lequel l’homme valide va se trouver dans l’incapacité transitoire ou définitive de pouvoir travailler. Le travail lui-même est générateur d’accidents. Avec la société sociale, est intégrée aux revendications syndicales et déborde sur la scène politique. La sécurité au travail est de la responsabilité des entreprises qui doivent assurer la réparation des conséquences de l’accident. L’Etat intervient pour fixer les règles du jeu et légifère avec les lois du 9 avril 1898 sur les accidentés du travail et du 27 octobre 1919 sur les maladies professionnelles. Par contre, reste du devoir de l’Etat, au nom de la solidarité nationale, l’assistance aux « vieillards, infirmes, incurables » de tous âges qui fera l’objet de la loi du 14 juillet 1905 et nombre d’entre eux formeront la population des hospices, y compris les enfants.

Mais pour les enfants, avec la scolarité primaire obligatoire, le référentiel de l’infirmité va se déplacer : il ne sera plus sa capacité au travail, mais celle à suivre la scolarité ».

Page 144 : « La guerre de 1914-1918 tue massivement les hommes et fabrique un nombre considérable d’invalides dont l’infirmité les rend inaptes au travail. De l’infirmité envisagée sous l’angle de la responsabilité individuelle et à laquelle la société répond par une conception caritative de l’assistance, on passe, à la fin du XIXème siècle, à l’infirmité des accidentés du travail et des mutilés de guerre envisagée sous l’angle de la responsabilité collective mobilisant une assistance assurantielle. La représentation de l’infirmité s’en trouve modifiée. A partir du moment om la société permet collectivement et financièrement sa compensation et sa réparation elle n’apparaît plus comme une fatalité, un malheur irréparable. D’autant que la médecine est alors en capacité de trouver des moyens orthopédiques de compensation de l’incapacité (prothèses) et de rééducation qui permettent d’envisager une réintégration sociale. Cette médicalisation de l’infirmité va permettre de distinguer l’infirmité, en tant qu’insuffisance à compenser, de la maladie. Sur le plan des idées, l’entre-deux-guerres va voir émerger la notion d’adaptation qui privilégie le pôle social de l’infirmité en mettant l’accent sur la nécessité de la réadaptation permettant l’intégration sociale ».

Mon analyse : faire la liaison avec cette guerre et les traumatismes s'y rapportent, cette période a paradoxalement permis une avancée mais l'image du "poilu blessé" qui travaille est effacée, il reste aujourd'hui une ligne de démarcation entre ceux qui peuvent et les autres !
La politique de réparation et de compensation des infirmités
Des mutilés de guerre aux mutilés du travail
Page 145 : « Les lois du 31 mars 1919 et du 26 avril 1924 proclamant le droit à réparation envers les anciens combattants et victimes de guerre par blessure ou par maladie, instaurent un guide-barème des invalidités fixant des pourcentages d’invalidité et applicable au Code des pensions militaires. Ces barèmes seront ultérieurement utilisés par la législation d’aide sociale qui l’utilisera de façon restrictive en n’ouvrant des droits que pour ceux qui ont plus de 80% d’invalidité. Jusqu’à ces dernières années, les commissions d’orientation et de reclassement professionnel (COTOREP) mises en place par la loi sociale de 1975 ont utilisé le barème des mutilés de guerre pour le calcul du degré de handicap (ce barème a été remplacé par un barème d’évaluation de l’incapacité des personnes handicapées depuis le 1er décembre 1993 ; il doit être appliqué par les C.D.E.S et les COTOREP) ».
Malade et infirme
Page 146 : « Une autre association va prendre naissance en 1926. Berk était le seul lieu apte à recevoir des malades immobilisés considérés comme des incurables et promis aux hospices. Se rencontrent dans cet établissement Suzanne Fouché, atteinte de tuberculose osseuse, plâtrée de sous les bras au bout du pied et qui était immobilisée depuis l’âge de dix-huit ans, Henri Chapoulie, lieutenant de cavalerie qui soignait une coxalgie et Louis-Maurice Sauvegeot, capitaine aviateur plâtré pour une fracture vertébrale. Ils souhaitent la présence d’un aumônier car ils ne peuvent se rendre à l’église à cause des marches. Leur demande est entendue par l’évêque d’Arras, Mgr Jullien, qui leur suggère de fonder une association de malades. Les trois jeunes « immobilisés » décident de distribuer un appel imprimé à deux mille exemplaires et diffusé, le 3 juillet 1926, dans tous les sanatoriums :

Nous sommes des allongés comme vous. Nous connaissons les difficultés que vous avez à repousser l’ennui et à garder l’espoir. Ce n’est pas du dehors que nous devons attendre de l’aide, mais de nous-mêmes … »

Page 147 : « Lors de la 1er Conférence internationale du service social qui se tient à Paris, en juillet 1928, Suzanne Fouché intervient au nom des infirmes pour la prévention du chômage et demande au service sociale de s’intéresser activement la reprise du travail des « diminués physiques » et de s’employer à la solution des problèmes suivants. Ainsi s’impose l’idée que, puisque les convalescents et infirmes sans qualification professionnelle sont les derniers embauchés et les premiers débauchés, seule la valeur professionnelle pourrait compenser leur déficience physique. Suzanne Fouché rencontrera André Trannoy en 1933 qui, avec des poliomyélitiques, fait le projet de se prendre en charge collectivement. LADAPT les accueillera quelque temps dans ses locaux. Ils fonderont une association qui deviendra l’Association des paralysées de France (A.P.F). Ainsi, de 1929 à 1939, la Ligue fait l’expérience pratique des solutions à promouvoir pour que le malade et l’infirme aient leur place dans la société ».

Page 150 : « Finalement LADAPT verra se concrétiser sur la scène politique le combat mené en faveur des malades et infirmes, le droit à la rééducation professionnelle étant reconnu avec la création de la Sécurité sociale. L’ordonnance du 3 juillet 1945 établit le principe de la réadaptation, de la rééducation professionnelle et de l’assistance par le travail, accompagné de la création d’une allocation compensatrice pour les aveugles qui travaillent. La loi Cordonnier, du 2 août 1949, étend ce système aux infirmes dont l’infirmité, congénitale ou acquise, entraîne au moins 80% d’incapacité permanente. Sont abrogées les dispositions de la loi de 1942 interdisant aux aveugles et grands infirmes l’accès à l’enseignement public ».
Mon analyse : les cotorep et ses indexations issues des mutilés de guerre remplacées par l'évaluation des incapacités en 1993 : pourquoi pas des capacités réelles de ces personnes !!!
Invalidité, incapacité, infirmité

Page 151 : « D’après Henriette Marie (« Les handicapés », in La Protection sociale en France, Paris, La documentation française, « Notices », 1995 p.33), les vocables d’invalidité, d’incapacité et d’infirmité ont une portée juridique précise.
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