La modernisation politique et sociale de l’europe et aux etats-unis (1850-1914)





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LA MODERNISATION POLITIQUE ET SOCIALE DE L’EUROPE ET AUX ETATS-UNIS (1850-1914)

XII. La difficile émancipation des femmes


Un moment important de l’émancipation de la femme a lieu en Angleterre le 4 juin 1913 au derby d’Epsom ; Emily Davidson se suicide sous les sabots du cheval du prince héritier. Il s’agissait d’attirer l’attention de l’opinion dans le contexte du mouvement suffragiste qui défile d’ailleurs le jour des obsèques. Le mot suffragettes a une connotation péjorative, pour les déconsidérer dans la bataille de l’opinion publique. Ces militantes entendent participer de l’émancipation. Or employé pour la femme, ce mot est mal considéré (femme de mauvaises mœurs). On touche ici à la place de la femme dans la société. La Révolution française a construit l’infériorité de la femme, manifeste dans le Code Civil de Napoléon. Il s’agit d’un processus historique. Olympe de Gouges écrit la Déclaration des Droits de la femme et des citoyennes, elle est guillotinée en 1793. Dès qu’il y a mouvement révolutionnaire, on a des résurgences de ce qu’on appelle le féminisme. Le mot apparaît vers 1830, à l’origine dans le domaine médical = relève de la maladie. En 1872, on retrouve ce mot sous la plume d’Alexandre Dumas fils où il prend son sens contemporain. Hubertine Auclert est la première à reprendre ce mot. Vers 1890, il est employé dans toute l’Europe. Au temps des combats pour les droits individuels, les combats des femmes sont directement liés aux valeurs des sociétés contemporaines. La presse joue également un rôle important en créant des rubriques féminines. Un vrai phénomène de société s’opère autour de 1900, la question devient importance. Que revendiquent ces femmes ? L’égalité de l’instruction et de l’éducation, l’égalité des droits civiques (droit au divorce), et juridique (libre utilisation de ses biens, de son salaire), liberté de choisir son époux.



  1. La construction de l’infériorité légale de la femme




  1. Les femmes sous l’Ancien Régime et la Révolution


Depuis l’époque médiévale, la loi salique interdit en France aux femmes de régner. Ce n’est pas le cas en Grande-Bretagne ou dans les pays scandinaves. Dans les manifestations théoriques, Rousseau dans l’Emile affirme que la femme n’a pas le libre choix moral, elle est inscrite dans un temps particulier, le « temps biologique » de la reproduction. Ainsi les médecins verront les femmes comme des êtres biologiquement inférieurs. C’est pourquoi dès la Révolution le droit de vote leur a refusé. A ce moment, Mary Wollstonecraft est la première à affirmer l’égalité entre hommes et femmes ; elle avance des revendications : les femmes doivent être citoyennes, être éduquées comme les garçons dans l’école laïque. (en France les programmes entre garçons et filles ne seront identiques qu’en 1960.) Sous la terreur, les femmes ne peuvent plus s’engager politiquement.



  1. La loi contre les femmes


La suite va plus loin : le Code Civil de 1804 : l’article 213, en vigueur jusqu’en 1938, stipule que la mari doit protection à la femme qui doit lui obéir. Les femmes en France sont placées sur un plan inégalitaire. Se développe la famille nucléaire, la femme mariée est considérée comme « inapte » aux affaires, elle ne peut par exemple signer de contrat sans l’autorisation au cas par cas de son mari. Nombre d’observateurs (Michelet) estiment d’ailleurs que la femme étant irresponsable, on ne peut la punir pénalement ; ainsi le nombre de femmes poursuivies diminue. L’influence française se répand en Europe. La femme dispose du seul droit de testament. L’adultère masculin n’est pas un motif de divorce, alors que le mari adultère peut tuer sa femme prise en flagrant délit d’adultère. La femme n’a même pas le droit de propriété, ni sur son corps et sur ses enfants. Jusqu’en 1857 (création du divorce), la femme anglaise n’a droit à rien. En Allemagne, notamment en Prusse, la situation est un peu meilleure : le mariage est considéré comme un contrat et non un sacrement ; les deux parties doivent donc avoir des droits équivalents d’où possibilité du divorce (de même aujourd’hui, question du mariage homosexuel). La femme a également le droit de propriété.


  1. La discrimination positive


Dans ce contexte émerge en France et en Grande-Bretagne des discriminations positives de la part des Etats qui se préoccupent des femmes pour protéger la maternité. Les femmes sont exclues du service militaire, et bénéficient de protections particulières (réduction du travail dans les mines, ou la nuit). Mais cela a des effets pervers en limitant la reconnaissance du droit au travail féminin, considéré comme un travail secondaire. Proudhon, Marx écrivent contre le travail des femmes qui concurrence le travail masculin et fragilise le prolétariat ; d’où une opposition du syndicalisme au travail des femmes. Les femmes vont être poussées à s’organiser. En Grande-Bretagne, Emma Paterson fonde à l’intérieur des Trade unions la Women’s Trade Union qui réclame la protection du travail féminin et un salaire féminin. En France, Marguerite Durand fonde un Office féminin du Travail pour insérer les femmes dans le tissu économique.


