Essais sur la Chine de Simon leys l’ «ensauvagement»





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L’Asie centrale, terre d’influence des grandes puissances





  • L’influence américaine face aux convoitises chinoises et russes


La Russie exerce, depuis l’ère soviétique, une influence omniprésente en Asie Centrale. Cependant, la région attire aujourd’hui les convoitises, car elle concentre une part non négligeable des richesses énergétiques. Elle est devenue ainsi le théâtre d’affrontements géostratégiques entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine, l’Europe étant, pour l’instant, reléguée au rôle d’observateur.
Le Sénateur Montesquiou s’adressant à l’ambassadeur des Etats-Unis lui fait part de son inquiétude sur l’inefficacité de l’ingérence américaine dans la région. Après la signature du Pacte de Shanghai0 entre la Chine et la Russie, les tractations ont été élaborées, en effet, sans les Etats-Unis, ni l’Europe. Evoquant le « massacre d’Andijan », il prend alors le parti ouzbek, déclarant que « cette intervention armée face à des terroristes présumés est à considérer au même titre que la bévue anglaise ayant causé la mort d’un Brésilien dans le métro londonien ; l’affaire a fait couler beaucoup d’encre, mais a été finalement l’objet d’un non-lieu ». Le sénateur évoque également le thème du « désenclavement ». Selon lui, pour permettre un développement du secteur pétrolier en Asie Centrale, il est nécessaire d’ouvrir la « route de la soie moderne », c’est-à-dire autoriser les sorties de pétrole par l’Iran. En « contaminant » l’Iran par ces échanges commerciaux, ce « pays rebelle » pourra s’ouvrir sur la scène internationale. Propos auxquels l’ambassadeur d’Ouzbékistan réplique en rappelant qu’une intervention trop directe et violente à l’égard de « démocraties nouvelles, jeunes de quatorze ans », pourrait nuire aux relations avec les pays occidentaux. Ce dialogue met en exergue les enjeux régionaux dont les grandes puissances essaient de tirer profit.
La question du rôle de la Chine demeure en suspend. Georges Ayache met en garde contre une vision occidentale faussée de la politique extérieure chinoise. En effet, ce pays frontalier des républiques d’Asie Centrale ne poursuit pas une politique stratégique offensive, mais plutôt défensive. Etendre son influence aux régions avoisinantes est, en réalité, une nécessité. Avec une croissance frôlant les 9% par an, ses besoins énergétiques ne cessent d’augmenter, et ses voisins font figure aujourd’hui de réserves potentielles. De surcroît, la région présente un enjeu politique : des séparatistes présents au nord-ouest du pays font sécession à la frontière kirghize ; les Chinois ont donc conduit une stratégie de rapprochement commercial avec Bichkek afin de contrôler davantage la rébellion.


  • L’Asie Centrale : une opportunité pour l’Europe ?


Selon Wanda Dressler, l’aide européenne est fortement sollicitée par les pays d’Asie Centrale, à la fois pour combattre le terrorisme venant des régions pakistanaises et afghanes et promouvoir les Droits de l’Homme et la démocratie. Les Européens sont en concurrence directe avec les Etats-Unis qui promeuvent l’intégration des pays d’Asie Centrale sur la scène internationale par l’intermédiaire des organes interétatiques et engagent des fonds spécialisés afin de les aider dans la lutte contre le terrorisme. Olzhas Suleimenov concède toutefois que, malgré une préférence historique pour la Russie, les Kazakhs se tournent actuellement davantage vers les pays occidentaux, et notamment la France dont ils se sont inspirés pour la rédaction de leur constitution.
Selon Marie-Hélène Berard, les systèmes politiques forts ont l’avantage de rassurer les investisseurs étrangers, notamment européens, qui prospectent la région. Mais le système de partage des richesses n’est, hélas, pas équitable. Les créations d’entreprises sont de plus en plus nombreuses, il faut s’attendre cependant à un mouvement de rupture si des progrès ne sont pas accomplis en matière d’équité.

