Aux ordres d’une Europe de la finance prédatrice





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date de publication27.10.2016
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Aux ordres d’une Europe de la finance prédatrice

Le gouvernement veut saigner encore plus les retraites

La « réforme » des retraites qui s’inscrit dans la continuité des précédentes (1993, 2003, 2008, 2010) avait été annoncée lors de la conférence sociale de juillet 2012, sous prétexte d’assurer l’équilibre financier des régimes avec un système « plus juste » et de répondre à l’allongement de la durée de vie.

Le pseudo-argument « puisqu’on vit plus vieux, il est normal de travailler plus longtemps » énoncé comme une évidence mathématique, perd tout son sens lorsqu’on observe l’accroissement des gains de productivité depuis le début de la révolution industrielle permettant de réduire la part de la vie dédiée au travail. L’économiste Pierre CONCIALDI souligne « les hommes y consacrent la moitié de leur vie aujourd’hui, contre les deux tiers il y a un siècle ».

Bernard FRIOT, professeur d’économie et sociologie à Paris X, écrit : « on oublie toujours, quand on raisonne sur l’avenir des retraites, que le PIB progresse en moyenne d’environ 1,6% par an, en volume, et donc qu’il double, à monnaie constante, en 40 ans. C’est pourquoi nous avons pu multiplier par 4,5 les dépenses de pension depuis 1960. Il sera donc possible de financer des retraites au même niveau qu’avant leurs réformes iniques. Pourquoi une information aussi déterminante est-elle censurée ? Parce qu’elle réduit à néant les propos alarmistes destinés à nous intoxiquer. »

La justification des reculs sociaux repose sur le postulat d’un « coût du travail » trop élevé grevant la compétitivité des entreprises et la nécessité de réduire les dépenses publiques.

Or c’est le travail qui est créateur de plus-value et donc de richesses. Il n’est pas un « coût ». De même, la pension qui est un salaire différé, le fruit de notre travail, n’est pas un « coût ». Par contre la hausse constante des dividendes du capital représente un coût élevé qui n’est jamais mentionné. Des grosses entreprises en arrivent à faire des emprunts pour payer toujours plus les actionnaires.

Malgré le récent rapport de la DREES qui souligne la dégradation du pouvoir d’achat des retraités, le rapport Moreau soumis au gouvernement le 14 juin, comme support pour la conférence sociale des 20 et 21 juin prochains, prévoie encore des mesures drastiques contre le niveau des retraites, sans tenir aucun compte des propositions de la CGT.

Il préconise :

  • La sous-indexation des pensions, annoncée sur 3 ans, alors que les revalorisations actuelles ne maintiennent pas le pouvoir d’achat et que de plus, le calcul de l’indice INSEE est sous-évalué



  • La hausse de la CSG pour les retraités à hauteur de celle des actifs, soit de 6,6% à 7,5 %, ce qui représenterait une ponction de 1,7 milliard d’euros sur les retraites, qui s’ajouterait à la taxe (CASA : Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie) de 0,3% mise en œuvre au 1er avril, à la non revalorisation des barèmes d’impôt et à la suppression de la demi-part pour les veufs, veuves et isolés



  • La sous-indexation des salaires pris en compte pour le calcul de la retraite, à l’instar de l’accord sur les retraites complémentaires Arrco Agirc que la CGT a refusé de signer



  • L’allongement de la durée de cotisation à 43 ans d’ici 2020.

La règle « divine » d’augmentation automatique de la durée d’assurance en lien avec l’allongement de l’espérance de vie à 60 ans (2/3 pour le travail, 1/3 pour la retraite) instaurée par la réforme de 2003, est toujours en vigueur et permet aujourd’hui d’annoncer 44 ans ¾ de cotisations pour la génération née en 2000…

  • De repousser l’âge légal de la retraite à 65 ans au minimum à l’horizon 2040



  • La modification du mode de calcul des retraites des fonctionnaires en se basant sur les 10 meilleures années au lieu des 6 derniers mois.

Or, malgré des modes d’acquisitions de droits et des formules de calcul différents entre public et privé, les niveaux de pensions sont sensiblement égaux pour des salaires et des carrières comparables.

Ainsi, dans le privé, le salaire de référence est le salaire annuel moyen des 25 meilleures années, primes comprises, alors que dans le public, c’est le salaire des 6 derniers mois, hors primes.

Dans le privé, la durée est déterminée par une valeur (200 heures de smic = 1 trimestre) alors que dans le public, la durée correspond à la durée effective d’activité.

  • La suppression des 10% d’abattement fiscal

Une fois de plus, il s’agirait de sauver notre système de retraite par répartition.

