Cours A/ Taylorisme et fordisme





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Julien Reysz Lycée Ambroise Croizat (Moûtiers)

Classe de terminale ES Année scolaire 2011-2012


Chapitre 2 : Travail et emploi


I. Organisation du travail et croissance
A/ Taylorisme et fordisme

1. Le taylorisme ou l’organisation scientifique du travail (OST)

2. Le fordisme, entre modèle industriel et modèle de société

3. L’avènement de la société salariale

4. TD : Formes « traditionnelles » de l’organisation du travail et affirmation de la société salariale
B/ Les NFOT

1. Échecs et contradictions du tayloro-fordisme

2. Le toyotisme et la gestion à flux tendus

3. L’effritement de la société salariale

4. TD : Nouvelles formes d’organisation du travail et évolution de la société salariale
II. Croissance, progrès technique et emploi
A/ L’emploi et le chômage

1. Définitions, mesures et caractéristiques

2. Progrès technique et chômage

3. TD : Progrès technique, emploi et chômage
B/ Le marché du travail

1. Les analyses néoclassique et keynésienne du marché du travail

2. Marché du travail et politique de l’emploi

3. TD : L’évolution des marchés du travail : les limites de la flexibilité

Notions : organisation du travail, division technique du travail, division sociale du travail, taylorisme, fordisme, toyotisme, flux tendus, population active, population active occupée, taux d’activité, salarié, salariat, flexibilité, emplois précaires, contrat de travail, tertiarisation, qualification, chômage, PSERE, DEFM, taux de chômage, pouvoir d’achat, corrélation et coefficient de corrélation, flexibilité salariale/quantitative/qualitative, externalisation des activités.
I. Organisation du travail et croissance
Cours
A/ Taylorisme et fordisme
Le taylorisme est une méthode de travail qui est née dans les années 1880 et qui repose sur le principe de l’organisation scientifique du travail (OST). Ce principe a été mis en valeur par l’ingénieur américain Frederick Winslow Taylor : il vise à définir la meilleure façon de produire en vue d’accroître au maximum le rendement. Le taylorisme constitue l’une des composantes du « travail à la chaîne », méthode de production qui a été mise en place pour la première fois dans le secteur automobile, notamment dans les usines de Henry Ford aux États-Unis (et de Louis Renault en France).
1. Le taylorisme ou l’organisation scientifique du travail (OST)
Taylor (1856-1915) a été apprenti, contremaître puis ingénieur, avant de publier de nombreux ouvrages et d’édicter les principes de la direction scientifique des entreprises, débouchant sur l’organisation scientifique du travail (OST). Son principal ouvrage, Principes de la direction scientifique, publié en 1911, souligne la nécessité pour les dirigeants et les exécutants de faire converger leurs intérêts afin de créer une paix sociale durable. Taylor avance quatre principes fondateurs de l’OST (tableau 1).
a) Les quatre grands principes de l’OST chez Taylor
Tableau 1 : Les grands principes de l’OST


Principe

Définition

Conséquences

Division horizontale du travail

Spécialisation des tâches et étude des temps d’exécution (the one best way)

Diminution des pertes de temps en évitant aux ouvriers de se déplacer pour réaliser plusieurs tâches et en contrôlant les temps d’exécution

Division verticale du travail

Distinction entre exécutants et concepteurs (the right man on the right place)

Optimisation du temps de travail pour chacun

Système de salaire au rendement

Introduction de primes de productivité

Motivation des ouvriers

Système de contrôle du travail

Mise en place de contremaîtres chargés de contrôler le travail

Diminution des temps morts et des défauts de qualité


Pour Taylor, la production de masse liée à l’essor industriel requiert un minimum d’organisation et de discipline dans les ateliers de production. Il se propose de trouver la meilleure façon d’organiser le travail afin d’augmenter la productivité et d’instaurer une plus grande prospérité. Dans cette optique, il observe le travail des ouvriers, étudie leurs gestes et les chronomètre afin de réduire leurs mouvements au minimum. L’OST consiste alors à élaborer les méthodes les plus efficaces en termes d’exécution du travail en décomposant les phases successives du travail, en cherchant les gestes les plus efficaces et en adaptant les outils.
Taylor développe une conception mécaniste de l’organisation en la parcellisant, la parcellisation devant conduire à améliorer le rendement de l’ouvrier. Le taylorisme cherche à clarifier l’attribution des tâches respectives de chacun en opérant une division du travail à un double niveau :

  • la division horizontale, qui consiste à décomposer le travail en unités les plus élémentaires possibles afin de spécialiser les ouvriers et leur permettre d’adopter rapidement le bon geste ;

  • la division verticale, qui consiste à découper le travail en deux grandes phases afin de l’optimiser : la conception et l’exécution.


