La biologie nous fait découvrir la diversité qui habite la nature. Cette diversité est-elle habitée par une intelligence ou n'est-elle qu'une diversité de fait





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J.Paoletti : 1e semestre 2013 Écologie et théologie de la Création : L’homme et son environnement 

Cours 7

Providence

La biologie nous fait découvrir la diversité qui habite la nature. Cette diversité est-elle habitée par une intelligence ou n'est-elle qu'une diversité de fait, muette au sein de laquelle certains individus seraient plus aptes à survivre que d’autres, si l’environnement venait à changer ?

Sa capacité de renouvellement montre que le vivant n’est pas statique, mais en devenir, ce qui implique que ce monde est inachevé et qu’il est discontinu.

Le monde est inachevé.

C’est une idée qui n’est pas très familière aux chrétiens qui sont portés à considérer le monde comme un tout un peu statique. Depuis les penseurs des lumières, on a vécu l’image d'un monde dans lequel il n’y a rien à ajouter ni rien à retrancher. Mais cette conception du monde n’est pas la conception qu'en a la Bible. La conception biblique est celle d’un monde inachevé au centre duquel Dieu a placé un homme lui-même inachevé à condition de bien prendre en compte que le mot inachevé n’a pas la même signification dans le cas du monde et dans le cas de l’homme. Bien entendu le récit de la Genèse présente l’œuvre de Dieu comme achevé après le sixième jour : « ainsi furent achevés le ciel et la terre avec toute leur armée ». Mais cet achèvement ne signifie pas que la Création est arrivée à son stade ultime ; il signifie seulement que sont achevés ce que nous pourrions appeler la préhistoire de la Création et que désormais Dieu la fait entrer dans son histoire proprement dite et dans cette histoire, au lieu d’intervenir sans intermédiaire, comme il l’avait fait auparavant, Dieu va s'adjoindre un intendant, l’homme avec qui il va rentrer en alliance et à qui il va faire don de cette Création : « soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez là, dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tous les animaux qui rampent sur la terre ». Ainsi ce que Dieu a fait seul est bien achevé, mais ce que Dieu veut faire avec l’homme ne fait que commencer. On pourrait alors dire que la Création est un héritage et c’est en cela qu’elle nous révèle que Dieu est Père en même temps que Créateur. Comme tout héritage, la Création est remise à l’homme pour qu’il la fasse fructifier. Cela signifie que la perfection de la Création n’est pas en arrière d’elle-même, comme un âge d’or à jamais perdu mais qu'elle est en avant, non pas dans ce qui est perdu, mais dans ce qui est promis, on pourrait dire dans le Christ.

Comment l’homme est-il alors appelé à coopérer ?

En recevant la Création comme un don et non pas en la transformant en du. Parce qu'elle est un héritage paternel, la Création appelle un comportement filial, à l’opposé de celui du fils prodigue de la parabole qui veut le don sans le donateur. En d’autre terme, le rapport de l’homme au monde va traduire la réalité de son rapport à Dieu.. La tradition juive exprime cela en méditant sur le sens de la Loi. En donnant une Loi à l’homme, Dieu lui donne un enseignement sur la manière dont il doit se comporter vis-à-vis des autres, du monde et de lui-même et cet enseignement contient la promesse d’un achèvement que Dieu veut accomplir avec l’homme. Lorsque l’homme observe ce que dit la Loi, il fait ce qui est juste et il remplit sa mission vis-à-vis de l’achèvement du monde. Mais, s’il en est ainsi, l'inachèvement du monde est ambivalent ; il signifie une mission donnée à l’humanité mais aussi un risque que Dieu prend et un danger pour l’homme qui se manifeste chaque fois que l’homme oublie la signification de ce monde qui est remis entre ses mains et qu’il entreprend d’en faire usage comme s’il en était lui-même la source.

Vu du coté de Dieu, le don de la Loi signifie que Dieu n’enfreindra pas les règles qu’Il a lui-même édictées parce qu’elles sont sa propre sagesse.et qu’il reste lié par sa promesse.

