Homélie du 7e





télécharger 8.87 Kb.
titreHomélie du 7e
date de publication18.01.2020
taille8.87 Kb.
typeDocumentos
d.20-bal.com > histoire > Documentos
Homélie du 7e dimanche du temps ordinaire 18 et 19 février 2017

«Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. Mais tu devras réprimander ton compatriote, et tu ne tolèreras pas la faute qui est en lui » (Lv 19, 17) La Parole de Dieu entendue ce dimanche dans le livre du lévitique retentit davantage aujourd’hui où notre diocèse est de nouveau éclaboussé par la mise en examen d’un prêtre pour viol et agression sexuelle sur mineur de 15 ans.

« Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Co 3, 16) la Parole de Dieu entendue ce jour dans la lettre de Paul aux corinthiens, nous redit le caractère sacré et inviolable de tout être humain. « Tout homme est une Histoire sacrée » chantons nous souvent . Nous n’aurons jamais assez de mots pour qualifier d’intolérable tous les comportements de notre société, d’où qu’ils viennent et qui portent atteinte à la dignité et à l l’intimité d’une personne, surtout si ces agissements sont faits par des personnes ayant autorité.

On pourrait croire que depuis quelques dimanches, la Parole de Dieu est choisie en fonction de l’actualité. Non, elle ne l’est pas. Elle est donnée au monde d’une manière universelle par l’Eglise qui en est dépositaire. Mais chaque dimanche, elle éclaire notre foi et notre conscience. Elle éclaire aujourd’hui notre jugement, nos sentiments mêlés de colère, d’incompréhension et de désarroi. Elle nous aide aussi à prendre du recul là où parfois notre façon de répondre n’est pas forcément bien appropriée. On a bien vu ces jours ci, dans les rues que les réactions faites sous le coup de la colère conduisent à d’autres violences. Il y a toujours en nous un résidu de la loi du Talion « Œil pour œil dent pour dent ».

Jésus place la barre bien haute ce dimanche. Son enseignement dépasse tous les records du monde du saut en hauteur ou à la perche. L’obstacle semble infranchissable. Il nous appelle à la perfection et cette perfection passe par l’amour des ennemis.

« Vous avez appris qu’il a été dit tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi et bien moi je vous dis d’aimer vos ennemis » En réalité vous ne trouverez jamais dans l’ancien testament le commandement de haïr nos ennemis et Jésus le sais mieux que quiconque. Il nous dit à peu prés ceci « Commence par aimer ton prochain, car c’est déjà un premier pas. Commence par aimer celui qui se fait proche de toi, que tu rencontres sans le choisir comme ce fut le cas pour le bon Samaritain. Si ton amour du prochain est acquis, l’amour universel n’est pas loin…

Aimer ses ennemis est-ce un signe de faiblesse ? Pour aimer son ennemi, il faut le situer et l’identifier. Je suppose que vous connaissez des personnes qui ne vous aiment pas et que vous n’aimez pas non plus. Ces personnes sont-elles pour autant vos ennemis ? Leur voulez vous du mal au point de les voir disparaitre ? « Même ça, je ne le souhaite pas à mon pire ennemi » disons nous souvent. « Mes ennemis ! on me dit qu’ils sont dans la tranchée d’en face, mais je ne les connais pas » disait un soldat de la grande guerre.

Jésus n’a jamais dit non plus « N’ayez pas d’ennemi ». Si Jésus n’avait pas eu d’ennemi, croyez vous qu’il serait mort en croix ? Il est mort sur la croix, parce qu’ils avaient des ennemis. De la croix, il les a aimé en disant « Père pardonne leur ils ne savent pas ce qu’ils font ». De la croix, il a vaincu le mal et la haine, le véritable ennemi. D’une poutre qui donnait la mort, le Christ a fait surgir la vie.

Ceux qui nous font mal et qui sont sujets de honte, aujourd’hui au sein de notre Eglise, un autre jour au sein de nos familles, dans nos relations de travail ou de voisinage, ne restent-il pas des frères et des sœurs, même si un pardon semble impossible à donner ?

L’amour des ennemis n’est pas la suppression de la justice. « Le pardon » disait le Père Descubes « n’est pas la grande lessive ». Le pardon n’est possible que si commence un chemin de vérité. Ce chemin est possible parce que le Christ l’a emprunté pour nous. Nous sommes dans nos relations toujours dans un rapport de blessé ou de blessant.

Contrairement à ce qu’il dit, Jésus n’a jamais tendu l’autre joue. Il a dit au soldat qui le frappait  « Si j’ai mal parlé, fais voir ce que j’ai dit de mal : et si j’ai bien parlé pourquoi me frappes –tu ? En lui révélant l’absurdité de son geste, Jésus révèle de quel côté est la force, de quel côté est la faiblesse. Aimer ses ennemis, c’est une force. Demander pardon à celui qu’on a blessé, comme pardonner ceux qui nous ont offensés, c’est une force. C’est éviter de devenir nous même, ce que nous reprochons aux autres d’être.

L’Evangile se termine par « Dieu fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » Nous savons que le soleil et la pluie sont une bénédiction pour la terre. Dieu prend le risque à ce que la mauvaise herbe pousse avec le bon grain. Mais qui est l’ivraie ? Et qui est le bon grain ? L’histoire du bon larron montre la conversion possible jusqu’à l’ultime instant. Cela peut nous parait déraisonnable et pourtant c’est comme cela que Dieu agit en nous.

Amen

 

similaire:

Homélie du 7e iconLa pentecôte homélie 30

Homélie du 7e iconHomélie du 3ème dimanche de Pâques : 21 et 22 avril 2012






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
d.20-bal.com