Cours Bonjour à toutes et à tous, Je suis heureuse et très honorée d'être parmi vous aujourd'hui et je vous remercie pour votre présence, nombreuse, dans ce lieu «mythique»





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Université populaire de Caen – Séminaire « femmes & société » proposé par Alexandra Destais

Théâtre du Rond-Point, Paris - 5 mai 2011




LILITH, monstre femelle ou femme rebelle ?

Afin de condamner le comportement antisocial des femmes insoumises, des figures féminines légendaires ont été altérées par les promoteurs d'une image tantôt insipide, tantôt diabolique, de la féminité. Tel fut le sort jeté à Lilith, figure originelle de l'insoumission, transformée en monstre infernal, en démon nocturne, en vampire femelle...Aujourd'hui, des écrivaines et des artistes s'en emparent pour mettre en scène l'émancipation de la femme moderne.

Cours

Bonjour à toutes et à tous,

Je suis heureuse et très honorée d'être parmi vous aujourd'hui et je vous remercie pour votre présence, nombreuse, dans ce lieu « mythique ». Et justement de mythe, nous allons en parler en évoquant la figure féminine de Lilith, en tentant d'en dresser son portrait. Ce n'est guère facile dans son cas dans la mesure où cette figure d'abord très peu individualisée a fait l'objet d'une longue construction mythique qui lui a donné peu à peu ses traits, depuis la démone domestique quasi anonyme oeuvrant au sein d'une tribu de démons franchement antipathiques jusqu'à la première femme d'Adam et l'épouse de Satan.
I) Des Lilin vers Lilith,

Avant qu'elle ne devienne la figure féminine centrale de la démonologie juive, Lilith a déjà une longue carrière derrière elle. Elle est l'une des plus vieilles démones de l'humanité.

a) La figure babylonienne,
Lilith est née au Proche-Orient ancien, à Sumer, berceau de l'écriture, il y a plus de 3 000 ans avant Jésus-Christ. La Mésopotamie est le foyer de ses origines c'est-à-dire la majeure partie de l'actuel Irak. A la faveur de courants migratoires importants avec l'arrivée de tribus agro-pastorales en provenance de l'Est et de populations sémites en provenance de l'Ouest, du développement simultané de la prospérité agricole et d'échanges commerciaux, le pays de Sumer devint un brillant foyer de civilisation, dotée d'un système d'écriture cunéiforme.
L'ancêtre directe de Lilith doit être recherchée dans la culture suméro-babylonienne, dans le panthéon surnaturel de l'ancien empire babylonien autour duquel s'active une tribu de démons et de démones. Il est important d'avoir à l'esprit la nature plurielle, collective de ces démons dont les caractéristiques se confondent. Les formes archaïques de Lilith sont manifestes dans la figure démoniaque de l'Ardat Lilî. De même que le démon mâle Lilû qui séduit les femmes pendant leur sommeil, l'Ardat Lilî convoite les hommes la nuit, s'infiltrent dans leurs foyers comme un souffle, ce qui est conforme à l'origine sumérienne de son nom. Lilith viendrait de « lil » signifiant souffle. Elle est une vierge frustrée qui volète vers l'homme, qui n'a jamais été imprégnée de son odeur, qui n'a pas été déflorée, qui ne connaît pas la volupté, qui ne donne pas de lait. Elle s'en prend donc aux hommes fiancés qu'elle rend impuissants et empêche les noces des jeunes filles....On dirait dans un langage plus moderne qu'elle est une vieille fille frustrée, dépourvue de vie sexuelle. Dans l'ordre des états de femmes, on pourrait dire aussi de cette Ardat Lilith qu'elle est la tierce et n'est libre ou « non liée » que par défaut. Nous sommes encore loin à ce stade de la figure émancipée, de la figure non liée mais dotée d'une sexualité exigeante.
Cette démone qui n'est pas une succube comme une autre semble avoir donné son nom à Lilith mais c'est une autre figure, plus individualisée, qui semble avoir légué ses traits à notre monstre femelle, contribuant ainsi à la caractériser.
Le Dieu du Ciel, An, préside le panthéon babylonien. Cette déité tutélaire a deux filles : la déesse Ishtar (ou Innana) qui est la déesse de l'amour charnel, de la fertilité, de la guerre et Lamme (ou Lamaschtu en akkadien). Celle-ci n'est en rien une « jeune fille de bonne famille ». Elle demanda un jour pour son dîner à son père de la viande de nourrisson humain ! Elle fut vite en raison de sa méchanceté foncière boutée hors du cénacle divin. Jugez de sa nocivité par ses sept noms qui apparaissent dans les textes les plus anciens de la première dynastie babylonienne et notamment dans des listes incantatoires :
« Soeur des dieux des désirs »,