Si l’homme reste dans un rapport juste au monde et à Dieu, il ne pourra plus mourir ou s’il meurt par suite de son péché, Dieu ira le rechercher jusque dans la mort. C'est ce que nous rappelle la deuxième Épître à Timothée : « elle est sure cette parole, si nous sommes morts avec Lui, avec Lui nous vivrons, si nous tenons ferme avec Lui, nous vivrons, si nous Le renions, Lui aussi nous reniera et si nous sommes infidèles Lui reste fidèle car il ne peut se renier lui-même.

Si l’homme reste fidèle à l’alliance, il contribue à l’ordre du monde, et s’il est infidèle il suscite et fait grandir le désordre. C’est ainsi que la foi nous invite à établir un lien de cause à effet entre le mésusage du monde par l’homme et le mal et la souffrance qui affectent ce monde. Parfois ce lien est évident, comme dans les guerres massives qui font des millions de morts, parfois il ne l’ai pas comme lors des catastrophes naturelles où tout le monde verra qu’il est absurde de chercher à rapporter directement le mal causé à un mal commis On pourra alors en arriver à mettre Dieu en doute puisque sa providence semble prise en défaut. Ou bien il ne tient pas parole ou bien il est impuissant, ou bien il n’existe pas. C’est pourquoi le silence de Dieu face à la présence du mal a toujours été une épreuve pour la foi. L’argument selon lequel Dieu s’en tient aux lois qu’il a posées devient difficile à admettre et c’est alors qu’intervient un deuxième facteur, la discontinuité du monde.
Le monde est discontinu.

Entendons par là la faculté que Dieu se réserve de susciter dans l’histoire des événements qui introduisent une rupture dans l’enchaînement des causes et des effets. Si la création est une histoire, la foi affirme que Dieu n’en lâche jamais les reines et qu’au nom même de sa fidélité à sa créature, il n’hésite pas à faire irruption en elle pour en modifier le cours. C’est le sens de la délivrance d’Égypte, acte inaugural de l’existence d’Israël ; c’est le sens aussi de l’Incarnation et du mystère pascal de Jésus. On peut voir là certaine analogie avec les discours les plus récentes de la science à propos de l’évolution des vivants. Jusqu’à une époque récente, le gradualisme de l’évolution était sous tendu par l’idée antique selon laquelle la nature ne fait pas de sauts et ce gradualisme conduisait Darwin à accorder à la variation une place très ordonnée à l’intérieur de la sélection naturelle: « dans les corps vivants, écrit-il, la variation cause des modifications légères, la génération les multiplies presqu’à l’infini et la sélection naturelle s’empare de chaque amélioration avec une sureté infaillible ». Tout se passe pour Darwin comme si la variation n’existait que pour servir la continuité de l’évolution et l’empêcher de marquer le pas ; Il suffira d’apporter à cette vision les compléments et les corrections fournies par la génétique, ignorées à l’époque de Darwin, pour aboutir dans les années 30 à la théorie synthétique qui est parvenue à nouer ensemble la permanence et la transformation des êtres vivants. Cette théorie s’est trouvée remise en question par la théorie des équilibres ponctués proposée en 1972 par Elredge et Gould. Ces deux paléontologues ont montré que les changements se faisaient à la faveur de brutales ruptures d’équilibre et qu'au lieu d’une croissance de l’ordre, ils ont mis en évidence une défaite du principe d’ordre à laquelle vient succéder un équilibre nouveau.