  1. La célébration du corps de la femme


Le XIXè est celui de célébration du corps maternel. La femme apparaît limitée au domaine de la reproduction, de la domesticité, au service de l’éducation des enfants. Peu à peu, l’idéal féminin perd sa dimension historique. Mais cela ne correspond pas à la réalité, avec de profonds changements.
II. Les transformations des comportements féminins dans la « société civile »


    1. Croissance démographique et contrôle des corps


Le XIXè siècle est celui de la transition démographique (Malthus). Il faut diminuer la naissance, on sépare donc reproduction et sexualité. La société urbaine stigmatise des mères célibataires. La limitation du nombre des enfants apparaît comme la condition de l’émancipation des femmes. Dans les années 1870 une série de textes (anarchistes, Ravachol) réclame la liberté de l’amour. La France est le premier pays à développer des pratiques contraceptives (préservatifs, avortements, infanticides sous le manteau). Le célibat féminin augmente tendanciellement dans l’Europe de l’Ouest (10% en 1850, 16% en G-B en 1911). Cela s’accompagne d’un nouveau thème : la lutte contre la prostitution. Jusqu’au XIXè, elle relevait de la sphère privée, mais elle devient une question politique. En effet pour des raisons de santé, il faut lutter contre les MST (police des mœurs, système de fiches qui condamne à rester sur le trottoir, développement des maisons closes qui diminue les relations à l’intérieur des couples et donc à une baisse du nombre des naissances). Cette situation entraîne le développement de mouvements contre la prostitution.


    1. La lutte contre la prostitution et le développement de l’action social

Des actions caritatives ont lieu en faveur des enfants de prostituées, contre les maisons closes, etc. Peu à peu c’est l’Etat qui va s’occuper de ces enfants.


    1. La nécessaire éducation de la femme mère

Il faut réinventer des moyens d’éduquer et « d’élever » les enfants. Il faut développer les soins aux jeunes enfants (cours d’hygiène). Les femmes doivent être éduquées, selon les féministes, pour éduquer leurs enfants. En 1867, la loi Duruy oblige les communes à ouvrir des écoles pour filles. Ce n’est qu’en 1880 (loi Sée) que sont progressivement crées des filières d’enseignement spécifiques. Ce n’est qu’en 1924 que les programmes seront identiques (avec des matières « d’économie familiale » pour les filles).
III. La mobilisation politique


  1. Une première mobilisation non spécifique aux femmes


On rencontre des femmes en 1848 en Allemagne qui revendiquent les mêmes choses que les hommes ; certaines assistent aux débats du Parlement de Francfort voire à des opérations militaires. Considérées comme dangereuses, elles sont sévèrement réprimées et nombre d’entre elles migrent vers la Belgique ou l’Angleterre. Elles vont tenter de créer des armes de mobilisation propres.


  1. Les armes de la mobilisation


L’appropriation de la parole publique, participer à un meeting ne leur est pas enseigné. Elle doivent donc apprendre sur le modèle masculin : Flora Tristant se déguise pour entrer dans les Communes et apprendre la rhétorique. En France, premier discours d’H. Auclert en 1879. Les femmes entrent en faculté de droit et obtiennent en 1899 le droit de plaider dans un tribunal, alors qu’elles n’ont aucun droit. D’autres deviennent romancières dans les années 1840 : G. Sand.


  1. Le droit des femmes


Des manifestations ont lieu ; la réforme électorale de 1832 en Grande-Bretagne utilise le mot de « personnes ». C’est en 1851 qu’est adressée aux Communes dans ce sens la première pétition. Mill soutient le mouvement. En 1869 est accordé le droit de suffrage aux municipales (où beaucoup de femmes sont contribuables et ont des activités associatives). Côté français, Léon Richet fonde le journal « le droit des femmes » qui insiste sur la nécessité pour les femmes de gérer leurs biens et leurs salaires (jusqu’en 1966 il faut l’autorisation du mari pour ouvrir un compte).
4. Le mouvement suffragiste et le droit de vote

À partir années 1890 les effectifs militants augmentent, les femmes font des coups de force et beaucoup reçoivent des condamnations lourdes. Des manifestations tournent a l emeute (1910 : 100 blessés). Attentats : bombe a la National Gallery en 1913. Apprentissage de la clandestinité. En revanche en France le suffragisme est bourgeois, la revendication apparaît tres moderee, les radicaux sont rares, pas de forte répression. Le XIXè est le siecle de la sousmission et du fondement du féminisme avec en toile de fond des changements structureles de la place de la femme : elles travaillent, sont scolarisées. L’industrialisation a besoin des droits des femmes qui sont pourtant réprimées (paradoxe).

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