Notes et outils d’archéologie algérienne





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Nouvelles parues dans la Presse en 2006




2006-01-06. La dimension patrimoine culturel dans le tourisme urbain


Article paru dans La Nouvelle République, mardi 6 mai 2006, rubrique Patrimoine
La dimension patrimoine culturel dans le tourisme urbain

01-06-2006, Mohamed El-Ouahed
Lors du dernier séminaire national organisé conjointement par le ministère du tourisme et le ministre délégué chargé de la ville, sur le thème «le tourisme urbain, facteur de la promotion de la ville» M. Mourad Betrouni, directeur du patrimoine au ministère de la culture, a fait un exposé d’une extrême importance qui met en évidence l’apport du patrimoine culturel dans une nouvelle vision qui se veut d’abord réaliste en tenant compte de plusieurs facteurs tant endogènes qu’ exogènes, sur la nécessité de promouvoir l’aspect du patrimoine en tant qu’apport multidimensionnel de la mémoire collective et par là son insertion dans l’économie en tant que produit touristique de grande valeur.

La communication de M. Mourad Betrouni ne pouvait passer inaperçue car elle met le doigt sur un certain nombre de problématiques qui méritent une approche plus approfondie pour transcender les idées préconçues. A ce titre, nous avons cru indispensable de publier intégralement l’intervention du directeur du patrimoine.

Aborder la question du tourisme urbain sous le prisme du patrimoine culturel, c’est nécessairement introduire et inclure les valeurs du patrimoine culturel dans le processus de développement d’un tourisme de la ville (planification, négociation, prise de décision. La démarche consiste en fait à concilier (combiner) les impératifs de la conservation et de la sauvegarde du patrimoine culturel , et les exigences d’un développement touristique dont les termes, chaque fois renouvelés, répondent et s’adaptent à des réalités mouvantes.

Cette approche est rendue particulièrement difficile, d’une part par le caractère non quantifiable et non marchand, des valeurs culturelles et d’autre part, par l’absence d’objectifs clairs et d’orientation stratégique en matière d’intégration de la dimension patrimoine culturel dans le processus de développement urbain. Comment concilier , aujourd’hui, la conservation et la sauvegarde du patrimoine culturel et le développement d’un tourisme durable en domaine urbain ? C’est à cette question que nous tenterons de répondre en nous mettant dans deux situation différentes.

Une première situation (entre 1962-1998) où la notion de patrimoine culturel ne recouvrait que deux catégories de documents ,ceux relatifs aux monuments et sites historiques. Nous parlerons dans ce cadre du tourisme urbain dans la perspective des monuments et sites. Une seconde situation (entre 1998 et aujourd’hui) ou le patrimoine culturel prend une signification plus humaine , fondée sur le principe de la revitalisation et de la revivification de l’héritage commun et de l’accès à un équilibre harmonieux entre passé, présent et futur. Nous parlerons dans ce cadre-là du tourisme urbain dans la perspective du patrimoine culturel.

1) Le tourisme urbain dans la perspective des monuments et sites historiques.

Au lendemain de l’indépendance l’Algérie avait reconduit les différents textes législatifs français à travers la promulgation de lois :

- Celle du 31 décembre 1962 tendant à la reconduction jusqu’à nouvel ordre de la législation en vigueur au 31 décembre 1962, sauf dans leurs dispositions contraires à la souveraineté nationale. C’est ainsi qu’en matière de monuments et sites historiques et naturels, de fouilles, de découpage territorial y compris en matière de publicité d’affichage et d’enseignes, le même dispositif français hérité de la colonisation a été reconduit sous la forme d’une ordonnance dés l’année 1967 : «L’Ordonnance 67-281 du 20 décembre 1967, relative aux fouilles et à la protection des sites et monuments historiques et naturels.».

- La loi française du 2 mai 1930, relative aux monuments naturels et sites à caractère artistique, historique, scientifique légendaire et pittoresque, et l’ensemble des textes qui l’ont complétée et modifiée , notamment :

- Le décret du 14 septembre 1925 concernant les monuments historiques en Algérie, modifié par des décrets des 3 mars 1938 et 14 juin 1947 et la loi du 21 novembre 1954.»

- Le décret du 9 février 1942 étendant à l’Algérie la loi du 27 septembre 1941, confirmée par l’ordonnance du 18 septembre 1945, sur les fouilles intéressant la préhistoire, l’histoire , l’art et l’archéologie «

- Le décret du 10 septembre 1947, réglementant la publicité , l’affichage et les enseignes en Algérie .

- L’arrêt du 26 avril 1949, modifié et complété portant création en Algérie de circonscriptions territoriales pour la surveillance des gisements archéologiques et préhistoriques .

Cette ordonnance qui s’est confortablement assise pendant 37 ans jusqu’en 1998 répondait à un impératif, celui de protéger les monuments et sites définis en tant qu’objets et caractérisés par leur contour, leur forme leur proéminence et leur localisation et totalement soustraits au usages, aux exploitations et aux utilisations par crainte de dégradations et de perte de l’intégrité et authenticité. Des circonscriptions archéologiques ont été créées (15 circonscriptions )pour surveiller et protéger ces sites et monuments historiques en leur affectant une seule valeur : la valeur muséale qui renseigne sur les qualités esthétiques et artistiques mais qui évacue et occulte toute forme d’abstraction et de questionnement d’ordre historique, de représentation par la pensée de la valeur historique du contenu archéologique et de production de symboles qui puissent lier le réel à l’imaginaire, le présent au passé.