Conclusion



Le professeur Dressler s’interroge sur l’existence d’une identité « eurasiatique ». Le terme complexe d’Eurasie est un concept fédérateur ; au Kazakhstan par exemple, il permet aux peuples des steppes de se regrouper sous une bannière commune. Il revalorise le rôle de ce peuple nomade dans une des plus grandes réserves pétrolifères mondiales. Toutefois, bien que la vision optimiste d’un peuple uni sous cette désinence dénuée d’idéologie soit en progression, la tutelle de la Russie et l’absence d’accords économiques ou politiques forts sapent les initiatives fédératrices des pays d’Asie Centrale. Le phénomène de « repli identitaire » touche en effet cette partie du globe et empêche ces peuples, selon Emile Malet, d’accéder à la scène internationale avec une vision globale et concertée.
Reprenant les termes de Michel Rywkin, cette région reste à l’heure actuelle un « no man’s land » en recherche d’équilibre. Il semble que la stabilité politique dépend en partie de l’équilibre entre les intérêts des grandes puissances.
Jacques Legrand pose en conclusion la question du modèle successoral à adopter pour faire sortir ces pays de la crise politique : modèle soviétique, ou post-soviétique, ou modèle tribal dont le pouvoir serait aux mains des nomades ? Le système reste malheureusement biaisé par le népotisme et la corruption des gouvernements que nombre de pays connaissent encore.

La Force de Réaction Rapide

et la Brigade Multinationale

par le Colonel P.AUGUSTIN de l’ Eurocorps

(ACOS G5, Plans and Policy)



La Force de Réaction Rapide (FRR)a été créée

par la Résolution 998 du 15 juin 1995, suivant les

propositions du Secrétaire général des Nations-

Unies au Conseil de Sécurité qui visait deux

objectifs, définis lors de la réunion tenue, à l'invitation

du ministre de la défense, à Paris le 3 juin 1995:

réduire la vulnérabilité de la FORPRONU et renforcer

sa capacité à remplir ses missions dans le cadre de

son mandat.

Elle était initialement composée de la Brigade Multinationale (BMN) « AQUILA » (Fr, UK, NL), de la 24° Brigade aéromobile (UK) et d’une brigade de réserve d’intervention, la Brigade « BALBUZARD » (Fr). Seule la BMN se déploya et conduisit des opérations en Bosnie centrale. La brigade aéromobile connut l’inondation de sa base de déploiement à Ploce tandis que la seconde brigade était en alerte en France, mais ne fut pas engagée.
Fer de lance de la FRR, la Brigade multinationale « AQUILA », par son action militaire, à la fois unique et décisive, contribua aux négociations du processus de paix conclu par les accords de Paris.
Après avoir présenté la composition et les missions de la BMN, le présent article vise à souligner les enseignements opérationnels majeurs, à mettre en exergue et à proposer à la réflexion le concept de "coercition réversible", enfin à tirer les principaux enseignements du travail dans un état-major interarmées et interalliés en opérations.
La Brigade multinationale
La Brigade Multinationale offrait au commandement des Forces de Paix des Nations Unies (FORPAINU, UNPROFOR), commandées par le Général Bernard JANVIER, des unités armées mobiles et puissantes, aptes à mener instantanément des missions de combat.
La Brigade multinationale AQUILA avait la mission suivante: "En vue de réduire la vulnérabilité de la Force de Protection des Nations Unies (FORPRONU) et renforcer sa capacité à remplir ses missions dans le mandat actuel; aider les personnels de l’ONU menacés ou isolés, aider au redéploiement d'éléments de la FORPRONU et faciliter la liberté de mouvement des Casques bleus".