« Epée qui fait voler les têtes »,

« Celle qui embrase de désirs »,

« Celle dont la face est horrible »,

« Maîtresse des meurtiers de la main d'Irnina »,

« Celle qui provoque l'inflammation ».
C'est une figure particulièrement antipathique ou, plus exactement, franchement nocive, délibérément mortifère : elle, la dévoratrice, la furie, l'ennemie, la voleuse, est une démone stérile qui attaque les femmes enceintes, les mères et les petits enfants qu'elle tue. L'iconographie akkadienne la représente sous les traits d'une femme nue, dont les membres inférieurs se terminent en serres d'oiseaux de proie, dont une partie du corps est généralement celle d'une lionne. Pour s'en préserver, des amulettes telle la « plaque des enfers » conservée au Musée du Louvre sont façonnées. Lilith serait-elle donc la synthèse de l'Ardat Lili et de cette Lamashtu ? En réalité, il faudra patienter jusqu'au Moyen-Age avec L'Alphabet de Ben Sira et les écrits de la Cabale pour qu'elle trouve une forme plus achevée.
b) La Lilith juive,
Notre monstre femelle trouve ses lettres de noblesse maléfiques dans le judaïsme qui n'eut de cesse pourtant de lutter contre l'idolâtrie et les superstitions afin d'asseoir le monothéisme.
Le nom de « Lilith » apparaît pour la première fois avec certitude dans la Bible. Elle est une unique occurrence au sein non pas d'une liste de démons mais d'un bestiaire où cohabitent sur fond de ruine les chacals, les vipères, les autruches, les vautours, les chats et les chiens sauvages. C'est dans l'oracle aux accents apocalyptiques du Livre d'Isaïe (verset 34, 14) qu'elle apparaît une seule et unique fois :
« Là les satyres se donneront rendez-vous, là Lilith elle-même établira son gîte et trouvera une retraite tranquille »1

Selon les historiens, ce passage du Livre serait plus tardif que l'ensemble dans lequel il s'inscrit et daterait de la période où, à la faveur de la reprise du pouvoir politique par les Perses, le peuple juif put regagner la Judée après le long exil à Babylone d'où sans doute il rapporta quelques démons et démones fort populaires. Si les satyres, démons lubriques et pervers, sont mentionnés plusieurs fois dans la Bible hébraïque, il n'en est pas de même de celle qui leur est associée dans l'oracle. Les références à des démons sont très tenues dans l'Ancien Testament écrit pour défendre le monothéisme, l'épurer des anciennes croyances en plusieurs divinités et qui évoque les revenants, les esprits et les démons que contre références-repoussoir et croyances auxquelles le peuple élu ne doit surtout pas sacrifier. Des traces de croyances mésopotamiennes étaient à l'oeuvre dans le judaïsme populaire et firent l'objet d'une censure sévère de la part des scribes. Cependant, ce n'est pas parce que Lilith n'est mentionnée qu'une fois qu'elle est sous-estimée. Elle est fantasmatiquement très présente, un peu comme la figure sadienne l'est dans les textes du XIXe siècle où il n'est pas nommé en tant que tel mais apparaît comme un point limite de la littérature, comme cette zone interdite où il ne fait pas bon de se rendre, encore moins de s'y perdre. Elle est prend place parmi cette faune fantastique issue de la mythologie populaire, fait partie de la cohorte de ces agents de malheurs qui hantent les régions désolées et les contrées maudites, commettent la nuit leurs méfaits, s'incarnent dans des bêtes sauvages. Les dictionnaires d'hébreu moderne d'ailleurs l'envisagent volontiers comme un chat-huant, un hibou, une chouette. La démonologie babylonienne apparaît en filigrane du texte sacré et sans doute que la dangerosité de Lilith est trop grande pour prendre le risque de la nommer plusieurs fois...Car la nommer, ne serait-ce pas la convoquer, lui donner prise ?
Les traductions tardives de la Bible bénéficient des acquis d'une figure mythique construite. Car pendant longtemps, Lilith a été évoquée via un nom commun au pluriel ou bien par une autre créature monstrueuse. La créature démoniaque singulière a longtemps coexisté avec des Lilin ou bien des Lîlîot partie intégrante d'une liste de démons et de mauvais esprits :