Plus de 500 monuments et sites, répartis à l’échelle du territoire, seront ainsi isolés et décontextualisés -je dirais extraterritorialisés, par une loi conçue pour protéger un héritage du passé qui ne communique pas avec le présent , c’est à dire avec la société actuelle , la société algérienne.

Un héritage chosifié , figé et même fétichisé et sans contenu et dont la codification a organisé son extra-territorialisation en créant les interdits nécessaires pour sa non mise en circulation et en prohibant non pas directement les actes de dégradation et de déprédation mais plutôt la pensée et l’étude qui pourraient être portées sur cet héritage culturel.

Ce schéma conservatiste et protectionniste bien qu’il ait permis de protéger des sites et monuments archéologiques , n’a pas pour autant permis de tirer du matériau archéologique qui est dense, vaste, étendu et diversifié, la substance qui aurait servi à l’éclosion d’expression artistique à la construction d’un discours identitaire et à l’établissement d’une relation syncrétique au passé nécessaire à la production d’une mythologie nationale .

Une question s’impose devant cette situation : Pourquoi n’avons nous pas produit une loi algérienne de protection du patrimoine culturel ?

Pourquoi avoir limité les champs de la protection aux seuls sites et monuments historiques et naturels partant de l’ancrage juridique colonial ? Le fait surprenant est qu’au moment même où l’Algérie se maintenait dans cet ancrage colonial, la France (qui nous a inspirés dans ce domaine) venait tout juste de dépasser la notion de sites et de monuments historiques pour accéder à un concept nouveau , celui de «Lieux de vie et de mémoire» tels les centres anciens vivants , les ensembles urbains et ruraux, les quartiers, les villages historiques et traditionnels…

En matière de musées. Nous avons hérité de la colonisation, des édifices muséaux ou musées comprenant des objets et collection archéologiques et éthnographiques ainsi que des œuvres picturales. Ces musées étaient destinés à produire un discours , par l’objet et l’image, dans un style et une méthode qui reflètent l’esprit et les objectifs de la colonisation. Le décor , le mode d’exposition , la qualité de l’objet, l’éclairage les découpages chronologiques , thématiques ou régionaux , l’itinéraire des visites, sont autant de composants d’un cadre total, cohérent et significatif d’une vision et d’une œuvre coloniales. Or, en dérangeant ce cadre , nous n’avons pas fait autre chose que séparer l’esprit colonial de sa pratique. C’est-à-dire, effacer les traces de toute une pratique coloniale.

Nous n’avons pas encore de loi sur les musées. Seul un statut paru en 1985 (décret n°85-277 du 12 novembre 1985 fixant le statut -type des musées nationaux) ancré à l’ordonnance 67, relative aux fouilles et à la protection des sites et monuments historiques et naturels, a énoncé le contenu et la forme d’organisation et le fonctionnement , celles d’un établissement public à caractère administratif, placé sous la tutelle du ministre chargé de la culture .

Nous comptons aujourd’hui 8 musées nationaux et une dizaine de musées dits de sites , le tout est sous tutelle du ministère de la Culture et intéresse les biens culturels qui ont un caractère historique ou culturel ou artistique. Il n’y a pas de musées en dehors de cette catégorie de classifications nationales. Il n’a pas encore été réalisé, le saut qualitatif, qui fait que le musée y compris dans son acception nationale, doit exprimer par la diversité , la richesse et la qualité de ses objets , l’état des lieux d’une civilisation d’un peuple et de sa culture.

C’est une carte d’identité où sont transcrits les signes les plus distinctifs, ceux qui réalisent le plus sûrement, d’une manière syncrétique, la relation du passé au présent, dans une perspective de projection dans le futur. Par «nationale», doivent s’entendre l’élaboration, la création et le développement de formes, de styles et de mouvements d’expressions artistiques , architecturales, esthétiques et symboliques qui reflètent la réalité du pays. Il n’était pas possible , jusque-là de parler d’un tourisme urbain axé sur le patrimoine culturel , dans cette configuration patrimoniale ou d’une stratégie de développement socio-économique , fondée sur l’identité culturelle. Le dispositif législatif et réglementaire prônait, au contraire, l’antinomie mettant la conservation et la protection du patrimoine en opposition avec sa mise en valeur touristique. On comprend ainsi pourquoi l’introduction récente des concepts de revitalisation et de revivification du patrimoine culturel , à travers la réutilisation des théâtres antiques (festival de Djemila et de Timgad) ou l’exploitation des sites et monuments historiques comme ressources économiques , a suscité des levées de boucliers de la part des partisans du statut quo. Ne touchez pas à mon patrimoine.

Nos monuments et sites , nos musées et nos autres espaces culturels ont assez souffert de cet isolement , de cette paralysie , disons de cette sclérose par la vision d’un patrimoine culturel mis au (pas) et au service exclusif du passé et même d’un passé très particulier.

2°) Le tourisme urbain , dans la perspective du patrimoine culturel

Ce n’est qu’en 1998 qu’une nouvelle loi sur le patrimoine culturel est promulguée. La loi n° 98-04 du 15 juin 1998 , portant protection du patrimoine culturel qui a abrogé l’ordonnance de 1967 relative aux fouilles et à la protection des sites et monuments historiques et naturels. Cette loi a introduit une nouvelle catégorie de définitions du patrimoine culturel et consacré de nouveaux principes d’approche, ceux de la réhabilitation de la restitution et de l’intégration du patrimoine culturel dans la vie quotidienne et comme fondement aux actions visant le développement.

Il s’agit en fait d’un grand chantier encore ouvert qui se préoccupe avant tout du bien-être du citoyen par la restauration et la consolidation de l’identité algérienne.


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