À un syndicalisme de carte postale





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titreÀ un syndicalisme de carte postale
date de publication11.10.2019
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À un syndicalisme de carte postale,

préférons l’appel du large à la grève !


Si, lors du Congrès du Mans, l’« alternance » pouvait faire espérer à des collègues et des camarades des jours meilleurs pour la société en général, l’Enseignement et la Recherche publics (ESR) en particulier, plus aucun doute n’est permis à l’heure où s’ouvre le Congrès d’orientation du SNESUP : le gouvernement poursuit le démantèlement de nos droits sociaux et démocratiques en menant une politique d'austérité inspirée de ses homologues socio-démocrates européens : adoption d’un traité européen qui consacre la régression sociale et la mise sous tutelle des peuples, « pacte de compétitivité » issu de la « conférence sociale » de juillet en France, poursuite des suppressions de postes dans la Fonction publique, projet de loi transposant le récent Accord national interprofessionnel sur l'emploi programmant une attaque majeure contre les droits collectifs, etc.
En matière d’ESR, comme dans l’ensemble de la Fonction publique d’éducation, il n’y a pas plus de « rupture profonde » à signaler : avec le projet de loi Fioraso, le gouvernement entérine la logique de marchandisation accélérée sous Sarkozy.
Depuis que ce projet est connu, les analyses syndicales se sont multipliées, mettant en évidence sa logique destructrice et la continuité de son orientation par rapport à la loi LRU mise en place sous le gouvernement précédent. Le SNESUP n’a pas été en reste dans cette entreprise d’explication et d’information, depuis les premières « fuites » du texte jusqu’à son état issu de son examen par le CNESER, pour dénoncer cette nouvelle attaque contre l’ESR public :

  • maintien de l’« autonomie » des universités ;

  • pas de retour à une gestion de la masse salariale par l’État : maintien des Responsabilités et Compétences Elargies (RCE) et de la pénurie de moyens ;

  • renforcement de la régionalisation de la recherche et des formations ;

  • soumission accrue de l’ESR public au « pilotage » des régions et au « tissu économique local » ;

  • ajout des enseignements numériques pour masquer le sous-encadrement pédagogique et supprimer toujours plus de postes, tout en fragilisant encore davantage les statuts ;

  • parachèvement de la casse du cadrage national des diplômes (accréditation vs. habilitation) ;

  • nouvel affaiblissement de la vie démocratique des établissements ;

  • etc.


Au vu de ces constats accablants, la seule conclusion à tirer aurait été de rompre immédiatement toutes les concertations et négociations engagées par le gouvernement - concertations menées sur les bases de la « feuille de route » du gouvernement et non des revendications des personnels. Ce n’est pas l’option qui a été retenue.
Contrairement à d’autres organisations comme SUD éducation, la Ferc-Sup CGT ou FO qui, lors du CNESER des 18 et 19 février, ont refusé de proposer le moindre amendement à un texte jugé inamendable, le SNESUP a souhaité s’engager avec d’autres adeptes du « dialogue social » dans une « bataille d’amendements » parmi lesquels, au passage, ne figuraient ni l’abrogation de la LRU, ni celle des RCE, ni celle du décret de 2009 sur le statut des EC…

De cette stratégie on a vu le résultat : la ministre, après avoir refusé d’arbitrer en séance, est allègrement passée outre les votes du CNESER. Le projet ministériel a été déposé à l’Assemblée nationale le 20 mars et fait l’objet d’une procédure d’urgence qui augure d’un nouveau passage en force du gouvernement.
L’Intersyndicale de l’ESR, SNESUP compris, poussée par la mobilisation grandissante des personnels et étudiantEs, appelle désormais au retrait du projet de loi, et c’est sur cette base qu’a été rédigé l’appel à la mobilisation du 21 mars dernier. Le mot d’ordre du retrait est en effet, depuis le début, le seul mot d’ordre possible. C’est celui qu’Émancipation a toujours défendu.
Il s’agit aujourd’hui pour le SNESUP, en tant que « premier syndicat du supérieur », avec l’Intersyndicale de l’ESR, de mettre en œuvre tous les moyens pour obtenir satisfaction.
L’appel à organiser des assemblées générales a été lancé rapidement par le SNESUP. C’est une bonne chose et, de notre point de vue, il est du devoir du syndicat de soutenir l’auto-organisation des luttes. On ne peut en cela qu’être abasourdi du contenu de la Lettre Flash n°18, qui met au même niveau ce principe et… l’envoi de « la carte postale au Président de la République ».
Même lorsque l’inventaire des modalités de la mobilisation n’est pas aussi hétéroclite (il l’est toujours néanmoins en mettant presque systématiquement sur un même plan motions d’AG et motions de Conseils centraux), il est frappant que les déclarations de la direction nationale n’y mentionnent pourtant jamais la grève. Ainsi, appelant à faire de la journée du 21 mars dernier un « temps fort » de la mobilisation contre le projet Fioraso, le SNESUP a déposé un préavis de grève… sans le dire à ses syndiquéEs !
Le Congrès de Villetaneuse doit avoir pour but de réaffirmer nos revendications, et en premier lieu l’exigence de retrait du projet de loi Fioraso.
Il doit appeler à développer les mobilisations pour mettre en place le rapport de force seul à même de les imposer. Il doit donc appeler les personnels et étudiantEs à s'organiser pour obtenir ce retrait par tous les moyens, y compris la grève.

Le 28 mars, jour de clôture du Congrès, est jour de grève dans l’éducation à l’appel de plusieurs organisations (CGT, CNT, FO, SUD) et de sections départementales du SNuipp, contre le décret sur les rythmes scolaires et contre la loi d’orientation sur l’École. Des sections locales du SNESUP appellent aussi à la grève (c’est le cas de Toulon) ou le feront, en ajoutant le mot d’ordre du retrait du projet de loi Fioraso.

Le Congrès doit appeler à faire grève le 28 mars pour combattre des projets de loi qui tous, et selon une même logique, visent à démanteler la fonction publique d’éducation et de recherche. Pour la même raison, le Congrès doit appeler à l’Assemblée générale nationale du 30 mars à Nanterre.


Contact : er@emancipation.fr

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