Commandée par le Général Soubirou, la BMN agissait dans le cadre des résolutions 836 et 998 faisant explicitement référence au chapitre VII de la charte de l'ONU. La mission impartie à la BMN sur l'ensemble du territoire de la Bosnie-Herzégovine, était celle d'une force de réaction et d'intervention de théâtre. Elle visait à la fois à réduire la vulnérabilité des éléments de la FORPRONU et à renforcer ses capacités. Elle répondait au concept de force de "deuxième échelon" opératif. Le premier échelon était constitué par les bataillons de Casques bleus dont les responsabilités étaient à prépondérance sectorielle ou zonale. Comblant le vide entre les seules capacités d'autodéfense des Casques bleus et le recours délicat aux frappes aériennes de l'OTAN, elle était une réponse triétatique à l'impasse dans laquelle se trouvait la FORPRONU en termes de liberté d'action et visait à ce titre, à utiliser la force selon le concept de l'autodéfense élargie. Ses atouts résidaient dans :

  1. sa capacité de réaction et d'intervention par la manœuvre et par les feux (avec une capacité électronique d'acquisition et de surveillance du champ de bataille sans précédent sur ce théâtre); aucune autre force terrestre déployée ne disposait d'une telle puissance. Il convient de rappeler que la 24ème brigade aéromobile déployée à Ploce à compter du 13 août, n'a en effet jamais agi en Bosnie-Herzégovine, ni n'a été employée;

  1. sa forte visibilité politico-militaire. Multinationale, elle représentait trois nations souveraines dont deux siégent au Conseil de sécurité. Puissante, elle était un outil de dissuasion armée capable d'imposer localement un rapport de forces favorable. Outre des matériels nouveaux (AMX 10 RC, artillerie), une symbologie cohérente avec ses buts était adoptée: camouflages de combat des véhicules, couleurs nationales, bérets d'armes ou d'armées ;

  1. sa propre liberté d'action, une fois déployée en Bosnie, conférée par sa non imbrication avec les belligérants sur le terrain (même si cette liberté d'action fut relative et l'objet d'un combat incessant),


II fallait faire effort sur la crédibilité de la brigade, sa puissance et son identité, et "marquer" psychologiquement les belligérants, ce qui fut accompli par :

  1. l'intégration et l'entraînement des unités, notamment en développant procédures et exercices combinés au niveau des compagnies ou des composantes d'appui artillerie,

  1. la réaction immédiate à tout test provoqué par les belligérants en faisant appel par exemple, dans leur forme la plus visible, à des démonstrations de force ou à des actions de contre blocage des itinéraires,

  1. l'adoption, par les unités, de postures d'alerte permanente,

  1. l'impartialité en toutes circonstances et une attitude de distanciation avec les belligérants, ne conservant que les liaisons strictement nécessaires.

Cette force, instrument de réaction et d’intervention, constituait de ce fait un échelon intermédiaire de dissuasion entre les seules capacités d'autodéfense des casques bleus, la "strong protest" et le recours à des frappes aériennes de l’OTAN. Elle permettait ainsi de réagir rapidement et proportionnellement aux actes d'agression.
Les règles d’engagement étaient celles de l’ONU pour le théâtre de l’ex-Yougoslavie mais adaptées à tous les types d’armes en dotation dans la force afin de faciliter la liberté de manœuvre de la FRR sans risquer de contrevenir au souci d’impartialité.
La Brigade multinationale AQUILA était constituée d'un état-major multinational, d'une composante manœuvre à deux groupements interarmes, d'une composante aéromobile à 15 hélicoptères et d'une composante feux à un groupe d'artillerie français de huit AUF1, un bataillon britannique à 12 canons de 105 mm LG et l'équivalent de trois sections de mortiers lourds dont une néerlandaise.
L’état-major d'un effectif de 241 hommes (voir annexe), constitué à partir de l'EM de la FAR comptait 90 officiers dont 55 Français, 30 Britanniques et 5 Néerlandais. La composante manœuvre était constituée d'un groupement tactique interarmes mécanisé britannique dénommé Task Force ALPHA et d'un groupement tactique interarmes motorisé français, la Task Force BRAVO.