  • Dans les manuscrits de la Mer morte, découverts dans les années 50, textes bibliques les plus anciens connus à ce jour (datant du IIIe siècle avant J-C pour certains), on retrouve le livre d'Isaïe dans son intégralité avec quelques variantes. Ce sont des Lîlîot qui sont mentionnées et non une figure individualisée prénommée Lilith. Mais on retrouve Lilith dans le Chant du Sage de Qumrân où elle figure parmi les esprits d'anges de corruption et les esprits des bâtards - « démons, Lilith, hiboux et chats sauvages »- contre lesquels il faut se prémunir,




  • Dans la première traduction grecque de la Bible hébraïque, datée du IIIe siècle avant JC,

elle apparaît via une autre créature fabuleuse. Le nom propre Lilith du Livre d'Isaïe est en effet remplacé par le nom commun « onocentaure ».


  • Dans la vulgate, traduction latine de la Bible faite par Jérôme au IVe siècle, elle est traduite par Lamia, figure mythologique d'origine grecque qui partage avec Lilith une redoutable spécificité démoniaque : le meurtre d'enfants.




  • Lilith apparaît sous les traits de « la fée » dans la traduction de la Bible de Benoist, en 1568 et de « la sirène » dans la traduction de la Bible du Maistre de Sacy, au XVIIe siècle. Ce n'est en rien une édulcoration car la sirène est aussi une créature réputée dangereuse , un monstre marin avec une tête et une poitrine de femme,




  • De même, dans les paraphrases de la Bible en araméen qui permettaient l'étude et servaient à la liturgie, c'est le pluriel qui domine au sein le plus souvent d'une triade qui fonctionne comme un cliché : « ruhin (esprits), shedin (démons), lilin ». Cette légion de personnages infréquentables ont une origine : selon certains rabbins, ce serait des enfants démoniaques d'Adam, nés pendant la période – 130 ans - où ce dernier se sépara d'Eve après la mort de leur fils Abel, assassiné par Caïn. Contrairement aux ruhin dépourvus de corps et de même que les shedim qui ont une forme humaine, mangent et boivent, les lîlîn ont une forme humaine mais sont dotées d'ailes. Les lilin correspondent à un terme araméen qui était devenue la langue la plus répandue de l'aire mésopotamienne car l'hébreu n'était plus suffisamment connu.


Puis, la figure démoniaque s'individualise peu à peu :


  • Dans Le Talmud de Babylone (Ve siècle après J-C), qui recense les commentaires et les interprétations orales des rabbins et complète la Bible écrite, Lilith y apparaît comme un démon ailé à figure de femme, dotée d'une longue chevelure et se livrant à des attaques nocturnes d'ordre sexuel en direction d'hommes seuls dans une maison : « on ne doit pas dormir seul dans une maison, et celui qui dort seul dans une maison, Lilith le prend » (Shabat 151b). La longue chevelure est une constante physique de Lilith : elle est un attribut de la féminité étroitement associée au mal dans de nombreuses religions : chez les Juifs orthodoxes, les femmes doivent se raser la tête la veille de leurs noces puis portent la perruque. Couvrir sa tête par un foulard, c'est cacher sa honte selon la religion juive. Dans le livre d'Isaïe, d'ailleurs, on trouve une réprimande sévère de Dieu à l'encontre des belles dames de Jérusalem trop orgueilleuses et coquettes. Le Seigneur réclame en lieu et place des « savantes tresses », le crâne rasé et la marque infamante en lieu et place de la beauté...Dans la plupart des occurrences, Lilith n'est pas explicitée comme si ses caractéristiques étaient connues de tous et qu'il n'était donc pas besoin de trop s'attarder sur les détails ou alors donner trop de détails serait attacher trop d'importance à cette référence gênante, en dévoilant de plus un désir suspect tout en attisant celui du lecteur...