La dimension horizontale a pour but d’identifier la manière la plus efficace de découper le travail. Pour ce faire, elle décompose le processus de production en une suite de tâches simples confiées chacune à un ouvrier spécialisé.

La dimension verticale vise quant à elle à établir une distinction nette entre les tâches de conception et les tâches d’exécution (les ingénieurs pensent le travail que les ouvriers doivent exécuter conformément aux instructions reçues).

Avec le taylorisme, un nouveau type de travailleur va alors apparaître : celui dont la tâche est de concevoir le travail d’autres travailleurs. En outre, le travail va être motivé par une rémunération plus attractive et être contrôlé afin d’éviter les dysfonctionnements éventuels.

Les résultats de l’application du taylorisme ont été positifs puisque cette méthode d’organisation du travail a conduit à accroître les gains de productivité, et finalement à augmenter les salaires tout en réduisant le volume de main d’œuvre.
b) La gestion « classique » de la production
Chez Taylor, la définition, l’efficacité et la rentabilité de la production sont assurées grâce :

  • à l’analyse des techniques de production (gestes, rythmes, cadences) ;

  • à la définition a priori des tâches (conception) ;

  • au passage du salaire à la tâche au salaire à l’heure.


La « méthode » taylorienne est à l’origine de la gestion « classique » de la production. Celle-ci se traduit par la nécessité pour l’entreprise d’établir des prévisions sur la demande des clients. Ces prévisions permettent en effet de lancer des fabrications en grandes séries afin de réaliser des économies d’échelle. Ce type de gestion repose sur une programmation de la production qui se fait alors pour le stock, en attendant les ventes.

Le plan de production est élaboré en tenant compte des variations de la demande. Ce plan prévisionnel (informatisé) est établi grâce aux données fournies par les services commerciaux. À partir des prévisions de vente, mais également de la prise en compte du niveau des stocks, le programme de production va fixer les quantités à produire à court terme. La gestion classique de la production va également fixer les besoins en capital technique et en personnel (en d’autres termes, les moyens de production) nécessaires en fonction des capacités de production de chaque atelier.

Le plan de production s’accompagne du stockage des produits finis. Cette pratique a l’avantage de pouvoir répondre assez rapidement aux fluctuations de la demande. Grâce à elle, l’entreprise absorbe les excédents générés (par les différentes cadences des équipements, par les variations des commandes des postes situés en aval,…) et ainsi elle utilise mieux ses capacités de production. De plus, le stockage des matières permet de répondre à la problématique de l’approvisionnement en assurant la continuité de la production même en cas de retard.
2. Le fordisme, entre modèle industriel et modèle de société
Industriel, Ford est le premier à avoir introduit le travail à la chaîne dans l’automobile en adaptant les principes de rationalisation de Taylor. Ces travaux reposent sur trois principes : le principe de travail à la chaîne, le principe de standardisation des biens de production et le principe de five dollars a day (tableau 2).
Tableau 2 : Les grands principes de Ford


Principes

Définitions

Conséquences

Le principe du travail à la chaîne

Accentuation de la division horizontale du travail, ce qui signifie que l’ouvrier répète le même geste sans fin en recourant à la machine

Suppression du travail de manutention et gestion plus rigoureuse des stocks

Le principe de standardisation des biens de production

Réalisation d’une production en grande série grâce à des pièces standardisées

Augmentation de la production et réalisation d’économies d’échelle

Le principe du five dollars a day

Mise en place d’une rémunération journalière (5$/jour)

Fidélisation des salariés qui deviennent de surcroît des clients (augmentation du pouvoir d’achat)


a) Du taylorisme au fordisme
Apparu en 1908 avec la création de la Ford T, le fordisme est une méthode d’organisation du travail inventée par Henry Ford (1863-1947), un industriel américain. Ford s’est inspiré des travaux de Taylor et a repris à son compte les principes de l’organisation scientifique du travail. Il y a cependant ajouté d’autres concepts, notamment le travail des ouvriers sur convoyeur. Le fordisme est avant tout une méthode d’organisation de la production qui repose sur le travail à la chaîne et sur la standardisation de la production. En cela, le fordisme constitue un prolongement du taylorisme, mais il a aussi ses propres spécificités.


  • Le prolongement du taylorisme


Dès 1913, Ford installe à Détroit son premier réseau d’assemblage au sein duquel il cherche à fractionner les opérations de montage et à les confier à des travailleurs différents tout au long d’une ligne où les produits, en cours de montage, progressent régulièrement.

Ford ne développe toutefois ses conceptions qu’après la première guerre mondiale, en 1929, dans son usine de Red River, dans laquelle il souhaite appliquer le taylorisme.