  1. La "Task Force ALPHA" ("Devon and Dorset" puis "21st Light Infantry") avait été mise en place par le Général Rupert SMITH pendant la crise des otages au mois de juin 1995. Les unités britanniques qui la composaient étaient déjà sur le théâtre d’opération. Fort de 3 compagnies d'infanterie à 17 VCI "Warriors" chacune, d'une CEA (8 "Scimitar", 15 "Milan" et 6 mortiers de 81 mm), le groupement était renforcé d'un escadron de reconnaissance à 16 blindés Scimitar équipés du canon Rarden de 30 mm, et d'une compagnie blindée du génie à 4 véhicules de combat, 4 chars dozer et 4 véhicules blindés poseurs de pont. Ce groupement mécanisé valait notamment par la redoutable efficacité de son VCI de 30 tonnes dont l’excellent canon permet de percer à 1 500m , avec munitions APFSDS, un T55 et dont le blindage résiste à un tir direct de 105 mm dans la caisse. Il convient également d’en souligner la richesse en équipements passifs de vision nocturne et les capacités génie. Ses limites résidaient dans la faiblesse de ses effectifs d'infanterie débarquée. Son effectif était de 870 hommes.

  1. La "Task Force BRAVO" (2èmeREI puis 2ème REP) débarqua à PLOCE entre les 21 et 25 juin 1995. Fort de 3 compagnies d'infanterie à 18 VAB, et d'une CEA (2 SML, 1 SAC à 8 pièces Milan et une SADAA à 8 VAB T20/13), le groupement était renforcé par un escadron d'AMX 10 RC à 5 pelotons (1er REC puis 1 er RHP) et d'une compagnie motorisée du génie à deux sections de combat de 4 MPG (6èmeREG puis 17ème RGP). Ce groupement motorisé valait par sa polyvalence, sa complémentarité "feux-manoeuvre" et le volume de son infanterie débarquée. Son effectif était de 1360 hommes. Le 2ème REP relevant le 2ème REI vint avec son groupe CRAP à 40 hommes. Sa SAC organique était à 24 Milan.


La composante aéromobile, française, était articulée en une escadrille HAP/HAC à 8 Gazelle et une EHM à 7 Puma dont deux médicalisés et un configuré en PC aéromobile. La composante feux était multinationale et comptait 38 tubes et 2 radars de trajectographie. Ce dispositif était remarquable par sa complémentarité et sa cohérence:

- GA8 "Leclerc" composé des 40ème RA et 1er RAMA, déployé le 3 août, à deux sections de tir AUFl et une chaîne ATTILA complète,

- 19ème RA "Welsh Gunners", britannique, à deux batteries de 6 pièces tractées de 105 mm Light gun,

- une batterie de mortiers lourds néerlandaise (Corps des Royal Marines) à 6 tubes de 120 mm et deux radars de trajectographie ANTPQ 36 "Firefinder", et deux SML françaises organiques du 2ème REP, dont l'une avait été déployée dès le mois de juin sur les monts IGMAN.

Il était prévu que la brigade soit renforcée en août par un Groupe d’Escadrons à 28 AMX30 B2, le « BATCHAR 1 », afin de donner des moyens lourds à la mission d’extraction des unités de la FORPRONU dans Sarajevo. Les frappes de fin août 1995 mirent un terme à cette planification.
La 24ème Brigade aéromobile, forte de 4 000 hommes, se déploya en grande partie en juillet dans le port de Ploce. Constituée d’un bataillon d’infanterie et d’un régiment d’hélicoptères, elle comprenait une quarantaine d’hélicoptères de type Lynx (Tow et LBH), Puma, Chinook et Gazelle, des éléments de génie, des structures médicales et une composantes logistique.

Chronologie des actions



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