Comme tout démon appelle son exorcisme, Lilith a fait l'objet dès son émergence de formules incantatoires visant à protéger ses victimes potentielles. Des bols magiques ont été découverts au XIXe siècle au Proche-Orient sous des habitations ou des cimetières. Ils témoignent des croyances qui ont longtemps eu cours dans cette région du monde mais aussi au Moyen-Orient. Certaines incantations retrouvées exigent par exemple la séparation entre la démone et ses cibles sur le modèle du « guet ». Le « guet » tient lieu d'acte de divorce dans le judaïsme et surtout il consiste en une lettre de répudiation signifiée brutalement à la femme par l'homme. Dans ces formules, l'exorciste conjure la Lilith mais aussi les Lilith mâles et femmes ainsi que la sorcière et la goule de quitter la demeure, de ne hanter ni les visions du jour ni les rêves nocturnes. Il les prévient de leur bannissement. La figure de Lilith apparaît sur certains bols dits « magiques » comme une figure échevelée, nue, enchaînée. Les liens représentés sont parfois redoublés dans les phrases incantatoires elles-mêmes, comme sur ce bol retrouvé en Iran où l'inscription en mandéen mentionne tour à tour la ceinture de fer autour de son crâne, l'anneau de fer dans son nez, les crochets de fer dans sa bouche, la chaîne en fer autour de son cou, les menottes en fer à ses mains, les blocs de pierre à ses pieds, etc. Le traitement infligé à cette créature est à la mesure de la dangerosité que l'on lui prête.
Notre monstre femelle n'est donc pas au départ une créature très individualisée ni d'ailleurs exclusivement féminine. Elle le devient à la faveur d'une lente construction qui l'a fait sortir d'un fourre-tout démoniaque pour l'ériger en figure extraordinaire. Quelle ascension en effet ! Celle qui n'était qu'une démone parmi d'autres, mentionnée parmi d'autres animaux peu amènes et dans une triade où elle figurait aux côtés des esprits nocturnes reçoit à la faveur du Moyen-Age un statut exemplaire : celle de la première femme d'Adam puis d'épouse de Satan. Tout le monde connaît Eve mais peu savent que cette servante d'amour fut précédée de cette figure de l'insoumission. Coup de théâtre dans le jardin d'Eden...

Lecture du texte de Rémy de GOURMONT par Marie Ruggeri.