Alors que Taylor a toujours appliqué ses méthodes d’organisation du travail dans des ateliers équipés de machines outils (ce qui évite la répétition inlassable d’un seul geste), Ford est passé à l’étape supérieure en inventant le travail à la chaîne.
Ford a cherché à appliquer les méthodes tayloriennes dans ses usines de fabrication d’automobiles. Or, le nombre très élevé de tâches impliquées dans l’assemblage d’une automobile rendait matériellement impossible l’enseignement des principes du taylorisme à tous les ouvriers de ses usines.

C’est pourquoi il va développer ses propres méthodes d’organisation du travail en s’appuyant sur le taylorisme mais en le dépassant.


  • Travail à la chaîne, standardisation de la production et five dollars a day


Ford met l’accent sur la parcellisation des tâches. Pour lui, chaque ouvrier ne doit effectuer qu’une seule tâche. Cette tâche est préalablement optimisée par le bureau des méthodes et tous les ouvriers sont alignés devant une chaîne mobile sur laquelle se déplacent les automobiles en cours d’assemblage.
L’accroissement de la production et de la productivité est permis grâce à la division verticale taylorienne du travail (séparation entre conception et réalisation), à laquelle s’ajoute donc une division horizontale stricte qui conduit à l’apparition de la ligne de montage.

Le travail à la chaîne se traduit par la standardisation de la production (« tout le monde aura une voiture de la couleur qu’il souhaite pourvu qu’elle soit noire ») qui débouche sur la production en grandes séries à l’aide de pièces interchangeables.

La standardisation permet par ailleurs de diminuer les coûts de production, donc de baisser les prix (la Ford T est la première voiture produite en grande série qui a été commercialisée à un prix compétitif) et ainsi de développer la consommation de masse.
Ford augmente le salaire de ses ouvriers de 2-3 à 5 dollars par jour (5$ a day). Cette augmentation des salaires a plusieurs visées :

  • éviter le taux de roulement (turn over) très important des salariés épuisés par le travail posté et lutter contre la fuite ou la démission des ouvriers (l’apparition du travail à la chaine rend en effet les conditions de vie encore plus difficiles qu’auparavant) ;

  • accroître la productivité des ouvriers en leur versant des salaires plus élevés en échange d’une discipline et d’un attachement au poste et d’un investissement plus important dans leur travail (exempts de préoccupation étrangère au travail, les ouvriers sont plus industrieux et par conséquent plus productifs) ;

  • stimuler la demande de biens et donc augmenter la consommation.


b) Le fordisme pendant les Trente glorieuses
Les Trente glorieuses sont une période de forte croissance économique dans les pays développés pendant laquelle ont été mises en œuvre les méthodes fordienne d’organisation du travail et de développement des entreprises. L’après-guerre a en effet vu l’introduction à grande échelle des techniques mises au point et appliquées aux États-Unis comme solution à la crise économique de 1929.
Parallèlement à cette dimension industrielle, le fordisme se caractérise également par l’essor d’un nouveau « modèle » de société, marqué par la production et la consommation de masse. Cette dimension sociétale du fordisme se déploie dans un contexte d’explosion de la demande et de boom démographique. Le « paradigme » fordiste est caractérisé par :

  • une norme de production (standardisation des segments de produits et des tâches de production) ;

  • une norme de consommation (l’augmentation de la productivité et des salaires nominaux permet une croissance du pouvoir d’achat).


Si le fordisme se traduit par une hausse considérable de la production et de la productivité, il entraîne en même temps une augmentation sans précédent de la consommation, qui a été notamment permise par la standardisation de la production. Production de masse et consommation de masse se conjuguent alors à une intervention étatique à travers l’investissement et la planification.

3. L’avènement de la société salariale
L’organisation du travail qui a été à l’origine des Trente glorieuses est celle du taylorisme puis du fordisme. Elle a permis, grâce à d’importants gains de productivité, d’aboutir à une forte croissance économique, à tel point qu’on l’a appelé la croissance fordiste. La période de croissance fordiste est aussi celle de l’avènement du salariat, qui devient un véritable statut, source de reconnaissance sociale, d’identité et de protection. La société salariale qui s’affirme alors se traduit par la stabilité de l’emploi offerte par un marché du travail dynamique à laquelle s’ajoute celle fournie par l’État dans le domaine économique et social.
a) La stabilité de l’emploi sur le marché du travail…
La société salariale est une caractéristique importante de l’évolution de la population active et de l’évolution de la structure sociale. Elle est caractérisée à la fois par la protection de l’emploi et par la protection par l’emploi. La protection de l’emploi désigne l’ensemble des textes qui régissent les relations entre employeurs et salariés. La protection par l’emploi renvoie quant à elle à l’ensemble de la couverture sociale contre les risques sociaux dont bénéficient les salariés et leur famille.
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