Pour revenir à la théologie ces ruptures brutales d’équilibre rappelle de manière troublante la réflexion d’un théologien, Pierre d’Amiens, qui écrivait au 11e siècle sur la puissance divine et la providence de Dieu. Dans certains de ses écrits, il prend acte du fait que si la Création établit des lois auxquelles Dieu lui-même s’estime lié, sa liberté de Créateur est antérieure à ces lois. Créant à partir de rien, Dieu est libre et se lie librement à ses lois, mais il conserve la possibilité de les enfreindre. Mais lorsque Dieu va enfreindre les lois, comme c’est le cas dans le miracle, ce n’est pas que Dieu change de logique ; c’est toujours la même logique, la même sagesse qui commande son agir, il œuvre au Salut de la Création. Dans l’Évangile de Luc au chapitre 13. Jésus vient de guérir une femme. Le chef de la synagogue, indigné, prétend qu’il n’en a pas le droit car c’est jour de sabbat. Nous sommes au cœur du problème ; au nom des lois qu’il a lui-même posé, Dieu se voit interdit par l’homme toute intervention dans ce monde. Jésus va répondre que Dieu garde ce droit d’intervenir parce que là il n’intervient plus pour créer mais pour sauver. « Hypocrites, dit Jésus, chacun de vous au jour du sabbat ne délie-t-il pas son bœuf ou son âne de la mangeoire pour l’emmener à l’abreuvoir ? Et celle-ci qui est une fille d’Abraham et que le Satan a lié depuis 18 ans ne fallait-il pas la délier de son lien le jour du Sabbat ? » Comme il a vaincu le chaos des origines, Dieu ne va pas hésiter à faire irruption dans l’histoire pour remettre en question un ordre perverti parce que la Création est histoire. Dans la nature Dieu va faire venir du contre nature ce contre nature que nous appelons le Salut. Ici se pose la question, pourquoi ne le fait-il pas plus souvent ? On peut se risquer à dire que si le salut consistait pour Dieu à intervenir en faveur de l’homme par autant d’interventions ponctuelles qu’il y aurait de danger couru par l’homme, ce Salut resterait extérieur à l’homme. Nous savons que les miracles de Jésus ne sont que la manifestation extérieure adressée à la foi d’un Salut beaucoup plus fondamental parce que transformant pour l’homme. La discontinuité que les miracles introduisent dans l’histoire est au service d’un projet ; libérer la liberté de l’homme afin qu’il puisse coopérer à l’œuvre de Dieu et non la recevoir de l’extérieur comme une intervention ponctuelle et étrangère en sa faveur. Je ne suis pas dispensé de changer de vie et tant que je n’ai pas changé de vie le Salut risque de n’être pour moi qu’un mot vide.

En conclusion, il est impressionnant de constater à quel point les progrès dans la connaissance du vivant ont modifié positivement la question du temps. Ces progrès nous permettent de redécouvrir de quelle manière la nouveauté et la profusion sont présentes et se manifestent au sein de la temporalité apparemment la plus linéaire de la matière. Comme le dit Jean-Michel Maldamé, cette vision du temps s’écarte de la pensée antique qui privilégiait l’éternité et l’immuable comme figure absolue de la perfection. Elle induit une philosophie du temps originale, elle confirme le bien fondé de la révolution scientifique qui a aboli le temps circulaire de la répétition perpétuelle pour le remplacer par une vision progressiste du devenir. Mais le temps est une réalité dont le passage est ambivalent ; le temps use et le temps apporte du nouveau. Les philosophies de l’évolution se situent sur la ligne de crête d’une philosophie de la nature où la notion de temps joue un rôle majeur. Ceci pose la question métaphysique de la nouveauté inscrite dans la finitude du donné matériel ». Cette question de la nouveauté n’est autre que la question de Dieu. Le Dieu de la Bible est le Dieu de toute nouveauté parce qu’il est le Dieu de l’histoire. Une histoire qui suppose un chemin à partir d’un inachèvement initial vers un achèvement final ; une histoire qui n’hésite pas à introduire dans la nature du contre nature, à introduire de la discontinuité porteuse de Salut ; une histoire où Dieu se manifeste tout puissant et providence en faisant advenir des libertés ; une histoire qui apparaît ainsi toujours paradoxale parce qu’elle ne supprime jamais le jeu dramatique entre coopération, conflit et communion de la liberté humaine et de la liberté divine.
Cette réflexion reprend, en essayant de ne pas trop la trahir, une réflexion menée par Mgr Jean-Pierre Batut dans le cadre d'un échange, lors d'un Mardi des Bernardins, sur « Hasard et Providence, les ressources du vivant ».


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