Or, « sans la crise, le système de répartition serait excédentaire de 6 milliards d’euros », rappelle Henri STERDYNIAK, économiste à l’OFCE qui précise que la récession « coûte environ 5% d’emplois et donc de cotisations ».

En réalité l’intox est en marche depuis 20 ans, le coup d’envoi étant lancé en 1994 par la Banque mondiale relayée ensuite par l’OCDE, le FMI et la Commission Européenne.

Cette pseudo-faillite très organisée vise à casser le système par répartition et à ouvrir le marché de la retraite par capitalisation dont le potentiel est de 280 à 300 milliards d’euros par an, pour gaver les banques et les assurances.

La recherche d’ « équilibre des finances publiques » est un leurre dont la finalité est de livrer tous les secteurs rentables de l’économie au privé c'est-à-dire à la finance avide de profits exorbitants dans un court laps de temps.

La CGT est pour une réforme des structures de financement de la retraite qui passe par l’augmentation des salaires, de l’emploi et de la croissance. L’austérité au contraire alimente la dette et la crise.

La CGT s’oppose à l’allongement de la durée de cotisation et à une baisse du montant des retraites.

L’argent existe mais il est détourné dans les profits florissants des grands groupes à coups d’exonérations fiscales sans véritable contre partie en matière d’emplois, dans la progression des dividendes versés aux actionnaires au détriment des salaires, dans la fuite d’environ 600 milliards par an dans les paradis fiscaux, privant la fiscalité française d’environ 60 à 80 milliards d’euros par an……..

Propositions de la CGT pour la retraite :

Les droits

  • Taux de remplacement 75% minimum pour une carrière complète

  • Pas de pension inférieure au SMIC pour une carrière complète

  • Ouverture du droit à retraite à 60 ans pour tous

  • Départ anticipé avec pension complète dans le cadre de la reconnaissance de la pénibilité

  • Validation des années d’études

  • Validation des périodes de précarité subie

  • Indexation salaires et pensions portés au compte sur salaire moyen

  • Retour aux 10 meilleures années pour le calcul du salaire annuel moyen du privé

  • Renforcement des mesures solidaires, notamment celles qui concourent à corriger les inégalités femmes-hommes

Le financement

* Suppression des exonérations et instauration de la double modulation des cotisations dites patronales (10 milliards)

* Elargissement de l’assiette de cotisations à l’épargne salariale (intéressement, participation..) et aux primes pour les fonctionnaires (10 milliards)

* Mise à contribution des revenus financiers des entreprises (20 milliards)

* Augmentation selon besoin des cotisations (en priorité des cotisations patronales)

* conquérir de l’emploi pérenne, bien rémunéré avec de bonnes conditions de travail (exemple : le respect de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes apporterait un solde positif de 5 milliards d’euros dès 2015 et près de 10 milliards en 2020.

Coordination et solidarité

La CGT propose la mise en place d’une maison commune des régimes de retraite afin de coordonner et de solidariser les régimes sur la base :

  • D’un socle commun de droits et de garanties (nivellement vers le haut) tout en tenant compte des particularités attachées à chaque régime et de la nécessité de maintenir des modes différents d’acquisition et de restitution des droits

  • D’une harmonisation par le haut des droits solidaires (minima, droits familiaux et conjugaux, précarité, handicap…)

En outre, la maison commune des régimes de retraite permettra :

  • Le traitement de la question des poly-pensionnés

  • Le pilotage des compensations entre régimes.

Enfin, les délibérations au sein de la maison commune des régimes de retraite seront assurées par des représentants des salariés élus.

Au lendemain du 70ème anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance, le patronat s’obstine à démanteler les acquis de la libération : la sécurité sociale, la retraite, la santé, les droits syndicaux pour les livrer à la finance qui ne s’encombre pas de l’intérêt général.

Le programme du CNR reste précieux pour l’avenir car il a prévu tous les garde-fous pour préserver l’universalité qui en est le principe fondateur. Nous devrons nous y référer quand il s’agira de combattre le système par points, le système par compte notionnel et le système par capitalisation.

« Le message présidentiel est clair, le changement n’est pas pour maintenant.

Le message des salariés doit être aussi clair. Leur irruption massive dans les luttes et les mobilisations, à partir de leurs exigences, dès maintenant, est la condition du changement auquel ils aspirent ».

Il y a URGENCE car :

La conférence sociale des 20 et 21 juin vient de s’achever sans avoir avancé sur le dossier des retraites. Une feuille de route sociale de 44 pages (pages 23 à 26 pour les retraites) servira de base pour l’action du gouvernement sur un an, jusqu’à la prochaine conférence sociale. La concertation sur les mesures à adopter pour « réussir à combler le déficit de la branche vieillesse » a débuté le 4 juillet 2013.Un projet de loi réformant le système de retraites sera présenté en septembre.

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