  1. La première Eve/L'épouse de Satan,



a) La première Eve,

La Bible est un écrit composite, constitué de multiples strates, qui entremêle sources et traditions. Le récit de la Genèse présente d'emblée une anomalie pour tout lecteur attentif. En effet, lorsque Dieu créa l'univers et l'humanité, il est dit dans un premier temps qu'au sixième jour, il créa l'homme à son image et « qu'à l'image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa ». Le « et » joint dans un rapport très égalitaire la création mâle et la création femelle. Les deux êtres sont bénis et Dieu les invite à être féconds, à remplir la terre et à dominer toute la création. Il n'est pas question de dominer alors la femme désignée par « femelle ». Tout semble limpide. Cependant, un peu plus loin, l'on apprend que le Seigneur Dieu modèle l'homme avec de la poussière prise du sol et insuffle dans ses narines l'haleine de vie. Il n'est plus question d'une femme. L'homme est placé dans un jardin en Eden afin de cultiver le sol. Il naît d'emblée agriculteur..ce qui n'est sans doute pas sans lien avec les tribus agro-pastorales qui s'établirent en Mésopotamie vers le IVe millénaire et contribuèrent au développement agricole de toute la région...Le Seigneur ne demande pas l'avis à l'homme et décide de lui créer une aide qui lui soit semblable à partir de l'une de ses côtes :
« Le Seigneur Dieu transforma la côte qu'il avait prise à l'homme en une femme qu'il lui amena. L'homme s'écria « Voici cette fois l'os de mes os et la chair de ma chair, celle-ci, on l'appellera femme car c'est de l'homme qu'elle a été prise. Aussi l'homme laisse-t-il son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et ils deviennent une seule chair. Tous deux étaient nus, l'homme et sa femme, sans se faire mutuellement honte ».
On connaît la suite : l'interdit de toucher à l'arbre de la connaissance du bonheur et du malheur est enfreint par la femme dont les yeux sont décillés par le serpent. Afin de la punir, le Seigneur annonce à Eve qu'elle connaîtra les douleurs terribles de l'enfantement, qu'elle sera avide de son homme et dominé par lui et tous deux sont boutés expressément hors du jardin d'Eden. La Genèse, on le voit, hésite sur la place accordée à la femme : créée en même temps que l'homme à la ressemblance de Dieu ou découlant d'Adam, subordonné à lui, voué à être son soutien dans un destin mortel devenu difficile en raison de la faute commise ?
L'idée d'une première Eve affleure dans les commentaires rabbiniques des premiers siècles. Ces commentaires sont profondément misogynes. Tout un pseudo-savoir sur les femmes est convoqué afin de justifier la difficulté de Dieu à créer une compagne digne d'Adam. Ainsi, dans l'un des commentaires, Adam examine la création divine et s'écarte d'elle parce qu'elle est pleine de sang et de secrétions alors Dieu crée en cachette Eve. Dans un autre commentaire, Dieu est en proie à un grand questionnement : à partir de quelle partie du corps de l'homme, va-t-il créer la femme ? Dès qu'il examine une possibilité, l'oreille, l'oeil, la bouche, le coeur est associé un défaut prêté aux femmes : la vanité, la médisance, la curiosité, la jalousie. Car malgré la belle trouvaille de Dieu, une côté d'Adam, la femme créée concentre tous les défauts tant redoutés. Et le rabbin se plaît à citer des passages de la Bible qui confirment ses poncifs : « je ne l'ai pas créée à partir de l'oreille, pourtant elle est indiscrète : Sara écoutait à la porte de la tente »...Il faut attendre le Moyen-Age pour que la première création de Dieu reçoive le nom de Lilith. C'était un bon moyen de résoudre la contradiction apparaissant dans le texte de la Genèse. L'histoire apparaît pour la première fois dans L'Alphabet de Ben Sira, recueil anonyme rédigé en hébreu et en araméen autour du Xe siècle et considéré comme religieusement incorrect.
- Dans l'Alphabet de Ben Sira, le roi de Babylone, Nabuchodonosor, invite à la cour Ben Sira et lui demande de guérir son bébé mâle alors malade. Ben Sira confectionne une amulette de protection des nouveaux-nés, y inscrit les noms des anges protecteurs puis lui raconte l'histoire de Lilith dont les méfaits sont réputés être contrés par de telles mesures de prévention. On apprend que Dieu crée une femme de la terre comme Adam mais que rapidement, l'homme et la femme en vinrent à se quereller. La fière Lilith se rebelle contre Adam au nom d'une posture sexuelle dont elle ne veut pas et qui traduit le rôle subordonné que veut lui faire endosser l'homme. Il n'était pas interdit de pratiquer l'acte sexuel ainsi lorsque c'était l'homme qui désirait être en-dessous de la femme mais la pratique n'était guère encouragée. Soi-disant qu'elle pouvait faire des boiteux...! L'enjeu dépasse cependant la simple question sexuelle qui est une métaphore pour désigner qui aura le pouvoir. Du côté de Lilith, c'est une revendication impossible à satisfaire tant le pouvoir économique, religieux, politique est aux mains de l'homme. Si la femme règne fantasmatiquement, elle ne gouverne pas. Son pouvoir symbolique est inversement proportionnel à son pouvoir réel. Il n'est pas bon d'être une femme comme le montre la Bible. La construction du monothéisme a une bonne base patriarcale et la religion chrétienne n'en a pas l'apanage. Dans la Bible, la femme doit être subordonnée à son mari et accouche dans la douleur. Si elle a un enfant mâle, elle est impure pendant 7 jours et attend la purification de son sang pendant 33 jours : ce sera le double si l'enfant née de sexe féminin... Dans la liturgie juive, l'homme remercie le Seigneur de ne pas être née femme tandis que la femme remercie le Seigneur de l'avoir faite selon sa volonté. Heureux programme..Plus grave encore, Lilith enfreint un interdit en prononçant le nom de Dieu ce qui lui donne les moyens de partir sur un mode magique puisqu'elle s'envole. Non seulement elle se rebelle contre Adam mais elle se révolte contre la loi de Dieu, refusant de suivre les anges envoyés par le Seigneur afin qu'elle rentre au jardin d'Eden aux côtés de son homme. Les anges abandonnent très vite la partie, n'insistent pas plus que ça. Notre Lilith ne reste donc pas à sa place et ne se contente pas de s'indigner.... De femme de chair et de sang, elle devient une démone aîlée, qui trouve refuge dans la mer d'Egypte, lieu considéré comme maudit en raison sans doute du long esclavage infligé aux Hébreux par les Egyptiens. Sa diabolisation est en marche...
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